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Corruption et libéralisme politique

Renaud Picard
 

Renaud Picard

Doctorant en philosophie

Je serai toujours fasciné par l'espace public libéral. C'est que son problème idéologique est complexe. Ce n'est pas tant qu'il diffuse une pensée unique, mais qu'il produit des points d'aveuglement, des lieux d'invisibilité.

Il s'y tient peut-être des débats politiques multiples, mais s'y déploie aussi, pour peu qu'on le regarde avec pénétration, des jeux d'exclusion idéologiques: certaines pensées subversives s'y voient ignorées; certaines solutions politiques y perdent aussi leur légitimité en vertu de leur seule extériorité à l'ordre libéral.

C'est ainsi à travers de tels jeux d'exclusion que la corruption est aujourd'hui abordée. On frustre à l'idée de sa contamination des milieux politiques. On pense même qu'il s'agit de l'un des maux les plus viscéraux de notre époque. Mais à chaque fois qu'on problématise la corruption, on le réalise avec les seuls outils conceptuels du libéralisme. On persiste à croire que la machine judiciaire peut endiguer son fléau. On pense aussi que son problème s'incarne dans la seule personne du représentant: qu'il suffirait, en quelque sorte, de le substituer par un autre, du moins par un représentant plus honnête ou plus transparent, pour que la corruption soit chose du passé.

Mais jamais ne doute-t-on que la fonction du représentant soit elle-même à la source de la corruption ; jamais, en somme, ne soupçonne-t-on que la corruption soit un problème interne au libéralisme politique. Et pourtant, si l'on plonge dans l'histoire de la pensée politique, si l'on s'élève par-dessus les fabuleuses, et si impérieuses, vérités libérales, les liens entre corruption et représentation politique se tissent comme des évidences politiques.

Je ne suis pas seul à le dire. Toute une tradition moderne, que l'on nomme républicaine en philosophie (à ne pas confondre avec le républicanisme libéral), et à l'intérieur de laquelle on croise aussi bien Machiavel que Rousseau, s'est évertuée à le défendre.

Que dit cette tradition ? En substance, que l'humanité est essentiellement politique, et qu'elle se doit ainsi d'instituer des organisations politiques qui puissent réaliser cette essence. Et quelle est sa critique du libéralisme ? Que le libéralisme, par le repli qu'il encourage dans la vie privée et dans la sphère de l'intérêt particulier, et par la séparation qu'il crée entre les représentés et les représentants, ne réalise pas ces formes essentielles, politiques, de notre humanité.

Conséquences, donc, du libéralisme politique? Tout d'abord la décomposition de la vertu politique, de cette vertu par laquelle les humains, participant à la vie politique et cultivant le bien commun, s'assurent de la vitalité de leurs organisations politiques. Mais aussi l'apparition, comme revers de cette décomposition, du phénomène de la corruption, de cette corruption se logeant avec aisance dans les espaces dégagés par la séparation entre les représentés et représentants.

Certes, je sais par trop ce que l'on répondra à cette critique. On répondra que, dans la complexité du monde contemporain, la représentation politique est aujourd'hui indépassable. On répliquera aussi, comme répliquèrent Hume et Smith aux républicains de leur époque, que s'il y a bien une corruption inhérente au libéralisme, il s'agit de la malheureuse condition à l'enrichissement de nos sociétés.

De telle sorte que, par mille culbutes rhétoriques, on refusera à cette critique une quelconque rationalité politique.

Mais alors, épargnez-nous au moins, chers libéraux, vos atterrements futiles devant les scandales de corruption. Et cessez de prétendre que la grande solution à la corruption passe par la venue d'un messie, d'un représentant charismatique qui saurât tenir le troupeau en laisse. Bref, cessez de nous mentir sur toutes les tribunes. Car vous le savez aussi bien que moi: le problème de la corruption renaîtra toujours de l'intérieur de la passivité et de l'aliénation politique du plus grand nombre.

