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Le complexe des Américains

Caroline Brouillette
 

Caroline Brouillette

Étudiante en études internationales et langues modernes

Selon la culture pop internationale, nos voisins du Sud sont tous extrêmement fiers de leur nationalité et croient inévitablement que celle-ci est la meilleure au monde, souvent jusqu'à l'arrogance. Pourtant, plusieurs Américains sont conscients de leur impopularité à l'extérieur de leurs frontières et des critiques acerbes que les étrangers leur adressent. Beaucoup sont honteux de l'état de leur pays.

La plupart des gens avec qui je discute cette semaine sont des démocrates qui militent pour Organizing For America, la campagne de réélection du président. Il s'agit donc d'un échantillon de la population plutôt progressiste. Mais tous sont conscients que l'anti-américanisme est monnaie courante à l'étranger. L'élection de Barack Obama en 2008 leur a donné de l'espoir, mais les tensions au sein du pouvoir législatif, suivies de la campagne actuelle, polarisante, et qui a complètement divisé le pays, ne les présente pas sous leur meilleur angle dans la presse internationale.

Je ne compte plus les gens qui m'ont dit qu'ils viendraient nous rejoindre au nord de la frontière si cette élection se soldait par une victoire républicaine. Ça l'air bien facile à dire, mais le trafic sur les sites internet de l'immigration de la Nouvelle-Zélande et du Canada aurait enregistré une hausse drastique de trafic - une multiplication par six, pour le Canada - la semaine précédant la réélection de George W. Bush, en 2004. J'ai même rencontré une dame dont la famille, à la même époque, a acheté une maison sur les Grands Lacs, en Ontario, pour être prête à y déménager.

Les démocrates savent que la plupart des gens, à l'étranger, sont de leur côté. Mais ils savent aussi que ça ne suffit pas à leur donner bonne réputation. Deux femmes avec qui je discutais, dimanche, me disaient qu'elles mentaient sur leur nationalité lorsqu'elles voyagent. Elles prétendent être canadiennes. J'ajouterais au passage qu'elles ont demandé à voir ma carte d'assurance maladie, qu'elles ont ensuite examinée comme s'il s'agissait du Saint-Graal.

Liz Prescott est très impliquée dans le Parti démocrate de sa ville, Madison, au Wisconsin. Sa maison est le point de rencontre pour le porte-à-porte et la campagne «Get Out the Vote» du quartier. Elle m'a dit qu'en 2008, elle avait reçu l'instruction de suspendre un drapeau américain à son porche. Cela avait causé un malaise chez elle et plusieurs militants, le stars and stripes étant surtout devenu le symbole des républicains hyper-nationalistes. Mais Liz l'a tout de même accroché, par stratégie politique et parce qu'après tout, c'est leur drapeau à tous. Elle m'a dit: «I hope one day, we can be proud of it again».

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Commentaires (8)

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  • Wow, les Américains forcent certains de leurs citoyens à suspendre des drapeaux et exprimer un faux patriotisme, pour ensuite faire la leçon au reste du monde sur la liberté d'expression. Il ne nous reste qu'à espérer qu'un jour, l'hypocrisie deviendra tellement flagrante que plus personne ne les prendra au sérieux, mettant un terme à leurs pulsions impérialistes qui commencent à devenir gênantes.
    Pour ce qui est du commentaire de "minnesota", je crois qu'effectivement, la Scandinavie a atteint un modèle de gouvernance beaucoup plus progressiste, cependant, corrigez-moi si je me trompe, mais j'ai l'impression que cette utopie y règne sous la condition que les citoyens soient blancs et catholiques.
    Merci mademoiselle Brouillette d'avoir ouvert cette discussion.

