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Francisation des marques: le mépris de soi

Pierre-Paul Ferland
 

Pierre-Paul Ferland

Étudiant au doctorat en Études littéraires à l'Université Laval

L'attitude des géants Best Buy, Wal-Mart et Costco sur la question de la francisation des marques me déplaît. N'est-ce pas de la pure arrogance de leur part? Ou, au contraire, parieraient-ils sur notre «complexe du tapis »?

J'ai déjà entendu un gourou de la mise en marché dire à la télévision anglaise: «? Si vous désirez être globaux, vous devez être locaux partout?» [Ma traduction]. La compagnie Staples n'a-t-elle pas compris le message en changeant sa bannière pour «?Bureau en gros» au Québec? Je doute aujourd'hui que le changement d'image de marque ait empêché cette entreprise de fleurir au Québec, au contraire. On ne demande même pas ici à ces entreprises de changer totalement leur fameuse «image de marque», mais simplement de respecter notre particularité en ajoutant «les magasins» devant leur logo. Il n'y a pas de quoi gaspiller des milliers de dollars en honoraires d'avocat pour contester ce changement, non?

Reste que la réponse de ces méga-détaillants à l'Office de la langue française nous révèle beaucoup sur les identités nationales à l'heure de la mondialisation. Comme si, justement, nous étions tellement embourbés dans notre statut de consommateurs que nous en oublions notre différence linguistique. Comme s'il fallait se prosterner devant les aubaines en délaissant notre particularité dans le stationnement.

En fait, je jette le blâme au mauvais endroit. C'est nous, le problème. Je ne crois pas que le changement d'épithète nous empêchera de magasiner dans ces grandes surfaces. Effectivement, que le magasin se nomme «Costco wholesale»? ou «les grandes surfaces Costco» ne change rien au fait que nous fréquentons ces établissements pour nous procurer des denrées à prix compétitif. Je ne suis pas une exception?: j'ai ma carte de membre du Costco...

Comme tous les bons consommateurs nord-américains, nous sommes prêts à toutes sortes de sacrifices afin d'économiser quelques dollars. Nous consentons à la laideur extrême du décor, à l'absence presque totale de service à la clientèle; pourquoi s'en faire de l'affiche? Sommes-nous masochistes à ce point pour que le magasinage devienne une guerre de tranchées, un calvaire duquel on ressort toujours plus frustré? À chaque fois que je ressors froissé et épuisé d'une session de paniers-tamponneurs dans ces surfaces froides, je me demande pourquoi je consens à tout ça pour épargner sur le papier de toilette.

Et pour finir, je suis encore plus irrité des associations pernicieuses qui règnent dans tout débat linguistique au Québec. Est-il possible de demander aujourd'hui une francisation des marques sans être associé automatiquement à la mouvance péquiste? Depuis quand désirer un affichage francophone fait de nous des soi-disant souverainistes réactionnaires? Je me désole de cette politisation ultra-polarisée des positions linguistiques.

Tout se passe comme s'il y avait désormais d'un côté les «souverainistes zélés» et, de l'autre, ceux ayant renoncé à toute idée d'identité nationale, ceux qui veulent reléguer les questions linguistiques à une sorte de «folklore péquiste» embourbé dans le terreau tari de la Révolution tranquille.

Qu'est-ce qu'on demande aux compagnies américaines que nous accueillons avec enthousiasme chez nous? Que ces compagnies consentent à nous ressembler un peu afin que nous développions avec elles un certain attachement, un sentiment d'appartenance. Le message de ces trois géants en devient d'autant plus représentatif de notre marasme actuel: pourquoi ressembler aux Québécois lorsqu'ils sont semblables aux autres quand vient le temps de s'acheter du papier de toilette?

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Commentaires (36)

Commenter cet article »

  • Quand on place des opinions qui ne sont pas selon les bonnes manières de La Presse surtout envers les mutinaitonals on nous publie pas.
    Continuons à nous regarder le nombril et croire que tout est beau dans ce monde lequel, on dirait, est en train des se défaire.

