Image d'un ordinateur portable

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Icone tooltip

Un univers gnangnan et sirupeux à Tout le monde en parle

Jean-Serge Baribeau
 

Jean-Serge Baribeau

Sociologue des médias et écrivain public

Lors de l'émission Tout le monde en parle du dimanche 11 novembre 2012, il y a eu une longue entrevue avec la divine Céline. Et les téléspectateurs ont entendu très souvent un tonnerre d'applaudissements, lesquels étaient à la fois sincères (beaucoup de personnes aiment profondément Céline) et quémandés par les chauffeurs de salle, comme on le dit en France.

Personnellement je ne suis pas fasciné par l'oeuvre de Céline Dion. Ferré, Brassens, Mama Béa, Serge Gainsbourg, Juliette Greco et bien d'autres sont davantage «my cup of tea». Mais je me dois de dire que le talent de Céline m'éblouit et me laisse ébaubi et bouche bée. Quelle voix! Quel potentiel vocal! Aussi, quel talent pour répondre aux questions en ne disant à peu près rien, sauf du merveilleux et du sublime!

Je trouve presque toujours que les propos de cette «grande artiste» du showbizz sont talentueusement marqués au sceau du «positive thinking» et d'une innocence un peu simpliste qui me donne l'impression d'être dans l'univers «guimauve» et sirupeux de Walt Disney ou dans le monde calfeutré et irrésistible de MacDo.

Malgré mes propos un tantinet critiques, la diva restera légitimement, pour longtemps encore, l'enfant chéri, vénéré et talentueux «made in Quebec».

Pendant la même émission, une fois Céline partie prendre son avion, nous avons eu droit à l'incontournable Denis Coderre qui essayait de se vendre lui-même comme futur maire de Montréal, en ne disant que du bien et du merveilleux sur son indispensable et compétente personne. Il n'a pas osé répéter ses propos du 6 novembre 1997: «Encore une fois, les colonisés séparatistes se comportent comme des colons.» Au cours de l'émission, le discours de Coderre consistait à dire: «Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, surtout moi-même».

Il y a eu aussi Élisabeth Vallet, une spécialiste émérite des États-Unis. Mais ses analyses étaient bémolisées par la présence d'un deuxième «spécialiste», un certain Guillaume Lavoie, manifestant une admiration plutôt «walt disneyenne» vis-à-vis de la société états-unienne et de la mirobolante démocratie présente au sein de cette merveilleuse société. Il oubliait la règle, encore importante, des grands électeurs et la puissance démesurée du fric lors de toutes les élections aux États-Unis. Là tout est enchanteur et féerique, un peu comme un Big Mac. John Saul a dit à propos de ce mets extraordinaire et enivrant pour beaucoup d'enfants et de parents qu'il est «the communion wafer of consumption». Je pense, quant à moi, que la démocratie, aux États-Unis et tamisée et limitée.

Nous avons aussi eu droit, au cours de l'émission, à la présence de Patrick Huard dont l'univers est aussi marqué au sceau du merveilleux et du succès.

Heureusement qu'il y a eu le sociologue Gérard Bouchard qui a tenu un discours cohérent et critique, lequel discours a heurté le maire (intégriste?) Jean Tremblay de Saguenay.

En somme la plus récente émission de Tout le monde en parle nous a surtout présenté du gnangnan et du sirupeux.

Espérons que ce sera différent la prochaine fois, dans cet univers d'humoristes qui, pour la plupart, ont connu la gloire et le succès. Puissions-nous rencontrer un peu plus souvent Jean qui pleure pour nous faire oublier l'omniprésent Jean qui rit.

Partager
Image d'un ordinateur portable

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Icone tooltip


Commentaires (14)

Commenter cet article »

  • Pour les assoiffés de 'Jean qui pleure', il y a, à coeur de jour, les journaux télévisés...

  • Céline Dion ne sait pas chanter. Pas étonnant que lorsqu'elle a auditionné pour Kent Nagano, ce dernier lui a fortement recommandé de prendre des cours de chants...

  • Je n'écoute plus tlmep depuis plus d'un an.
    On invite des gens seulement pour qu'ils racontent ce que le peuple veut entendre. On tourne à la blague des situations sérieuses pour les banaliser.
    "Y vont en parler à tlmep ce soir!" ... Comme si ce qu'on va y raconter est une vérité indéniable.
    En même temps il y a Le banquier sur l'autre canal. Pour nous rappeler à quel point la cervelle des Québécois a ramollies depuis quelques années.
    Il y a deux propagandes. D'un côté on veut nous faire avaler une belle histoire, de l'autre on nous vend que l'argent et les pitounes c'est la chose la plus importante au monde...
    Et dire que la télévision devrait nous montrer de la culture...Pff!

