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Les 100 plus riches Canadiens

Jean-François Boisvert
 

Jean-François Boisvert

Auteur et porte-parole de la Coalition Objectif 22

Le magazine Canadian Business nous révélait la semaine dernière que les 100 Canadiens les plus riches possèdent une fortune totale de plus de 200 milliards de $.

Je sais qu'il y a des écarts parmi ces 100 privilégiés, mais si l'on simplifie, cela fait pour chacun d'eux un avoir moyen de 2 milliards de $. C'est beaucoup... Prenons en comparaison un travailleur de la classe moyenne, qui gagne 50 000 $ par année. Supposons que cette personne ne paie pas d'impôt, ni aucune taxe et que par miracle elle ne dépense pas un sou. Si elle pouvait économiser la totalité de son salaire, il lui faudrait quand même 40 000 ans pour accumuler 2 milliards! C'est beaucoup... Un couple de deux professionnels gagnant chacun 100 000 $? Même s'ils trouvaient une façon de ne rien dépenser du tout, ils n'atteindraient les 2 milliards qu'au bout de 10 000 ans!

Les 100 personnes à la tête de ces fortunes colossales ont sûrement travaillé fort, ont pris des risques, ont eu des idées géniales. Mais même avec leurs efforts, leur génie, leur audace, valent-ils vraiment des dizaines de milliers de fois plus qu'un citoyen moyen?

L'écart grandissant entre les richissimes et les autres doit nous interpeler. Surtout lorsqu'on le met en perspective avec d'autres données, comme celle-ci (reprise le même jour à l'émission « Classe économique » de la Première chaîne de Radio-Canada) : selon un rapport de l'Unicef, le taux de pauvreté des enfants au Canada s'élève à 13 %. Notre pays se classe au 24e rang sur les 35 pays riches étudiés, soit dans la partie supérieure du dernier tiers du classement.

Dans une société prospère, où des gens peuvent accumuler des milliards de $, 1 enfant sur 7 vit et grandit dans la pauvreté. C'est beaucoup... beaucoup trop!

Je ne considère pas condamnable la richesse en elle-même. On doit cependant la questionner lorsqu'elle est trop inégalement répartie. Que dans un pays développé et riche comme le notre, une poignée d'individus puisse accumuler autant d'argent alors que la pauvreté frappe une trop large tranche de la population m'apparait révoltant.

Mais que les rarissimes privilégiés se rassurent : ici, lorsque exceptionnellement elles réussissent à éclore, nos révoltes sont des plus tranquilles. Et s'ils sentent leurs biens menacés par l'éventualité de mesures plus progressistes, ils n'auront qu'à demander à leurs scribes-valets de calmer le bon peuple en lui répétant qu'il lui faut des très riches et que, comme les monarques d'autrefois, il ne faut sous aucun prétexte leur toucher...

P.-S.:

Pour ceux que le sort des 1 % mieux nantis préoccupe, je suggère la lecture de cette récente et très étoffée étude de l'IREC.

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Commentaires (16)

Commenter cet article »

  • @Jean-francois.boisvert,
    Sur quoi vous basez-vous pour dire que : «De nombreux riches sont misanthropes» ? Je vous dirais plutôt que pour être un bonne personne d'affaire, il faut être sociable et être créatif.
    J'aimerais que vous m'expliquiez comment un individu qui cumule 2-3 jobs peut être pauvre ?

  • @glsr2012,
    Il appert que les meilleures idées viennent à un jeune âge. Ainsi, je n'ai pas de référence à vous fournir mais, il semble que plusieurs grands scientifiques, même des lauréats de Prix Nobel, ont eu leurs grandes idées de départ très tôt.

  • Ce système a toujours été ainsi. Le capitalisme fait en sorte qu'il y a des gens très riches et d'autres très pauvres. Si vous voulez vous sortir de la pauvreté, devenez maître dans une discipline et vendez vos services aux plus offrants. Ces gens qui sont riches sont la plupart du temps plus intelligents que vous! Si vous voulez être comme eux, bottez vous le derrière pour les surpasser.

