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La une du New York Post : indécente

Sylvain Boisjoly
 

Sylvain Boisjoly

La une du New York Post hier titrait: «Condamné: Poussé sur la voie, cet homme va mourir». Accompagnant ce titre, un superbe cliché pris sur le vif par un photographe, présent sur les lieux du drame, d'un homme debout sur la voie ferrée du métro, essayant de se tirer de là tant bien que mal alors que le métro arrive à la station.

Qu'est-ce qui cloche dans cette histoire ? La photo, voilà ce qui cloche. Je ne comprends pas pourquoi ce photographe n'a pas essayé de secourir l'homme sur la voie, qui soit dit en passant avait été poussé là par quelqu'un, au lieu de prendre des photos de ce qui se passait. C'est de notre devoir, au moins moral, de tout faire pour porter assistance à quelqu'un en danger. Bien sûr, sans mettre notre propre vie en danger. Mais ce photographe n'a rien tenté. Rien du tout.

Aujourd'hui, le photographe se défend. Il déclare que même s'il avait voulu tenter quelque chose, il n'aurait rien pu faire. L'homme sur la voie était trop loin de lui. Et il ajoute que les gens qui étaient plus près de l'homme n'ont rien tenté du tout.

Dans une situation d'urgence, il y a deux sortes de réaction. Il y a les gens qui restent figés. Pris de panique, ils ne peuvent réagir assez vite pour pouvoir tenter quoi que ce soit. C'est probablement ce qui est arrivé aux gens qui étaient les plus près de la scène. Il y a les gens qui réagissent. Ceux qui ne réfléchissent pas et, au détriment du danger et de leur propre sécurité, vont se porter au secours de la personne en danger.

Le photographe ne fait pas partie d'aucun des deux groupes. Certes il a réagi. Il déclare que tout s'est passé dans quelques fractions de seconde. Or, dans ces quelques fractions de seconde, il a pu évaluer qu'il était trop loin pour venir en aide à l'homme en danger, il a pu attraper son appareil photo et prendre au moins 3 clichés de ce qui se passait (le journal avait également mis 2 autres photos plus loin dans ses pages) et penser à actionner le flash de son appareil photo dans le but d'attirer l'attention du conducteur du train. Pour quelques fractions de seconde, c'est beaucoup. C'en est même impressionnant. De nos jours, l'humain à développé le réflexe de prendre des photos de ce qui se passe au lieu d'aider ou de s'interposer. Tout ceci dans quel but ? Vendre les photos et devenir célèbre. La soif de devenir célèbre l'emporte sur tout.

Le photographe aurait pu au moins avoir la décence de ne pas vendre ses photos. Le NY Post aurait pu avoir la décence de ne pas payer pour ses photos et en plus de ne pas les publier. Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Le sensationnalisme dans le journalisme est aujourd'hui une réalité. Et tant qu'il y aura des torchons pour publier, cette tendance ne va que s'accroître. Il faut croire qu'il y a un public pour ce genre de choses sinon ces choses n'existeraient pas. Pour ma part, je trouve cela tout simplement dégoûtant.

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Commentaires (3)

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  • @betune
    Le progrès empêche trop souvent les relations humaines. C'est pourquoi nous voyons de plus en plus d'individualisme. L'autre n'a plus son importance. À mon avis, loin d'être un progrès... peut-être le début d'une grande solitude.

  • Qu'est-ce qu'on en a à cirer de la une d'un journal anglophone d'un autre pays ?

  • Comme vous avez raison! À force de se faire remplir la tête de tout ce sensationnalisme, on en perd nos repères et on oublie l'essentiel.
    La question devient le progrès est-il vraiment le progrès ?

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