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L'économie à plumes

Francine Laplante
 

Francine Laplante

Femme d'affaires et mère de cinq enfants

Il suffit de traverser le pont Mercier et de rouler sur une distance de plus ou moins 10 kilomètres en direction de Châteauguay ou de ville Ste-Catherine pour constater l'ampleur du phénomène de l'économie à plumes.

En roulant sur ces routes, on constate le nombre démesuré de petites cabanes pouvant offrir une panoplie d'articles répondant à tous nos désirs : cigarettes, cigares, alcool, essence, poker, bingo, et j'en passe. Nous pouvons obtenir tous ces articles et services en payant comptant, sans payer aucune taxe et, en prime, être servis dans un anglais impeccable. Que demander de plus?

A-t-on une petite idée de l'argent qui nous file entre les mains sur ces deux tronçons de route? En plus des taxes non perçues, il faut penser aux impôts non payés, aux déductions à la source non remises, au blanchiment d'argent dans les casinos et aux torts directs que ces commerces illégaux causent aux commerçants honnêtes des villes avoisinantes.

Nous fermons volontairement les yeux sur cette économie parallèle et nous nous insurgeons contre l'économie au noir, la corruption et la fausse facturation, pourtant fréquentons ces commerces et nous acceptons l'affichage unilingue de ces commerces alors que nous sommes prêts à poursuivre des multinationales pour qu'elles modifient leur nom d'affichage!

Je croyais que la Loi s'appliquait à tout le monde, que personne n'était à l'abri. Pourquoi la SQ ou tout autre corps policier ne réagit pas face aux acheteurs qui permettent ce commerce illégal florissant? Où sont les inspecteurs du ministère du Revenu et les défenseurs de la francisation?

Si je comprends bien, vivre à Kahnawake, ce n'est pas vivre au Québec? Qu'attendons-nous dans ce cas pour installer des douanes aux entrées et aux sorties des réserves pour taxer les biens à la consommation qui y sont achetés comme cela se fait à la frontière de tous les États indépendants?

Selon ce qu'on a pu constater ces dernières décennies, le peuple autochtone n'est jamais à blâmer, il a le beurre et l'argent du beurre, il fait ce qu'il veut quand il le veut et n'a de comptes à rendre à personne. Il est clair que les autorités ont peur de ces gens et que jamais ils n'interviendront pour stopper ces injustices pourtant flagrantes...

Cependant, les citoyens que nous sommes peuvent au moins faire un bout de chemin pour stopper l'engrenage qui nourrit ce cartel aussi pire que la mafia : arrêtons d'encourager leur économie à plumes et encourageons plutôt les commerces légaux. Faisons en sorte que leurs cabanes commerciales, leurs stations-services et leur salle de poker ferment leurs portes faute de clients non autochtones et payeurs de taxes!

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Commentaires (12)

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  • J'ai aucun problème a ce que vous exprimez votre opinion mais donnez les arguments pour et contre. Par exemple, dans le domaine de la construction c'est faut de prétendre que la mafia dirigeait l’hôtel de ville ils y avaient aussi les fonctionnaires et les élus qui faisait en sorte que ça fonctionnait aussi bien et aussi longtemps. SVP ne trouvez pas de solutions simplistes a de problèmes complexes.

  • Que voulez-vous au juste? Qu'ils nous redonnent nos jolis petits miroirs?

  • Si je comprend bien voud parlez de ''la bande de Kana et du west bank de Kane''.

  • La plupart des gens sont scandalisés de ce qu'ils entendent présentement à la Commission Charbonneau et c'est compréhensible. Toutefois, quand j'ai des conversations avec des gens de mon entourage, on n'hésite jamais à demander des services sans facture pour éviter de payer les taxes. Petite fraude, grosse fraude, c'est de la fraude. Le proverbe dit bien: "Qui vole un oeuf, vole un boeuf"
    Que ce soit de l'économie au noir ou à plumes, qui vole-t-on vraiment quand on ne paye pas les taxes... On se vole nous-mêmes! Pourtant, ces mêmes personnes qui n'en reviennent pas de ce qu'ils entendent à la Commission Charbonneau, sont celles-là mêmes qui n'hésitent pas à payer au noir, et qui sont les premiers à crier haut et fort dès qu'on parle de hausser les impôts. Si tout le monde payait sa part, il semble que nous vivrions sûrement dans une société plus juste.

  • Ces commerces n'existeraient pas s'ils devait payer des taxes. Ca cree de l'emploi!

  • Méfions nous, Madame Laplante, le racisme en nous n'est jamais bien loin. Oui, vous comparez le commerce amérindien hors taxe aux affaires de la mafia dans le secteur de la construction. Mais j'ai lu encore bien peu de sorties en règle comme la vôtre sur les blogues contre ce cancer qui ronge l'industrie de la construction.
    Beaucoup... beaucoup... beaucoup de commentaires reprennent la formule à l'effet que la corruption a toujours existé, qu'elle existe ailleurs, et qu'il y en aura toujours. Jean Charest l'a dit, ça doit être vrai...
    J'ai pas vérifié si vous vous êtes vous même prononcée sur la corruption mais j'espère que vous l'avez fait avec autant de virulence le cas échéant.

