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La langue du sport

Nicolas Ryan
 

Nicolas Ryan

Étudiant en finance

La nomination de Simon Whitfield comme porte-drapeau du Canada pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres ne fait pas l'unanimité. Après Adam van Koeverden en 2008, le Comité olympique canadien (COC) refait l'affront de nommer un unilingue anglophone à ce poste hautement symbolique.

L'affront, vraiment? Est-ce un crime pour un athlète canadien de ne pas parler les deux langues officielles du pays qu'il représente? À ce que je sache, Whitfield est un Ontarien qui demeure aujourd'hui à Victoria en Colombie-Britannique. Des provinces qui, bien qu'elles soient dans un pays bilingue, sont loin d'être réputées pour y offrir un service à la clientèle particulièrement francophone. Ainsi, cet athlète qui défend l'unifolié depuis plusieurs années, qui le défend fort bien comme le démontre son palmarès éloquent, aurait-il dû suivre un cours de français dans l'optique où un jour, peut-être, il serait nommé porte-étendard de son pays? Permettez-moi l'incursion dans la langue de Shakespeare: Dream on my friends.

À chaque olympiade, le Comité olympique canadien se retrouve devant la difficile tâche de sélectionner un athlète qui représente le mieux les valeurs olympiques canadiennes. Le président du COC, maître Marcel Aubut, nommait le leadership, le dévouement et le travail comme qualités essentielles pour cette responsabilité, rappelons-le, hautement symbolique. La sélection d'Adam van Koeverden en 2008 avait d'ailleurs soulevé l'ire du Bloc Québécois et du Parti libéral du Canada, une incursion politique que j'avais trouvée déplorable. N'était-il pas champion du monde l'année d'avant, champion olympique défendant, en plus d'être détenteur du record mondial au K-1 500 mètres dans sa discipline, le canoë-kayak? Reconnu mondialement comme un champion, n'est-ce pas la figure que le Canada veut montrer sous son drapeau?

Malheureusement, le courrier des lecteurs m'a déprimé ce matin: c'est un unilingue anglophone, il ne représentera pas adéquatement les athlètes, ni toute la nation face aux journalistes et au public. Cry me a river. Comme si sa capacité à baragouiner un peu de français allait rajouter à sa légende. Il ne parle pas français, so what? Je vous réponds. Nommez-moi un athlète bilingue qui possédait autant les qualités recherchées chez un athlète, soit sa capacité à faire briller son pays à l'international, son dévouement, son leadership et bien d'autres? Donnons une médaille de bois à tous les athlètes qui vous souffleront un petit mot de français dans une entrevue télévisée tant qu'à faire... Du français et des Jeux!!

Comprenez-moi bien, je ne dénigre certainement pas l'importance du fait français dans ce pays bilingue. Lorsque le gouvernement nomme un unilingue anglophone comme vérificateur général, je suis outré de cet affront à la Loi sur les langues officielles. Je saigne des oreilles quand j'entends un douanier me demander avec un français horrible si j'ai passé de belles vacations (sic). Mes yeux pleurent de honte devant les communications françaises déficientes dans diverses publications gouvernementales. Un sérieux coup de barre s'impose si le Canada veut véritablement se profiler comme un pays qui respecte adéquatement ses deux langues officielles. Même que je serais en faveur d'un durcissement des lois pour favoriser le français au Québec, particulièrement au niveau de l'affichage. Il me semble que cela soit dans l'intérêt de notre langue officielle à nous, les Québécois.

Toutefois, lorsque Simon Whitfield défilera le 27 juillet avec le drapeau canadien dans ses mains, devant le monde entier, c'est tout un pays qui sera fier de lui. Sa sélection transcende le débat linguistique et le véritable affront, c'est de reprocher à cet athlète méritant de ne pas parler français. C'est bien la seule qualité qu'il ne possède pas...