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Commentaires (23)

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  • Partie IV
    D'autre part les compagnies ne paient pas pour soutenir une société mais pour une somme de travail calculée.
    Dans les années trente au Canada on a fait disparaître un article complet de la loi sur les corporations, celui qui obligeait une compagnie à agir en « bon père de famille » envers ses employés. C'est que cet article servait de prétexte pour battre les employés au sang, à mort dans certains cas! C'est le genre de liberté individuelle que pouvait se permettre un patron ou son représentant. Ce genre de comportement existe encore dans certains pays du monde, comme par hasard ceux qui offrent les meilleures conditions d'emploi pour les investisseurs.
    C'est pourquoi je manie l'expression «liberté individuelle» avec des pincettes. Elle ne sent pas très bon.
    Suite à la Grande Crise des mesures drastiques ont été prises : contrôle des institutions financières, création de fonds d'aide, gel des fonds parfois, toutes mesures qui ont alors été jugées « anti-liberté » par les capitalistes. N'empêche que lorsque les USA sont entrés en guerre ils étaient pen meilleure situation économique qu'en 1928! Le keynésianisme a fondé l'empire américain sans aucun doute. Or les mesures de contrôle ont toutes été abolies depuis le milieu des années 70 jusqu'à 90. Regardons le résultat... pénible : l'économie américaine se traîne, le sens critique du peuple est disparu, la sclérose sociale y atteint des sommets inconnus. Les études démontrent que les États-Unis sont un des pays où il est le moins possible pout un individu de passer d'un groupe social à un autre, plus aisé. Les castes y sont marquées et marquantes.

  • Partie III
    Dans les faits laisser l'éducation supérieure à l'initiative privée ne peut mener qu'à la formation de beaucoup de techniciens au service des compagnies mais réduira à moyen terme le poids relatif de ceux qui sont à même de comprendre et approfondir ce qui forme les forces vives d'un peuple, comme Godbout, Laurin, Parizeau, Gérin-Lajoie, Kierans, Bourgault, Bourassa, Lévesque, Leclerc, Ryan, Richler, Landry et alter.
    La faiblesse intellectuelle des USA depuis une trentaine d'années démontre bien comment le piège de l'initiative privée sans le devoir d'assumer l'entièreté des contradictions inhérentes à une société mène au cul-de-sac.
    Pour revenir à la liberté, la définition qui lui est apportée aujourd'hui n'existait même pas à ma naissance. Pendant des milliers d'années elle se définissait surtout comme « ne pas être esclave », puis « ne pas être battu par le patron » (années 30), « pouvoir voter » (années 40 et 50) ou même, « ne pas aller à la messe dimanche prochain »!
    Auparavant elle restait l'apanage de quelques bourgeois extrêmement riches qui en effet ne s'en privaient pas. D'ailleurs il faut savoir que le libéralisme a longtemps été, depuis le 17ème siècle, une théorie économique avant de s'enrichir d'une certaine notion humaine. Elle visait à contrebalancer le pouvoir terrien de la noblesse et des Églises via le mot « liberté » dans un sens surtout commercial et industriel sans la moindre couleur démocratique.
    Par contre des tonnes de recherches sur la préhistoire ont démontré que des gens trop âgés ou infirmes pour se nourrir eux-mêmes ont tout de même survécu pendant vingt ans ou plus dans leur tribu. C'est dire comment le tissu social et la responsabilité de tous fait partie de l'histoire de l'humanité depuis toujours. La difficulté de nos jours est que nous ne connaissons pas ceux qui doivent être aidés, d'où un manque de reconnaissance dans le groupe et d'identité pour ceux qui peuvent versus ceux qui peuvent moins.

