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Le langage du peuple québécois

Laurence Laplante
 

Laurence Laplante

Étudiante

Je suis Montréalaise francophone et j'ai voté pour le Parti québécois aux dernières élections. Je crois en notre province, je crois en la force de notre langue et en notre capacité à la préserver, mais surtout, je crois qu'il faut savoir cibler un problème avant de chercher des solutions. Nous sommes tous au fait que l'anglais occupe une place de plus en plus importante au Québec, particulièrement à Montréal. Cette réalité est, je le crois, très claire dans la tête de notre nouvelle première ministre. Nous avons tous le même but: sauver le français. Mais le plan évoqué par Pauline Marois et son parti est-il justifiable?

Les membres du PQ nous ont fait part de leur volonté d'appliquer la loi 101 dans les cégeps. À mon avis, mettre cette idée en pratique serait une erreur.

Il faut comprendre que la langue de Shakespeare est aussi la langue des affaires et donc, qu'elle s'impose de fait sur le marché du travail. Que ce soit comme vendeur en télécommunication ou même au McDonald's du coin, le bilinguisme est un atout presque indéniable pour avoir la priorité sur un emploi. Cette réalité est alarmante lorsqu'on sait que certains employeurs vont jusqu'à favoriser l'unilingue anglophone face au francophone. Dans cette optique, il est clair que règlementer le marché du travail est une priorité. Le français doit garder son statut de langue principale, et ce, même auprès des multinationales les plus entêtées. L'idée est certainement déjà lancée, si l'on pense aux poursuites en cours envers les entreprises Wal-Mart, Guess, GAP et COSTCO, qui refusent de franciser le nom de leurs franchises. Il faudra tout de même pousser plus loin et se demander comment imposer notre langue, non pas juste dans le nom de l'entreprise, mais dans ses bases fondamentales. Les conditions d'embauche sont un bon exemple.

J'en reviens donc à l'application de la loi 101 auprès des cégépiens. L'apprentissage d'une deuxième langue est un atout, un enrichissement personnel. Règlementer le droit à l'apprentissage me semble tout à fait illogique dans le sens où, au bout du compte, l'étudiant en sera pénalisé. Comme je le mentionne plus haut, le milieu de l'emploi exige des connaissances de l'anglais. Que cela fasse notre affaire ou pas, c'est une réalité qui ne changera pas. Empêcher les francophones de choisir la langue d'éducation de leur choix au niveau collégial, c'est leur fermer des portes. Je ne prétends pas avoir de solution miracle à la survie du français, mais je me questionne sur le fond. Pourquoi ne met-on pas nos énergies à intensifier l'apprentissage de notre langue plutôt que d'en éliminer une autre. Le véritable problème est que trop de gens ne parlent pas le français et non que trop de gens sont bilingues. Par exemple au niveau primaire, pourquoi les enfants anglophones ne seraient-ils pas éduqués dans des écoles bilingues où l'accent est mis sur le français? Les anglophones devraient être visés par un programme d'enrichissement intensif de notre langue. Le nombre de gens maitrisant le français augmenterait et pourrait éventuellement avoir une influence sur le marché du travail.

La langue est et restera un enjeu important pour la population québécoise. C'est pourquoi nous devons prendre les bonnes décisions. En fermant la porte à l'apprentissage, nous ne ferons qu'accentuer le fossé qui se divise les francophones et les anglophones. En élargissant la portée du français, nous serons non seulement plus à le pratiquer, mais surtout plus à le sauver.

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Commentaires (14)

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  • @UnImmigrant Je peux vous assurer que je n'etais pas bilingue en entrant au cegep. Je regardais les formulaires d'inscription qui me criaient dans une langue hostile, et j'avais une boule dans l'estomac. Je me disais qu'ils ne me prendraient jamais au serieux, qu'ils me mettraient dehors en entendant mon accent. Mais j'entendais d'autres etudiants qui voulaient faire application, et je realisais que j'etais loin d'etre la pire. Tout s'est finalement passe un jour a la fois, et la confiance qu'on y a gagnee est inestimable. Par ailleurs, je ne connais pas grand chose au calcul de la cote R, mais on m'a dit qu'ils tenaient compte du fait qu'on venait d'un milieu francophone. Derniere chose, je ne connais pas grand chose non plus en fonds publics, mais je crois que les anglophones y contribuent egalement. (desolee pour l'absence d'accents)

  • Tous les Québécois devraient pouvoir poursuivre leur programme pour un an dans un CEGEP anglophone. Le milieu d'immersion, l'expertise, les infrastructures, tout est là, et les Québécois paient déjà pour soutenir ces institutions anglophones.
    Donc, pas de programme complet au CEGEP anglophone pour quelques Québécois francophones,
    mais un an d'accès à ces CEGEP pour le plus grand nombre possible de Québécois francophones.
    Le gros bon sens quoi...
    Serge Daigno