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Commentaires (9)

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  • Ricknyan
    Vous avez raison, les deux entités sont séparées mais le COC aurait dû s'assurer que les valeurs canadiennes y soient correctement représentées.
    Correction: Clara Hughes est née à Winnipeg mais a adopté le Québec. C'était une digne représentante des deux entités en plus d'avoir récolté des médailles aux jeux d'hiver ainsi qu'aux jeux d'été. Joannie Rochette est francophone. Je suis presque sur qu'elle parle bien anglais. Elle a porté le drapeau à la fermeture à cause de son courage. En effet, elle a remporté une médaille en patinage artistique quelques jours après la mort de sa mère qui l'accompagnait à Vancouver. Dans des jeux précédents, Nicholas Gill (un judoka) a porté le drapeau canadien.

  • Il faut savoir séparer le COC du comité organisateur des Jeux Olympiques de Vancouver en 2010. En effet, ceux-ci représentaient deux entités différentes, avec leurs propres organisations. Oui, les Jeux de Vancouver ont été un fiasco via-à-vis du fait français. Oui, les dirigeants du comité organisateur avaient et ont encore aujourd'hui des comptes à rendre de ce côté-là. Le COC n'a-t-il pas choisi Clara Hughes comme porte-drapeau pour la cérémonie d'ouverture et la très unilingue anglophone Joanie Rochette pour la fermeture? Si je me souviens bien, et corrigez-moi si je me trompe, son anglais n'était pas particulièrement à point à ce moment-là. Mais elle la méritait et pas à peu près sa sélection. Tout comme Whitfield la mérite encore aujourd'hui, plus que n'importe quel athlète. Pourquoi ramener cela à un foutu débat linguistique encore et toujours? Tant qu'a y être, pourquoi ne pas souligner la présence de Sylvie Bernier comme chef-adjointe de mission ou même la présence d'un infâme Québécois à la tête du COC. Pouquoi toujours voir dans l'unilinguisme d'un Canadien une défaillance ou une tentative d'assimilation du fait français? Le même COC qui en 2004 a sélectionné Nicolas Gill comme porte-drapeau même si celui-ci s'affichait ouvertement souverainiste et qu'il ne défendait pas les couleurs de son pays, mais bien sa propre personne à ces Jeux. En voilà une matière à vrai débat sur la sélection d'un porte-parole qui ne représente pas le Canada. Ou étaient les chiâleux québécois à ce moment-là pour décrier une sélection controversée?

  • Je n'ai rien personnellement contre la nomination de Simon Whitfield.
    Ce qui m'importe par contre est la manière de faire du comité olympique canadien dont Marcel aubut est le président. Il ne faut pas penser que pour le COC l'anglais et le français sont traités un peu comme un balancier. Le COC se comporte plutôt comme une boussole qui indique toujours la même direction.
    On n'a qu'à penser aux jeux de Vancouver pour s'en convaincre: Où était Gaétan Boucher, l'un des grands olympiens canadiens? Ils ont préféré Wayne Gretsky. Pourquoi? Un spectacle d'ouverture où le français était inexistant. Pourquoi? Ce ne sont que deux parmi les dizaines d'exemples que l'on peut énumérer. Pourtant le français est une des langues officielles des Olympiques.
    Il semble que pour le COC la séparation du Québec et du Canada est déjà fait accompli. Qu'en pense notre bienheureux fédéraliste et président du COC Me Marcel Aubut?

  • La loi sur le bilingualisme canadiens portent sur l'obligation d'offrir des services dans les deux langues officiels.
    Une tâche assez difficile, soit dit en passant. Si vous vous plaigner qu'il est difficile d'obtenir des services francophone à Calgary, sachez que la qualité des services en anglais au Lac-St-Jean et à Gaspé, ce n'est pas la mère à boire non plus... ;)
    Par contre, la loi ne force pas les individus à être bilingues. Si ça devait être une condition obligatoire pour être porte drapeaux, aussi bien dire que seuls les athlètes Québécois devraient avoir le droit de jouer ce rôle!