  • Partie II
    Le droit à l'expression est inaliénable, celui d'imposer ses idées par la force (ou l'envahissement) est une tare grave. C'est donc au nom d'un peuple entier que les Super-PACS devraient être condamnés.
    Ce qui nous amène aux droits sociaux, tout aussi tangibles que les droits individuels.
    La liberté est une idée tout ce qu'il y a de flou, aussi je lui préfère deux termes : initiative et assomption, i.e. la possibilité d'agir hors des sentiers battus et le devoir d'assumer sa présence et ses actes dans la société. J'ajouterai que depuis des milliers d'années les humains, en immense majorité agriculteurs, ont compris la nécessité d'enrichir leur terre pour recevoir leur nourriture en retour, ce qui suppose une démarche écologique saine : nourrir l'environnement et s'en nourrir.
    Depuis à peine trente ans la population urbaine mondiale a dépassé celle des campagnes et forcément il est nécessaire de revoir les paramètres de l'échange individu-environnement. Par exemple le Québec se doit de former plus de spécialistes et surtout de penseurs qui représentent maintenant notre « jardin » pour manger dans les prochaines décennies. Ceci est un exemple de la nécessité d'un tissu social fort, d'assomption de tous pour le bien-être de chacun.

  • Beaucoup mieux!... Les jugements par trop simplistes ont disparu pour d'autres, qui restent tout de même courts. Je me dois de vous féliciter avant de répondre.
    Partie I.
    Le communisme n'existe plus que dans des enclaves où il ne sert que de prétexte à quelque fou. Disons qu'ici vous tentez de faire l'exergue de notre système par comparaison à un autre que vous décrivez comme un extrême innommable, ce qui n'est pas faux. Par contre il faut aussi replacer dans leur contexte les deux grandes révolutions communistes où deux peuples écrasés et mourant de faim ont pris des moyens drastiques contre un système, le libéralisme, qui avait pris une forme insupportable chez eux. Ça ne condamne pas notre système mais ça dit que l'horreur peut toujours se pointer le nez sans une critique continue.
    J'ai toujours eu une grande admiration pour la constitution américaine dans son esprit : l'idée de contrebalancer chaque pouvoir par un autre a permis aux institutions démocratiques de s'y épanouir sainement et jusqu'en 1980 certains intellectuels américains étaient absolument passionnants à suivre.
    Je ne puis pas dire que cette démocratie soit admirable, non! La lutte des noirs pour la reconnaissance nous le rappelle entre autres.
    Aujourd'hui cette constitution si bien pensée croule parce qu'au départ un seul pouvoir n'a pas été « muselé » : celui de l'argent. Au nom de la liberté individuelle il est possible de marteler un mensonge sur les ondes jusqu'à le rendre vrai.
    C'est là qu'entre en ligne de compte la notion de « ma liberté va jusqu'où débute celle de l'autre », qui ne fonctionne en fin de compte que dans les limites d'un minuscule village. Nous n'en sommes plus là.

  • Partie VI
    Enfin et pour terminer, je dois prier denis825 de soustraire quelques phrases de son billet : hors du libéralisme il y a autre chose qu'Orange mécanique. Ce manichéisme primaire n'a pas sa place où que ce soit. D'autre part et ne vous en déplaise, le Québec EST Haïti. Il y a des gens que j'aime là-bas, des humains qui rient ou souffrent, et des personnes particulièrement brillantes et riches que j'admire. À chacun son coin de Terre, oui, et à chacun son sens de la solidarité humaine.