  • TLMEP c'est de la mise en boîte. Même si c'est indigeste, tout le monde applaudira l'emballage. Le "poulailler" derrière les invités s'empressera d'ailleurs d'ovationner au premier signal les invités de la Commission Charbonneau, du plus véreux au plus incompétent.
    Jacques Saint-Cyr

  • Cher Jean-Luc Lapointe, permettez-moi de vous présenter mes excuses. Étant mal réveillé et malade, je pensais que vous parliez de moi en parlant des 2 ou 3 livres. Enfin j'ai réagi comme un vrai con.
    JSB

  • Monsieur Lapointe je n'ai jamais parlé de mes livres. J'ai parlé de l'émission TLMEP. En ce qui concerne les livres je suis sociologue depuis plus de 40 ans, ce qui fait que j'ai été «obligé» de lire un livre ou deux pendant ma vie d'illettré prétentieux.
    JSB

  • On dirait qu'il y a un problème technique dans cette page. Les commentaires ne sont pas alignés avec le nom des personnes qui les ont faits.
    Par exemple. Mon nom devrait être à la hauteur de "Personnellement ...etc" et non à la hauteur de "J'ai commencé à filtrer etc..."

  • Je vous suis et vous approuve pour la majorité de vos commentaires. Mais je ne doute pas que vous vous attiriez des remarques acides en la circonstance.
    J'ai appris que d'exprimer une opinion non partagée n'attirait pas la discussion comme escompté, mais l'envers du dialogue franc et objectif.
    TLMEP que vous citez l'a par ailleurs plusieurs fois démontré.

  • Le
    fou du roi
    qui
    essaie
    de
    nous
    épater
    en
    montrant
    "ses"
    3
    livres
    de
    Gérard Bouchard
    qu'il
    n'a
    probablement
    jamais
    lus...
    .
    Priceless

  • NOUVELLE DE DERNIÈRE HEURE : un expert vient d'inventer... le paragraphe !

  • Barthélémy, je prends bonne note de votre suggestion.
    JSB

  • Cher Denis Mercier, je vous assure que je n'étais absolument pas de mauvaise humeur. Je me prévalais de ma liberté d'expression et j'avais le goût de proposer mon analyse, sûrement discutable, de l'émission TLMEP. Vous me faites part de zones de divergence entre votre perception et la mienne, ce qui est très bien. Que demander de plus? Cela vous honore puisque vous ne gobez pas passivement tout ce que vous lisez.
    AU PLAISIR!
    JSB

  • J'ai commencé à "filtrer" les invités de Tout le Monde en Parle il y a plusieurs années déjà. Ce dimanche je n'ai écouté que Gérard Bouchard, et j'ai été très satisfait de son entrevue sans nécessairement avoir à perdre ma soirée à écouter le reste des invités, qui ne m'intéressaient guère. Peut-être devriez-vous, vous aussi commencer à filter les invités que vous voulez entendre selon vos intérêts.

  • "Personnellement je ne suis pas fasciné par l'oeuvre de Céline Dion. Ferré, Brassens, Mama Béa, Serge Gainsbourg, Juliette Greco et bien d'autres sont davantage «my cup of tea»."
    Coîncidence, c'est la seule qui est née au Québec que vous n'aimez pas. J'ai été entendre cette Mama béa que je ne connaissais pas pensant que ça en vaudrait sans doute la peine pour la voix mais à mon goût à moi, elle est une pâle imitation de la soeur de Céline, Claudette Dion.
    La chanson que j'ai écouté d'elle sur youtube était une chanson d'Édith Piaf, c'est pour ça que cette comparaison, que votre protégée, parente à vous sans doute, ne supportait même pas, m'est venue. Et si on reste sur Piaf, avez-vous entendu Véronique Dicaire chanter du Piaf dernièrement ? Sinon allez-y tout de suite pour vous rincer un peu le tuyau de l'oreille de la mauvaise voix de Mama béa.
    Les goûts ne se discutent pas d'accord mais moi je ne pourrais pas évoquer des chanteurs que j'aime sans évoquer des chanteurs québécois. Il faut être snob ou s'être cogné le gros orteil avant d'écrire que sa "cup of tea" ne comprend aucun(e) chanteur(se) québécois(e), si on est soi-même Québécois.
    Pour ce qui est de l'écriture, Gilles Vigneault aurait pu écrire les pièces de théâtre de Racine ou de Molière tant qu'à moi. tant la langue qu'il emploie est admirable. Richard Desjardins, avec une langue plus québécoise, est un poête exceptionnel qui fait passer Brassens pour un tourneur de refrain pas trop mauvais dont le talent a été éveillé par celui Leclerc, autre grand compositeur de chanson Québécois que vous auriez pu citer.
    Mais bon, dans votre mauvaise humeur, à défaut de ne pouvoir vous en prendre à sa voix, vous vous en prenez aux réponses que Céline fait en entrevue. Je ne sais pas les réponses qui vous ont fait faire le rapprochement avec Walt Disney mais moi au contraire, je l'ai trouvé beaucoup moins "up la vie " et drôle qu'elle a déjà été.

Commenter cet article

Vous désirez commenter cet article? Ouvrez une session | Inscrivez-vous

 

Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

publicité

la liste:9856:liste;la boite:1830524:box; Le tpl:300_op-articles-photos.tpl:file;

LE CERCLE LA PRESSE >

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Un groupe de commentateurs citoyens qui profitent d'une vitrine exceptionnelle sur l'accueil du site web. Les membres sont sélectionnés par la salle de rédaction pour la pertinence de leur propos, leur expertise, le style et la qualité de leur écriture.

Participez

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

image title
Fermer