  • C'est plus compliqué que ça. Après la fin de la guerre froide en 1989, il y a eu deux idéologies qui se sont affrontées: l'interventionnisme américain, suite logique de l'hégémonie américaine du 20e siècle, et l'internationalisme des Nations-Unies (ONU) et de l'Union Européenne. La communauté internationale a préféré l'internationalisme, dans laquelle chaque pays peut théoriquement dire son mot, à l'hégémonie américaine sur laquelle ils n'ont aucun contrôle. L'affrontament a atteint son apogée sous Bush lors de l'invasion de l'Iraq. Le fait que les américains aient attaqué l'Iraq sans la sainte bénédiction de l'ONU, bien que seule la France ait apposé son veto, a consolidé la haine (jalousie ?) que les non-américains portaient contre les USA. Personne n'ose trop parler des échecs de l'ONU de peur de renforcir la position américaine. Quoi qu'il en soit, Obama a fait une tournée mondiale en 2009 pour s'excuser des agissements passés de son pays (the Apology tour), sans que cette tactique honteuse ait porté fruit. Les américains sont toujours détestés, probablement à cause de leurs succès. C'est un peu la même chose au Québec: ceux qui réussissent sont méprisés, parce que leurs succès menacent de faire paraître les échecs de leurs détracteurs.

  • Il n'y a plus de société aux USA, il y a un marché.
    Il n'y a plus de citoyens, il y a des consommateurs.
    L'industrie de la finance régule ce pays.
    Le militaire, les religions et les dieux sportifs c'est ce qui reste de collectif.
    Étranges ressemblances avec l'empire Romain avant sa chute.
    Sombres perspectives

  • Faites-nous part de votre opinion.

  • Environs 12 000 américains immigrent chaque année au Canada.
    C'est mois qu'il n'en vient chaque année du Liban, un minuscule pays de 5 millions d'habitants.
    L'immigration des États-Unis vers le Canada est marginale.

  • On dit que depuis le début du deuxième terme de GWBush, plus de 600 000 Étasuniens ont acheté des propriétés au Canada. En voyageant j'en ai rencontré plusieurs au Québec qui étaient ici pour ça. J'ai même deux voisins Étasuniens qui ont fait de même. Beaucoup d'Étasuniens ne veulent pas quitter leur pays pour visiter ailleurs par crainte d'être identifiés et attaqués, ils souffrent de paranoïa. Les conservateurs me font très peur, aux USA comme ici, ils ont des illuminés dans leur rang qui sont carrément étranges.

  • Je me souviens d'un article d'un magazine américain des années 90 (Harpers, Atlantic Monthly ?) qui disait bien: dans les périodes de l'Histoire où on sort le drapeau, c'est qu'on est très divisé.
    Je pense que Reagan a divisé comme jamais les USA, socialement et économiquement.
    L'idéologie «vaudou» de l’enrichissement des riches pour stimuler l'économie et l'envolée des produits dérivés comme placement pour ces riches trop gra$ a inauguré l'ère qu'on respire maintenant :)
    Le contrôle des média par quelques cies a encouragé cette polarisation.

  • Votre article est pertinent, les américains sont présentement très divisés au point de vue idéologie. Il y a les progressistes et les conservateurs de l'extrême droite,un peuple qui prétend aller dans le monde et instaurer la démocratie est encore pris avec le système des grands électeurs, le président n'est pas élu avec la majorité des votes.
    Il y a aussi des déclarations genre Taliban de certain républicains ( En ce qui concerne l'avortement c'est un destin que Dieu a voulu pour la femme ). Avec des individus qui émettent de tels opinions et qui se présentent aux élections , je comprend que certains américains veulent quitter le pays. De plus les américains s'enorgueillissent du fait d'installer la démocratie en Afghanistan et veulent l'émancipation de la femme dans ce pays au cout de 2 milliards par semaine et si ils gagnent les élections, il limiteront les droits des femmes dans leur propre pays, en fait de démagogie il ne se fait pas mieux!
    C'est vraiment démoralisant de voir un pays si progressif dans le passé, rétrograder de cette façon,enfin ils ne sont pas les seuls, le Canada semble s'enligner dans cette voie.
    Donc si vous parlez a d'autres américains dite leur d'émigrer plus au nord est, (Suède,Norvège,Danemark).

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