  • @ppferland: Si je me souviens bien, vous avez dit vous-même ne pas avoir suivi les présidentielles américaines. Comment pouvions-nous alimenter une telle argumentation ?
    En second lieu, plutôt que de vous plaindre @tous des contradictions dans les commentaires reçus (oh surprise, les Québécois ne sont pas tous sur la même longueur d'onde) vous pourriez vous féliciter d'avoir ouvert un débat qui suscite des passions. J'y découvre pour ma part plusieurs arguments auxquels je n'aurais pas pensés. Merci pour ça.
    Est-ce que c'est seulement au post-doctorat qu'on apprend l'art du bonheur ?

  • En quoi est-ce un enjeu de contexte culturel de placer un "Les magasins" devant un nom d'entreprise à consonance anglophone ??? Je ne vois vraiment pas en quoi la culture est bafouée ici, désolé.
    Si on compare Québec/Canada et Puerto Rico/USA par exemple, je peux vous affirmer que là bas, un Walmart est un Walmart et non un "El almacenar Walmart" et qu'un Poulet frit Kentucky n'est pas un "Pollo frito Kentucky", et les habitants savent très bien dans quoi ils s'embarquent en ouvrant les portes d'un Best Buy. Pourtant, ils font parti d'un pays anglophone et vivent dans un territoire espagnol (même si plusieurs parlent anglais comme ici). Et très important, à mes deux voyages là bas, je n'ai jamais senti que la culture latine était en péril à cause de Walmart, Best Buy et cie. Je crois sincèrement qu'une marque de commerce est une marque de commerce, et que les lois sur la langue n'ont rien à voir la dedans.

  • @M Ferland
    Par rapport à l'anglicisation des noms des gens qui ont immigré aux États-Unis entre 1830 et 1930... Êtes vous vraiment sur que cette anglicisation était toujours volontaire?! Il faut aussi se remettre dans le contexte de l'époque, où les curés/pasteurs écrivaient au son bien souvent. Arrivez avec un nom francophone en étant un peu illettré et on va vous organiser votre orthographe pour que ce soit plus facile! Bien des gens ne savaient pas comment écrire leur propre nom de famille... ce qui nous a entre autres amené beaucoup de dérivés des mêmes noms ici même. Si vous faites des recherches généalogiques vous verrez que certains noms ont évolué au fil du temps.
    Avec l'arrivée des Irlandais, bien des noms ont subit un véritable massacre! Parce que nos curés ne savaient pas les écrire et eux ne savaient pas les épeler...
    Il existe encore bien des noms de famille francophones aux États-Unis et les porteurs l'ignorent peut-être. Je pense à Petit entre autre...
    Néanmoins je soutiens que l'identité d'une entreprise ne relève pas uniquement de son nom (puisque certaines entreprise québécoises "pur laine" on des noms anglophones) mais du fait de faire des achats locaux et d'offrir des produits locaux/ répondants aux besoins locaux. Je ne suis pas sure que Walmart vends des soufleuses en Floride... mais ils en vendent ici. Il ne faut pas oublier qu'on parle de multinationales... imaginez si Walmart devait traduire sa bannière dans toutes les langues possibles? Misère! N'en vous en déplaise mais je crois que de reconnaitre un logo peu être pratique à l'étranger lorsque vous ne parlez pas la langue. C'est la reconnaissance d'une entreprise unique et non pas de petites entreprises indépendante.
    Je me demandais, parce qu'on parle de la francisation des bannières... Nos compagnies québécoises devraient-elles modifier leur propre bannière à l'étranger ou sommes nous assez égocentriques pour appliquer ce concept qu'ici? (Je pense à Bombardier, au Cirque du Soleil

  • @Tous : Pour un débat soi-disant inutile, soi-disant superficiel, je vous trouve très en verve! Je parle des présidentielles américaines et personne ne commente; je parle de langue française et wham! 31 commentaires.
    @Snapeblackrose : Merci pour la précision sur Staples, j’ignorais ce détail qui affaiblit effectivement mon argumentation. Pour le reste du commentaire : Saviez-vous que des dizaines de milliers de Québécois ont immigré aux États-Unis entre 1830 et 1930 et que la majorité d’entre eux ont anglicisé leur nom afin de mieux s’intégrer?
    @Gloucester : Si mon titre était « étudiant au doctorat aux HEC », vous seriez-vous permis ce commentaire? Ce n’est pas parce que j’étudie en littérature que je me présente comme un chevalier défendant le français. Au contraire, j’écris que moi aussi, comme beaucoup, je pile sur certains principes éthiques pour faire des économies.
    @jolico : Vous faites des hypothèses en lien non pas avec mon texte, mais avec mon statut d’étudiant en littérature. J’ignore si le recours juridique coûte moins cher que le changement de l’image de marque, je l’avoue. Mais bon, le message que ça envoie me donne la perception que ces entreprises ne veulent pas s’adapter à notre contexte, voire à aucun contexte culturel. Je trouve ça plate car j'aimerais qu'on puisse magasiner dans des endroits plus accueillants, qui nous ressemblent, tout en économisant.

