@Infophile
Très bon article (le lien en bas de votre dernier commentaire), et je suis d'accord avec vous que le volet écologique est «l'obstacle» (pas dans le mauvais sens) majeur à l'exploitation des ressources d'Anticosti. En ce qui a trait à votre question « Mais si ses réserves sont bel et bien réelles » Écriviez-vous, comme si vous en doutiez» Je ne doute aucunement qu'il y ait du pétrole à Anticosti, je mets seulement un bémol car il s'agit comme vous le savez de réserves estimées et non pas prouvées. Donc en ce sens, la réalité n'est pas connue précisément, la fourchette des estimés allant du simple au double.
Mon point de vue personnel sur l'exploitation, pourrait être résumé ainsi : rien de presse. Le pétrole est là, il ne disparaitra pas de lui-même et à long terme ne fera que monter. Explorons, quantifions, mais une fois cela fait planifions comment on veut exploiter cette richesse. Veut-on vider l'Ile en 5 ans... ou en 50 ans. En conserver une partie en tant que réserve stratégique ? Pendant notre questionnement, le prix de l'énergie devrait monter et les techniques d'extraction s'améliorer, et devenir de plus en plus «eco-friendly».
Pour ce qui est des droits qui ont été cédés, je suis aussi choqué que vous. En fait, c'est ce qui m'a motivé à écrire cet article, ça et le fait que le reste est inconnu. Par contre ça sent les élections... et je ne serais pas du tout surpris que M. Charest nous sorte un chiffre (espérons-le juteux) sur les redevances, afin de redorer son blason qui en a bien besoin.
- Accueil >
- Débats >
- Le cercle La Presse >
- Affaires
- > Anticosti, Klondike, mirage, ou cauchemar? Pétrole et redevances.
|
Partager
|
|
Tweet |
|
M. Léveillé,
L'exploitation du pétrole d'Anticosti coûterait approximativement 35 $ le baril, soit près de la moitié du pétrole des sables bitumineux (55$/70$ (exploitation in situ)), rivalisant ainsi avec les pétroles off shore actuellement en exploitation.
Comme le dit fort à propos M. Bourque, la contamination de l'eau et sa décontamination posent problème. Toutefois, l'eau douce ne manque pas en Anticosti. La formation géologique contient des réservoirs en quantité.
« Mais si ses réserves sont bel et bien réelles » Écriviez-vous, comme si vous en doutiez, avant d'ajouter « pourquoi les titres de Pétrolia (...). ne le reflètent-ils pas?» Or, ce n'est pas tant cette question qui importe que celle qui porte sur ce qui est exploitable. Car pétrole et gaz il y a; Hydro le savait depuis un bon bout de temps. Les techniques d'exploitation n'étaient alors pas au point. Un génie en a conclu qu'il valait mieux céder les droits d'exploitation en échange de pratiquement rien. Était-ce le même qui a saboté le véhicule Couture ? Il faudrait une enquête.
Combien de temps faudrait-il avant de faire le plein «d'Anticosti» ? Selon moi, un gros maximum de 5 ans si un moratoire n'est pas imposé. Incidemment, l'exploitation de ce pétrole serait moins à risque que celle des gisements off shore du golfe St-Laurent.
Exploiter ou pas le pétrole d'Anticosti ? Je ne sais pas. Bien qu'à prime abord je me dis que nous serions bien fous de renoncer à pareil pactole, il me faut cependant ajouter que je serais probablement fier d'appartenir au peuple qui y aurait renoncé en échange d'un mieux-être pour les générations futures de l'humanité. Le solaire thermique et photovoltaïque, l'éolien ainsi que les agrocarburants de dernière génération - pour la création d'emploi locaux dans ce dernier cas - sont davantage ma tasse de thé.
C'est la cession des droits d'exploitation pour des arachides qui me choque, et le mot est faible. D'où le ton quelque peu courroucé de mon premier commentaire que vous ne méritiez toutefois pas. J'avoue que je présumais de vos intentions.
Je vous découvre une élégance à la hauteur de laquelle je tenterai de correspondre dans l'avenir. Cordialement.
http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201106/29/01-4413786-petrole-a-anticosti-3000-milliards-echappent-a-hydro.phpPrécision / Errata
Suite au commentaire éclairé de Infophile (et non pas Inphofile, pardonnez cette autre erreur ), j'ai fait quelques petites recherches.
