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Le 22 de chaque mois

Nestor Turcotte
 

Nestor Turcotte

Enseignant à la retraite

Vingt-deux mars 1968. Daniel Conhn-Bendit, chef du mouvement étudiant de Nanterre, suivi de 142 étudiants, occupent le huitième étage de l'administration de l'université parisienne. C'est le début d'un mouvement d'inspiration libertaire et contestatrice de l'autorité universitaire. Le mouvement s'étendra par la suite à la Sorbonne et, finalement, à toute la France.

La révolte étudiante s'en prend à toute la société française, au capitalisme, à l'impérialisme sous toutes ses formes. Elle s'attaque à toutes les formes d'autorité politique et religieuse. Elle s'en prend au aussi au fonctionnement de l'université qu'elle trouve désuète, rétrograde, inadaptée à l'époque moderne. Le mouvement contestataire étudiant à ses échos dans plusieurs pays d'Europe, aux États-Unis, et même au Mexique.

La contestation étudiante paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le pays assiste à de nombreuses manifestations dans les rues. Dans les lycées, les universités, sur les lieux de travail, des débats s'organisent. Chacun prend la parole ety va de sa solution pour guérir les maux de la société. Des barricades s'élèvent dans les rues. Les graffitis apparaissent sur le mur des édifices publics. «Il est interdit d'interdire», «Vivre sans temps mort et jouir sans entrave», «Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui», «Soyez réaliste, demandez l'impossible»,«Élections, piège à cons», etc. Les banderoles des manifestants affichent la diversité des slogans. Drapeaux rouges et drapeaux noirs colorent les processions quotidiennes. Certains mouvements plus révolutionnaires, (communistes et anarchistes) tentent de contrôler la contestation.

Le gouvernement gaulliste convoque les Français à une élection générale. La population, au début, favorable au mouvement étudiant, désapprouve la grève et la contestation. Le gouvernement est réélu majoritairement. C'est un raz-de-marée gaulliste. La contestation s'essouffle. La police joue son rôle et déloge les derniers récalcitrants enfermés en Sorbonne. La France retrouve son calme.

Au printemps dernier, le gouvernement a été confronté à de nombreuses manifestations étudiantes. La gérance des universités et les frais de scolarité étaient au coeur de la contestation. Le mouvement étudiant fut infiltré par des groupes radicaux. Les drapeaux rouges et les drapeaux noirs firent leur apparition. Un grand nombre de manifestants étaient hostiles au néo-libéralisme et au contrôle de l'entreprise privée sur les soins de santés, les programmes universitaires. Il y a eu de la casse. Des appels à la désobéissance civile. De nombreuses arrestations. On redescend dans la rue le vingt-deux de chaque mois. En rappel du 22 mars 1968. Pour les mêmes raisons.

Le leader contestataire de Mai 68 Daniel Cohn-Bendit est maintenant député au parlement européen depuis 1994. Contestataire engagé à l'extrême gauche, il est aujourd'hui favorable au capitalisme, à une écologie qui prenne acte de l'économie de marché pour mieux la réguler.

Au Québec, le gouvernement libéral, opposé à la contestation étudiante, a déclenché une élection générale. N'eût été les allégations de corruption qui planait sur lui, ce dernier aurait été facilement réélu. Les Québécois ont élu un gouvernement minoritaire. Qui a tout promis aux étudiants. La contestation reprend dans les rues : les étudiants veulent maintenant la gratuité scolaire.

Un des chefs de la contestation étudiante (Léo Bureau Blouin) à été élu, le 4 septembre dernier, député péquiste dans Laval-des-Rapides. Il est maintenant conseiller personnel de Pauline Marois. L'attaché de presse de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) vient d'être embauché par le cabinet de la ministre de l'Éducation Marie Malavoy. L'histoire recommence?

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Commentaires (11)

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  • Par où commencer, c'est toujours le problème avec les affabulations du triste sire Turcotte. Tiens, Pauline Marois a été élu, voilà un élément réel. Dans cette histoire, elle a été la seule à proposer une sortie de crise, ça s'appelle de l'expérience politique et ça s'acquiert avec le temps.
    Tel que présentées, les allégations de corruption me semblent un peu légères pour l'honnête homme que vous êtes.
    Les étudiants ont remporté la partie, le gouvernement n'a jamais été de taille. Pourquoi, parce que les libéraux n'avaient plus de crédibilité, peu de profondeur dans le discours et une distance de la population qui a ruinée toute tentative de communication. Ils ont été victimes de leur turpitude.
    Les étudiants ont manifesté pour la meilleure part de manière pacifique, articulée et même assez rigolote.
    Vous pouvez vous compter toutes les histoires que vous voulez et encourager un certain public, il n'en reste pas moins que la réalité vous rattrape et la jeunesse est une bien meilleure carte à jouer que des vieux retraités qui pissent du vinaigre.

