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Twittosphère, blogosphère, ah misère...

Lydie Coupé
 

Lydie Coupé

Professionnelle des communications et blogueuse lydiecoupe.blogspot.ca

Il y a le poste d'analyste de la conversation ou encore celui de gestionnaire de communauté qui prônent désormais sur la liste des emplois émergents et prisés dans les domaines des communications et du marketing.

En effet, de plus en plus d'entreprises ou de grandes marques sont avides de « converser » avec leurs clients actuels ou en devenir, et investissent temps et argent dans les médias sociaux devenus d'incontournables plateformes universelles.

Bien entendu, on comprendra ici qu'il s'agit souvent de tactiques d'un marketing nouveau genre pour fidéliser toujours plus les clients, pour leur offrir un meilleur service et prioriser leur satisfaction, ou pour augmenter une crédibilité auprès des consommateurs.

À notre époque où il y a tant d'outils de communication à notre disposition, où nous sommes tous hyper informés mais où l'on ne discute plus guère, admettons que cela est tout à l'honneur de ces entreprises. Encore faut-il que la création de cette « conversation » repose sur un véritable contenu, tant en termes de qualité que d'information.

Si l'on préconise une économie de mots qui tourne uniquement autour de l'annonce de nouveautés, de concours ou d'aubaines, peut-on parler véritablement de conversation ou de relation privilégiée ? Quand on considère que des gestionnaires de communauté sont des employés à part entière au sein de l'entreprise, peut-on vraiment penser qu'il y a souci de transparence ? N'y a-t-il pas matière à se sentir parfois dupés ?

Entendons-nous bien, je ne fais pas ici le procès des médias sociaux dont je suis une fervente utilisatrice, mais plutôt celui de surestimer leurs pouvoirs et à ne créer parfois que du vent pour soi-disant répondre aux émotions et désirs du bon peuple...

Ainsi, je me pose les mêmes questions pour les médias. Dans cette nouvelle conjoncture de l'instantané, les médias sont également de plus en plus entraînés dans une frénésie du scoop, d'où l'émergence d'une information « fait divers ».

Certains journalistes n'hésitent plus à couvrir un événement comme des vautours à la recherche de l'image, du titre ou de phrases chocs. Alors, la twittosphère peut s'emballer...

À moins de suivre la Commission Charbonneau de près, on a eu droit dernièrement à des suppositions ou à des faits croustillants comme « la cousine de Gilles Vaillancourt jette de l'argent dans les toilettes », ou encore cette chasse aux sorcières sans considération aucune pour la réputation du club privé 357C. Du bon populisme qui est loin d'un journalisme impartial au service d'une véritable information citoyenne.

Sur ces bases fragiles, peut-il y avoir place à la réflexion et à un sens critique de la part de l'opinion publique, au lieu de ce cynisme ambiant ?

Je suis de ces personnes qui croient, peut-être à tord, à une cohabitation du web et du papier, tout comme je suis d'avis que les entreprises doivent user de créativité web pour communiquer sans pour autant délaisser des pratiques plus traditionnelles.

Je suis de ces personnes qui aiment encore feuilleter les pages d'un beau magazine, lire un article de fond dans un journal ou tenir un bon livre dans les mains, mais qui se jettent aussi dans l'agora du Net pour sonder le pouls du monde. Je suis de ces personnes qui aiment la discussion certes, mais aussi l'argumentation.

Or, si celle-ci s'articule uniquement autour de 140 caractères, cette discussion ne risque pas d'être suffisamment animée pour changer le monde...

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Commentaires (4)

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  • Tout comme vous, j'aime l'argumentation et la discussion. Tout comme vous je suis un immigrant (de fort longue date). Mais pas un fervent des sites Facebook et Twitter qui n'offrent pas le sérieux, l'honnêteté et la sécurité que j'attends.
    Il me semble inadmissible qu'un individu puisse affirmer n'importe quoi sans être tenu de signer. Et avoir 1000 "amis" pour déblatérer n'inspire guère.
    À signaler: Pas d'opportunité de réponse possible sur votre dernier article, le "Commentez" étant absent. Je reviendrai sur ce sujet si possible. Georges LeSueur

  • Vous avez bien raison de me le faire remarquer, monsieur Beaulé; je me suis moi-même aperçue trop tard de ma coquille sur le mot « tort » que j'ai laissée passer avec remords...

  • Comme vous dites, les rézoos so so, tels qu'ils sont, se prêtent fort peu à l'argumentation rationnelle intelligente ou sérieuse. Et ce n'est pas avec des «j'aime»-«j'aime pas», rien qu'en 'feeling', qu'on parviendra à édifier un monde digne de ce nom. Et il n'est pas donné à tous, enfin, d'être des De La Rochefoucauld du verbe, i.e. disant bien et beaucoup avec 'peu'.
    denis beaulé
    p.s. il faut dire 'à tort' plutôt qu'«à tord».

  • Madama Coupé,
    «Or, si celle-ci s'articule uniquement autour de 140 caractères, cette discussion ne risque pas d'être suffisamment animée pour changer le monde...»
    Cette affirmation résume bien la valeur d'un machin comme Twitter qui est à la vraie communication ce que la poutine est à la gastronomie. Les rares fois où je me suis hasardé à voir ce qui s'y passe, j'ai eu la désagréable impression d'y trouver trop de gens qui écrivent «non parce qu'ils ont quelque chose à dire mais parce qu'ils ont envie de dire quelque chose.» (Cioran)
    Et avez-vous remarqué que nombre de «vedettes» de la twittosphère et de la blogosphère le sont très souvent devenues après que les médias dit «traditionnels» leur eurent consacré temps et espace, leur conférant ainsi plus de crédibilité? Un peu comme le diplôme qui a plus de valeur que les sessions en «auditeur libre» sans examen final.
    Bref, pour le moment, je m'en tiens encore aux médias plus traditionnels et à leurs versions papier sans, bien sûr, me priver d'aller chercher des compléments sur leurs sites respectifs qu'ils mettent à notre disposition. Je ne suis pas contre le progrès et le changement mais changer juste pour changer, à quoi bon?
    Et côté techno, je suis plutôt bien équipé mais j'évite de m'en servir pour perdre mon temps.

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