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Le pire des deux mondes

Nicolas Godin
 

Nicolas Godin

Docteur en sciences biomédicales

L'actuelle campagne électorale n'a pas été un débat d'idées jusqu'ici. L'opinion publique a surtout été marquée par le nécessaire ménage d'une corruption qui a sapé la confiance envers les administrateurs publics. Pourtant, le monde change et les difficiles décisions prises par de nombreux gouvernements en occident risquent de devenir des sujets d'actualité d'ici peu. Ce sera le retour vers une dure réalité au Québec, et ce peu importe le prochain parti politique au pouvoir.

Présentement, le temps est au beau fixe dans la Belle Province: des milliards de dollars en promesses pleuvent de tous les côtés et les différents groupes de pression accourent pour se faire arroser. Quand on regarde la situation de plus près, on doit cependant noter la présence de nombreux nuages gris à l'horizon, le plus important étant bien sûr une dette publique sans cesse en croissance. Bien qu'on se montre rassurant à son sujet, le seul paiement de ses intérêts a sollicité plus de 10% des revenus de la province cette année, ce qui en ferait le troisième plus important poste de gestion après la santé et l'éducation. Pire encore, une inévitable hausse des taux d'intérêt évoquée par la Banque du Canada ne ferait que rendre encore plus difficile le retour vers l'équilibre budgétaire. L'Italie, l'Espagne et la Grèce sont de bons exemples de pays où une augmentation vertigineuse des taux d'intérêt a provoqué une véritable catastrophe sociale, forçant ces états à recevoir l'aide économique de l'Union européenne contre la promesse de coupures massives dans leurs filets sociaux. Heureusement, la parfaite cote de crédit du Canada assure qu'une telle situation ne se produira pas au Québec, mais il faut comprendre que les déficits budgétaires ont des conséquences bien réelles. Par exemple, il est possible que des créditeurs étrangers n'aient aucune gêne à demander une hausse des tarifs d'Hydro-Québec afin de garantir le remboursement de nouveaux prêts dans le futur.

Les choses ne sont pas plus roses du côté de la croissance économique, tandis que les effets de la crise européenne se font encore ressentir. L'injection d'importantes liquidités dans les marchés financiers n'a pas stoppé le ralentissement industriel mondial, ce qui risque de retarder les retombées du Plan Nord et nuira sans aucun doute à la création d'emplois de qualité reliés à l'exploitation des ressources naturelles. Dans un tel contexte d'incertitude, seul un fou oserait maintenir la promesse de mirobolants bénéfices en redevances pour la province.

Face à une situation sans issue, il ne reste ainsi plus qu'une seule voie à prendre, celle de la responsabilité. Le Québec doit être guidé par une vision claire qui réunira la création de richesse du secteur privé avec le soutien d'infrastructures publiques efficaces, transparentes et imputables. Or, alors que les grands partis multiplient cabrioles et arabesques avec de l'argent imaginaire et qu'ils se lancent dans diverses coupures populistes, on doit peut-être craindre de n'obtenir bientôt que le pire des deux mondes.

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Commentaires (4)

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  • J'apporterai cette nuance. Tout changement n'est pas nécessairement bon pour le Québec. Changer pour changer sans réellement se soucier des répercussions peut coûter très très cher à notre société. Il faut faire attention aux belles pensées magiques véhiculées par certains parties, notamment la CAQ. Celle-ci "surf" sur le cynisme et le goût du changement des gens pour s'attirer des votes. La pensée magique peut souvent sembler être "le gros bon sens", mais ce n'est JAMAIS si simple. Lorsque l'on porte attention aux promesses et engagements de la CAQ, on se rend vite compte qu'ils ont plusieurs fois oublié de penser aux répercussions et à la réelle faisabilité de leur promesses. Déconstruire sera toujours plus facile que de construire. Je ne suis pas pro-Charest, mais pour une fois, je trouve qu'il a eu raison quand il a dernièrement dit que la CAQ carbure aux préjugés et au populisme (syndicat, corruption, jeunesse, etc.). Tant qu'à moi, la CAQ est un ramassis d'opportunistes qui essaient de se faufiller au pouvoir. Un ramassis de personne ayant des convictions opposées (ADQ, PQ, PLQ) se disant "lucides" qui tente de profiter du cynisme de la population envers la classe politique.
    Pour ce qui est de la question référendaire: Arrêtez donc de vous inquiéter. Ce n'est pas parce que le PQ prend les rênes du gouvernement qu'automatiquement le Québec se sépare. Il faut un premier référendum pour COMMENCER À NÉGOCIER LA POSSIBILITÉ du retrait du Québec de la fédération. Par la suite, il faudra un 2e référendum pour que la séparation se fasse en fonction des négo avec le Canada...Jusqu'à présent, le premier référendum n'a jamais passé...et voyant l'impopularité de la question référendaire ces temps-ci...Calmos tout le monde...