  • Partie V
    Il existe une mode en Occident, celle de soustraire le plus d'argent possible à l'État puisqu'il est formé d'incompétent et détruit l'économie. Cette idée héritière des théories néolibérales fait que pour certains c'est un devoir civique de ne pas payer ses impôts. Le Tea Party et les libertariens en général s'en réclament mais la vague a atteint tous les pays. Au nom des libertés individuelles il semble essentiel de refuser d'assumer sa société et son environnement. C'est contre ces débordements puérils et égoïstes que quelques gouvernements tentent de réagir, ce n'est pas simple.
    Si le Québec a pu éviter la crise en utilisant ce que Parizeau, Bouchard et Landry avaient engrangé, il n'a rien fait pour se soustraire à l'influence perverse du néolibéralisme.
    Dans un milieu où le marché passe loin avant la vie humaine le fait de corrompre fonctionnaires et élus est un simple investissement, de la politique corporative normale et saine. Le seul devoir des grandes corporations est le profit selon la loi... en admettant que toutes les autres obligations ne signifient rien en matière d'investissement international.
    C'est dans ces conditions que je dois admettre que le « libéralisme », qui n'existe plus que sous sa forme néo, est en effet une porte ouverte vers la corruption.
    Toutefois il est illusoire de vouloir lui lancer la pierre. Si cette idéologie dans sa forme la plus noire justifie et accepte la corruption, tous les systèmes politiques deviennent rapidement pourris sans la liberté de critiquer. Après le silence de neuf années, la tentative de bâillon et la loi-matraque auxquelles nous avons assisté ces derniers mois il y a de faibles chances que le débat public reprenne tous ses droits ici, ce qui nous permettra peut-être de conserver un certain sens des responsabilités dans notre petit coin de Terre.

  • Je ne suis pas un grand théoricien ni un grand penseur mais il me semble qu'avec le libéralisme, on se donne comme règle que tout homme est libre d'assouvir et berner les autres par son hypocrisie et sa supériorité à manipuler le système en sa faveur ou en la faveur de l'organisation qu'il représente. Cela revient à accepter que certains individus plus habiles transgressent les règles. Quand on accepte le libéralisme, on accepte cela implicitement. Ce qui revient à accepter la corruption. C'est dans le contrat. Me semble que ça crève les yeux.

  • la corruption vient du corps corrompus qui est le vehicule de sa propre corruptibilite,
    l" homme deviendras un vrai incorruptible le jour ou il revetiras l incorruptibilite, nous savons que nous sommes imparfaits alors nous nous sommes enfermes sous des lois qui disent :tu ne voleras point! si nous etions parfait nous accomplirions naturellement la loi mais puisque le peche vient par la loi que nous transgressons nous sommes donc tous transgresseurs et soumis a la loi que nous ne pouvons accomplir etant charnel et remplis de convoitises.Nous pouvons et devons punir les transgressions de la loi par la loi, oeil pour oeil dent pour dents si nous sommes asujettis a la loi des hommes, mais comme la loi devient de plus en plus transgressable et le crime de moins en moins punissable et parceque nous devenons de plus en plus ennemis du bien notre morale se resume a des sentences bonbon . Je ne crois pas en l excellence de l homme ni de sa justice mais seulement en celui qui est le Vrai Juste et la Vrai Justice qui rendras a la fin a chacun selon ses oeuvres .Si vous vivez selon l Esprit vous accomplirez la justice qui vient de la Verite si vous vivez selon la chair vous mourrez dans votre injustice.

  • Résumé de la discussion et conclusion : (partie 1)
    On peut aussi reconnaitre que chaque philosophie politique définit l'homme à sa manière. Pour le communisme, l'individualité de l'homme n'est pas si importante. On considère l'expérience du travail comme ce qui va former sa conscience.
    Pour nous, notre système est basé sur la liberté de tout un chacun d'entreprendre, notre système est basé là-dessus malgré les récentes attaques du PQ contre la liberté individuelle. Pauline n'est qu'un petit rouage du système qui a été ramené à l'ordre. Dans le fond on se fiche que le rouage "premier ministre" ait les cheveux frisés ou 2 pouces de maquillage dans le visage, on veut qu'il fonctionne et qu'il joue son rôle.
    M.Picard, doctorant en philosophie, nous amène l'idée que notre façon de faire, basée sur la liberté individuelle, amènerait toujours la corruption. Je n'ai pas la condescendance de certains envers lui et je lui réponds comme première suggestion qu'il faut choisir et s'inscrire dans le réel: se baser sur la liberté de l'individu ou l'éviter. C'est pour ça que je lui parle de s'évader du réel ( le joint ) et je lui demande parallèlement, s'il veut changer la nature de l'homme avec cette allusion à "Orange mécanique".
    Moi je crois que la liberté est la nature même de l'homme et qu'on ne peut pas définir l'homme en évitant de le considérer comme un être libre. S'il est libre, l'homme peut évidemment faire des choix qui ne seront pas toujours les bons. On a vu défiler récemment des gens qui suite à des pressions de la part des mafieux, on fait des choix qu'ils ont dû regretter par la suite.