  • Hier soir je suis allé à un endroit un peu bizarre. IKEA, qu'ils appellent. J'avoue que j'étais un peu perdu sans la mention "les magasins". J'ai tourné en rond pendant trois heures. Des petits crayons, des papier... kessé ça? Heureusement qu'ils servaient de la nourriture.

  • @ M Ferland,
    Je ne crois pas que de s'adapter aux couleurs locales comme vous dites passe nécessairement par la francisation du nom de l'entreprise. Le fait que Walmart ou même costco achètent et vendent des produits québécois plutôt que simplement des produits américains qui seraient exactement les mêmes que dans son magasin de Floride, ça pour moi ça démontre une adaptation aux couleurs locales. Il y a bien des choses que vous pouvez acheter chez Walmart/Costco au Québec que vous ne trouverez pas ailleurs au Canada!
    De plus, parlant de Bureau en gros... Bureau en gros Ltée a été fondé en 1991 au Canada puis acheté par STAPLES en 1994. Donc l'effort de STAPLES pour franciser la marque n'est pas là, ils ont simplement décidé de ne pas investir pour faire changer le nom au Québec. C'est une toute autre histoire!
    De plus, je ne comprends pas pourquoi on s'acharne sur le nom de la compagnie. Si la compagnie n'offrait pas de service en français ou que son affichage intérieur (ou sur ses produits) n'était pas adéquat il y aurait matière à plainte!
    Lorsque vous allez aux États-Unis, est-ce que vous changez votre nom pour Peter-Paul? Un nom c'est un nom. Si on avait tenu à ce qu'il soit francisé il aurait fallu leur demander au début, lors de leur arrivée au Québec. On a décidé de faire un problème avec quelque chose qui n'en était pas un.

  • @ Starfrit1.....je n'aurais pas pu mieux dire.....


  • Montréal, la seule grande ville nord-américaine francophone. Si j'étais économiste, j'avancerais que cette particularité va bien au delà de notre spécificité culturelle. C'est notre marque de commerce, notre élément vendeur numéro un, c'est ce qui nous rend unique en Amérique. Pensez-y bien.
    Serge Daigno

  • Non mais y'en on tu qui ont du temps à perdre. Honnêtement, qu'est-ce que ça va changer que ce soir écrit Magasin Walmart, Bas prix Walmart, Chez Walmart etc etc etc. C'est un Walmart point final. Et à l'intérieur, c'est écrit en français, je suis servi en français, ma facture est en français mais j'avoue que souvent la traduction sur les produit en français fait pitié... Oh, mais ça ce n'est pas de la faute à Walmart ! Choisissez donc mieux vos batailles les souverainistes. Franchement cette situation est totalement ridicule. Walmart va rester certe car ils ont asses d'argent, mais moi ce qui m'attriste, c'est de voir que les petits enfants vont bientôt perdre leurs rois Work-a-bear Workshop justement à cause de cette maudite loi sans bon sens sur le français.
    J'aime le français, j'aime l'anglais, j'aime l'espagnol, et je ne me défini pas par la langue que je parle mais par ce que je suis en tant qu'individu. Est-ce que vous écoutez uniquement la télé en français ? Est-ce que vous consultez des sites internet uniquement en français ? Je suis pas mal sur que non alors arrêtez d'essayer de nous faire brailler avec des histoire de magasin qui ne veulent pas mettre le mot magasin sur leurs enseigne. Si vous voulez protéger le français, commencez donc par vous battre contre le système scolaire. Les jeunes ne savent même plus écrire votre belle langue sans faire 10 fautes en deux phrases.