Cher ami, vous avez parfaitement raison sur un point, le pétrole d'Anticosti est ce qu'on nomme en anglais du « Shale oil » et non pas du « Oil shale ». Cette distinction qui peut sembler subtile à prime abord, fait en effet toute la différence, et est la source de mon erreur au sujet de l'horizon ou la ressource deviendrait rentable. À 83$ le baril, elle l'est probablement déjà. Le «oil shale» ou kérogène quant à lui demande effectivement un prix beaucoup plus élevé, car il faut littéralement cuire la roche; ce qui n'est pas le cas avec le pétrole liquide d'Anticosti qui n'est que prisonnier de diverses strates rocheuses. Tout cela étant dit, avec les évaluations et divers tests, les études d'impacts environnementaux, les investissments et les infrastructures nécessaires à l'explotation de cette ressource; je serais bien étonné si une production significative est réellement possible avant une dizaine d'années (Si le prix du brut se maintenait ou montait, évidemment). Pour ce qui est du cours de l'action de Pétrolia, outre le fait que les réserves ne sont pas prouvées mais bien estimées, et que la marge profit n'est pas mirobolante, (car il s'agit tout de même de pétrole non conventionnel), le problème environnemental et politique fait aussi partie de l'équation.
Pour ce qui est du reste lisez le commentaire précédent, J'aimerais toutefois ajouter que la plateforme de publication d'article est limitée à 600 mots (votre commentaire, à 523 mots est un article en soi !), et qu 'avec un sujet aussi complexe être précis et ne pas faire d'omissions relève de l'exploit.
Merci encore d'avoir contribué au débat, je crois que c'est le but de la chose et si je peux me permettre vous devriez publier des articles vous aussi.Cher Inphofile,
merci pour ces précisions, n'étant pas moi-même géologue elle sont appréciées. Je tiens toutefois à préciser quelques faits qui semblent vous avoir échapper. Tout d'abord à aucun moment n'ai-je parler de réserves prouvées, aussi supposer que la différence entre prouvé et estimé m'échappe est pour le moins étrange. D'un autre côté, tant mieux si le pétrole d'Anticosti peut être exploité dans un horizon plus rapproché. Je serais toutefois curieux de connaitre le prix où le seuil de rentabilité est atteint, et les cours du pétrole pendant les trente prochaine années(si vous possédez ces chiffres, prière de me les faire parvenir !). Et au risque de me répéter «ressources non renouvelables» n'égale pas pour moi « pétrole des sables bitumineux » ;-) La répartition budgétaire quant à elle était la pour illustrer que malgré les déficits récents de l'Alberta qui est en effet soumise aux variations des prix de l'énergie dont dépendent ses redevances, la province est toujours la seule avec un surplus accumulée. Le but de l'article était d'abord et avant tout de signaler qu'il y a de grandes richesses dans le sous-sol d'Anticosti, et ne connaissant pas les ententes que le gouvernement a prises, de donner un modèle de comparaison, soit l'Alberta. En dernier lieu, en effet il ne faut pas confondre profits bruts et prix du brut. Les profits bruts étant ce qui reste du prix du brut après les coûts d'extraction, tel que mentionné dans l'article et c'est sur ceux-ci que l'Alberta applique un %.Ouf ! Ouais, on part de loin ici ! Bon, je me retrousse les manches:
« Mais si ses réserves sont bel et bien réelles, pourquoi les titres de Pétrolia (...) ne le reflètent-ils pas?
Les réserves d'Anticosti n'étant pas les seules du même genre dans le périscope des investisseurs, il serait hautement précipité de s'attendre à ce que les titres de Pétrolia soient à leur zénith.
De plus, vous ne semblez pas établir de différences entre réserves prouvées et réserves estimés. (1)
«Et avec les technologies actuelles, et le cours actuel du brut, la ressource n'est pas rentable. Elle le sera un jour. Dans dix, vingt, ou trente ans»
??? Cela est une fausseté totale ! Le pétrole d'Anticosti est un pétrole léger de réservoirs étanches. En conséquence son exploitation est tout à fait similaire à celle des gaz de schiste. On parle de fracturation hydraulique et de forage horizontal.
On dit de ce pétrole qu'il gît par unités lithostratigraphiques généralement imperméables.
Sachez que l'on prévoit que la production de pétrole léger de réservoirs étanches sera le principal déterminant de la production pétrolière des États-Unis d'ici un maximum de 3 ans, avec une croissance annuelle de 1 Mb/jour.
Pas mal pour des technologies qui atteindraient - si l'on vous croyait - le seuil de la rentabilité que dans 20 ou 30 ans ! ...
«Quand le gouvernement rendra publics les détails de l'entente sur les redevances, j'espère que celles-ci se compareront avec ce qui est en vigueur en Alberta.»
Eh bien ! Moi pas! La réalité c'est que le pétrole des sables bitumineux coûte cher à produire; ce qui explique les faibles redevances exigées. Donc, cela se défend.
A contrario, la technique de fraturation hydraulique et de forage horizontal requise pour l'exploitation du pétrole léger de réservoirs étanches (comme celui de l'île d'Anticosti) ne coûtent pas aussi cher. Loin s'en faut. La preuve étant que même avec les prix très bas du gaz naturel, dont l'exploitation requiert des techniques soeurs, il demeure très profitable d'exploiter les gaz de schiste.
D'ailleurs l'extraction de ce pétrole est en pleine expansion en Amérique du Nord.
«des profits bruts.»
À ne surtout pas confondre avec le prix du brut...
