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Loco Locass et le carré rouge du Biz...ness man

Jean-François Couture
 

Jean-François Couture

Rédacteur et conseiller en communications

Il n'y a pas à dire, le surnommé «Biz» de Loco Locass et ses acolytes ont le sens des affaires. Le groupe a un spectacle aux FrancoFolies et un CD à vendre.Côté potentiel synergique et question «plogue», la coïncidence est parfaite. Mais il y a un «hic».

Le «Biz» en question a récemment été vu dans une production de la conjointe du proprio d'un quotidien où sévissent quelques chroniqueurs que les «carrés rouges» et la CLAC ont en horreur. Ces derniers ont de la mémoire et ils peuvent être un peu teigneux. Comme depuis quelques semaines le centre-ville est en quelque sorte devenu leur terrain de jeu et qu'il y a danger de culpabilité par association, il faut, d'urgence, conjurer un possible mauvais sort.

La parade fut vite trouvée: discourir d'abondance dans le bon sens et inviter les «leaders» des carrés en question à monter sur scène. Et là, on ne fait pas dans la dentelle. On promeut au rang de «leader» un modeste porte-parole qui s'est toujours humblement défendu d'être de la caste des meneurs. Pour une rare fois, l'intéressé ne refuse pas l'honneur qu'on lui fait et l'identité qu'on lui prête. On rappelle aussi un leader qui a pris sa retraite pour cause de fin de mandat et pour faire bonne mesure, on fait bien sûr monter les collègues «en exercice». Le tour est joué. Loco Locass casse la baraque.

Que dire aussi de l'accueil fait à Robert Charlebois? Nonobstant sa présence au party offert à Sagard par la famille Desmarais dont tout le monde sait qu'elle n'est pas dans les bonnes grâces de la CLAC qui s'agite dans les parages de la CLASSÉ, le chanteur se présente avec sa casserole et le voilà adoubé.

Alors que les amateurs de voitures qui se sont rendus, en famille, rue Crescent un certain vendredi ont eu droit à la totale, les artistes qui ont versé le «pizzo» en affichant le carré rouge ou en brandissant leurs casseroles ont eu droit à toute la mansuétude du public et même de la presse en général qui s'est contentée de constater le succès d'estime.

Juste pour voir, j'attends maintenant le festival Juste pour rire. Les artistes qui ont eu l'audace de signer un contrat avec Gilbert Rozon auront-ils droit à la même mansuétude ou bien va-t-on leur servir le même traitement qu'aux amateurs de voitures qui ont eu pour seul tort d'entendre Jacques Villeneuve dire sa façon de penser? Même s'il parlait à titre personnel, on a sans doute tenu pour acquis que le «peuple», amateur de F-1, approuvait et méritait aussi la vindicte.

Qu'arrivera-t-il alors à Gilbert Rozon, le cuistre qui a eu le tort de s'inquiéter pour un événement dont il tire un bénéfice? Un «capitaliste» qui s'inquiète pour son capital. Voilà qui est forcément rédhibitoire. Mais il y a ses soeurettes qui montent un spectacle parallèle et favorable. Même si leur frère affirme qu'elles font cela de leur propre autorité, peut-être bénéficiera-t-il quand même du pardon par association comme tant d'autres ont été jugés coupables par le même procédé.

Comme aurait pu dire le défunt RBO: «À suire».

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Commentaires (15)

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  • Ouf ! Si les artistes calculaient autant, ce seraient des comptables ! Faire un groupe de musique au Québec, c'est vraiment pour faire de l'argent, ça c'est sûr. C'est évident. Quand je pense qu'easy rider partage votre "sensibilité", comme humoriste chez Rozon ou ailleurs, il y a du potentiel le easy.

  • Dans les commentaires je remarque beaucoup de mépris. Premièrement qualifier les artistes de ''suceux''' de subvention c'est assez faible, la PME pour laquelle je travail est aussi subventionné à un certain niveau, les employés de Bombardier sont aussi des subventionné tout comme les journalistes des grands quotidiens. Qualifier les étudiants d'enfants-rois ne tient pas non plus. La notion d'enfant-roi existe depuis les babys boomers. Dans les années 60 les ''vieux'' râlaient sur cette génération de boomers dévergondés qui ont transformé la société québécoise et on voit la même chose aujourd'hui. La société est en transformation et plusieurs ne semble pas capable d'y faire face. Comme nos parents et grands-parents qui ont critiqué les jeunes de la révolution tranquille, le changement se fera que ça leur plaise ou non. J'ai 43 ans et je ne croit pas que nous régressons au contraire.

  • Certains artistes refusent des " médailles " gouvernementales mais aucun ne refuse les
    subventions du même gouvernement.
    Combien de films québecois se réaliseraient sans les subventions de toutes sortes ?
    L'argent n'a pas d'odeur !!!

  • La différence c'est que les anti carré rouge iront pas perturber les spectacles, eux...

  • Ces suceux de subventions qui se donnent le droit d'insulter ceux qui ne pensent pas comme eux.. et qui sont près à tout pour faire une piastre m'écoeurent.