  • Il n'y a qu'une chose que les compagnies comprennent et c'est le language de l'argent. S'ils vous offusquent aller ailleurs et si vous êtes assez nombreux ils réagiront. Mais par contre ne faites pas comme tous ceux qui se font les défendeurs ardents de l'environnement et qui arrivent aux réunions avec leurs F350 etc... un peu plus de consistance SVP

  • M. Ferland,
    que l'on soit au niveau du doctorat ou de l'école technique, il y a une obligation de cohérence. On n e peut pas passer droit devant un Metro et un Jean-Coutu, pour aller s'approvisionner chez Costco, Wal-Mart, Loblaws et Shoppers Drugmart et en même temps se présenter comme un chevalier de la promotion du français et de la réussite des entrepreneurs québécois.

  • Tout comme jolico, je crois que l'attitude de ces entreprises s'explique davantage par la résistance au changement que par l'arrogance. Pourquoi devraient-ils passer par une panoplie d'étapes allant de "faire changer le logo par un graphiste" à "faire apparaître ce logo sur toute la paperasse impliquée" en passant par "modeler le logo pour qu'il soit compatible avec une machine-outil" à "faire usiner ledit logo" ... pour un si petit marché ?
    C'est beau, le monde des mots et des idées, mais un moment donné, à trop penser, on finit par voir des mauvaises intentions partout. Et à les propager.
    Y'a pas une phrase qui dit : Les petits esprits parlent de gens, les moyens esprits parlent d'événements, les grands esprits parlent d'idées, et les autres sont réalistes ?
    Par ailleurs, je ne comprends pas votre aversion pour les magasins à grande surface. Je les fréquente parfois le dimanche matin, on mange des échantillons gratuits, on relaxe dans des sofas, on sort avec une facture ridicule, pis on a du fun.
    Je suis probablement une âme perdue qui se laisse manipuler par du marketing de bas niveau. Soit. Mais je choisis mes batailles, et je m'assume.
    @raman Je crois que les Thaïs sont contents d'avoir accès à des remèdes légaux et efficaces. Ce n'est pas idéal, mais ce n'est pas déprimant. C'est notre époque.

  • @Roman «C'est partout maintenant. J'étais en Thaïlande il y a deux ans, dans un petit centre d'achat en province, loin des coins touristiques. Presque tous les magasins avaient des noms anglais, avec des épithètes telles que : « Your personal drugstore ». J'ai trouvé ça déprimant. D'une part, dans ce coin, personne ne parle réellement anglais. Donc ça ne fait pas très « personnel » d'être accueilli dans une langue étrangère. (Mais les Thaïs sont 70 millions. Donc ils ne craignent pas trop pour la survie de leur langue.) Et d'une autre, ça m'a fait penser à quel point la face du monde devient uniforme : une langue unique, une cinématographie unique, des chanteurs pop uniques, une alimentation unique...»
    Ça ne vous rappelle pas un certain livre écrit par George Orwell ?

  • @martind2 - Merci pour votre commentaire.
    Monsieur Ferland trouve bizarre que les compagnies dépensent des milliers de dollars en honoraires d'avocats pour ne pas avoir à changer leur nom.
    Monsieur Ferland étant dans un domaine "mou" semble complètement ignorer les coûts de changer un nom comme Walmart pour Les magasins Walmart, coûts administratifs (et voilà encore les avocats qui s'en mettent plein les poches), et les coûts pour faire changer des affiches, de la papeterie administrative, des sites internet, etc. etc. etc. etc.
    C'est donc simple de changer des noms... hein? Ça coûte probablement moins cher en honoraires d'avocats que d'accepter la réalité québécoise chétive, qui a peur de son ombre, de sa langue mal parlée et mal enseignée.
    Et on va demander à des groupes musicaux 100% québécois comme Simple Plan de changer leur nom aussi?

  • Il est plus que temps de leur montrer qu'ici on vit en français. Boycottez toute entreprise ne respectant pas la langue nationale du Québec.

