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Une compression de budget de 140 millions dans les universités?

Jacinthe Mercier
 

Jacinthe Mercier

Une compression de budget de 140 millions dans les universités? À quand la vision de l'excellence?

«Le gouvernement exige des universités des compressions de 140 millions de dollars pour l'année en cours et il a prévenu les cégeps qu'ils subiront eux aussi des coupes budgétaires.»

Je lève mon chapeau aux carrés rouges: vous avez gagné avant même la tenue des états généraux.

Mais, qu'avez-vous gagné au juste?

Le savez-vous?

Il était facile et ce l'est encore de dénoncer quelques scandales du milieu universitaire pour attirer l'attention et convaincre les citoyens que les universités sont mal gérées.

Les gestionnaires de haut niveau qui sont, somme toute, une minorité bénéficient certainement de conditions enviables au même titre que les dirigeants d'entreprise.

Ils sont souvent mis sur la sellette pour démontrer que la gestion universitaire est abusive.

Dans la pensée populaire, les travailleurs du milieu universitaire sont des privilégiés qui travaillent peu et bénéficient de conditions de travail enviables.

C'est bien mal connaître la réalité.

Il existe une hiérarchie dans les universités au même titre que dans n'importe quelle entreprise. Les grands privilégiés demeurent une minorité, une goutte dans un verre d'eau.

Oublions les gestionnaires et pensons un instant aux professeurs, chargés de cours, personnel de soutien, chargés de recherche soit les travailleurs clés du milieu universitaire. Ils sont des milliers à se dévouer chaque jour afin de permettre aux étudiants d'acquérir une formation digne de ce nom?

Il faut être bien naïf de croire que la coupure de 140 millions n'aura pas d'effets dévastateurs. Ces compressions se traduiront, comme on l'a souvent vu d'ailleurs, par des congédiements, des gels de salaire, l'augmentation de la charge de travail.

Les employés ont subi ce genre de compressions à maintes reprises au cours des trente dernières années.

Quant aux infrastructures, on coupera dans l'entretien des immeubles, le renouvellement du matériel et même le ménage.

C'est du déjà vu: des salles de classe mal entretenue, des chaises brisées, des fissures dans les murs, de la peinture écaillée, des locaux trop petits pour accueillir des nombres toujours croissants d'étudiants, un des moyens de financer en cas de gel des frais de scolarité, de compressions et j'en passe.

En réalité, les enseignants devront se débrouiller avec moins de soutien administratif, du matériel qui se dégrade, des salles bondées d'étudiants ce qui diminue d'autant la qualité de l'enseignement. Quel meilleur moyen de faire fuir les plus qualifiés!

Le privé et d'autres pays ou provinces ne demandent pas mieux que de les accueillir à bras ouvert à des conditions nettement supérieures à celles offertes par les universités québécoises.

Quelle belle opération médiatique de désinformation!

Je souhaite encore voir un jour des dirigeants visionnaires avec suffisamment de crans pour établir des priorités qui ne mettront pas davantage en péril l'avenir du Québec. Les postes clés dans une société sont généralement assumés par des diplômés universitaires et une société est aussi fragile que son maillon le plus faible.

Quelle promesse pour l'avenir!

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Commentaires (28)

Commenter cet article »

  • @quidnovi
    Vous dites : «Les recteurs pourraient réagir aux compressions en modulant l'offre et la demande. La demande d'abord, en restreignant l'accès par une sélection plus sévère des nouveaux étudiants ...»
    Les recteurs n'ont tout simplement pas les moyens d'appliquer cette solution. C'est un des effets pervers du sous-financement chronique des universités : elles sont payées par «tête de pipe». Une admission au bac =une subvention d'environ 3000$. Et c'est beaucoup plus élevé à la maîtrise ou au doctorat. Il est donc payant de remplir les salles de cours, surtout dans les domaines ou cela ne nécessite pas de laboratoires coûteux : un tableau noir rempli par un chagé de cours devant une salle de 120 étudiants, ça devient rentable. Que le 2/3 de la classe ne comprenne rien devient non-pertinent malheureusement....

  • 3 solutions qui feront pas l'unanimité mais... : 1- abolition des années sabatiques pour les professeurs d'université; 2-réduire les structures des CEGEP en remplaçant le parcours général par une année de plus au secondaire et une année de plus à l'université (bacc= 4 ans). 3- Augmenter les frais de scolarité des étudiants universitaires de façon graduelle (il est clairement établi que les détenteurs d'un diplôme universitaire ont plus de facilité à trouver un emploi d'une part et sont mieux rémunérés d'autre part). C'est un investissement et non pas une dépense...