  • Pour les plus jeunes, Montréal a déjà été la métropole financière du Canada, lorsque je travaillais Montréal Dorval était l'aéroport le plus occupé au Canada, plusieurs compagnies aériennes n'allaient même pas à Toronto. Puis un jour, le vent a changé de bord à peu près en même temps que l'arrivée au pouvoir du PQ. Je ne suis pas prêt à affirmer que l'élection du PQ y est pour quelque chose mais permettez moi d'avoir un doute raisonnable. Les décisions se prennent ailleurs maintenant et il va falloir un grand vent de changement un jour pour que le Québec reprenne sa place. Il va falloir que les Québecois se branchent un jour d'un côté comme de l'autre et que les perdants avalent la pilule une fois pour toutes. Personnellement je préfèrerais que les 100 plus riches du Canada habitent le Québec mais on a un sacré bout de chemin à faire.

  • Ces personnes valent plus cher que nous parce qu'elles possèdent des actifs qui valent beaucoup plus que les nôtres. Probablement plus de 10 000 fois plus cher, oui. Si je comprends bien, leur valeur est calculée en fonction de ce que ces riches possèdent en termes d'actifs. Et c'est parce que ces personnes possèdent des actifs qui valent 10 000 fois plus cher que celui qui gagne 100 000$ par an qu'ils valent 10 000 fois plus cher!
    Donc, on pourrait dire que ce sont les actifs des riches qui valent 10 000 fois plus cher, et non la personne en tant que telle...

  • Et quelle est la proportion de ces 100 Canadiens les plus riches qui vivent dans le paradis socialiste du Québec? Eh oui, sûrement moins de 10%. Au Québec, on a compris: on punit les méchants riches d’avoir créé des emplois et de la richesse pour tous. Et comme les riches ne sont pas stupides… bonsoir, ils sont partis, les investissements et les emplois aussi!

  • Selon les diktats de la Charte canadienne et québécoise, mon droit et ma liberté d’expression sont inaliénables et ne peuvent subir quelque forme de dictature, dont la censure. Voici donc mon opinion. C'est le genre de texte de spéculations factices et de parodies étrivées, tordues et délavées que s'acharnent à scribouiller les indignés tous azimuts, victimes des zigzags de leurs perceptions embrouillées et obstrues et qui, au fond, n'intéressent que les aboyeurs publics et les myopes frustrés que valorisent les médias sociaux qui misent sur les tribunards de la populace.

  • Il m'a fallu du temps pour comprendre... Ce que je sais maintenant :
    Un jeune en bonne santé, "allumé" et moyennement instruit peut devenir riche ou très à l'aise s'il trouve rapidement un secteur d'activité où il peut s'investir et démarrer une entreprise.
    L'esprit d'entreprise est l'envers du travail salarié pépère et convenablement payé.
    Cet esprit permet à la majorité de sortir du lot. Une simple question de choix !
    Encore faut-il le réaliser de bonne heure. Et être persévérant.
    J'ai connu un ado qui a créé une société mondiale. Et plusieurs autres devenus patrons.
    Tous ont choisi assez tôt de se lancer en affaires. Que les jeunes en prennent note !
    Georges LeSueur

  • Si l'humain pouvais comprendre que son passage sur terre est l'équivalent d'un claquement de doigt, peut-être se soucierait-il davantage des générations à venir.
    Les inégalités de revenus sont un frein à l'intégration sociale.
    On a tous besoin que les gens trouvent leurs places dans la société, les projets collectifs étant plus bénéfique pour tout le monde. Il faut savoir s'élever au dessus de ses intérêts personnels pour donner notre plein potentiel aux gens qui nous entourent, dans l'intérêts globale des générations à venir.
    Que le milliardaire ou le travailleur ou le pauvre type vivent pour son ego, eh bien c'est l'échec!!


  • Mon patron est multimillionnaire. Il travaille 7 jours/semaine et dort 4 heures par nuit. Je suis content pour lui, c'est ça qu'il veut. Il VAUT des centaines de millions. C'est-à-dire qu'il n'y a pas des centaines de millions de dollars dans son compte de banque. Il possède des usines. Des usines qui emploient des centaines de gens. a fortune est évaluée en autres en fonction de ses immobilisations, ses équipements, son inventaire, etc. À ce compte, comment pourrais-je décrier l'écart entre sa richesse et la mienne ? Les grosses compagnies ne peuvent pas toutes être des entreprises inscrites à la bourse et par ce fait appartenir à une multitude d'investisseurs. Les inégalités existeront toujours, puisque nous sommes tous différents. C'est les injustices qu'il faut décrier.