  • suite et fin ...
    Le choix de la corruption vient avec le choix de fonctionner avec de hauts critères de moralité et d'abnégation quand on est libre et il n'a rien d'automatique. Je ne veux pas parler de Pauline Marois ou de Jean Charest parce qu'on parle de philosophie politique en générale mais je ferai remarquer qu'avant eux notre système a produit de bons fruits, en terme de prospérité et d'avancement pour le Québec depuis aussi loin que je me rappelle. Et il n'y a qu'à nommer nos premiers ministres d'avant : Landry, Bouchard, Parizeau, Johnson Daniel et jonson Jean-Marc, Bourassa, Ryan, Lesage, Lévesque. Il faut être de très mauvaise foi, comme Lisée, ou venir d'ailleurs et ne pas connaitre l'histoire récente du Québec, pour mettre en doute l'honnêteté d'un de ces hommes. Le Québec n'est pas Haîti !

  • la corruption est une consequence du surplus de representativite et du manque de participation citoyenne , en concentrant le pouvoir entre les mains de quelques elites nous abandonons notre fonction participative aux debats de l'etat , et permetons toutes les messes basses qui creent la corruption , c'est derriere les portes closes que corrupteurs et corrompus se vautrent dans leur fange , pas en plein soleil au vues de tous

  • La corruption est la conséquence du pouvoir. Il est la conséquence de tous les systèmes politiques. Plus un système politique tend à concentrer les pouvoirs, plus il cherche à contrôler la société, plus il va souffrir de corruption.

    J'ai une forte tendance à être anarcho-socialiste, mais il me semble quand même évident que le libéralisme, par sa nature à moins concentrer le pouvoir politique, est d'une nature plus résistante à la corruption que la gauche. Personne ne cherchera à corrompre un fonctionnaire qui n'a pas de pouvoir.

    Vous dites que l'homme est essentiellement politique? Je vous l'accorde, mais son désir de négocier le pouvoir politique que la société lui donne en échange de faveurs personnelles est aussi une partie essentielle de la nature de l'homme. L'un ne va pas sans l'autre. Le seul moyen efficace de combattre la corruption est de restreindre la nature politique de l'homme.

    Par pitié, épargnez-nous vos culbutes rhétoriques pour attaquer vos adversaires politiques.