  • Merci beaucoup petitesirene pour votre commentaire! Votre expérience est tout à fait représentative du point que j'ai voulu souligner ! UnImmigrant, évidemment nous ne sommes pas tous d'accord, et vous ne l'êtes définitivement pas, et c'est correct. Je comprend votre point de vue d'une certaine façon, mais je tiens à vous préciser une chose. Je suis moi même allé dans un cégep anglophone pendant un an, je n'était pas bilingue, seulement quelques bases. Au début c'était difficile mais j'ai rapidement su m'adapter et maintenant cette langue n'est plus un secret pour moi. J'ai continué mon DEC dans un cégep francophone par la suite, après avoir déménagé, mais je compte poursuivre mes études dans une université anglophone. Le but n'étant pas d'oublier ma langue, mais plutôt de m'ouvrir des portes pour le futur. Merci tout de même d'avoir pris le temps de me répondre !

  • @ petitesirene : vous êtes insultante, madame. Le fait de refuser de payer pour que certains étudient en anglais n'a carrément rien d'intolérant. La tolérance, dois-vous l'expliquer, consiste à laisser les autres agir à leur guise en autant qu'ils en font autant et ce n'est absolument pas le cas des anglos du Québec.
    Le comportement collectif des anglos est celui d'une petit minorité en péril qui hurle ses droits, ce qui est ridicule. D'autre part leur attitude générale en est une de condescendance envers tout ce qui ne passe pas par la mondialisation linguistique... qui est comme toutes les autres mondialisations un mouvement anti-écologique pour le moins primaire, facile à évoquer certainement mais qui n'a rien à voir, ni avec la compassion, ni surtout avec la tolérance, au contraire.
    Se ranger du côté des puissants est en général tout aussi utile que de suivre la queue du précédent dans un troupeau de chèvres : toutes les chances sont, peut-être d'arriver à l'abattoir en bonne santé, certainement d'y perdre la moindre originalité. Or c'est de la diversité que naît la vie et ceci s'applique partout, toujours. C'est la différence qui est en jeu ici.
    Ceci dit vous avez parfaitement droit à vos choix personnels, n'est-ce pas : Je parle de peuples, pas d'individus.
    On parle régulièrement de dépenses gouvernementales exagérées et on n'y inclut jamais le dédoublement des services en deux langues. Je veux bien. Mais de là à payer pour qu'un gars ait "des emplois au niveau (sic) Nord-Américain" (Claudius58) parce qu'il n'est pas foutu d'apprendre l'anglais lui-même, ben non : s'il veut travailler ailleurs ou au "niveau" supérieur puisqu'il semble se croire, qu'il paye comme ailleurs. C'est une question de respect envers les autres et soi-même.
    De toute façon le PQ n'a pas la moindre chance de faire passer cette règle mas il reste que l'intention en est tout-à-fait normale. Le contraire s'appelle à-plat-ventrisme.

  • @baal
    Je suis un payeur de taxes et d'impôts, donc je suis un contribuable. Je n'ai AUCUN problème en financer l'education en anglais car je ne suis pas ethnocentriste ni complexée comme vous ou vos compatriotes caribous. Pour moi une langue c'est un outil comme n'importe quel autre. Dans ce sens, l'anglais dépasse largement le français. Je préfère l'anglais sur le français. C'est mon choix.

  • @baal666 Il existe un réseau public d'écoles francophones en Ontario. Les anglophones du Québec contribuent aux fonds publics. Je comprends votre utopie d'une province unilingue et forte, mais selon moi, l'utopie d'un Canada bilingue est encore plus belle.

  • @baal666 Il existe un réseau public d'écoles francophones en Ontario. Les anglophones du Québec contribuent aux fonds publics. Je comprends votre utopie d'une société unilingue et forte, mais ça fait redneck pas mal. Le Canada est un pays bilingue, pour moi, cette utopie est encore plus belle.