  • La solution est simple: remettre en place la hausse des frais de scolarité calculée par les libéraux, plus une petite majoration pour absorber le coût de la grève, ainsi que la loi 12. Le savoir est une marchandise comme une autre, un bien de consommation qu'on achète pour sa valeur à long terme, et il est temps pour les carrés rouges de comprendre qu'ils ne l'auront pas gratuitement.

  • Je suis convaincu que les professeurs qui ont porté le carré rouge n'hésiteront pas donner une bonne partie de leur salaire pour le bien être de nos chers étudiants universitaires. Solidarité.

  • @genesis4
    Avant de t'expliquer, pourrais me dire qu'es qui fait la "valeur d'un diplôme". Je suis bien curieux de savoir ce qu'une personne qui a gradué avec 'honneur' en économie va me dire.
    En même temps , je vais savoir si tu as écouté dans tes cours et si nos cher économistes sont encore crédible s'ils ont un diplôme. ^^
    Alors, pour quelle(s) raison(s) un diplôme d'université vaut "cher" dans notre société ?

  • Quelle belle occasion pour nos profs gauchistes de démontrer leur so-so-solidarité envers les carrés rouges!
    Diminuez vos salaires et vos fonds de pension et restreignez vos nombreux privilèges au profit des étudiants!

  • @Eric1971 - Ce que les gens donnent aux universités (ou autres charités) ne nous regarde aucunement. C'est entre eux et Revenu Canada et Revenu Québec. Votre entourage vous demande si vous faites assez de dons pour avoir une grosse déduction d'impôts?
    J'espère que les étudiants qui se trouvaient jour après jour et soir après soir dans les rues au printemps et à l'été - a écoeurer le reste de la populace - se feront un plaisir de faire le ménage dans les locaux universitaires, incluant le nettoyage des bols de toilette et la cueillette des ordures car il risque de ne plus y avoir beaucoup d'argent pour ça, mais il faut maintenir l'hygiène élémentaire, sinon c'est le système de santé qui va couler encore plus profondément. Et qu'ils arrivent avec leur Windex, leur Dainty Bowl, brosses et balais car même ça, les universités ne pourront plus les fournir!

  • guerre d'economiste...les jojo savard des temps moderne ...aujourd'hui meme les meteorologues sont plus precis que vous autres..

  • @sim06: Pourrais-tu élaborer sur le passage suivant de ton commentaire:
    'Le reste si vous ne le savez pas c'est parce que vous n'avez aucun cour d'économie. (Ou vous n'avez pas écouté...)'
    J'ai gradué avec 'honneur' en économie et je suis très curieux de savoir ce que tu veux dire. Merci, j'attend ta réponse avec une grande impatience!

  • Les recteurs pourraient réagir aux compressions en modulant l'offre et la demande. La demande d'abord, en restreignant l'accès par une sélection plus sévère des nouveaux étudiants et en exigeant que le diplôme soit obtenu dans des délais plus courts. Cinq années pour un bac, ce n'est pas sérieux. De même, en haussant la qualité par l'octroi de notes moins complaisantes et en ne tolérant pas des reprises à répétition. En Europe et aux États-Unis, on observe une dégradation des notes octroyées de même que des notes de passage (The Economist, novembre 2012). C'est certainement la même chose ici, au royaume de l'égalité progressiste.
    L'offre pourrait être ajustée en fonction de la baisse d'étudiants en mettant d'abord à la retraite des professeurs titularisés qui s'accrochent à leur pupitre. Cela ouvrirait des perspectives aux jeunes enseignants et chargés de cours mieux outillés pour le XXIe siècle.
    Je sais que cela ne plaira pas aux carrés rouges mais il serait temps que l'on mette fin au nivellement par le bas et que l'on parle de qualité plutôt que d'accessibilité, la tarte à la crème des étudiants à vie.
    Des diplômés médiocres n'aident en rien le développement socio-économique, ils le freinent. Un diplôme professionnel ou un certificat de métier valent tout autant sinon mieux qu'un universitaire mal outillé. La pénurie à ce chapitre est d'ailleurs criante.