  • Les Canadiens s'assument en choisissant un porte-drapeau unilingue anglophone. C'est un athlète à l'image de leur pays, et c'est bien comme ça s'ils le désirent.
    Les fédéralistes québécois qui se plaignent de cette situation sont de grands naïfs. Ce certain Canada dont ils rêvaient, bilingue d'un océan à l'autre, est mort et enterré en 1982. Ce pays a-t-il seulement déjà existé? L'annexion du Québec par la Canada-Uni de 1840, visait l'assimilation des Canadiens-Français. Ils réussissent assez bien, car nous sommes passés de plus de 60% de la population canadienne à cette époque, contre 20% aujourd'hui. Et nous sommes de moins en moins, au Québec comme au Canada, d'un recensement à l'autre. Comment, dans ce contexte, exiger plus de bilinguisme de la part de nos conquérants?
    Si nous voulons un porte-drapeau francophone, il devra brandir notre fleurdelysé lors des cérémonies d'ouverture et de fermeture. Mais pour cela, il faut nous assumer comme nation indépendante politiquement.

  • @anti-ch_primaire
    "C'est étrange, tous les Québécois aux Olympiques parlent anglais"
    Si le Canada n'existait pas, et que le Québec était un pays indépenant, tous les athlètes Québécois parleraient aussi anglais.
    Partout dans le monde, presque tous les athlètes de renommée internationale parlent anglais: Japonais, Chinois, Russes, Congolais et Brésiliens. Les Québécois aussi, et ça n'a aucun rapport avec le Canada.
    Cesson de nous leurer, et cessons de comparer l'attrait du français à l'attrait de l'anglais.
    Le Canada anglais s'enfoncerait sous les flots, que la langue anglaise guarderait toute son importance, y compris au Québec.

  • Moi je ne serai pas fier. Le Canada n'est pas mon pays. Ce pays se fout de ma langue, et bien moi je me fous du pays. Le bilinguisme est une connerie de façade qu'on impose aux francophones pendant que les anglos s'en disposent.

  • De toute façon, le porte-drapeau canadien, personne n'en a rien à branler. On aura un vrai porte-drapeau seulement lorsque le Québec participera pleinement aux Jeux Olympiques avec le statut de nation souveraine. D'ici là, le porteur du drapeau canadien on s'en tape solide.
    C'est étrange, tous les Québécois aux Olympiques parlent anglais. Pourquoi les Canadiens aux Olympiques ne parleraient pas français dans ce beau pays bilingue? Whitfield n'a pas été assez intelligent pour apprendre le français alors qu'il en la possibilité depuis son enfance, ben qu'il assume.
    C'est Clara Hughes, une Canadienne assez intelligente et allumée pour venir s'entraîner à Montréal et apprendre le français qui devrait porter ce drapeau.

  • J\'ai tendance à afficher la même dose de cynisme que vous en ce sens qu\'il est clair que le comité olympique canadien c\'est une affaire de rednecks. Apres la pathétique démonstration d\'ignorance linguistique des jeux de Vancouver, il est permis de penser que pour eux le bilinguisme n\'est pas un critere de sélection. Si l\'athlete est bilingue c\'est tant mieux il se débrouillera bien tout seul anyway !
    Mais bon, c\'est certain qu\'on ne peut blâmer l\'athlete qui lui est dans le portrait pour le sport et n\'en a rien à cirer du débat politique. Peut on prétendre que théoriquement c\'est un pays bilingue et que l\'athlete devrait peut être maitriser les langues officielles ?Au Québec on le sait, la pensée magique ca ne donne rien de concret.
    Ce qui est plus inquiétant c\'est le laxisme du gouvernement québécois dans tous les aspects qui touchent la langue francaise. On hésite à juste faire respecter une loi qui date de 31 ans ! Faut pas être lavette un peu ! Quand on revendiquera nos droits comme nous le permettent les lois canadiennes on se fera entendre. Tant qu\'on demeure au second rang ,on peut difficilement se plaindre.

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