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Facebook: la bonne nouvelle

Gaétan Namouric
 

Gaétan Namouric

Publicitaire et blogueur

Comme la plupart d'entre vous, je suis un grand schizophrène. Je veux tout et son contraire, j'aime et je déteste, bon.

Accro à tout ce qui rend ma vie privée publique, je commence à avoir de gros doutes sur mon avenir dans le plus grand réseau social du monde, inventé par un jeune nerd semblable aux méchants dans les BD de super héros - la risée de la classe qui devient dictateur et rêve d'une fin du monde spectaculaire.

J'avoue avoir ressenti une sorte de malaise quand j'ai appris que mon profil Facebook valait aux alentours de 116 $ sur les marchés financiers - 104 G$, 900 millions d'utilisateurs. Je, vous, nous avons désormais une valeur cotée en Bourse. En d'autres mots, Facebook est le premier trafic d'êtres humains officiel.

Même Orwell n'avait pas osé.

Alors même que l'actualité mondiale ressemble de plus en plus à une apocalypse - toujours prévue pour le 21 décembre - la bonne nouvelle tombe chaque matin sans qu'on s'en réjouisse: l'introduction en Bourse de Facebook a été un échec total.

Au-delà des débats techniques autour d'une introduction truquée sur le Nasdaq, la question est aujourd'hui celle de la valeur marchande de notre vie privée.

Ces derniers mois, les marchés étaient en quête d'un peu d'excitation, prisonniers entre une Grèce aux abois, une Europe endormie et une Amérique attentiste. Pour le fun, ils ont savamment orchestré la ruée vers le plus grand réseau social de la planète sans avoir aucune vision réaliste de sa valeur réelle. En coulisse, le système a ruiné - et ruine encore - les désinformés tout en enrichissant les commanditaires du hold-up. Ah! si seulement tout cela n'avait été que de l'incompétence, on serait tous rassurés.

En passant, on peut réalistement se demander si l'avoir toxique n'est pas la matière première du système bancaire moderne.

Le seul espoir des investisseurs qui ont cru en Facebook, c'est que le réseau convertisse durablement son trafic en argent réel.

Je crois que Facebook va échouer là où Google a réussi.

C'est que la recherche d'un mot-clé est un acte volontaire dans un espace public où l'on peut imaginer recevoir des sollicitations commerciales.

Pour un réseau social, valoriser l'audience va passer nécessairement par des entorses importantes au respect de la sphère privée. La question n'est plus la protection des données personnelles, mais leur commercialisation illicite. Ça promet de belles batailles idéologiques, philosophiques, et surtout judiciaires.

Pour finir, quelle a été la première idée géniale de Facebook pour remonter son cours de bourse moribond? Créer un réseau social pour les moins de 13 ans. Tous ces petits innocents qui avaient échappé au réseau social jusque-là.

C'est mal parti les amis. Très très mal...

L'auteur est publicitaire et tient le blogue Ailgof Erreip.

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Commentaire (1)

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  • Encore une fois M. Namouric, bravo. C'est rafraichissant de vous lire car vous avez entierement raison sur Facebook. Un traffic d'etres humains officiel, une magouille boursiere incroyable, 900 millions d'intoxiqués et une société qui ne communique plus par la bouche mais avec ses pouces. Votre seule mauvaise nouvelle est la création d'un réseau social pour les moins de 13 ans. L'innocence vient de prendre le bord car les pédophiles n'auront plus a chercher bien loin. Incroyable mais vrai.

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