  • @JEAN-FRANÇOIS BOISVERT
    Les capitaux des 100 plus riches sont investis dans l'économie de façon très productive, pour croître l'économie a besoin de capitaux alloués à leurs endroits les plus productifs. Pour s'enrichir ses gens ont dû en convaincre d'autres de faire affaire avec leur entreprise et par le fait même ils ont créer plusieurs emplois. Leur richesse n'enlèvent rien aux autres citoyens, bien au contraire.

  • à mimicracralolo : Vous avez effectivement raison : de nombreux riches sont misanthropes. Heureusement, quelques-uns sont par contre philanthropes !
    à cgm48 et gaslev : Si vous lisez bien, je ne suis pas contre le fait que ceux qui travaillent plus fort et prennent des risques gagnent davantage que la moyenne. Ce que je questionne, c'est l'extrême concentration de la richesse. Est-il normal que certains valent 10 000, 20 000, 40 000 fois plus que d'autres ? Je vous invite à lire l'étude de l'IREC que je mentionne en P.S. C'est un peu ardu mais ça éclaire sur le sujet et déconstruit plusieurs mythes, dont celui voulant que le fait d'avoir des très très riches bénéficie à l'ensemble de la société; c'est plutôt le contraire.
    Finalement, je ne suis pas d'accord avec l'opinion voulant que tous les pauvres le soient par paresse. Plusieurs travaillent très fort, cumulent parfois 2 et 3 emplois pour tenter d'arriver. Saviez-vous qu'au moins 15% des bénéficiaires des banques alimentaires sont des travailleurs ? Est-ce seulement parce qu'ils ne travaillent pas assez fort ?

  • De petites questions...
    Est-ce que ces 200 milliards sont des sommes déposées dans des comptes d'épargnes ou des actions de sociétés qui offrent des emplois à un grand nombre de personnes contribuant à créer de la richesse et justement combattre la pauvreté?
    Quel serait, selon vous, une partage 'équitable' de la richesse et par quels mécanismes pourrions-nous partager la richesse tout en maintenant la motivation des entrepreneurs contribuant à la prospérité de l'ensemble de la société?
    Pensez-vous qu'il soit possible qu'une partie des enfants vivant dans la pauvreté aient des parents refusant de faire le minimum d'effort pour obtenir et conserver un job capable de faire vivre décemment leurs enfants?
    Charles-Gilles Massé

  • gaslev, tout à fait d'accord avec vous ! Ces gens riches sont loin de niveller vers le bas comme le syndiqué ou salarié moyen qui ne pense à qu'à son nombril et au prochain vendredi 17h. C'est ça l'esprit d'entrepreneurship. Et ce dont Monsieur Boisvert ne parle pas, c'est à quel point ces entrepreneurs peuvent être misantropes (Bill et Melinda Gates, Famille Bronfman, Famille Chagnon, etc.).

  • Quand on voit nos chers syndiqués demander des semaines de travail de 35 Hrs, il faudrait regarder combien d\'heures un homme riche passe à vouloir encore mieux performer. Souvent ces personnes passent plus de 12 hrs par jours à faire des affaires à travers le monde, et pourtant pour eux le travaill est le résultat de leur réussite. Ils ont possiblement été chanceux pour certains d\'entre eux, ayant un papa qui lui aussi c\'est vendu au travail pour en arriver où il est. Quand on lit les biographies de certains de ces personnages riches et célèbres, on comprend mieux leur ascention, beaucoup ont commencé avec pas grand-chose sous les pieds, mais à force de travail et de tenacé ils ont réussi.

  • Encore une fois, on agite l’image les grandes inégalités du 1% des plus riches, même ici celles des 1/250,000ième pour mieux camoufler les privilèges tout ce qu’il ya de plus privé, et le plus souvent sur le bras de l’état, de notre petite bourgeoisie qui est que trop satisfaite d’ainsi s’assimiler aux démunie.
    Un seul pixel pour les revenus de 5,000$ a 130,000$ dans l’image des inégalités et des injustices….

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