  • C'est partout maintenant. J'étais en Thaïlande il y a deux ans, dans un petit centre d'achat en province, loin des coins touristiques. Presque tous les magasins avaient des noms anglais, avec des épithètes telles que : « Your personal drugstore ». J'ai trouvé ça déprimant. D'une part, dans ce coin, personne ne parle réellement anglais. Donc ça ne fait pas très « personnel » d'être accueilli dans une langue étrangère. (Mais les Thaïs sont 70 millions. Donc ils ne craignent pas trop pour la survie de leur langue.) Et d'une autre, ça m'a fait penser à quel point la face du monde devient uniforme : une langue unique, une cinématographie unique, des chanteurs pop uniques, une alimentation unique...

  • @Denis825
    Laissez-moi deviner : vous vivez à Québec ?

  • @pierre1957: plusieurs blogues vous offrent la possibilité de vous exprimer sur de nombreux sujets. Je m'étonne que vous me retranscriviez les mêmes arguments que dans votre intervention antérieure. Vous mettez en vis-àvis deux sujets fort différents.

  • Quel titre pompeux pour un ''débat'' inutile.

  • Suis-je le seul à souhaiter le respect du français au Québec ET à trouver ces demandes de l'OQLF complètement ridicules ? Nous sommes en droit de nous attendre à un affichage et un service en français mais quelle est cette manie de vouloir faire "nôtres" ces enseignes de commerces étrangers ? Vous croyez vraiment que l'ajout d'un descriptif générique est un signe de respect ? On en retrouve de ces multinationales dans une multitude de pays et nulle part n'exige-t-on des changements à leur marque de commerce. En revanche, on peut parier que, dans tous ces pays, le client est accueilli et servi dans la langue nationale.
    Si on retrouve de plus en plus d'enseignes anglaises, eh bien, j'ai le regret de dire que c'est avant tout parce que les habitudes de consommation du Québécois moyen s'américanisent à la vitesse grand V. Ce n'est quand même pas en francisant le nom du magasin et en en rendant l'image plus locale qu'on change cette réalité ou qu'on en fait une enseigne québécoise pour autant (mais c'est sans parler des chaînes québécoises qui proposent des noms comme Little Burgundy...)
    En somme, on a peut-être justement trop souvent l'habitude de nous attarder sur le contenant plutôt que le contenu...

  • Déjà que « Walmart » ça fait pas très glamour, si en plus on lui rajoute l'épithète quétaine « Les magasins », comment vont-ils attirer les BS en mal de prestige?!

    (désolé pour le style provocateur, mais c'était trop tentant.)

  • @Blade791
    Non, greenpeace c'est des gentils, c'est juste les méchants qui doivent suivre les règles

  • Denis825
    Ben moi c'est la propagande libérale sur la langue qui m'énerve.

  • Blade791: bien dit, tout à fait d'accord avec vous...
    La seule et unique facon de préserver le francais en Amérique est d'avoir une économie forte au Québec. Ce n'est pas en augmentant les coûts des entreprises étrangères qui vont nous les refiler qu'on va y arriver. Les mesures législatives et défensives sont vouées à l'échec, éloignent les immigrants et touristes et nous donnent une mauvaise réputation à l'étranger et dans le reste du pays.

  • "@denis825: "propagande péquiste sur la langue": avez-vous lu mon texte au complet? Je désire justement séparer le phénomène de défendre sa langue des positions du PQ."
    C'est malhonnête intellectuellement d'écrire ça comme si j'avais dit que votre texte était une propagande péquiste sur la langue. Ceux que ça intéresse iront relire le début de mon texte et se rendront compte par eux-même que je n'ai pas résumer votre texte comme ça.
    Cependant j'ai bien dit qu'il y avait une telle chose qu'un bruit incessant des péquistes sur ce sujet et que ça m'énervait.