  • À ce moment ci on a toutes les raisons être pessimiste car tout comme vous je ne peux que constater le je m en foutisme du gouvernement en matiere de pépenses mais aussi et surtout le manque de vision et de renouveau que nous offre la classe politique en général. Il est vital de revoir notre facon de faire afin de maximiser notre efficacité mais aussi de cesser de tout subventionner sans égard au rendement ou à la viabilité des investissements.
    Toutefois l humain étant un être optimiste je crois que la période de turbulences que nous traversons va nous mener vers un renouveau. Il faudra être patients toutefois car ca ne se fera pas du jour au lendemain et surtout pas avec les élus en place. Cette génération a perdu contact avec ce que c est d apporter du changement et prend pour acquis que l argent qui lui est confié peut être dépensé sans compter. Ainsi nous pelletons dans la cours des futures générations des sommes faramineuses alors que l\'état devra investir encore plus dans la réfection des infrastructures qui furent négligées depuis leur construction.
    Pour arriver à un équilibre et à une nouvelle vigueur nous devrons prendre des décisions difficiles et agir plutôt que de réagir. Si à une certaine époque il fut nécéssaire que l état devienne providence pour assurer le passage au 21 eme sciecle, ce n est plus le cas et maintenant il faut voler de nos propres ailes avec le moins d interventionnisme possible. Si cela sous-entend que de multiples festivals ou entreprises fragiles en soient victimes, il faudra un moment donné avoir la lucidité de fermer le robinet.
    Dans l immédiat le Québec se dirige vers l élection d un gouvernement minoritaire qui finalement engendrera de vrais changements de leadership au sein des principaux partis.
    Suivra ensuite la commission Charbonneau qui entrainera un nettoyage éthique et insufflera un peu plus de confiance dans le systeme.
    Je pense que les astres s alignent afin que des changements significatifs s operent au sein de la société québécoise mais il faut demeurer réalistes et comprendre qu on a creusé un trou qui sera difficile à combler et que ca va faire mal avant de faire du bien.

  • Selon ce que Landry disait il y a un an:
    ...Pauline Marois «doit réfléchir, comme c'est le devoir de tous les chefs», dit Bernard Landry. «Je ne veux pas personnaliser le débat. Je ne veux pas tirer dans le dos de quiconque, j'ai trop connu ça. Le fond des choses, c'est que le Parti québécois a été fondé pour faire l'indépendance et non pour gouverner le Québec......
    Alors Pauline peut continuer à raconter n'importe quoi quant à ses promesses!

  • Je ne suis pas aussi cynique que vous , j'ai encore confiance. Le Quebec peux se sortir de cette mini crise , rien a voir avec la Grece ou l'Espagne. Par contre il faudra effectivement se retrousser les manches , il faut des reformes dans plusieurs institutions , nous devons arreter de gaspiller de l'argent.
    J'ai ete sceptique depuis le debut avec les solutions proposées , surtout par la CAQ et par Option National qui propose plusieurs reformes. Mais je commence a croire que contrairement aux 2 "vieux" parties , ces 2 nouveaus parties donne des idées. Sont-elles realisables ? Il semblerait que oui mais pas sans embuches. Les syndicats et les groupes de pressions ne vont pas rester les bras croisés si Mr Legault decide de coupé partout... mais si c'est necessaire pour qu'on puisse arreter de gaspiller notre argent , pourquoi ne pas le faire ? J'hesite encore a savoir de quel coté je vais pencher pour le 4 septembre.

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