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Objection, objection!

Benoit Mondor Côté
 

Benoit Mondor Côté

Étudiant à ESG - UQAM en Science Comptable

Objection. La Commission commence à être passionnante ces derniers jours. Objection. On a fini le tour, ou presque, de tous ces entrepreneurs qui ont collaboré à ce système. Objection. On va bientôt rentrer dans le vif du sujet. Objection. Les liens entre ces entrepreneurs quasi mafieux et notre monde politique, municipal et [objection] provincial. Objection. Des noms vont bientôt sortir, en l'occurrence, demain [mercredi], des noms qui ont fréquenté le très sélect club 357C. Vous le connaissez-vous? OBJECTION! ÇA SUFFIT!

Objection, objection, objection.

J'entends déjà la voix des avocats des différents partis en question se faire aller de tous bords tous côtés. « Votre Honneur, veuillez considérer que mes clients ont des droits fondamentaux qui se doivent d'être respectés! »

Cela fait des mois déjà que j'attends que des informations du genre sortent. Je jubile. Je m'exalte déjà d'entendre des noms de certains élus ou ministres à l'Assemblée nationale.

Bon, je m'emballe peut-être un peu trop vite, je dois admettre que trainer dans des clubs privés ouverts qu'aux membres ne fait pas de vous un criminel. Mais qu'est-ce que c'est ce 357C?

Le 357C

Une petite recherche dans les divers médias m'a fait découvrir ce qui suit. Je paraphraserai. Donc, le 357C est un petit club privé ouvert à ses membres des plus fortunés. Un petit club pour la haute société uniquement. Pour y avoir accès, il vous faut une connaissance (ou une invitation) directe d'un membre actuel. Les plus grands du Québec inc. et du monde des affaires de passage à Montréal y ont séjourné. De plus, cette maison possède apparemment une des meilleures tables du monde. Du gros luxe.

Bref, rien de tout ça n'est criminel en soi, le club est légal et en règle, je ne parle pas de ça. Sauf qu'avec les informations qu'on possède sur les critères qu'on doit combler pour y être admis, je me pose de sérieuses questions sur la pertinence de certaines rencontres que des élus ont eu là-bas. Parfois avec des entrepreneurs, parfois avec d'autres politiciens.

Je fantasme un peu, à l'heure qu'il est, je ne suis pas encore au courant si les policiers ont fait des liens entre les noms de députés, le 357C et ce cercle d'entrepreneurs qui font les manchettes depuis un petit bout déjà. Tout ça, par contre, nous permet de nous poser plusieurs questions sur le genre de politiciens que nous désirons.

La politique, de nos jours, elle sert à quoi? Avons-nous besoin de politiciens carriéristes qui passent 35 ans de leur vie « au service » des citoyens? Voulons-nous du copinage?

Toutes ces questions du genre, nous obligent aussi, selon moi, à nous en poser d'autres, encore plus profondes.

Voulons-nous d'un système entièrement public où l'appât du gain serait grandement réduit? Devrions-nous mieux les payer? Accepterions-nous les jeunes ministres, les jeunes députés comme Léo Bureau-Blouin à la place de ces vieux routiers?

Il pourrait y avoir encore des dizaines et des dizaines d'interrogations en ce sens. Mais, au fond, la question qui chapeaute toutes celles-là est la plus importante.

Quel est le phénomène à la base de cette corruption? Comment l'explique-t-on?

Et si nous trouvions la réponse, serions-nous capables d'y faire face? De prendre tous les moyens nécessaires?

Objection, votre Honneur...

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Commentaires (3)

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  • Le phénomène de base de la corruption ? L'appat du gain, le pouvoir de la richesse. Un phénomène aussi vieux que le monde. On peut l'encadrer, mais jamais on ne pourra l'éradiquer. Soyons sur nos gardes mais n'ayons pas d'illusion.

  • la source du probleme c'est qu'on met des faibles dans des positions de pouvoir , je usis un professionel , ca m'est arrive d'avoir des fournisseurs qui m'invite e une bonne bouffe pour parler business , ca m'est arrive de recevoir des devis a l'helium , ou des clients qui me changent d'hotels pcq le 4 ou 5 etoile est plus proche de leur bureau (aller 45 secondes de taxi de plus) que le 3 que j'avais fait reserver par les HR de ma boite (dans le but d'avoir un meilleur service par moi), tout le monde s'essaye et c'est de bonne guerre , dans "l'art de la guerre" de sun tze c'est dans le chapitre sur l'utilisation des "diplomates" , leur role est de soutirer un avantage tactique pour leur souverain.
    ce qui est inadmissible par contre c'est que le souverain ne voient pas le travaille de sous main et prete flanc aux attaques (cadaux flatterie , debauche en tout genre) de ces "diplomates" qui invariablement finirons par essayer d'infliltrer dans les rang enemis une autre unite decrite dans l'art de la guerre : "l'assassin" qui n'a pour unique mission de decapiter la direction du royaume ennemi
    le probleme c'est que nos dirigeants et leurs ministres n'ont aucune morale , le success individuel , eleve au rang de religion , dans nos societes , est le seul bareme morale , quand l'etalon de mesure est croche , faut pas s'etonner qu'on vas pas bien loin et depensont enormement de ressources pour finir par tourner en rond autour d'un puit ou on jette nos ressources

  • Quand elle a commencé à faire circuler les noms de Luc Leclerc et cie on a dit de la commission qu'elle démontrait qu'il existe une culture d'entreprise à la Ville de Montréal axée autour des cadeaux, lunchs, tournois de golf, voyages,... voire jusqu'aux pots-de-vin et on l'a félicité pour son beau travail...
    Mais lorsqu'elle a fait la liste des gens d'affaires qui se fréquentent au Club 357 c on a crié à l'injustice pour certaines personnes dont Mme Lyne Beauchamps et demandé à la Commissaire de s'expliquer.
    Pourtant, reprenant la même allégorie que précédemment, tout ce que la Commission afait, c'est de montrer qu'il existe à Montréal non seulement une culture d'entreprise axée sur les cadeaux, les réceptions et les faveurs, mais aussi une culture de société, dans laquelle il est normal de faire des affaires dans les hôtels, les restaurants et/ou les clubs privés les plus chics (plutôt que dans les bureaux normaux des gens), autour d'une table 4 ou 5 étoiles, dont la mafia profite pour se rapprocher des ingénieurs, entrepreneurs, fonctionnaires, officiers de l'administration publique et élus naïfs, pour les influencer, voire pour les corrompre... Mme Beauchamps a d'ailleurs fleurté à au moins une autre reprise avec des gens de la mafia, à l'occasion de petits déjeuners. Son ex-compagnons a aussi été nommé par Lino Zambito...
    Mais, comme le dit Liza Frulla, ces gens ont des droits... y compris celui d'être naifs ou encore d'être innocent, comme Gérald Tremblay. C'est quand même pas de leur faute si la mafia leur courre après.

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