  • @ denis825 : Toujours navrant de voir comment vous vous glissez d'une position à l'autre sans la moindre structure. Vous dites parler philosophie mais assénez votre illusoire réel à tour de bras.
    Vous passez à deux cheveux d'accuser l'auteur de vouloir déconstruire le monde, comparez par opposition le "monde libre" à "Orange Mécanique"... Mais où, Bon Yeu, avoyez-vous la moindre trace de philosophie ici, même théorique ????
    En fin de compte vous ne faites même pas illusion. Vide abyssal point de vue démarche et esprit sectaire de l'autre.
    Ou bien vous parlez de réalité et alors vous devez admettre que le libéralisme s'insère dans la vie, ou bien vous parlez théorie et dans ce cas vous retirez vos bêtises sur les jeunes, les petites accusations mesquines et certainement tout votre dernier billet qui sent le réac à plein nez.
    Mais si vous parlez de réalité vous devez admettre que le libéralisme tel que défini au 19ème siècle n'a plus rien à voir avec la réalité actuelle. Il n'a jamais inclus les minorités visibles, ni économiques et encore moins la communauté internationale. Surtout il était basé sur la solidité d'un capital qui se mouvait lentement et donc permettait le développement régional plus facilement alors qu'aujourd'hui la fluidité des capitaux et la démission des Banques quant à leur rôle de support est bien fini.
    On ne peut séparer une idée de son contexte. Vous le faites quand ça vous chante mais retombez très vite dans la vacherie grossière.
    En clair le libéralisme dont vous parlez n'a plus aucune existence par rapport à la communauté. Le néolibéralisme l'a dévoyé et remplacé comme un virus.
    Se réclamer du libéralisme c'est vivre dans un monde disparu. Faut porter des rouflaquettes pour y croire encore.
    Vous vous débattez dans votre confusion obtuse et de philosophie vous n'avez pas la première lettre. Ne lisez pas! Dans votre cas c'est peine perdu.

  • En plus vous donnez un bel exemple de votre malhonnêteté intellectuelle en coupant ma phrase en deux pour lui donner ainsi un autre sens.
    Si vous allez voir la définition sur internet on va vous dire que le libéralisme c'est une doctrine politique basé sur la liberté de l'individu. Déjà pour pouvoir discuter, il faudrait que vous puissiez reconnaitre que ça s'oppose donc de facto au totalitarisme.
    Si je me dis Libéral, c'est que je respecte la liberté des autres et c'est ce que je dis : Je (moi et tout le monde évidemment) peux faire ce que je veux parce que c'est ça la liberté et j'avais bien pris soin d'ajouter en autant que je ne nuis pas aux autres et pour ça il y a des lois bien sûr.
    Si vous suivez seulement votre mauvais humeur, vous ne parviendrez jamais à discuter sur le sens du monde.

  • Pauvre Monsieur Trottier quand vous n'êtes pas en train de parler de Jean Charest, vous vous perdez vite dans les définitions. Et on ne parle pas de Monsieur Charest ici, on parle de philosophie politique et ce n'est pas moi qui invente les définitions dans le domaine. Allez un peu lire sur internet pour vous mettre à niveau :
    Le libéralisme économique s'oppose au contrôle par l'Etat des moyens de production et à l'intervention de celui-ci dans l'économie, si ce n'est pour coordonner les entreprises ou garantir un marché équitable (opposé : étatisme, dirigisme, socialisme, communisme).
    http://www.toupie.org/Dictionnaire/Liberalisme.htm

  • @ denis825 : vous faites un bel exposé de ce qu'est la religion politique à courte vue. La vôtre bien sûr.
    "... et ça s'oppose au communisme et au socialisme.".
    Votre idée de base est de vous opposer. Wow! Où est votre liberté sinon dans la négation de ceux qui pensent autrement ? Faudrait surtout que vous disiez ce que vous entendez par "communisme et socialisme" parce que plusieurs des pires tyrannies du monde sont purement capitalistes. D'autre part les pays où les libertés individuelles sont les plus respectées, et le niveau de vie le plus élevé, sont à la base socialistes, précisément sociales-démocrates, héritage du socialisme à couleur de capitalisme d'État.
    "Faire ce qu'on veut à la condition de..." Qui êtes-vous pour savoir en quoi vous brimez la liberté des autres ?
    On ne vit plus en petites tribus depuis quelques millénaire je vous rappelle. Les droits individuels dans une société complexe comme la nôtre sont multiformes et diffus. C'est pourquoi le débat public continu est non seulement important mais essentiel.
    Nous sortons difficilement de neuf années d'omerta, de "faites-nous confiance on va vous arranger".
    Outre le fait que la gestion des affaires et de la fiscalité a été farfelue au fil de chacune de ces années, l'impossibilité d'en discuter fut un long cauchemar. Tout toujours a tourné à l'affrontement de gang de ruelle.
    Dans les circonstances actuelles c'est ça, le libéralisme : du tripotage d'opinion publique pour servir quelques intérêts particuliers. Eux certainement ont beaucoup de liberté, eh! Les autres ont eu celle de plier l'échine et de ne pas trop râler pour survivre.
    Rien de tyrannique, seulement du silence et de la mauvaise foi de la part des ceux qui doivent nous représenter, à un point qui a dépassé tout ce que j'ai vu depuis 50 ans.
    Votre liberté individuelle est un trip de nanti, aucun lien avec le réel dont vous vous réclamez. Le réel n'est pas dans votre secte de bornés, pas une miette.

