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Caroline Moreno
Écrivain et comédienne
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L'art existe depuis la nuit des temps. On le retrouve partout et pas nécessairement entre quatre murs. Il se manifeste sous différentes formes dont la danse, la peinture, le chant, la musique, la sculpture, la littérature, le cirque, la couture, le théâtre, le cinéma, la photographie, la poésie, la gastronomie, l'aménagement paysagé, l'architecture, la mise en scène, la mode, etc.
Que ce soit de façon consciente ou non, l'art constitue une dimension importante de notre vie et de notre société. Il exprime nos émotions, nos perceptions. Il est le reflet de ce que nous avons été, de ce que nous sommes, de ce que nous devenons. Il est notre voix. Il nous distingue, nous oppose. Il est notre identité.
Avec sa population de 8 millions d'habitants, le Québec se démarque.
Malheureusement, peu de ses artistes québécois parviennent à vivre de leur art, associé plus souvent qu'autrement à un passe-temps. Ceux qui réussissent à se faire connaître servent souvent (et parfois malgré eux) de porte-étendard, ce qui entretient l'illusion d'un nombre plutôt restreint de créateurs.
Qui connaît les sculpteurs et artistes peintres Cédric Loth et André Brosseau? Les poètes France Bonneau et Jean Deronzier? Les sopranos Rosalie Gendreau et Évelyne Piché? Les auteurs-compositeurs-interprètes Bruno Mackay et Luc Lopez? La compositrice Sylvie Lavoie? Pourquoi cette indifférence, cette paresse, ce manque de curiosité face à tant de richesses?
> Voir l'émission Personne n'en parle
Percer au Québec, n'est pas mince affaire. Pour ne rien arranger, le gouvernement canadien élimine les uns après les autres les programmes d'aide à la création et à la diffusion s'attaquant aux subventions et aux institutions (tournées, ONF).
L'art, pour ce gouvernement, est une dépense inutile et un portrait de la reine d'Angleterre vaut plus cher à ses yeux que deux Pellan. De toute manière, comme l'affirmait Jean Chrétien à l'époque où il était Premier ministre du Canada, la culture québécoise n'existe pas!
Le gouvernement canadien, qui affiche un surplus budgétaire, a d'autres priorités: les dépenses militaires, la mission en Afghanistan, l'extraction du pétrole albertain, l'industrie automobile, la construction de prisons, le salaire du représentant de la reine d'Angleterre à Ottawa; il n'a pas de temps et d'argent à perdre avec les rêveurs...
L'attitude méprisante du gouvernement canadien à l'endroit des artistes québécois n'est guère différente de celle du gouvernement du Québec à l'endroit de ses étudiants.
Comment douter que Stephen Harper et Jean Charest appartiennent à la même famille idéologique? Combien de temps encore le Québec se laissera-t-il dicter sa conduite par une nation étrangère?
Sortons du cadre canadien!
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