« Les redevances sur les ressources non renouvelables y représentent 28% des revenus. »
Telle qu'insérés dans votre texte, cela donne à croire que la part importante des redevances provient du pétrole des sables bitumineux.
Or, ces redevances proviennent en bonne partie du gaz naturel et sont à la baisse depuis que les prix se sont effondrés. Ce qui explique les récents déficits de l'Alberta à hauteur de 4 à 5 milliards de dollars par année !
J'ai le triste devoir de vous dire que votre texte est truffé d'imprécisions et de faussetés.
http://www.rncan.gc.ca/energie/sources/brut/2115#oil4
(1) - Les réserves prouvés sont celles qui sont exploitables au prix du marché (principalement sur la moyenne de la dernière année). Ce sont celles dont on est pratiquement certain que leur exploitation sera rentable.
Quant aux réserves estimées, c'est l'ensemble des réserves exploitables immédiatement, plus celles qui pourraient l'être par une technique éventuelle qui permettrait l'abaissement des coûts d'exploitation jusqu'à devenir compétitifs.M. Bourque
Vous avez bien raison en ce qui a trait à l'importance du dossier, qui est probablement présentement l'enjeu majeur de notre société. Même si on accorde souvent plus d'importance médiatique à des sujets de moindre envergure. Si je n'ai pas abordé le volet écologique c'est pour deux raisons. Tout d'abord pour une question d'espace, la limite étant de 600 mots, et aussi pour une question d'expertise. Et évidemment si les redevances devaient être des « peanuts », la question de ne posera même pas ! Mais si les gens ont le choix entre payer la dette, et réduire éventuellement les impôts... et sauvegarder Anticosti... Le tout est de s'assurer, la cas échéant, de faire tout ce qui est possible pour restaurer la zone affectée une fois l'exploitation terminée. On a souvent tendance à sous-estimer la nature. L'île aura changée, cela ne fait aucun doute, mais en quelques décennies la nature aura repris ses droits. Du moins je le souhaite. Mais comme le souligne le commentaire précédent le vôtre, tout cela est loin d'être fait.M. Léveillé,
Vous n'avez qu'à lire le commentaire de M. Bourque pour réaliser qu'au Québec, il y aura tant de lobbying contre cette exploitation pour des raisons écologiques et autres, que cela ne se fera jamais.
Au Québec, l'argent pousse dans les arbres, nous voulons tout gratuitement, les meilleurs programmes sociaux, les meilleurs régimes de retraite pour les employés du Public,l'instruction universitaire gratuit, etc. mais n'exploitons surtout pas nos ressources naturelles, car il y a des risques calculés au niveau environnemental, laissons cela aux autres Provinces canadiennes et empochons la péréquation. Une vraie mentalité de BS.
À voir ce qui se passe au QC depuis les 10 dernières années, je regrette parfois d'être Québécois.
Claude, Quebec.Les trois petits points (volet écologique) à la fin de cet article, nous montre bien l'énormité de cette "boite de Pandore" qu'est l'exploitation du pétrole sur Anticosti. Selon les technologies actuelles, il faut injecter de l'eau sous pression (douce ou salée?) en grande quantité pour extraire une partie du pétrole présent dans cette roche. Si on doit utiliser de l'eau douce, il faudra la prendre dans les rivières cristallines de l'île et la rejeter où par la suite? Idem pour l'eau salée!
Est-ce que l'on doit risquer d'endommager à jamais, l'écosystème de la plus grande et plus majestueuse île du Saint-Laurent, pour 25 ou 30 années d'autosuffisance pétrolière, qui profiteront à une infime minorité de gens?
Ne doit-on pas, dès maintenant, quintupler nos efforts sur le développement d'énergie autre que fossile, et trouver des moyens d'atténuer le lobbying des super puissances pétrolières, que se prétendent déjà "écologiques" dans leur commerciaux ?
Je crois qu'avant même de risquer d'endommager ce paradis québécois, il faudrait prendre le poux de la population du Québec, par un référendum. L'enjeu est à moyen ou long terme, mais il sera trop tard lorsque nos prochaines générations apprendront qu'il y a eu un déversement de pétrole dans la rivière Jupiter ou qu'un pétrolier s'est échoué sur un des récifs du "cimetière du golf" . C'est ainsi que les marins d'autrefois surnommaient Anticosti.
Travaillant comme guide sur l'île et y pratiquant la photo depuis plus de 36 ans, je suis peiné de voir que la décision d'exploiter le pétrole sur Anticosti appartiendra au marché ou à une poignée de gens !
René Bourque www.anticostiphotos.com
Commenter cet article
Vous désirez commenter cet article? Ouvrez une session | Inscrivez-vous
Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.
publicité
publicité
LE CERCLE LA PRESSE >
Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos ![]()
-
-
-
-
-
-
-
Actualités
Jacinthe Mercier
Le port du niqab permis pendant un témoignage devant une cour de justice » -
-
publicité
Les plus populaires
publicité
publicité

L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription. 

Commentaires (8)
Commenter cet article »