  • Loco Locass sont tellement "business" qu'ils choisissent l'option la moins populaire et la défendent dans leur chansons et leurs spectacles (souveraineté, gel des droits de scolarité ) S'il étaient vraiment "business", ne pensez-vous pas qu'il serait BEAUCOUP plus simple de faire le contraire M. Couture ?

  • M. Couture,
    Je partage assez bien votre vision et votre sensibilité de la situation de cette crise avec un petit ''c''. Ce mouvement étudiant à intérêts variables et leaderships à géométrie variable est conforme à l'Histoire de l'humanité en termes de déjà vu où l'égoisme corporatiste des syndicats, puis de la gauche politique avec une leader multi-millionnaire (Mme Marois), des jeunes leaders étudiants qui sont nés avec une cuisse en or et qui fréquentaient des établissements scolaires privées...mais dont les parents étaient des leaders syndicaux (trouver l'erreur).Tout ce beau monde qui donne des leçons de vie, d'économie, de rectitude morale et politique, qui abuse les demeurés et déficients intellectuels (je parle du peuple: jeunes et adultes confondus) au sujet de l'utilisation de la violence comme arme de dissuasion (Ce beau monde utilise des groupes ''techniques'' associatifs pour agir à leur place) et finalement ces artistes...petit ''a'' de la putasserie, ces bandes de tuques à la Loko ou encore , le grand prêtre invité régulièrement à TMEP...la camisole à Dan Bigras utilisant les médias sociaux et n'écoutant que sa tuque de cerveau pour diffuser des fausses informations incendiaires pour soulever le bon peuple contre ce gouvernement qui n'en finit plus de finir.
    Ma conclusion est qu' à gauche comme à droite, la bêtise est assez bien partagée, l'utilisation à ses fins est tout aussi bien partagée comme moyen de sauver sa peau ou de faire celle d'autrui.
    Aux petits malins (gauche caviar, syndicats, étudiants activistes) qui pensent nous berner... comme petite lecture estivale sur la manipulation des foules, je vous invite à retourner à
    certains classiques (américains pourquoi pas?) comme Robert Penn Warren: All the king's men...Les fous du roi . C'est plus poétique que Le prince et moins redondant.
    Marc Lapierre

  • Pas de danger pour les humoristes avec leur show bénéfice pour les étudiants...

  • Tous ces plateauniciens (sic) d'artistes sont des radicaux libres qui grignotent le tissus social... Excusez-là, l'ouverture était trop belle...
    Sur une note plus sérieuse, je trouve regrettable que des artistes puissent tirer profit d'une crise alors que d'autres risqueraient de tout perdre en dévoilant le fond de leur pensée. Cela réduit considérablement l'amorce d'un véritable débat social.
    Serge Daigno

  • Quelle mauvaise foi et quelle malhonnêteté intellectuelle!!! Hallucinant!

  • Un enfant-roi est un enfant qui obtient tout ce qu'il désire simplement en faisant une crise. Les parents, incapables de discipline, cèdent à tout coup, croyant ainsi que satisfaire les caprices de l'enfant achètera la paix.
    Un enfant-roi ne subit pas de conséquences de ses propres gestes...
    La crise en est une d'enfants-rois.

  • Ces pauvres petits 'carrés rouges' se font manipuler par tous et chacun (la droite, la gauche et les bicéphales) et ne sont pas assez intelligents pour le voir.

  • Vous êtes tellement habitué à calculer les retombées du moindre geste ou de la moindre prise de position que vous ne pouvez plus imaginer que quelqu'un puisse fonctionner autrement. Mais quand bien même Loco Locass ou Charlebois feraient ce type de calcul, serait-ce si avisé si vraiment une majorité de québécois sont anti carré rouge?

  • Ben oui, quand on veut tuer son chien on l'accuse de la rage... so cute!
    Vous n'échangeriez jamais votre revenu contre celui de Bizz, pas fou! Et même assez malin pour vous assoir sur vos gentils lauriers de repatenteux d'image (c'est précisément ça, un "conseiller en communication", non ? eh que c'est bôôôôô!) pour tenter de le planter allègrement à petits coups de pinceau.
    Pas besoin de votre vinaigre de mauvaise qualité, Bizz mange sûrement pas mal plus de hot-dog que vous. Mais en fait vous ne faites que démontrer une fois de plus ce que je constate depuis des mois : les tenants du "z'y vont payer les p'tits baveux" n'ont comme argument que du dénigrement (sont pas démocratique... mon oeil! Des fils de riches.. Où ça ? Des enfants-roi... Méconnaissance complète. Et autres...) ou des fables du genre du gâteau économique qui ne grossit pas, tout en étant prêts à plonger à bras raccourci sur le Grand Nord pour aller ruiner ailleurs. Le vrai gâteau qui ne grossit pas, il est là, pas ici! Si vous voulez faire grossir le gâteau ici, encouragez les jeunes à étudier au lieu de faire des procès d'intention à ras de malveillance.
    Non mais!

  • Ces artistes....
    - Toujours du bon bord pourvu que ça fasse vendre leurs cossins
    - A droite pour les subventions et à gauche pour l'estime de leur public...
    Un artiste va où ça paie mais ça le fait avec classe et panache.
    Honte à ces comiques pas drôles et à ces chanteurs sans voix.
    Oui. Biz égale BIZNESS! Et Charlebois est prêt à tout...pour des bidous.

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