Le mauvais sort de Montréal

Le maire Michael Applebaum... (Photo David Boily, La Presse)

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Le maire Michael Applebaum

Photo David Boily, La Presse

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Gaétan Frigon

Ex-PDG de la SAQ et de Loto-Québec, l'auteur (gfrigon@publipage.com) est président exécutif de Publipage inc. Il collabore régulièrement à notre section Débats.

Je ne sais pas ce que la Ville de Montréal a fait au Bon Dieu pour se retrouver continuellement avec un maire, soit qui ne voit rien, comme c'était le cas avec Gérald Tremblay, soit qui prend des décisions farfelues et irresponsables, comme c'est le cas avec Michael Applebaum.

Peut-être que le Festival Juste pour rire devrait acheter la ville et l'inclure dans ses activités. À ce moment-là, on saurait au moins qu'il s'agit d'une farce et on pourrait en rire sans s'offusquer. Tant qu'à être la risée du monde entier, aussi bien l'être d'une façon officielle et rentable.

D'une part, il y a Gérald Tremblay, un maire que j'ai défendu à plusieurs reprises dans ces pages. Aujourd'hui, je dois cependant me rendre à l'évidence que, malgré son intégrité reconnue par tous, il a fait preuve d'un aveuglement tellement inquiétant qu'il faut se poser des questions sur son intelligence. Ce qui ressort de son témoignage à la commission Charbonneau est à l'effet que si son aveuglement n'était pas volontaire, il était à tout le moins involontaire, car aveuglement il y avait. Même lui n'est plus en mesure de nier ce fait.

L'histoire retiendra fort probablement que malgré sa bonne volonté et sa bonne foi, Gérald Tremblay n'avait tout simplement pas la poigne nécessaire pour être maire de Montréal. C'est malheureux, mais c'est la réalité. Même un enfant de 6 ans aurait été en mesure d'au moins réaliser que quelque chose de croche se passait dans son entourage.

D'autre part, il y a maintenant Michael Applebaum. D'accord sur le fait qu'il est un maire temporaire, mais ce n'est pas une raison pour ridiculiser Montréal par des décisions tellement irréalistes que la population est en droit de se demander ce qu'il fait dans cette galère.

Il y a tout d'abord eu cette décision de faire un sondage sur les nids-de-poule. Eh oui! Un sondage en ligne pour savoir si les citoyens de Montréal accepteraient que les nids-de-poule soient bouchés par des entreprises nommées à la commission Charbonneau. Il faut le faire! Quel sera le prochain sondage que commandera le maire Applebaum? Pourquoi ne pas demander aux gens si on doit enlever la neige dans les rues en hiver dans l'éventualité où un entrepreneur avoue avoir participé à un système de collusion?

Et maintenant, il y a cette nouvelle décision que personne ne comprend et que tout le monde critique, à savoir empêcher les entreprises de génie qui ont avoué leur culpabilité à la commission Charbonneau d'avoir des contrats de la Ville pour une période de 5 ans. Tout le monde, c'est-à-dire la commission Charbonneau elle-même, les partis d'opposition à la Ville, le gouvernement du Québec et les partis d'opposition à l'Assemblée nationale s'entendent pour dire que ça ne tient pas debout, que c'est de la discrimination envers ceux qui ont aidé la commission Charbonneau en avouant avoir participé à un système de collusion.

Imaginez le message passé aux autres firmes qui ont participé à de la collusion, mais qui ne l'ont pas avoué publiquement: n'avouez rien, car ça va jouer contre vous. C'est tellement imbécile que c'en est inquiétant. Espérons que le maire Applebaum changera d'idée par lui-même ou que le gouvernement du Québec l'obligera à changer d'idée.

J'ai vraiment l'impression qu'un vilain méchant a jeté un sort sur Montréal. Que faut-il faire alors pour que ce mauvais sort cesse, pour que Montréal retrouve sa sérénité? Je vais faire brûler des lampions...

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