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Garçon! Mon gaspacho est froid!

Lydie Coupé
 

Lydie Coupé

Professionnelle des communications et blogueuse lydiecoupe.blogspot.ca

Savez-vous quel est le point commun entre Frank Cotroni et Normand Laprise? Tous deux ont publié un livre de recettes, l'un en 2003 et l'autre cette année. L'autre point commun est que tous deux sont (ou ont été dans le cas de Cotroni) des chefs de clans, l'un dans les délits de toutes sortes et l'autre dans les cuisines de son fameux restaurant, le Toqué. Bien entendu, les comparaisons s'arrêtent là...

Certes, vous me direz qu'il s'agit là d'une entrée (sic!) en matière légèrement tirée par les cheveux pour vous donner l'eau à la bouche sur le sujet que je souhaite décortiquer ici, soit les livres de cuisine et les émissions culinaires à profusion. Aux côtés d'un Ricardo, maître de la pédagogie culinaire et de la convergence médiatique de son art, il y a entre autres Louis-François Marcotte, jeune chef propriétaire de deux ou trois restos à la mode à Montréal, devenu la coqueluche du petit écran et des magazines. Il y a aussi la cuisine-people (terme librement inventé par moi-même) avec, par exemple, Christian Bégin ou Geneviève Brouillette (actrice que j'adore) qui tentent de nous faire saliver nonchalamment avec un verre de vin à la main, Mahée Paiement ou encore Mitsou qui avait su s'adjoindre les services du Docteur Béliveau dans le cadre de sa défunte émission scientifique et culinaire, Kampaï. Même si j'ai aimé à une époque voir Daniel Pinard et Josée di Stasio à l'oeuvre dans une cuisine, il m'arrive parfois de penser que nous allons bientôt tous avoir une indigestion collective tant le concept a été repris ou adapté pour mieux nous abreuver de recettes, de saveurs, de produits d'ici ou d'ailleurs. Ah oui, j'allais oublier l'inimitable Martin Picard qui n'hésite pas à dépecer le cochon en direct. Bien sûr, il y a de bonnes idées comme l'émission Les Chefs de Radio-Canada qui a le mérite de mettre de l'avant les talents de la relève sur les conseils avertis de maîtres en la matière.

Mais entre vous et moi, sommes-nous en assez grand nombre dans notre belle province pour assimiler toute cette salade passée à l'essoreuse des courses à l'audimat? Les biens nantis parmi nous sont-ils si nombreux pour pouvoir se procurer des produits bio, locaux ou exotiques ? Est-ce cette surenchère de l'art culinaire qui peut nous permettre d'apprécier une vraie cuisine, qu'elle soit gastronomique, du terroir ou de quartier, affranchie de tous clichés et investie d'un seul et unique credo: le goût du bon?

Pas sûr... Ainsi, pour finir sur une petite note mi-figue mi-raisin, permettez-moi de partager avec vous deux petites anecdotes d'un ami serveur dans un restaurant fréquenté particulièrement par des membres de la haute bourgeoisie montréalaise. La première étant cette dame qui avait porté son choix sur cette salade «mesclune» (prononcé tel qu'écrit) ou encore ce gentil monsieur qui héla le garçon, car voyez-vous, son gaspacho était froid...

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Commentaires (6)

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  • Moi je veux simplement pleurer en raison de la fermeture du resto Chez Magnani rue Lajeunesse. Adieu lasagna verde, la meilleure au monde !

  • Autres anecdotes: après avoir commandé un cassoulet et une bouteille de vin hors de prix dans un restaurant chic, une femme proteste à l'arrivée de son plat : J'ai pas demandé des bines!
    Entendu aussi dans le Vieux-Port, un Parisien outré de voir qu'une queue de castor était une sorte de gauffre et non pas une vraie queue de castor!

