Les partisans ont commencé à déserter le Centre Bell et à regarder un autre réseau que RDS les soirs de partie. Le slogan «La ville est hockey» (séries de 2010 - Halak) a été remplacé par «La ville est knockée». Les drapeaux du Canadien qu'arboraient fièrement les automobilistes ont été remplacés par... des carrés rouges, mais ça, c'est un autre débat!
Plus la saison avançait, plus la frustration et la déception des amateurs du club faisaient place au cynisme et à la dérision, en particulier dans les médias sociaux. Pourtant, le marasme dans lequel le club a été plongé cette saison était ce qui pouvait lui arriver de mieux. Oui, vous avez bien lu!
Cette déconfiture est l'électro-choc dont l'organisation avait besoin afin que guérisse ce virus «on vise les séries», l'affligeant depuis presque vingt ans, soit depuis la Coupe Stanley de 1993, alors que le club était mené par un certain Patrick Roy...
Geoff Molson a commencé le ménage qui devra être poursuivi par les successeurs du trio des «volubiles» (Pierre Gauthier, Bob Gainey et Jacques Martin)! La mentalité de se contenter de faire les séries doit et va changer, j'en suis convaincu. Un vent de renouveau est essentiel pour l'équipe.
J'aimerais que le prochain directeur-général de l'équipe - Julien Brisebois ou Marc Bergevin - soit épaulé par André Savard, qui avait injustement dû laisser son poste à Gainey en 2003, alors qu'il n'a pu «terminer son oeuvre» de reconstruction du club. Savard a du flair comme dépisteur de talent et s'il est bien utilisé et écouté par son DG (ce que Gainey n'a pas fait avec lui jadis), il s'avérera un bras droit hors-pair.
Oui, Brisebois et Savard sont d'anciens membres de l'organisation, pas exactement du sang neuf. Cependant, Brisebois côtoie un gagnant en Steve Yzerman depuis deux ans, tandis que Savard est avec les Penguins depuis 2006, finalistes de la Coupe Stanley en 2008 et gagnants en 2009.
Le dossier de l'entraîneur-chef semble réglé. Comme adjoint à Patrick, on évoque de plus en plus le nom de Benoit Groulx, son adversaire avec les Olympiques de Gatineau depuis 2005 dans le junior.
Comme entraîneur des défenseurs, je choisirais Larry Robinson, ancien coéquipier de Roy qui a déjà dirigé un club dans la LNH et qui serait en mesure de le calmer. Mais je doute que ce scénario ne se réalise; Roy lui préférerait probablement soit Raymond Bourque, soit Éric Desjardins.
Les joueurs maintenant. Quatre actions sont essentielles à la remontée rapide
du Canadien: le rachat d'un gros contrat (Gomez bien sûr), un premier choix
prêt à graduer dans la LNH l'année prochaine, un échange majeur et la signature
d'un agent libre de qualité.
Dans les trois derniers cas, le but est d'acquérir le fameux gros joueur de centre espéré depuis des lunes, un ailier costaud démontrant du «chien», capable de marquer une vingtaine de buts de même qu'un défenseur imposant et habile pour nettoyer le devant du filet.
Vous croyez que c'est irréaliste de croire qu'un directeur général peut aider une organisation à retomber sur ses pattes après une telle saison de misère? Pensez à ce que Paul Holmgren a fait avec les Flyers en 2007 et Steve Yzerman
avec le Lightning en 2010.
Évidemment, il faut donner si on veut recevoir. Est-ce qu'il faudra sacrifier Plekanec? Leblanc? Beaulieu? PK? Des choix? Le CH en possède 5 de deuxième ronde en 2012 et 2013. Un mélange de tout ça? Probablement...
Vous voyez comme c'est simple? Bonne chance Monsieur Molson!
L'auteur est conseiller publicitaire à La Presse et «média-sociable».
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