  • Je trouve cette façon de faire totalement indécente. Le ministre de l'enseignement supérieur est d'une arrogance peu commune et on sait très bien, que malgré la tenue d'un sommet qui s'en vient, son lit est déjà fait. On a déjà donné aux étudiants le beurre et l'argent du beurre, que faire maintenant? Je vous invite à lire la chronique de Yves Boisvert qui décrit très bien la situation; on a un ministre qui a commencé la désinformation avant même d'avoir pris connaissance du dossier! Il semble bien que c'est la façon de faire que le PQ a décidé d'utiliser depuis son élection: foncer dans le tas et dire, par la suite, "oups, je me suis trompé!". On attend le oups de monsieur Duchesne qui selon moi, tarde déjà trop. Vivement des élections pour retourner ces incompétents dans l'opposition. N'importe quel autre parti fera mieux qu'eux.

  • @yosemite85
    La principale cause de l'endettement étudiant, c'est d'avoir à subvenir à ses besoins (logement, vêtements, nourriture) pendant 3 ans ou plus sans avoir de revenu de travail. Si on retire les prêts et bourses, même avec la gratuité universitaire, on va réduire l'accès aux études pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'habiter chez papa et maman pendant leur formation.
    Pour augmenter l'accès aux études, ce sont les prêts et bourses qu'il faut bonifier. Réduire les droits de scolarité ne donne aucun résultat, sinon un système universitaire médiocre, sous-financé et sous-utilisé. Comment expliquer que le Québec soit la province la moins scolarisée et la plus pauvre du Canada malgré ses droits de scolarité anémiques?

  • que les universités et cegep coupent dans les programmes inutile et sans avenir. une penurie de main d oeuvre se dessine au professionnel . l'acces aux etudes superieure est trop facile, et par consequent, la valeur des diplômes en est affectée.

  • Une suggestion: envoyer à la retraite les profs de 65 ans et comme ailleurs dans les entreprises, y compris les Bernard Landry, Claude Castonguay et autres qui bénéficient déjà de pensions dorées... Si c'est pas bon pour André Boisclair...

  • Peut-être assisterons-nous à la disparition de quelques programmes inutiles et sans débouchés...

  • @ yosemite85, les étudiants les plus endettés au monde sont ceux de la Suède.
    Pourtant l'accès universitaire y est gratuit !

  • La solution est simple, augmenter les frais de scolarité.
    Ha non, c'est vrai, nos bonnes associations syndicales....oups étudiantes ont gagnés la peur de tout gouvernement d'augmenter les frais...et ce, pour trÈs longtemps.
    Un point qui m'intéresse, je pose la question mais je n'ai pas de réponses et je ne veux rien supposer.
    Je me demande combien d'argent à été donné pour subventionner nos universités par ces personnes, qui d'après moi, devraient donner un peu?
    Et je cite les Guy Laliberté, famille Desmarais, famille Péladeau, Céline Dion, Charles Bronfman, Jean Coutu, David Azrieli, Saputo et j'en passe.
    Je serais porté à croire qu'ils donnent beaucoup, mais je ne me rappel pas d'annonces dans ce sens.

  • @alen101 On doit en penser que c'est normal que les salaire prennent la majorité du budget...(Je reste sceptique fasse au chiffre de 85% je m'attendais plus à quelque chose aux alentours de 70% mais ça reste crédible.)
    Si vous tentez de faire référence à mes exemples pour couper je ne vois pas le liens... Pas de pavillon à entretenir = pas de concierge , électricien , plombiers , techniciens réseau , etc. Une classe virtuelle demande : un logiciel , prof , 2/ 3 tech pour entretenir le réseau. Au final , on couperais beaucoup dans les salaires.....
    Pareil pour la bibliothèque, pas d'architecte pour réinventer le design "moderne" , pas de travailleur pour refaire la bibli et etc.... Peut importe ce qu'on coupe ça tombe dans les salaires...

  • La seul façon d'éliminer se foutu problème de financement est la gratuité scolaire; je m'explique. Si l'université est gratuit, nous n'avons plus besoin du système de prêt et bourse car tout sera gratuit comme le demande les étudiants... alors prenons l'argent des prêts et bourses pour financer les universités alors tout le monde sera comptant, sauf les étudiants bien sûr...

  • Marcel Côté de Sécor vient de dire au club des ex que c'est 60 millions $ que le ministère demande de couper et non 140 millions $. Ce qui exemplifie ce que je disais plus bas: les lucides ne font pas la distinction entre le réel et la propagande... Mais Monsieur Côté a aussi dit quelque chose d'important: à savoir que 85 % des dépenses des universités sont des salaires... Que doit on en penser sim06?