  • J'avoue avoir une véritable obsession pour les livres de recettes. Je dois en avoir pas loin de 200 qui traitent de la cuisine de grands chefs, du Québec et du monde entier, ou de celle de notre vedettaria locale, et même de celle de quidams. Quand il va à l'étranger, mon fils me rapporte toujours un livre de recette de la cuisine locale. Rien ne me détend plus que de m'asseoir et de feuilleter mes livres de cuisine.
    Ma cette passion finit par couter cher. Aussi, depuis quelques années, je chine les ventes de garage, les marchés aux puces et les ventes de livres périmés des bibliothèques pour trouver de véritables perles rares pour quelques sous.
    Cette véritable passion m'a aussi permis de transformer littéralement ma façon de cuisiner. Parce que j'ai appris à utiliser toutes les parties d'un produit (viande, poisson, légume, etc.), je ne jette presque plus rien d'autre à la poubelle que les emballages. C'est ainsi que je peux me permettre d'acheter plus de produits bios, locaux et, à l'occasion, plus exotiques comme vous le dites. Et malgré les prix toujours à la hausse en alimentation, son poste budgétaire est resté à peu près le même depuis des années.
    Pendant de nombreuses années, j'ai été une fan finie des émissions culinaires. Leur côté didactique et la découverte de nouveaux produits m'ont longtemps séduite. Cependant, je ne crois pas qu'elles aient poussés les Québécois à cuisiner davantage. Au contraire, je pense que ces émissions ont amené plus de gens à fréquenter les restos. Et les chefs qui les animent, profitent d'une merveilleuse plateforme publicitaire pour mousser leurs établissements.

  • Que c'est bien dit...en effet on n'en peut plus. De toute façon personne n'a réussit à battre l'original, Daniel Pinard! De pâles, bien pâles copies, insignifiantes ou trop spécialisées qui me donne davantage envie de changer de poste que de cuisiner, oflannery a tellement raison, Marcotte est à la cuisine ce que Chef Boyardie est à la gastronomie.

  • Je ne comprends pas du tout l'engouement pour Louis-François Marcotte, qui aurait avantage à prendre quelques cours de diction. Il mange littéralement ses mots et on ne comprend pas la moitié de ce qu'il raconte - nonchalamment, toujours. Quant à ses recettes, je suis justement tombée sur une hier. Vichyssoise aux poireaux. Deux poireaux émincés et deux pommes de terre coupées en cubes. Faire suer, ajouter du bouillon de poulet, puis passer au mélangeur. WOW! J'aurais jamais pensé à ça si je ne l'avais pas vu à la tivi.

  • Peut-être que de rêver devant les belles images des plats dans les livres de recettes est une forme d'orgie ou l'on s'emplit virtuellement pour contrer toutes formes de faim.
    Les émissions de télé mettent rarement en scène des "pichous" : Ricardo, Marcotte et Bégin ont de quoi faire rêver dans les chaumières même sans la nourriture. Pas moi par contre, il y a encore un petite manque là, Il y a naked news, il pourrait élaborer à partir de ce concept-là...mais je blague, ils ne passerait pas ça à TVA ou radio-Québec.
    J'ai écouté quelque fois aussi l'émission avec Mahée Paiement et dans celle-là, ils ont trouvé un bon filon je trouve. Tu en viens à vivre certains sentiments envers les apprentis cuisiniers mis dans des conditions difficilles, tu souffres avec eux et pour moi qui vit seul, ça me donne une sorte de petite famille avec qui partager...
    Mais je ne suis pas fidèle à mon poste et c'est le hasard qui me ramène dans cette famille d'emprunt. Mais les livres de cuisine c'est comme une drogue. Ricardo en a sorti un sur les mijoteuses et je sais que goinfre comme je suis, je ne serais pas capable d'attendre des heures pour manger ce que je veux mais, malgré ça, je me bats avec moi-même pour ne pas acheter une mijoteuse pour pouvoir acheter le livre.
    Il y a un mystère avec les livres de cuisines, je devrais peut-être consulter !?

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