  • Merci à tous pour vos commentaires pertinents! Quelques courtes réponses en vrac:
    @perp420: C'est une question de cas par cas.
    @carlitos: Je ne connais pas grand chose de l'OLQ et de leurs méthodes. Mon texte ne vise pas non plus à lui donner mon support indéfectible.
    @denis825: "propagande péquiste sur la langue": avez-vous lu mon texte au complet? Je désire justement séparer le phénomène de défendre sa langue des positions du PQ.
    @Bougon95: Je me doutais que ma métaphore du tapis en début de texte était trop forte. Elle ne réfère pas tant à notre statut de soi-disant colonisés, mais plutôt à notre condition de consommateurs avant tout.
    @Blade791: Nos valeurs ne proviennent-elles pas fondamentalement de notre héritage culturel, religieux et historique?
    @Tous: Je ne voulais pas avoir l'air de la vierge offensée avec ce texte. SI je me fie à vos réactions, j'ai quand-même atteint mon objectif. Mais il me semble qu'une corporation a tout à gagner de s'adapter à la "couleur locale" et je suis perplexe devant l'entêtement de ces magasins. Quoique je peux comprendre leur irritation quand on leur dit que soudain ce qui était bon il y a 15 ans ne l'est soudainement plus.

  • Je trouve qu'on s'acharne un peu ... certaines compagnies exagèrent en insérant des mots anglais dans leur publicités (ah le marketing... tiens un mot anglais) et ça je peux comprendre que c'est agaçant.
    Mais de là à obliger Walmart, qui soit dit en passant est une compression de mots anglais et non pas un mot anglais à proprement parler, à écrire "Les magasins Walmart"... je trouve qu'on tire pas mal sur l'élastique.
    Je crois qu'on pourrait obliger les nouvelles bannières à afficher en français ou a mettre un descriptif français. Mais pour ce qui est des bannières connues, on pourrait bien leur faire une "dérogation" ou un accommodement raisonnable tiens!
    À vouloir tout franciser dans les moindres détails, c'est comme si on se mettait la tête dans le sable en s'imaginant que l'anglais n'existait pas au Québec et n'y avait jamais existé.
    Mais honnêtement, une marque de commerce en anglais, ça ne me fait pas un pli, tant que l'affichage à l'intérieur, sur les articles et dans la publicité se fait en français (ce qui est le cas) je ne vois pas le problème.
    On fait vraiment une montagne avec pas grand chose! Enseignons correctement le français à nos enfants et voilà, comme si sons ancêtres étaient et parlaient mieux que nous!

  • Je suis plus préoccupé par l'étiquettage et les instructions en français particulièrement lorsque la sécurité de l'usager est en cause.
    Pour ce qui est de l'affichage ... il faut que les bottines suivent les babines, alors evite ces grandes surfaces si ça ne te convient pas, aussi simple que ça.
    Et je déteste au plus haut point me faire traiter de colonisé ....

  • Donc si je comprends votre logique, la culture locale devrait avoir precedence sur la globalisation. Alors poussons le bouchon: devrait-on aussi demander aux immigrants de "Franciser" leur nom? Car c'est EXACTEMENT ce que l'OLF demande de faire a ces multinationales.
    Et pour frapper encore plus profondement: est-ce que l'OLF demande a Greenpeace de changer son nom? Non. Dans ce cas, est-ce qu'on devrait empecher les dons a Greenpeace parce qu'ils n'ont pas un nom francais? Si c'est bon pour Wal-mart et costco, ce devrait etre bon pour Greenpeace aussi, non?
    Pour ma part, je vais vous poser une questions: en quoi est-ce que votre langue vous definit? Moi, ce sont mes valeurs qui me definissent. Et ces valeurs, je les partage avec des Asiatiques parlant cantonnais. Des Norvegiens, des Argentinins, des Allemands, des Russes, etc.. Alors si vous vous definissez par votre langue, c'est que vous etes vraiment rendu au tapis dans votre estime de vous-meme. Que je parle en francais ou en anglais, c'est bizarre, mais je suis capable d'avoir de nombreux points communs avec des gens de partout sur la planete. Et l'anglais n'est JAMAIS la langue maternelle d'AUCUNE de ces personnes.
    Pourquoi est-ce que je n'achete pas chez Costco? Parce que c'est contre mes valeurs. Pas parce que c'est en anglais. Chaque personne qui fait une guerre de langue est, tant qu'a moi, un faible. Une personne forte et sure d'elle ne pleure pas des autres: il se leve et continue au detriment des obstacles.

