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Le Canadien de Montréal entre dans l'ère moderne

Dominique Larouche
 

Dominique Larouche

Professionnel en relations de travail et passionné de sport

Le Canadien de Montréal a vécu un passage à l'an 2000 tumultueux. Le prélude à cette période fut la fermeture du mythique Forum en 1996, qui faisait suite à la déconfiture de l'équipe suivant le départ de Patrick Roy en 1995. Ensuite, le passage à l'an 2000 fut pour le moins mouvementé : changements de propriétaire, changements de directeur général et d'entraîneur ont marqué les premières années suivant l'an 2000.

Or pendant ce temps, la vie autour de la « planète CH » évoluait également. Accélération d'internet, prolifération des médias sociaux, augmentations des sources d'information et des moyens de communication, textos, courriels, etc. Le nerf de la guerre, ce n'est plus seulement l'information, mais bien la bonne information au bon moment. Souvent, ça veut dire avant les autres.

La majorité des grandes entreprises en Occident ont compris qu'elles ne pouvaient survivre à ce nouveau contexte sans s'adapter. Or, pendant que le CH changeait de propriétaire, que Savard succédait à Houle, qui laissait sa place à Savard (André, celui-là), qui se tassait pour accueillir Gainey et ainsi de suite, comment cette organisation s'est-elle adaptée?

En fait, il ne serait pas exagéré de dire qu'elle ne s'était pas adaptée à l'environnement de la société économique moderne. Pierre Gauthier s'est vu attribuer une multitude de défauts après son congédiement : contrôlant, entêté, secret, etc. Son plus grand défaut aura peut-être été de ne pas être de son époque. Comment un seul homme pouvait-il gérer l'ensemble des tâches qu'une direction d'une équipe de hockey doit accomplir? Recruter, négocier des contrats, encadrer des jeunes, échanger des joueurs, gérer ses contacts à travers la Ligue, etc. Ce n'est même pas une question de compétences, c'est trop pour un seul homme.

Au-delà des candidats élus et de leur langue maternelle, ce qu'il faut retenir des embauches de Marc Bergevin, c'est qu'elles démontrent à quel point il est un gestionnaire de son époque, un joueur d'équipe qui croit que le succès passe par une équipe de gestion solide et expérimentée. Chaque nomination, individuellement, peut être critiquée, mais lorsqu'on regarde l'ensemble et l'organigramme actuel de la direction de l'équipe, on ne peut que constater que devant cet ensemble « d'hommes de hockey », l'ancienne structure du CH faisait office de parent pauvre.

Il ne s'agit pas de bêtement copier un modèle d'affaires, celui des Blackhawks de Chicago. La majorité des bonnes équipes ont une structure semblable, où les mandats à chacun sont bien définis et interreliés. En cette ère de plafond salarial, bien repêcher est crucial. Des « late-picks » comme Zetterberg et Datsyuk on assuré des années de pérennité à Detroit. Comment ne pas tout faire pour mettre sur pied une équipe de recruteurs de talent solide et crédible? Aussi, à quoi bon bien repêcher, y mettre autant d'énergie et d'argent, si c'est pour négliger le développement de ces jeunes? Voilà pourquoi il faut aussi mettre des efforts dans ce département. Bref, aucune section de la direction n'a la solution magique. Chacune doit jouer son rôle pour que le tout se tienne et que les résultats soient au rendez-vous.

Maintenant, après des mois à spéculer sur le nouveau DG, le nouvel entraîneur et ses adjoints, on peut se concentrer sur l'autre partie de l'équation, les joueurs. Parce que si on peut dire que Bergevin a fait les bonnes choses depuis son arrivée, il reste que ceux qui pourront réellement faire entrer l'équipe dans une ère d'excellence et de crédibilité sont ceux qui portent les patins, soir après soir.

Suivez Dominique Larouche sur Twitter à @LaroucheDominiq

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Commentaires (5)

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  • Nous bavardions tranquillement quand soudainement, Warren Cromartie a élevé la voix: «Le Canadien nous a demandé 850 $ pour une apparition de Youppi! Ce n'est pas correct. Youppi! était NOTRE mascotte! Ils ont demandé 850 $, n'oublie pas de l'écrire...»
    Ronald King
    Résolument moderne!

