La chose est entendue, et les positions apparaissent désormais irréconciliables. Le Québec est entré dans la modernité, qu'on se le dise. L'antagonisme fédéralisme/souverainisme a fait son temps, lui qui occupait pourtant toute la place depuis les années soixante et qui nous a donné de fameux débats d'idées, mais aussi, on ne peut le nier, une période trouble, tachée à l'encre rouge. Ne refaisons pas l'histoire ici, mais un point demeure. En un peu plus de quarante ans, nous sommes passés du collectif ? la défense d'un pays ? à l'individualisme ou, plus prosaïquement, à la défense du payeur de taxes. Que voulez-vous, on a les idéaux qu'on mérite.
Et pour se porter à notre défense, une radio d'opinion telle qu'on la connaît à Québec et dont rien n'est habituellement compostable dans les propos arrivera à Montréal en septembre prochain. Elle parlera des vraies affaires au vrai monde, c'est-à-dire à nous les payeurs de taxes, comme je l'ai dit plus haut. Ce sera, pense-t-on, un lieu d'affirmation du gros bon sens. Pur euphémisme, on le sait, puisqu'en réalité le débat tournera autour de leur thème de prédilection, soit celui du désengagement.
Désengagement à la fois fiscal, politique et culturel. Moins de taxes, moins de gouvernements et moins de subventions aux arts. Le dernier étant mon thème favori, on me permettra de laisser de côté les deux premiers.
Élément de fierté que nul ne peut remettre en question, l'argent public a permis, exemples parmi d'autres, l'incroyable aventure du Cirque du Soleil et d'Ex Machina, la compagnie de Robert Lepage. On pourrait aussi parler de MOMENT FACTORY dont la renommée est entendue à travers le monde. Lieux de création par excellence, symboles d'un talent propre au Québec (soyons un peu chauvin, quand même), ces exemples offrent un appui solide à quiconque se porte à la défense de nos institutions culturelles.
Mais allons plus loin et défendons aussi le cinéma, la littérature, le théâtre. Défendons l'idée qu'une société s'articule et s'exprime aussi au travers les arts. Défendons le droit d'être conquis, émus, bouleversés par des artistes rigoureux et talentueux à qui on paie un juste salaire et refusons de les confiner en amuseurs publics, sorte de guignols des temps modernes dont les pitreries mériteraient au mieux quelques pièces de monnaie.
En conclusion, ce genre de radio d'opinion voudra mettre dos à dos l'artiste et le travailleur du 9 à 5. Je dis, moi, qu'ils ne sont pas dos à dos, mais côte à côte. Chacun se nourrissant de l'autre...
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