Parts de marchés en berne, Lowe's veut une croissance.
Il n'y pas d'éthique en économie, ni de système au Canada (contrairement aux États-Unis) qui protègent les Conseils d'Administration contre les offres hostiles. Il y a bien du protectionnisme, du jeu politique, de la décentralisation, des histoires de billets verts et des cents, noirs. Mais pas d'éthique.
79 grandes surfaces et 800 magasins au total de Rona (100 millions de profit) que Lowe's aimerait bien s'offrir, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin. La tondeuse passée, plus rien ne repoussera. C'est la guerre économique.
Ce qui a beaucoup de valeur aux yeux des autres en a si peu quand il s'agit des autres. Cette valeur intangible, mais que nous connaissons tous, la valeur humaine. Pertes d'emploi, marketing centralisé et décentralisation à la clef, fermeture des centres de distribution locaux, fermeture des centres de décisions, fermeture des fournisseurs ...
Le tout évalué à 3,3 milliards de dollars qui passeront de l'autre côté de la frontière avec la bénédiction de quelques-uns. Mais derrière ce discours dont les politiciens se délectent en période d'élection, il y a des gens, beaucoup de gens, des salaires et donc de la vie, fût-elle aussi économique.
De Stelpro et tous les autres, on devine ce qu'il en adviendra. Même si, même si... même s'ils promettent sur la bible, grand dieu qu'il y a des armes de destruction massive (je ne l'ai jamais digéré celle-là).
Les Chinois se frottent déjà les mains, car quand un positionnement dicte - vendre à moindre prix- c'est généralement vers la Chine que l'on se tourne.
J'achète, donc tu m'appartiens. Que détenons-nous réellement? Tout cela aura un prix qui dépasse celui de la valeur des livres, les 14,50 offerts.
La valeur éthique ne se pose pas.On sait que le regard se porte vers les chiffres, vers le rendement du placement. Pourtant, certains ont une vision, une vraie vision, celle qui table sur une autre valeur, croyant en la valeur de l'être humain, en celle du développement durable et de la proximité conjuguée à celle des chiffres. Celle par laquelle on devra passer. C'est inéluctable.
Déjà, en 1972, un chercheur américain, Denis Meadows le disait. D'actualité, son livre publié en français aux Éditions Rue de l'Échiquier, Les limites de la croissance, il nous réexplique, car notre tête est de bois, dur, où rien ne rentre. «Un développement infini est impossible dans un monde aux ressources que l'on sait limitées. En 1970, la plupart des gens estimaient que la croissance ne s'arrêterait jamais. Nous sommes de plain-pied dans un arrêt de la croissance. Tous les symptômes du système le prouvent.»
Lowe's aussi. Pourtant nous demeurons addicts à cette croissance. Comme des drogués, on continue de croire que la croissance va résoudre la crise.
«Avant on achetait les actions d'une entreprise parce que c'était une bonne entreprise, qu'elle allait grandir et faire du profit. Aujourd'hui, on le fait parce que l'on estime que d'autres vont le penser et qu'on pourra revendre plus tard avec une plus value. (...) Il nous faut faire une distinction entre la croissance quantitative et la croissance qualitative.» dit-il.
Les Japonais, comme conclusion, ont un dicton «Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou.»
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