J'ai un gros char, bébé !

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« Il se peut aussi que cette confiance masculine dans les capacités aphrodisiaques des bruits de moteur soit l'expression de notre côté gorille », écrit Boucar Diouf.

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Boucar Diouf

Mais pourquoi le bruit du moteur d'une voiture semble-t-il faire autant d'effet à certaines personnes ? J'ai parfois l'impression qu'il y a des études à faire sur le sujet, car le phénomène est assez universel.

Comme si certains gars voyaient dans la puissance du char un objet de parade nuptiale efficace pour imposer leur supériorité sur les autres mâles et attirer un harem ?

Permettez-moi, en cette fin de semaine de la Formule 1, de retourner dans les cavernes néandertaliennes et de faire un peu de pseudo-psychologie évolutionniste. Pour cause, nombreux sont les gars et les filles à saliver devant ces technologies futuristes venues se pavaner sur les routes de Montréal qui semblent par endroits dater de la préhistoire.

Comme dit souvent l'une de mes amies, les gars ont le paléolithique encore bien inscrit dans les gènes, ce qui expliquerait leur passion pour le barbecue.

Allumer un feu et l'entretenir semble encore provoquer beaucoup de fierté chez bien des hommes. Ils éprouveraient, devant les briquettes incandescentes, la même fierté que leurs ancêtres qui faisaient jaillir une étincelle en cognant longuement un silex contre de la pyrite de fer. Allumer le barbecue serait la version moderne de la fierté qui habitait le chasseur se préparant à cuisiner pour la famille le mammouth qu'il a tué par étranglement.

Il faudra un jour que les scientifiques réfléchissent sérieusement sur ce phénomène. Mais en attendant des études crédibles, je vous fais part de cette vision qui est plus humoristique qu'évolutionniste. Je me demande si la puissance du ronronnement d'un moteur est aux femmes ce que le chant du coq est aux poulettes du voisinage. Je vous propose un peu de biologie pour mieux préciser ma pensée.

Si le coq chante très tôt le matin, c'est pour une question de température. Le coq d'aujourd'hui descend lointainement d'un oiseau sauvage de l'Asie du Sud-Est, et dans la chaleur tropicale d'origine, les sons voyagent plus efficacement lorsque les températures sont froides. Il a donc gardé cette ancienne habitude même dans un pays très froid comme le Canada.

Si le coq s'adonne à ces opérettes matinales, c'est pour dire à tous les volatiles du voisinage qu'il est en super forme et donc, capable d'accueillir d'autres poulettes dans son harem. Il chante très fort pour signifier aux coqs du voisinage qui répondent à son cocorico qu'ils ne font pas le poids devant sa toute-puissance.

Quand un ado qui vient d'avoir son premier scooteur accélère continuellement pour impressionner la voisine, il semble exprimer cette génétique de coq. Du moins, jusqu'à ce qu'il se fasse rabattre le caquet par les poulets.

C'est la même parade nuptiale qui pousserait aussi certains jeunes hommes à faire cracher leur bolide modifié devant des filles attablées à une terrasse.

Le nuage de fumée émanant de la voiture devient alors pour le chauffeur ce que l'urine est au mâle dominant dans les marquages territoriaux. Pourtant, pendant que l'étalon au volant diffuse ostensiblement ces phéromones, ces prospects féminins sur la terrasse maudissent le cabochon qui ne sait pas vivre.

Il se peut aussi que cette confiance masculine dans les capacités aphrodisiaques des bruits de moteur soit l'expression de notre côté gorille. Après tout, nous partageons avec ces grands singes plus de 98 % de notre génétique. Le gorille mâle se frappe la poitrine avec beaucoup de force et lance des vocalises terrifiantes qui ne laissent aucun compétiteur sexuel indifférent. L'été est la saison de ces gorilles qui se pensent aussi montés que leur char et qui ont la fâcheuse manie de crier au feu de signalisation.

Même si l'énorme succès de la F1 doit beaucoup à ce mélange de moteurs, sexe et boucane, la puissance du moteur ne fait pas la vigueur du chauffeur, tout comme on peut être affublé d'une grosse quéquette et rouler en Corvette.

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