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Doha: statu quo ou début de la transition ?

Jean-François Boisvert
 

Jean-François Boisvert

Auteur et porte-parole de la Coalition Objectif 22

Les ministres d'une centaine de pays sont présentement réunis à Doha pour tenter de s'entendre sur un nouvel accord sur le climat. Préalablement, les équipes de négociateurs de 190 pays ont débuté les discussions le 26 novembre. Réussira-t-on d'ici vendredi à donner une suite au protocole de Kyoto ?

Un des principaux points en litige demeure l'aide financière aux pays en développement particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Ces pays demandent 60 milliards de $ d'ici 2015. Pour l'instant, l'Union Européenne, la Suisse et les États-Unis refusent de s'engager. Or cette question pourrait bien décider du succès ou de l'échec de la conférence.

Il faut bien comprendre la portée de cet enjeu. Alors que les pays en développement commencent à connaître une certaine prospérité, les mesures de luttes aux changements climatiques sont perçues comme un frein à celle-ci. Il faut à cela ajouter le fait que les pays du sud sont les plus durement touchés par les impacts (sécheresses, tempêtes, inondations) de ces changements. Il s'agit donc d'incidences économiques majeures, qui ne peuvent être écartées des tables de négociations.

Cela nous ramène, comme toujours, à une question d'argent. Et pourtant, de l'argent, il y en a ; il suffit d'examiner le problème sous un autre angle.

Les subventions annuelles à la production et à la consommation des énergies fossiles sont estimées entre 600 et 775 milliards de $. Au moins 10 fois plus que l'aide demandée ! Si une partie de ces fonds était allouée aux pays en développement, une entente pourrait être facilement conclue. Imaginons aussi que l'on consacre une autre partie (ou la totalité... mais ne rêvons pas trop !) de cette somme aux développements des énergies renouvelables.

Pour l'instant, nous semblons encore préférer le statu quo et nous cantonner dans une économie du carbone, alors que la ressource s'épuise et que son utilisation cause des changements au climat de plus en plus inquiétants et de plus en plus difficilement réversibles. Bien sûr, les sommes importantes en jeu (il se consomme dans le monde pour environ 8 milliards de $ de pétrole par jour, soit près de 3 000 milliards de $ par année) entretiennent l'inertie, car ceux qui empochent les bénéfices n'ont pas intérêt à ce que cela change. Mais il existe aussi une inertie structurelle découlant des investissements dans le secteur des transports. Par exemple, une étude de Chris Felder estime que les infrastructures de transport des États-Unis ont coûté 6 000 milliards de $ (US) et requièrent annuellement 1 200 milliard pour leur entretien. Si l'on ajoute à cela le coût du carburant (800 milliards), des véhicules (achat et entretien : 738 milliards), les dépenses militaires pour assurer les approvisionnements en pétrole (estimées en 2006 à 133 milliards), on arrive à des sommes colossales (et tous les montants cités sont uniquement pour les États-Unis) dépensées pour une ressource non renouvelable et dont l'utilisation entraîne de sérieux problèmes environnementaux. En consacrant seulement une partie de cet argent à la transition vers des énergies renouvelables et de nouveaux modes de transport, celle-ci pourrait réellement débuter et avoir plus que de bonnes chances de réussir.

Espérons que les décideurs réunis à Doha seront guidés par des préoccupations face à l'avenir et au bien-être des sociétés humaines, et non par les désirs des lobbys de l'économie du carbone.

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Commentaires (2)

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  • Le but de ces conférences parrainées par l’ONU est l’instauration d’un nouveau niveau de taxation, la “taxe mondiale”. L’ONU rêve de ça. On va nous présenter ça comme une nouvelle forme de “justice sociale” pour faire du bien à la planète. Ça va commencer tranquillement, avec un “petit” $60 milliard pour aider les pays pauvres à “sauver” la planète, et, comme les québécois le savent très bien, ca va monter rapidement. Il y aura éventuellement une multitude de taxes “mondiales”: sur les méchantes banques, sur le GDP des méchants pays industrialisés, et sur les méchants “riches”, c’est-à-dire VOUS, mes amis! Préparez-vous! C’est pour une bonne cause!

  • Les pays en développement doivent s'arranger par eux-même. Ce n'est pas à nous de balancer 60 milliards au nom d'une cause basée des hypothèse scientifiques douteuses.
    Les subventions annuelles à la production et à la consommation des énergies fossiles rapporte à la société, donc bénéfique. Donner 60 milliards ne rapporte rien. C'est de la quête.
    Je vous recommande de cesser d'utiliser votre voiture. Vous allez écomoniser en consomant moind de l'essence et envoyer l'argent sauvé pour le Congo.

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