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Le jugement de M. Breton et de Mme Marois

Jacques Roberge
 

Jacques Roberge

Entrepreneur gestionnaire d'une entreprise spécialisée en taxes à la consommation

Certains y voient un complot ourdi soit par les libéraux, le «capital» ou les péquistes! Les infractions et comportements discutables de l'ex-ministre de l'Environnement, condamné à démissionner après leurs révélations ne sont pas, malgré tout, l'aspect le plus important de ce psychodrame. En fait, ce qui est révélateur dans toute cette histoire est l'éclairage qu'il donne sur le jugement des principaux protagonistes, M. Breton et Mme Marois.

Dans le cas de M. Daniel Breton, ce qui est particulièrement sidérant, c'est qu'il ait pu croire que ses erreurs passées puissent passer inaperçues ou seraient facilement pardonnées! Combien de candidats potentiels se sont eux-mêmes exclus du saut en politique, sachant que la merde ou les erreurs passées qui rejailliraient immanquablement nuiraient davantage à la cause ou au parti de leur choix.

La liste, l'importance et la non-résolution des écarts de conduite (les arriérés de loyer étaient encore impayés) rendaient inévitable ce qui est finalement arrivé! Ne pas avoir réalisé la chose, avant d'accepter un poste de ministre, voire de se lancer en politique apparaît même non seulement comme un manque profond de jugement, mais comme une bêtise difficilement explicable.

Personne n'a mis en doute la compétence de M. Breton ni son dévouement passionné à la cause de l'environnement. Il fut et sera encore, après avoir pansé ses plaies, un ardent et dévoué défenseur de la cause auquel il croit. Ceci explique peut-être cela. Les activistes sont souvent efficaces parce qu'unidimensionnels; la cause transcende tout, la nuance n'existe pas; la capacité de voir ou comprendre le point de vue adverse est instinctivement bloquée. Ajouté à un brin de narcissisme il est possible que dans son désir de défendre la cause, et se croyant une des meilleures personnes pour le faire, qu'il ait simplement occulté, repoussé sous le tapis, comme les bouteilles de vin vides, tout doute à l'effet que son passé puisse nuire à sa tâche, si ce n'est sa destinée.

Si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui a pu bien causer une si abyssale erreur de jugement?

Malheureusement pour elle et son gouvernement, l'histoire en dit long aussi sur le jugement de Mme Marois. Même s'il est facile de critiquer après coup, plusieurs s'interrogeaient, même avant les révélations sur son passé, de la sagesse de nommer comme ministre un pur activiste peu enclin à faire le consensus plutôt axé sur la confrontation. Après les évènements et congédiements rapides au BAPE ainsi que les décisions rapides sur le sort de Gentilly, il apparaissait évident que M. Breton ne faisait pas dans la dentelle et avait tous les attributs d'un «loose-cannon» ou d'un électron libre. Déjà, la nomination de M. Breton jetait des doutes sur la décision de nommer l'individu comme ministre, une tâche demandant, à l'évidence même, beaucoup de doigté.

Ceci se serait résorbé avec le temps, si M. Breton s'était avéré un excellent et apprécié ministre qu'on aurait évalué selon ses accomplissements. Malheureusement, pour Mme Marois, la crise s'est envenimée: Que savait-elle au juste? Qui est responsable de la mauvaise évaluation? A-t-elle posé les bonnes questions? M. Breton lui a-t-il menti et tutti quanti... Au minimum, l'épisode soulève des doutes sur son jugement, une fort mauvaise idée dans le contexte d'un gouvernement minoritaire.

Même dans sa défense, de bon aloi, de son ministre et de sa nomination, Mme Marois paraît mal en mentionnant qu'à peu près tous ont un jour été coupables d'excès de vitesse. Combien de Québécois ont roulé à 275 km/h madame?

Pour Mme Marois, le seul bon côté de l'histoire est que l'abcès est crevé et que le tout sera oublié dans six mois.

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Commentaires (6)

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  • "Mme Marois paraît mal en mentionnant qu'à peu près tous ont un jour été coupables d'excès de vitesse"
    Défendre l'individu en mentionnant "la délinquance généralisée" comme norme acceptable; le niveau de plancher de sous sol, pour accéder au poste de ministre est déjà une aberration et une disqualification de l'excellence comme vision pour occuper un rôle de leader au sein du gouvernement. Comme principe de bonne gestion, on est proche de: "On est assez pour faire de la merde, (2003)" et loin de la blancheur baptismale du foulard blanc pour s'octroyer le droit de condamner sur des allégations.
    Ici, il ne s'agit pas de suppositions mais de faits répétitifs vérifiables d'insubordination aux normes d'organisation de toute société civilisée: les impôts non facultatifs; l'assurance emploi assujetti à des exigences auxquelles les bénéficiaires doivent correspondre; les limites de vitesses assorties de pénalités si non observées; la possession du bien d'autrui (loyer) moyennant un coût à assumer. L'obligation de rendre le bien emprunté dans des conditions similaires.
    Sinon, quelle promotion de la "bougonnerie"!

  • @trottier
    Selon quel type de raisonnement peut on invoquer le manque de jugement et la corruption du précédent gouvernement qui avait fait son temps pour JUSTIFIER le manque de jugement du gouvernement actuel?????????
    C'est d'une bêtise, nonobstant vos insultes....
    On en a assez de la corruption et du favoritisme.....
    François Legault apparaît de plus en plus comme la seule vraie alternative

  • Et si le départ de M.Breton faisait totalement l'affaire de Mme.Marois. Et si l'industrie énergétique était également très heureuse du départ de M.Breton. Il n'y a plus rien d'impossible de nos jours.

  • Monsieur Trottier en veut lui aussi des sous distribués par Madame Marois, c'est pour ça qu'il répète les mauvaises excuses qu'elle donne servilement. Monsieur Charest quand il a su pour M. Tomassi a agi et pas dans le sens de lui donner des avantages comme aurait fait le PQ mais il a appelé la police.

  • Toutes les gaffes de M. Breton sont des pinottes à côté de Charest qui discute avec un membre connu et reconnu du crime organisé. C'est arrivé et Charest ne POUVAIT PAS l'ignorer.
    Où étiez-vous pour déchirer votre chemise alors ?
    La gestion tordue de Tomassi délibérément en faveur des donateurs du parti n'a pas empêché Charest de le défendre pendant des mois alors qu'il pouvait très facilement vérifier lui-même. Rien, zéro. Comme vos bassesses quoi. Le seul abcès crevé vient du départ du PLQ.... pourvu que ça dure!
    Pouvez peut-être aller cuver votre mauvaise foi crasse ailleurs ? C'est une suggestion.

  • ''Mme Marois paraît mal en mentionnant qu'à peu près tous ont un jour été coupables d'excès de vitesse''
    Épaisse, dirait-elle la même chose si un de ses enfants s'était trouvé sur la route de cet imbécile qui roulait à 275 kilomètre à l'heure? Aussi épaisse que Breton le bougon.

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