Bien que cet exploit soit bien mérité pour les quatre, l'intronisation de Joe Sakic est particulière à mes yeux puisqu'il a joué un rôle particulier dans les dernières saisons des Nordiques à Québec.
Durant ma jeunesse, j'adorais le hockey, et c'est avec un vieil écouteur mono à l'oreille, et caché sous l'édredon que je tentais tant bien que mal de syntoniser les matchs des Nordiques à la radio, à l'insu de ma mère. Nous n'avions pas le câble à l'époque, et ce n'est que lors des rencontres Canadiens-Nordiques que l'on pouvait voir les Nordiques à la télé.
La voix familière d'Alain Crête, ainsi que l'excitation du moment m'empêchaient parfois de dormir avant la fin du match, mais j'ai combien apprécié. Jamais ma mère n'a découvert le stratagème, et même à 35 ans, j'espère qu'elle ne lira pas ces lignes.
Sac de papier brun
Malgré ma jeunesse, j'ai vécu les années de vache maigre où le sac de papier brun était chose courante. C'est pourquoi lors de l'arrivée de Joe Sakic pour la saison 88-89, nous étions forts excités à l'idée de revoir un club plus fort qui pourrait rivaliser avec le Canadien, alors que Peter Stastny en était à son avant-dernière saison avec les Nordiques.
À l'époque, les nombreuses discussions de salon lors des rencontres familiales tournent inévitablement vers le hockey, et les arguments pro-Nordiques ou pro-Canadiens ne manquent pas. Sakic permet à nouveau aux partisans des Nordiques d'espérer à nouveau, de respirer à nouveau (pour ceux qui avaient toujours le sac de papier brun sur la tête).
15e au total
Repêché 15e au repêchage de 1987, Sakic a rapidement fait sa marque avec les Nordiques, et je me rappelle particulièrement des jeux électrisants qu'il pouvait tricoter. Nommé capitaine dès sa deuxième saison, Sakic a été tout au long de sa carrière un leader qui prêchait par l'exemple, et surtout, il a fait partie des rares joueurs de concession qui passe leur entière carrière avec la même équipe.
J'ai eu la chance d'assister au dernier match des Nordiques au Colisée de Québec, lors des séries éliminatoires 1995, et ce fut la dernière fois où j'ai vu mon héros d'enfance enfiler l'uniforme du fleurdelisé. C'est d'ailleurs avec grand enthousiasme que je me suis époumoné, au terme de la rencontre, à répéter que ce n'était pas fini, que la série n'était pas finie. L'histoire en décida autrement.
Fort d'une fiche de 1641 points en 1378 parties, gagnant de deux coupes Stanley et participant à 12 matchs des étoiles, Sakic a terminé sa carrière en juillet 2009, laissant derrière lui une carrière brillante et des souvenirs impérissables.
Ce soir, il entrera au Temple de la renommée du hockey, et mon coeur d'enfant ne l'oubliera jamais.
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