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Je suis encore jeune...

Benoit Mondor Côté
 

Benoit Mondor Côté

Étudiant à ESG - UQAM en Science Comptable

Je me rappelle, c'était encore hier, lorsque je regardais les adultes avec les yeux remplis d'admiration. Je les regardais tous en me disant, un jour je serai grand. J'étais sûr qu'un jour je leur ressemblerais à ces grands hommes, du moins je l'espérais. Nous avons tous eu notre période où nous disions: un jour, quand je serai grand, je serai... médecin, politicien, avocat, pilote, vedette, sportif ou comptable. Aujourd'hui, j'ai grandi et je me le demande toujours.

Quand nous étions petites, nous avions le monde à refaire. Nous étions d'une naïveté enfantine et nous rêvions d'un monde parfait. La tête pleine d'idées, le coeur au partage et l'espoir immaculé, notre foi envers notre société [la meilleure du monde] était digne de la foi d'un croyant envers ces figures divines [inébranlable]. Nous pensions pouvoir refaire le monde. Avec l'âge, on se rend vite compte que ce ne sera pas aussi facile. Plus on grandit, plus on perd la foi en la beauté des hommes. Plus on vieillit, plus le désir de vieillir dans ce monde bizarre s'estompe.

Le monde part en vrille, la société se transforme. De la société de groupe qu'on percevait jadis, on passe rapidement vers la société de personne, la société réelle [paradoxe], où l'entreprise individuelle est adulée comme le fut un certain enfant de la prophétie. Les multitudes de MOIinc., ces individus qui, se voient tous comme la plus importante des petites moyennes entreprises, veulent devenir plus gros, plus importants que leur voisin. Le partage et la réussite collective sont vite devenus caducs. Maintenant, on mesure la grandeur d'une société dans le nombre de réussites individuelles diminuée du nombre d'échecs. Si le chiffre est positif : on est en bizness, peu importe le nombre d'échecs.

Quand je regardais les grands, j'en étais fier. Le monde était beau et grand.

Quelques décennies plus tard, lourd constat d'échec. Je fais face à un monstre que je n'arrive pas à saisir que je n'arrive pas à dompter. Nous faisons face à un problème que nous ne voulons pas affronter. Et moi dans tout ça je me demande si je réussirai à changer le monde.

Perdre la foi en l'humanité c'est un peu comme perdre la raison de sa vie. Que faire où aller si tous actes sont déjà condamnés?

Il me reste alors deux solutions.

Rentrer dans le rang et apprendre la danse. On m'a déjà dit qu'un coup le rythme apprivoisé, on y prend un réel plaisir. On m'a dit une fois les jambes dégourdies, on ne voudra plus s'arrêter. Apprendre à danser fait pousser des ailes. Après avoir appris à voler, je vous jure que vous ne voudriez plus marcher en rang à nouveau.

L'option deux, elle est de se battre corps et âme, quitte à y consacrer une vie, quitte à lui laisser la vie, quitte à lui donner sa vie. Vivre dans l'espoir qu'un jour on réussira à changer les choses est aussi encourageant, selon moi, que de vivre dans l'espoir du repos éternel dans un paradis près de chez soi.

Moi, j'ai grandi, maintenant j'étudie, mais la réponse à ma question m'est toujours inconnue. Prendre le chemin de droite ou le chemin de gauche? Je ne sais toujours pas où aller. Pour l'instant, je lis mes manuels scolaires, je rédige ces textes, je me questionne et je me console en me disant que je suis encore jeune, que j'ai encore beaucoup de temps devant moi... beaucoup de temps pour achever mon histoire... beaucoup de temps pour écrire ou réécrire l'histoire... beaucoup de temps pour compléter ma phrase.

Un jour, quand je serai grand, je serai...

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Commentaires (4)

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  • J'ai probablement le même âge que vous et, à ma dernière année universitaire, je ressens parfois le même «pessimisme». Ce n'est pas une question d'époque ou d'opportunités, il me semble que ce genre d'anxiété est banal à notre âge. Mais on ne se dit jamais assez que le choix qu'on fait, il sera toujours négociable, il sera toujours contournable, il sera toujours libre, quoi.

  • Un bon jour, quand vous n'aurez peut-être pas changé le monde, vous vieillirez et je souhaite pour vous que vous puissiez alors encore réfléchir sur le sort du monde et observer pour vous rendre compte que, même parmi tant de laideur qui nous entoure, il y a un magnifique cardinal au faîte d'un arbre, une fleur d'une beauté exaltante et au parfum capiteux chez le voisin, un coucher de soleil incomparable...

  • Ce n'est pas le monde qui va mal,c'est la politique,la guerre et l'économie!
    La monde en général il va assez bien,et des gens heureux il s'en trouvera même dans les pires dictatures africaines.Le type que j'ai vu aujourd'hui à l'épicerie,qui faisait de l'étalage ou je sais pas trop,avait le bonheur d'estampé dans sa face.Je vous jure!Il m'a surpris avec sa tronche de bonhomme content,le bougre.
    Malgré tout je votre plume intéressante,quoique un peu trop émotionnelle,si je puis dire.On comprend que vous voulez changer les choses,mais quoi au juste?C'est pourtant simple.Si vous voulez TOUT changer,vous ne changerez RIEN.Si vous voulez changer quelque chose,réellement,il va vous falloir une cible,un combat,une cause.Même si vous voulez écrire un roman,il va vous falloir simplifier et cibler davantage vos propos.Donner votre vie pour une cause et tout ça c'est bien jolie,mais allez faire un peu de bénévolat et vous allez retomber sur terre ce ne sera pas long-j'en ai jamais fait,du bénévolat,mais je suis sûre que l'on ne se sent pas comme un agent de changement d'une importance capitale pour l'avenir de l'humanité,quand fait ça.
    En tout cas moi les gens qui voulaient changer le monde il y a 10 ans,travaillent aujourd'hui dans des grosses boîtes avec des gros salaires puis c'est drôle je ne les entend plus se plaindre de grand chose!Ah oui,ils se plaignent de ne plus avoir d'argent à la fin du mois,une fois qu'ils ont payé l'hypothèque de leur maison à 300 000$,et remplis leur congélateur de homards et de lapins...

  • WOW! Quel pessimisme! Il me semble que quand j'avais 20 ans, TOUT était possible mais je ne pensais pas changer le cours de l'histoire ni avoir un grand impact sur la société. Vous a-t-on menti?
    Je ne vois pas ce qu'il y a de pire qu'avant. Mon impression est qu'en fait ça va plutôt bien. Demandez à vos grands-parents, à vos parents si leur employeur payait leurs études, leur permettait de prendre congé payé, pour s'occuper d'enfants malades, leur permettait de prendre congé pour faire du bénévolat comme c'est souvent le cas aujourd'hui. Par example: Ma mère croit qu'elle a perdu son emploi parce qu'elle a eu un enfant, même si le congé de maternité n'était que de 3 mois. Impensable de nos jours! Ce qu'on a perdu en sécurité d'emploi et peut-être en rémunération (discutable puisque les femmes ont des possibilités d'emplois et de salaire inégalées), on l'a gagné en qualité de vie.
    Pourquoi ne pas tirer profit de votre formation pour le bien de la société si cela vous tient à coeur? En fait, pour avoir étudié en gestion (entre autres) récemment, il n'est pas mal vu de travailler pour les OSBL.
    En d'autres mot, je dis qu' il n'y a aucune contradictions nécessairement entre" rentrer dans le rang" et changer, un tantinet, le monde.

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