  • Beaucoup de personnes frustrées ici on dirait.
    Ce qui est drôle avec ces personnes c'est qu'ils n'ont probablement pas été dans une université durant les 5 dernières années pour étudier.
    Ils ne savent surement pas comment on défini la valeur d'un diplôme. Aller, je vous donne un indice : environ 10 à 20% de la valeur d'un diplôme vient de la qualité de la formation. Le reste si vous ne le savez pas c'est parce que vous n'avez aucun cour d'économie. (Ou vous n'avez pas écouté...)

    Pour ce qui est des compressions , je suis totalement d'accord qu'il faut couper. Cependant , je crains que nos recteurs favoris vont couper à des endroits totalement absurde pour ensuite dire : Regardez Madame Marois détruit nos universités! Comme la fait Radio-Canada d’ailleurs ,mais c'est un autre sujet.
    Il y a beaucoup d'endroit pour couper.....cependant jamais les universités voudront l'avouer....moins de béton , plus de classe virtuelle c'est déjà un bon début. On pourrait arrêter de faire la rénovation de bibliothèque à toute les 2 ans. (On parle pas d'ajouter des livres dans "rénovations") . etc.

  • "Tout le monde doit faire sa juste part"
    Ça me désole autant que vous, mais si c'était votre mantra anti-carrés-rouges, vous devez maintenant l'assumer.

  • Dommage de vous voir généraliser ainsi.
    Si certains enseignants appuyaient les manifestations étudiantes, c’est loin d’être la majorité.
    N’oubliez pas qu’en milieu universitaire, les étudiants en grève étaient minoritaires. Il en était de même des enseignants, professeurs ou chargés de cours qui les appuyaient.
    Faites une étude et aller sur place interroger ceux qui ont subi ce boycott, votre opinion ne sera pas la même.

  • @ Sagace : Et puis quoi encore!

  • "Dans la pensée populaire, les travailleurs du milieu universitaire sont des privilégiés qui travaillent peu et bénéficient de conditions de travail enviables."
    Exact ! Et donc votre poids politique est insignifiant. Entre zéro et le poids politique d'un grand propriétaire terrien sous Mao. Et votre cri du coeur est... "divertissant" au même titre que la photo du gars devant le métro...
    C'est la révolution culturelle maintenant, notez-le bien et dites-vous que vous êtes chanceuse de ne pas faire partie de ceux et celles qui seront rééduquées par les carrés rouges.
    « L'existence sociale des hommes détermine leur pensée. »
    de Mao Tsé-Toung
    C'est donc votre statut de privilégiée qui vous a induit en erreur et vous a fait croire que vous aviez des droits ou des pouvoirs quelconques, comme le droit ou le pouvoir de la critique intellectuelle. De nos jours le véritable pouvoir est dans la rue et est, sinon au bout du fusil, du moins au bout de la casserole.
    Et puis vous êtes bien hardie de publier sous votre vraie nom en étant dans ce milieu, n'avez-vous pas entendu ces rapports d'intimidation avant et pendant les élections pour ceux qui s'opposaient à la pensée des carrés rouges ? Gare aux chemises...bleues !

  • Les professeurs et chargés de cours étaient solidaires des carrés rouges. Voilà l'occasion en or de matérialiser cette solidarité: baisse de salaires pour compenser les besoins financiers de l'éducation !

  • Le problème que j’ai avec le financement des universités, c’est que cette question est arrivée sur la table dans la foulée du Manifeste pour un Québec lucide (2005) de Lucien Bouchard que co-signaient entre autres Robert Lacroix, ex-recteur de l’Université de Montréal, et les professeurs émérites Pierre Fortin, Claude Montmarquette, et Joseph Facal.
    Souvenons nous, ces personnalités en vue du Québec moderne nous prédisaient, dès 2012, la diminution de notre main d’œuvre, la diminution de notre immigration, la diminution de notre PIB, la baisse de notre productivité, la baisse des revenus de l’état … et finalement, la diminution de notre population.
    Or, rien de tout cela n’est arrivé; pourquoi croirait-on alors leurs prévisions financières? Au surplus, pour des gens mal financés, pourquoi se sont-ils lancés à fond de train dans des dépenses d’immobilisation comme ils l’ont fait, pour se faire concurrence plutôt que de s’entraider… Faut-il le dire, là la collusion aurait eu du sens… Imaginez, s’entendre pour que ça nous coûte moins cher… Mais non, cela ne se peut pas…

  • Ce serait facile à réaliser; il s'agit de réclamer des professeurs qui ont manifesté, bloqué les portes du savoir de remettre la partie du salaire qui a été investi dans la cause.

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