De fait, la beauté du jeu, l'art du contrôle du ballon dont faire preuve La Roja sont dus aux exceptionnelles qualités de footballeur des milieux de terrain Xavi et Iniesta, les deux magiciens qui démantèlent systématiquement toutes les défensives adverses. Pour eux aussi, ce sera un rendez-vous avec l'histoire, probablement la touche finale à un parcours remarquable qui les place parmi les plus grands joueurs de tous les temps.
Certains diront que la République fédérale allemande (RFA) de 1964 à 1978, gagnante de l'Euro en 1972 et finaliste en 1976, gagnante du Mundial en 1974 et finaliste en 1966, a été plus dominante grâce au flair du sélectionneur Helmut Schön et du talent indéniable de Franz Beckenbauer et de Gerd Müller, mais elle n'a pas remporté successivement trois compétitions aussi relevées, ce que pourrait accomplir l'Espagne le premier juillet.
D'autres me parleront d'une des sélections du Brésil parce qu'on s'émerveille toujours devant les prouesses des footballeurs brésiliens, sauf qu'en toute honnêteté, peut-être assistons-nous, grâce à cette formation à la parfaite touche de ballon, au plus merveilleux football qu'il nous sera donné de voir dans notre vie. Durant le match contre la France qu'elle a gagné 2 à 0, La Roja a contrôlé la cadence du début à la fin sans que les Bleus ne puissent vraiment l'inquiéter.
Des demi-finales rêvées
La partie entre le Portugal et l'Espagne mettra aux prises des joueurs qui se connaissent bien, voire des coéquipiers du Real Madrid. Cristiano Ronaldo, Fabio Coentrao et Pepe du Portugal, tout comme le cerbère Iker Casillas, les défenseurs Sergio Ramos, Alvaro Alberoa et le milieu Xabi Alonso jouent tous pour cette équipe dans La Liga.
Il est évident que l'Espagne contrôlera le match, conservera le ballon le plus longuement possible pour infléchir la résistance et la volonté des Portugais, toutefois, je prévois une surprise. Je m'attends à l'éclosion de l'attaquant de Manchester United, Nani, et à une prestation hors du commun du meilleur joueur européen, Cristiano Ronaldo. C'est précisément pendant cette rencontre que l'absence de l'international espagnol, David Villa, blessé à la jambe, se fera sentir. Les Espagnols peineront à marquer, et le réalisme de leurs adversaires sera fatal.
Dans l'autre demi-finale, quelques facteurs peuvent influer sur le résultat. D'abord, il se pourrait que le coeur de l'Allemagne, Bastien Schweinsteiger, ne joue pas, incommodé par un problème à un ligament de la cheville. Ensuite, depuis le début du tournoi, malgré la constance démontrée par l'équipe de Joachim Loew, on a pu voir que la défense centrale a été chancelante. Mats Hummels et Holger Badstuber devront s'imposer physiquement contre l'athlétique attaquant Mario Balotelli, qui voudra prouver qu'il fait maintenant partie de l'élite mondiale.
Hormis ces deux facteurs importants, si la logique est préservée, la jeune équipe allemande, menée par le créatif Mesut Özil, stratégiquement supérieure, gagnera. Mais c'est une belle équipe italienne que nous verrons, appuyée par un style de jeu moins défensif qu'à l'habitude et un Andrea Pirlo en grande forme.
À surveiller
Des choix décisifs peuvent paraître comme des coups de génie ou des erreurs monumentales. Del Bosque, l'entraîneur espagnol, choisira encore une fois entre Cesc Fabregas, tout en contrôle, et Fernando Torres, la tornade offensive qui n'a rien cassé durant l'Euro. On s'attend à voir Fabregas au début.
Du côté de l'Allemagne, est-ce que Loew titularisera Lukas Podolski, Mario Gomez et Thomas Müller?
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