  • Ce genre de commerce au noir est la preuve pétante que trop de taxes tue les taxes.
    La solution? RÉDUIRE les taxes et les impôts et vous verrez deux choses se produire:
    1- La contrebande sera grandement diminuée.
    2- Les recettes du gouvernement augmenteront car il ne sera plus "payant" d'acheter ou de produire au noir.
    Mais c'est trop logique et ça n'a aucune chance de se produire au Québec contrôlé par des politiciens en manque de votes, des groupes de pression déconnectés et des syndicats omniprésents et despotes.

  • Le travail au noir coute beaucoup plus cher au gouvernement que les cigarettes a plumes.

  • Si le gouvernement veut encourager les gens à cesser de fumer, que le taux de taxation soit inscrit sur le paquet de cigarettes... Personnellement, j'achète mes cigarettes chez Costco et le prix de la cartouche est indiqué sur la facture: 51% pour les cigarettes et 49% de taxes...
    Je peux vous certifier que j'envisage sérieusement d'arrêter de payer des taxes volontaires sur le tabac, tout comme j'ai cessé d'acheter des billets de loterie qui ne servent qu'à enrichir les coffres du gouvernement: il suffit d'aller voir les résultats détaillés des tirages et de réaliser que c'est un attrape-nigauds, parce que de nombreux tirages collectent énormément de fonds et qu'il y a très peu de gagnants...
    L'éducation par la transparence apporte plus de résultats et coûte moins cher à la collectivité.

  • Sans vouloir vous viser particulierement, je ne vois guère de différence entre l'économie a plumes et l'économie en général. Les consommateurs veulent le meilleur prix pour un bien et ils sont prêt a tout pour consommer a moindre cout. 5 milliards de personnes produisent nos biens a bas prix pour nous satisfaire dans notre mode de consommation pour 1$ a 2$ par jour et pourtant personne ne s'en offusque. Bien sur les améridiens nous volent quelques $$$ mais nous le méritons bien car nous volons l'espoir de milliards d'invididus sur cette planète.

  • Votre dernier paragraphe fait sourire,car les gens qui vont acheter des cigarettes à plumes le font pour sauver de l'argent,et ils savent bien que tout ça est à la limite de la légalité.Pour ces gens,le drame serait probablement que les produits du tabac à plumes ne soient plus disponibles,alors ne comptez pas sur eux pour briser ce marché noir...
    Puis pour les douanes et tout ça,là on parle d'ouvrir à nouveau le dossier amérindien et je ne suis pas sûr que cela soit une bonne chose.Puis de toute façon même si cela permettrait de taxer les produits qui sortiraient de la réserve,cela n'empêcherait pas le marché noir de continuer sa marche;vous pouvez achetez n'importe quelles drogues dans les rues de Montréal,et à ce que je sache elles ne sont pas fabriquées dans les réserves.Donc à la limite cela ne ferait que donner un peu de fil à retordre aux trafiquants,sans plus,car un nouveau type de marché noir verrait le jour.La seule différence serait que cette fois-ci,les trafiquants pourraient se faire épingler par la police!C'est à se demander si cela ne coûterait pas plus chers à la société,en frais d'avocat,en enquêtes de police,en séjours en prison,etc.

    Alors pour récupérer l'argent de la fumée,personnellement je prônerais de baisser le prix des cigarettes afin de décourager le marché noir,et je légaliserais en contrepartie les drogues dites "douces" comme le cannabis afin d'aller chercher les centaines de millions sinon plus qui nous échappent!Légalisons les produits qui sont illégales,et nous allons en faire de l'argent!
    Et en passant pas besoin de mettre ça sur la faute des réserves,je sais bien que ce n'est pas votre intention,mais en fait ça fait un petit peu bouc-émissaire votre affaire:des solutions il en existe,mais faudrait juste être politiquement moins coincée,moins conservateur,et prôner des solutions novatrices.Mettre des douanes aux portes des réserves,ça fait rétrograde me semble,puis ça ne marcherait pas anyway.

  • Vous avez bien raison. Aucun gouvernement n'osera intervenir, la bataille des relations publiques a été gagnée par les Amérindiens, surtout au plan international. Sanctionner Kahnawake et on criera en Europe qu'on étrangle les premiers occupants. Au Canada anglais aussi, je pense. La grande peur chez nos politiciens, le désir de payer le moins possible chez les non autochtones qui fréquentent ces gens libres de toute loi du Québec. Comme quoi on peut être "indépendants" sans référendum.

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