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Esclavage

Christian Tremblay
 

Christian Tremblay

Écrivain

Les conditions sont très souvent abominables. Contrevenant ainsi à toutes les chartes protégeant les enfants de notre planète. Je parle en connaissance de cause puisque j'y suis allé quelques mois. J'ai dormi avec eux sur le ciment. Je les ai accompagnés dans leur quête de nourriture.

J'ai décidé aujourd'hui de sortir de notre politique interne québécoise. Cela va faire changement puisque je crois que nous sommes en train de suffoquer à cause de la longueur du conflit étudiant. Le monde tourne. Trop souvent il ne tourne pas rond, comme le sujet dont je vais vous entretenir ici.

Ce phénomène a été qualifié d'esclavage des temps modernes par Pressafrik en 2009. Ça se passe au Sénégal, petit pays de l'Afrique de l'Ouest. Ce pays est à plus de 95% musulman. Toutefois, demeure encore un vieux fond d'animisme qui n'est jamais bien loin.

Au Sénégal donc, il y a ce que l'on appelle des enfants talibés. Un enfant talibé est un enfant âgé entre cinq et quinze ans qui est confié à un marabout. Le rôle du marabout est de faire apprendre le Coran par coeur à ces enfants. Je mets le tout au pluriel, car un marabout peut avoir jusqu'à plusieurs centaines d'enfants sous sa responsabilité. Vous aurez vite compris que cette personne ne peut nourrir tout ce petit monde. Solution? Chaque enfant doit mendier sa nourriture pendant les pauses d'apprentissage du Coran. Voilà à quoi se résume la vie d'un talibé; mendier pour manger le matin, midi, soir et apprendre le Coran par coeur le jour.

Il n'y aurait pas de problème en théorie si les lieux d'apprentissages et pour dormir (qui sont souvent les mêmes) étaient en bon état ou encadrer d'une manière quelconque. Mais voilà, nous sommes en Afrique...

Les conditions sont très souvent abominables. Contrevenant ainsi à toutes les chartes protégeant les enfants de notre planète. Je parle en connaissance de cause puisque j'y suis allé quelques mois. J'ai dormi avec eux sur le ciment. Je les ai accompagnés dans leur quête de nourriture.

J'ai également eu l'occasion de visiter plusieurs de ces «écoles» qu'on nomme Daara, au Sénégal. J'y ai vu l'horreur. En pleine brousse à 50 degrés Celsius, des enfants talibés attachés par des chaînes. Oui, des chaînes. Le pourquoi de la chose est simple, le marabout ne veut pas que ces enfants se sauvent. C'est souvent ainsi que vivent les 150 000 enfants talibés du Sénégal, à degrés divers.

Il existe un réel malaise dans la société sénégalaise avec ce phénomène. Les gens sont déchirés entre la religion, la nécessité de loger ces enfants, la maltraitance, les abus de toutes sortes.

Le gouvernement, tout en étant au courant de ces abus, est conscient qu'il ne peut en aucun cas prendre le relais et s'occuper de ces dizaines de milliers d'enfants. Le moindre geste en ce sens provoquerait un tollé de protestation. Car il faut savoir que les milliers de marabouts ont un réel pouvoir d'influence sur la société. Ils sont une référence religieuse et ont poids dans les décisions gouvernementales.

N'empêche que tolérer ce phénomène érigé en institution est inacceptable pour le droit des enfants.

Pour rejoindre Christian Tremblay sur Twitter : @romanquebecois

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Commentaire (1)

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  • Il faudrait préciser que dans ce système d'éducation, seuls les garçons sont confiés aux marabouts. Les filles restent à la maison, et ne connaissent pas ces problèmes.
    Au lieu de chercher des troubles chez les marabouts musulmans, vous devriez vous attaquer aux Églises Évangéliques Chrétiennes qui étendent leur influence en Afrique. C'est beaucoup moins risqué, et on ne vous accusera pas d'être un islamophobe.
    Stéphane Marsan.

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