  • Je suis bien content qu'ils répliquent en fait si ça peut faire taire la propagande péquiste incessante sur le langue.
    Au début avec Lévesque c'était énergisant tout ça mais maintenant, que 70% des gens n'en veulent pas de leur salade, ce sont les péquistes qui sont énervants avec leurs soit-disant attachement à la langue française qui n'est qu'un hameçon à leur parti, à leurs idées dont même Lévesque, qui était le contraire d'un gars borné, était tanné au possible à la fin de sa vie.
    Les publicités écrites qu'on voit un peu partout ne me dérangent pas. Juste sur cyberpresse, il y en a une présentement de Subway et une de Tripadvisor et moi le mot "subway" n'évoque en moi aucune révolte juste quelque chose que j'aime bien manger pas plus et "tripadvisor" je suis capable de m'imgainer facilement ce dont on parle.
    D'autant plus que le mot "Trip" c'est québécois on l'a même décliner en verbe "Tripper" et en adjectif "trippant". C'est comme "best buy", le mot "best" c'est québécois, ça ne t'es jamais arrivé, après qu'un ami ait dit "J'ai employé telle solution à mon problème" de dire "C'est le best ça..." et le mot "buy" c'est pas comme si tu ne l'avais pas vu sur internet, un million de fois non plus...
    Je ne comprends pas dans ces conditions ce qui peut te rendre aussi mal l'aise. Peut-être que faire son magasinage c'est assez éprouvant en effet mais ce n'est pas parce qu'on rencontre des mots anglais... chante moé pas, mon politicien toé... c'est pas parce que le décor n'est pas assez beau non plus, c'est parce qu'on marche, qu'il fait chaud et que c'est organisé comme une trappe à souris pour ne pas que tu vois dehors et que tu repères les sorties facilement.
    Moi l'épicerie j'ai fait ça longtemps par internet sur le site de IGA mais là je viens d'apprendre ici que IGA c'est un sigle qui cache des mots anglais ! Je ne pense pas que je vais faire une grève de la faim pour ça par contre mais quelqu'un sur un autre blogue a suggéré que la marche c'était bien.

  • Facile de parler de ce qu'on ne connait pas et jouer au gérant d'estrade.
    Quand vous aurez eu à faire à l'OLQ dans le cadre de votre travail, vous allez comprendre pourquoi ces compagnies vont en Cour.
    Je ne suis pas un parieur, mais je n'hésiterais pas une seconde à parier ma chemise que la majorité des pro-OLQ n'ont jamais eu à négocier directement avec eux.

  • Je n'ai pas de problèmes à ce que l'on impose une description générale française du but du magasin mais il faudra s'assurer que cela s'applique à tous sans exceptions pour enlever l'impression d'un acharnement nationaliste. Par exemple, si une affiche IGA ne commence pas par "les épiceries" ou "les supermarchés" il serait important de s'assurer que ces derniers aussi se conforment à cette réglementation. Est-ce que l'on va imposer à Molson d'ajouter "les bières" sur l'affichage de la cheminée à la sortie du pont J.C.? Si l'on veut l'imposer à Walmart, il ne doit pas y avoir de discrimination positive pour les institutions québécoises afin d'éviter ce type de polarisation du débat linguistique.

  • Il est faux de prétendre que ces magasins offrent les meilleurs prix. En cherchant un peu ont peut trouver des marchands qui s'affichent en français et qui, très souvent, offrent de meilleurs prix. En tous les cas, il y longtemps que je n'ai mis les pieds dans l'un ou l'autre et mon porte-monnaie se porte très bien.
    @pierre1957, l'un n'empêche pas l'autre.
    C. Tassé

  • Je pense que présentement, il y a des choses pas mal plus importante que ça. De toute façon, vous n'entendrez jamais personne dire ''je m'en vais au Magasin Wallmart'' ce sera plutot ''je m'en vais chez Wallmart, ou chez Best buy ect. On devrait plutot se préoccuper de la qualité de l'enseignement du français dans nos écoles. J'ai hate que l'on arrete les enfantillages.

  • Pour best-buy à la limite je comprends mais pour wal-mart ou costco je vois vraiment pas pourquoi on fait tout un plat.
    Comme vous dites, les gens n'ont qu'à voter avec leur porte-monnaie, ce qu'ils ne feront pas. Malgré tout ce qu'on peut dire, on est pas prêt à payer un peu plus pour nos valeurs (en tout cas la plupart du monde)

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