  • Ah, je n'avais pas pensé que quand quelqu'un expose un point de vue comme le vôtre, il peut aussi se faire traiter d'adepte du joint ou encore se faire dire que c'est la vision d'un jeune sans expérience. Or, j'ai 64 ans, je ne me drogue pas et j'approuve entièrement ce que vous avez publié ici-haut. Bravo.

  • Très bon exposé monsieur Picard. D'une qualité rare au sein des tribunes populaires.
    Malheureusement, certains des intervenants précédants semblent mal saisir le sens des concepts de "libéralisme" et "républicanisme", entre autres.
    Mais bon, à quoi nous attendions-nous réellement?

  • Vous êtes originaire d\'où pour lancer la pierre. Je vous ferez remarquer que certains témoins de la Commission Charbonneau ont dit sous serment que la corruption datait de plus de trente ans. Il en a passé des gopuvernements depuis.

  • République du Congo... République dominicaine... République d'Haïti... Union des républiques socialistes soviétiques... République populaire de Chine... Je continue?

  • Le point de vue que vous énoncez est intéressant. Il a le mérite d'élever le débat au-dessus de l'axe droite-gauche, dans lequel on nous ramène continuellement quand on cherche à jeter un regard critique sur la manière traditionnelle de faire de la politique. On se fait identifier faussement alors comme étant gauchiste,syndicaliste,anarchiste,séparatiste ou communiste. Votre texte évoque aussi qu'au delà des intérêts partisans, la difficulté , consiste à sortir individuellement et collectivement d'un paradigme pour arriver à se situer dans un autre plus large et plus lucide. C'est plus global comme exigence et ça ressemble étrangement à un processus de maturation. Ça ne peut donc qu'être long.

  • "Ne réalise pas ces formes essentielles, politiques, de notre humanité."
    Pour moi la philosophie libérale, c'est d'avoir la liberté de faire ce qu'on veut tant que l'on ne nuis pas à quelqu'un d'autre et ça s'oppose au communisme et au socialisme.
    On ne peut pas dire (ou peut-être que vous allez me l'expliquer) qu'une autre philosophie politique ait réalisé mieux des formes essentielles de notre humanité.
    Vous parlez de corruption et je suis d'accord pour dire que la corruption est un défaut humain, comme l'orgueil ou l'intempérance (vieux mot ça !) et qu'on doive toujours la combattre en y opposant l'honnêteté, surtout l'honnêteté intellectuelle. Mais il ne faut pas se laisser aller pour autant à une forme de pessimisme, ou de nihilisme (ça m'apparait plus philosophique comme mot ;) ).
    Qu'est-ce que vous avez les jeunes à être si déprimant ? (je viens de lire un autre jeune dans la même section...) Que vous soyez contre la corruption, c'est bien mais, c'est assez banal en effet mais on dirait que qu'à la vue de cette banalité vous voulez déconstruire le monde. On devrait être quoi alors si on est plus dans un monde libre ? On devrait chercher des moyens de contrôler les gens comme dans "orange mécanique" ? Qu'est-ce que vous proposez en lieu et place du réel ? un joint ?

  • Bravo Renaud, très bon exposé.

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