  • C\'est quand même paradoxal que vous parliez d\'ère moderne alors qu\'on implore la tradition à grand coup de Maurice Richard comme seule planche de salut pour un peuple assoiffé d\'une équipe à laquelle elle veut s\'identifier...
    Mais bon, côté sport je suis d\'accord avec vous en ce sens qu\'une structure détaillée et précise était nécéssaire afin de bien encadrer tous les aspects du hockey moderne.
    Force est d\'admettre que l\'ancienne administration s\'était adjugée tous les pouvoirs sournoisement en éliminant les intervenants qui pouvaient miner leur emprise sur l\'équipe avec les résultats inévitables qu\'on connait maintenant.
    Il m\'apparait évident que la nouvelle structure en place maintenant permettra de mieux exploiter les ressources acquises par voie de repêchage et de transactions. Le hockey en 2012 est une affaire de gros sous et de multinationales sur patin.
    Il est impératif d\'entourer ces jeunes d\'une structure et de conseillers qui pourront les préparer aux exigeances du métier.C\'est d\'autant plus important que tous les contrats sont garantis et que donc les athletes sont à l\'abri de tout, il devient primordial que soient bien expliqués le message et les attentes par ceux en charge du développement. Cette priorité bien implantée des le jeune âge permettra du même coup de développer une appartenance à une organisation professionelle dans tous les sens du mot.
    Puisque 30 équipes sont à la chasse au talent et que celui-ci se fait rare à son état pur, il faut donc ne pas manquer l\'occasion de faire fructifier ses choix.
    Je crois que le boulot est maintenant fort bien entamé et que les joueurs en place et les espoirs à venir sont de qualité. Il y aura toujours des changements à effectuer afin d\'apporter des ajustements à la formule mais si la base est solidifiée, conditionnement physique,dévotion et effort soutenu , les resultats viendront.
    Concretement il ne faut surtout pas oublier que l\'équipe a été amputée de 5 joueurs réguliers par partie lors de la derniere saison et que les remplacants de la ligue américaine malgré leur bonne volonté n\'étaient juste pas de taille à faire la difference.
    L\'exercice à faire maintenant est d\'identifier ceux qui forment le fameux noyau de l\'équipe. On pourrait être surpris des résultats et constater que les éléments restant sont plus nombreux qu\'on pense. Suffit donc de combler les lacunes avec les bonnes substitutions.
    Reste comme vous le mentionnez à se démarquer et à s\'isoler dans un marché fort exigeant ou il y a confusion des genres entre une entreprise privée et un emblême national. Je suis certain que pour le Ch les deux sont souhaitables mais il devront faire un choix éventuellement car avec toute la meute de spécialistes en périphérie de l\'équipe, il devient quasi impossible de faire passer le bon message à ses patrons (lire ici partisans).
    On aura beau dire que la victoire fait fi de tout mais l\'équipe doit s\'élever au dessus des médias de tout acabit qui influencent son quotidien afin de se concentrer sur l\'essentiel. J\'espere que la philosophie de Marc Bergevin qui consiste à travailler en vase clos se poursuivra et mettra une distance entre le concret du travail à faire et les hallucinations collectives générées par des journalistes en mal de scoop.

  • Je suis en accord avec tes propos .L'ère contemporaine du hockey demande des gestionnaires
    compétents et spécialistes des différents aspects de la gestion d'une équipe.
    La transition actuelle est intéressante.
    René Bourque s'est présenté à Montréal sans que personne de l'organisation ne l'accueille !!!
    C'est un manque flagrant de considération !
    Ceux qui portent les patins devront élevé leur jeu de plusieurs crans !

  • Mon compte Twitter est @LaroucheDominiq

  • La Canadien de Montréal est entré dans l'ère moderne la saison dernière, en vendant ses boutiques de souvenirs au privé juste avant que ses employés obtiennent une accréditation syndicale. L'anti-syndicalisme n'est-il pas résolument moderne?

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