  • Lorsque les gens font une manifestation dans la rue c'est pour dénoncer une situation et alerter l'opinion publique. Lorsque des manifestants font jour après jour pour la même cause des manifestations et qu'ils refusent de révéler leur parcours cela ressemble plus à de l'anarchie en harcelant les autorités, la population, les forces de l'ordre, le commerce, etc.
    Dans ce cas, ce n'est plus de l'ordre de la manifestation mais du harcèlement. Et lorsque qu'il en coûte à l'État plus cher à l'état pour maintenir l'ordre c'est vouloir l'anarchie. Il peut exister des situations dans certains pays où il en va non pas de la liberté d'expression, mais de la liberté minimale de vivre et d'exister ce qui peut alors constituer une raison de combattre.
    Nous n'en étions pas là avec la crise étudiante alors que le gouvernement a voulu hausser les plus bas taux des frais universitaires du pays sur une période de 5 ans qui les auraient amenés à rester encore les plus bas. Le gouvernement a laissé du lest en bonifiant les catégories d'étudiants accessibles aux prêts et bourses pour diminuer l'impact de sa mise à niveau. Certains vous diront que les étudiants manifestaient contre le gouvernement Charest. Qu'ont-ils faits lors de l'élection qui est la voie toute désignée pour se défaire d'un gouvernement lorsqu'on juge qu'il est corrompu ou tout simplement incompétent.
    Pauline Marois aurait pu avoir un gouvernement majoritaire si elle n'avait pas pris le parti de la minorité étudiante qui voulait jouer à la révolution. Il faut se rappeler que plus de 65% de la population était d'accord avec le fait qu'il y ait une hausse modulée. Elle a choisi son camp, celui des petits révolutionnaires et elle se retrouve sur une corde raide où elle doit jour après jour piler sur sa peinture. La seule place où ses promesses ont été tenues c'est à l'endroit de nos enfants-rois qui réclament et réclament toujours davantage.

  • Petite nuance... certains militants manifeste depuis très longtemps pour la gratuité scolaire. Ce n’est pas un nouveau combat, c'est la suite du combat actuel.
    @Julien117 70% des étudiants ouais !? Je connais ceux qui n’y étaient pas. C’était ceux qui ont été victime de notre société individualiste, qui pensait qu’a leur propre avenir et à quel point cette grève/boycutt allait ralentir leur soif d’argent. Si il y avait des assistés sociaux dans les rues à chaque 22 du mois, c’était parce qu’ils comprenaient réellement l’enjeu. Chose que bien des carrés verts ignoraient volontairement car leur petit nombril primait sur tout.
    Bientôt en mars c’est une manifestation POUR la brutalité policière qu’on verra dans nos rues. J’ai jamais vu un carré rouge souhaiter qu’un carré vert se fasse matraquer par contre j’ai souvent vu l’inverse. Preuve probable du manque d’humanité des carrés rouges.

  • ce sont une minoritée des etudiants qui descendent dans les rues... ils defendent quoi au juste ? Ils en ont contre le capitalisme ? Ils veulent la gratuitée scolaire ? ce sont toutes des causes qui ne meritent pas vraiment de faire du vandalisme et de la desobeisance civile.
    Manifesté pacifiquement pour nos valeurs , je peux comprendre , ne pas etre d'accord avec le capitalisme c'est correct mais encore faut-il comprendre qu'aucun autre systeme ne sera etabli , aucun communisme ne viendra renverser le capitalisme de nos jours.
    La plupart de ceux qui descendent dans les rues a tout les 22 du mois de nos jours sont des voyous. Des anarchistes qui sont contre toutes forme d'autoritée , ils veulent etre marginals. Bien sur on a plusieurs moutons dans le lot qui font que suivre les autres.
    Ce n'est plus un mouvement populaire , il n'y aura pas de revolution , a mes yeux ils n'ont plus aucune credibilité et s'ils font du vandalisme ou s'ils pertubent quoi que ce soit , ils devraient etre traiter comme n'importe qui qui empecherait des eleves de rentré a l'ecole ou comme n'importe qui qui bloquerait un pont.

  • Moi je trouve que la différence c'est que De Gaulle s'était opposé à la chienlit et que les Français étaient sortis manifester contre l'anarchie à sa demande. Voilà quand on est un leader ce qu'on fait.
    Quand on fera la statue de Pauline, j'espère que l'artiste lui mettra ses couverts de casseroles dans les mains et l'air si intelligent qu'elle avait à ce moment-là.

  • Il y a une différence entre ce qui c'est passé en France et ce qui s'est passé ici. Cette différence consiste en ces allégations de corruption qui pesaient sur le parti libéral (et qui pèsent encore). C'est énorme. Dans ces mêmes conditions les Français n'auraient jamais accordé 50 sièges au part libéral. Il n'y a que les Québécois pour faire une telle chose.

  • 70% des étudiants n’ont pas fait la grève (ou le boycott, si on préfère). Révolte d’une minorité à qui les médias ont donné une très large couverture. La vraie révolte n’a pas eu lieu. L’histoire ne recommence pas, elle n’a même pas commencé.

  • @mlafond
    "Beaucoup de ceux qui présentement descendent dans la rue tous les 22 du mois, dans quelques années ils feront la file tous les premiers du mois."
    En fait, j'ajouterais que ceux qui y sont le 22 sont déjà, pour beaucoup, dans la file du premier.

  • @mlafond
    "Beaucoup de ceux qui présentement descendent dans la rue tous les 22 du mois, dans quelques années ils feront la file tous les premiers du mois."
    Ça vous fera de la compagnie...

  • Beaucoup de ceux qui présentement descendent dans la rue tous les 22 du mois, dans quelques années ils feront la file tous les premiers du mois...

  • Tout cela prouve une chose, Monsieur Turcotte: cela prouve que ceux qui se taisent et endurent en silence ont toujours tort car personne ne les remarque.
    Léo Bureau-Blouin fait son chemin dans la vie. Je serai bien le dernier à le lui reprocher.

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