Or, s'il est vrai que le Canadien a diminué, à l'instar de la LNH, la quantité de jeunes Québécois dans ses rangs, Marc Bergevin doit davantage cibler une autre des lacunes du CH: le développement des jeunes joueurs. C'est là son plus grand défi. Problèmes de comportements, fréquentations douteuses, potentiel non exploité pleinement, etc. On blâme les jeunes joueurs du Canadien depuis longtemps. Les Sergei et Andrei Kostitsyn, Mikhail Grabovski, Ryan O'Byrne, D'Agostini et autres Higgins, tous remplis de promesses, sont allés s'épanouir sous d'autres cieux ou confirmer leurs problèmes comportementaux. On peut se demander pourquoi. Hasard? Erreurs de sélection?
Plusieurs critiquent le travail de Trevor Timmins, le directeur évaluation et développement des joueurs chez le Canadien. Oui, il a laissé passer Claude Giroux. Mais une vingtaine d'autres équipes aussi, faut-il ajouter si l'on veut être honnête. Mais quand est-il des sélections de PK, Pacioretty, McDonagh?
S'il y a donc une critique légitime à l'endroit de Timmins, ce n'est pas ses sélections, somme toute bonnes, mais bien son deuxième rôle de directeur du développement des joueurs. Le Canadien ne semble pas avoir de plan établi, ni de stratégie de développement, ni de mentorat au sein de son organisation.
Les Penguins ont eu la chance de mettre la main sur le meilleur jeune joueur des 20 dernières années en Sidney Crosby. Loin de le laisser à lui-même, il s'est installé chez le proprio, Mario Lemieux. Il y est encore, d'ailleurs. Un autre joyau des Penguins, Evgeni Malkin, a habité chez son compatriote Sergei Gonchar lors de ses 3 premières saisons dans la ville de l'acier.
Chez les Flyers, Sean Couturier s'est installé chez Daniel Brière. Lors d'une interview à HBO dans le cadre de la série 24/7, Brière faisait remarquer que Couturier était plus près en âge de ses 3 fils que de lui-même! Ce genre d'encadrement familial permet à un jeune de rester dans le droit chemin, de se concentrer sur son jeu tout en bénéficiant de conseils prodigués par des joueurs bien établis. Marc Bergevin racontait d'ailleurs avoir séjourné chez Denis Savard à son arrivée chez les Blackhawks, à son année recrue.
Plusieurs de ces cas d'intégration ont été rendus possibles grâce à l'implication de vétérans. C'est à la direction, notamment au directeur du développement des joueurs, que revient la tâche d'élaborer des stratégies et de tendre la perche à ses joueurs clés pour qu'ils contribuent à intégrer et encadrer les jeunes joueurs.
En conclusion, Bergevin devrait scinder le poste de Trevor Timmins en deux, pour nommer un directeur du développement des joueurs à temps plein, permettant aussi à Timmins de recruter à temps plein. Et Bergevin peut aussi regarder au sein de son équipe actuelle pour trouver des pistes de solution. Des leaders, il y en a dans cette équipe. Lorsque Louis Leblanc a joué son premier match à Los Angeles, Erik Cole lui a remis sa carte de crédit en lui disant de faire venir ses parents à L.A., pour qu'ils assistent au premier match de leur fils dans la LNH. Ce geste en dit long sur le potentiel de leadership de ce nouveau vétéran du CH.
Si Marc Bergevin est aussi à l'écoute de son entourage qu'on le dit, il aura tôt fait d'entendre cette histoire, d'identifier Cole comme l'un des leaders de son équipe et d'y implanter une culture de développement et de responsabilisation.
L'auteur est professionnel en relations de travail et passionné de sport.
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