  • Donc si je résume bien votre rhétorique, au lieu d'empêcher les francophones d'accéder aux études supérieures en anlglais, vous voudriez forcer les jeunes anglophones à étudier dans les deux langues dès le primaires ? Je ne suis pas sur de bien comprendre cette partie de votre raisonnement. La loi 101 ne foce-t-elle pas déjà les enfants d'allophones à aller à l'école en francais ? Et les jeunes anglophones qui vont dans leurs ecoles anglophones n'apprennent-ils pas déjà le français très tôt dans leur cheminement scolaire. Connaissez vous beaucoup de jeunes anglophones incapables de communiquer en français au Québec ? Pour ma part je suis totalement contre la loi 101 imposée aux études supérieures et comme dit UnImmigrant, je ne pense pas de toute façon que beaucoup d'unilingue francophone vont au Cégep Dawson ou à l'Université McGill pour apprendre l'anglais, ils maîtrisent déjà cette langue assez bien s'ils vont dans ces écoles. Il faut maintenir le statut quo dans ce domaine. Il ne faut pas fermer les portes de ses institutions aux francophones. Toutefois il faut clairement en faire d'avantage pour l'affichage et le service à Montréal. Il faut savoir choisir ses batailles : aimez vous mieux être servi en anglais dans un Restaurant la Belle-Province sur la rue Ste-Catherine ou en français au Costco Wholesale ? Pour ma part le nom de lieu m'inporte peu, mais le service et l'affichage lui, pas mal plus !
    F.Comtois
    Anjou

  • Peu importe les réglements qu'ils voudraient mettre, si on ne parle ni écrit pas mieux le français, ça ne sert à rien de nous le forcer! Quelle fierté y a-t-il dans une langue dont l'orthographe est de plus en plus baclée au fil des générations? Et ce n'est certainement pas au cégep que ça peut être sauvé...

  • Vous mêlez tout. Les gens peuvent apprendre une langue étrangère s'ils le désirent, mais nous n'avons pas à financer des études dans une langue étrangère sur le bras des contribuables. Si quelqu'un veut étudier dans une langue étrangère, qu'il paie ses études. Le gouvernement québécois ne devrait financer qu'un seul réseau d'éducation dans la langue nationale.
    La seule chose valable dans votre texte, c'est votre proposition d'inciter les anglophones à s'intégrer dans la langue nationale au lieu de rester repliés sur eux-mêmes comme c'est le cas présentement. Et la meilleure façon de le faire, c'est d'avoir un seul réseau d'éducation dans la langue nationale de la maternelle au doctorat, comme c'est le cas partout sur la planète.
    Cessons d'avoir peur d'être normaux. Au Québec, on parle français. Si des gens ne sont pas d'accord avec cela, ils peuvent aller voir ailleurs comment ça se passe !

  • @ unimmigrant
    Donc si je vous comprend bien, vous favorisez l'apprentissage de l'anglais aux plus fortunés qui devront en assumer tous les couts.
    Je suis dans la cinquantaine, et à mon époque, tous les étudiants avaient le choix d'étudier dans la langue de leur choix, donc j'ai fait mon primaire en francais afin d'acquérir la base grammaticale de ma langue maternelle, et ensuite, grace à l'encouragement de mes parents qui croyaient que l'apprentissage de l'anglais serait un atout important pour un choix plus large d'un futur emploi et possiblement plus rénumérateur, j'ai poursuivi mes études au secondaire et au collégial en anglais, et quelques années plus tard, un BAC en marketing en francais aux HEC.
    Cela m'a effectivement ouvert des portes tout au long de ma vie, m'a permis d'avoir des emplois au niveau Nord Américain, et non limité à une clientèle francophone seulement.
    Claude Poirier

  • Votre article arrive 24 heures trop tôt. Ils vont reculer sur cette mesure dans les CEGEP qui était selon moi la décision à prendre. Par contre, je ne crois pas qu'on va protéger notre langue avec une loi quelconque. J'ai travaillé toute ma vie en Anglais et je continue de parler Français à la maison comme ailleurs. Ceux qui ne sont pas capables de se faire servir en Français à Montréal n'ont qu'à aller ailleurs, comme on dit MONEY TALKS. À la longue ils vont s'ajuster.

  • Une belle sagesse émane de ce texte. Merci, mademoiselle Laplante.
    J'ai pour ma part fréquenté un cégep anglophone et aujourd'hui, 10 ans plus tard, je travaille à Pékin, dans le domaine de la traduction. Et j'aide mes collègues chinois à améliorer la qualité de leur français.
    Exode d'un cerveau. Soit. Mais la promotion de la culture québécoise, ça ne se fait pas seulement de l'intérieur.
    Je me promène pratiquement dans les rues à proclamer la tolérance de mon peuple. J'espère que le parti Québécois ne me fera pas sentir naïve.

  • Vous confondez tout. L'application de la loi 101 au cégep n'a rien à voir avec la réglementation du droit à l'apprentissage. Il s'agit simplement de ne pas subventionner avec les fonds publics l'accès à un système scolaire dans une autre langue que la langue officielle du Québec (qui est uniquement le français), exception faite de la minorité anglophone. De toute façon, on ne va pas au Cégep pour apprendre l'anglais. Les allophones et francophones qui choisissent l'anglais au Cégep sont pour la plupart déjà bilingues... autrement, bonne chance pour leur cote R et leur admission à l'université.

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