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Le dernier point qui me dérange est que vous critiquez les positions de ce psychologue (que je ne défendrai pas), mais que vous n'avez pas de réels arguments pour justifier votre point de vue. Vous utilisez des techniques rhétoriques, vous invoquez des idées métaphysiques, mais je n'y vois rien de concret. En lisant votre texte, j'ai l'impression qu'il n'est qu'un exutoire à vos états d'âme. Je ne dis pas que vous n'avez pas le droit d'exprimer vos émotions, mais alors ne croyez-vous pas qu'il serait préférable de présenter le contexte clairement? Parce que j'ai bien peur que votre texte, dans sa forme actuel, ait l'effet inverse de celui que vous semblez rechercher.
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- > La dépression: au-delà du débat épistémologique, une souffrance bien réelle.
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Pour moi, une maladie reste avant tout causée par un agent extérieur. Une maladie, c'est quelque chose qu'on attrape. En ce sens, et à moins de découverte médicale venant montrer qu'elle est effectivement due à un agent extérieur, la dépression n'est pas une maladie.
J'imagine que je suis très mal placé pour critiquer les personnes souffrant de dépression. Ou peut-être est-ce le contraire. Par contre, je crois avoir le droit de critiquer votre texte.
Un premier point qui me dérange est que j'y ressens (peut-être incorrectement) une volonté de considérer les personnes souffrant de dépression comme des victimes. Je ne suis pas d'accord. La dépression vient de nous. C'est qui nous sommes. C'est à nous de le comprendre, de l'accepter et de prendre les mesures pour vivre avec et ne pas y sombrer. Jouer les autruches et croire que quelqu'un ou quelque chose d'autre est la cause ou la réponse à la dépression n'est pas une solution. Je ne dis pas qu'il est justifié de mépriser les gens dépressifs, mais on ne doit pas non plus les prendre en pitié. Une personne qui souffre de dépression n'a pas, en plus, besoin de faire face à de la condescendance.
Un deuxième point qui me dérange est l'arrogance qui semble se dégager de vos propos. Vous éprouveriez une grande peine pour l'humanité si la communauté scientifique ne se rangeait derrière ce que vous considérez comme vrai? Mon Dieu! Mais c'est toute l'humanité qui vous remercie pour vos lumières et pour votre si grande empathie! OK. Je suis brutal. J'espère que vous me pardonnerez. Cependant, je crois qu'il est préférable à la fois de faire preuve d'humilité et de réalisme. Il faut laisser la science aux scientifiques et il faut accepter la réalité, même si elle ne nous plaît pas.
...Je comprends vos réserves, M. Boudou-Laforce, et je dois dire que malheureusement le psychologue Jean-Philippe Vaillancourt n'est probablement pas désintéressé dans son traitement du sujet de la dépression.
C'est le retour du vieux débat entre psychiatres, des médecins qui peuvent prescrire, et psychologues, qui utilisent généralement (ces temps-ci) la psychothérapie cognitivo-comportementale qui vise à agir sur les comportements et les perceptions du patient.
Chacun de ces clan revendique le "fonds de commerce" qu'est la dépression. C'est malheureux, surtout lorsqu'on se rend compte que la médication ET la thérapie sont généralement nécessaires.
La thérapie cognitivo-comportementale à la David D. Burns flirte avec le charlatanisme lorsqu'elle prétend "guérir" les gens atteints de dépression: quand le stress chronique a fait son œuvre et que le corps ne répond plus, que se lever est presque impossible, que, contrairement à la croyance populaire, on ne se complait pas dans la tristesse, mais qu'on est assailli malgré soi par des pensées sombres, ça prend un "boost" physiologique que seuls les médicaments peuvent donner.
Les thérapies à la "Feeling good" sont surtout utiles pour prévenir la dépression (mais pour ce faire, encore faut-il que le patient soit en mesure de constater qu'il est à risque!) ainsi que pour remonter la pente, mais seulement à partir du moment où l'on arrive à faire les premiers pas (se lever, se laver, manger).
Quant aux marqueurs physiologiques dont M. Vaillancourt fait la condition sine qua non pour pouvoir dire qu'il y a maladie mentale, la médecine est peut-être en voie de les découvrir (tests de salive)
La dynamique corps-esprit est complexe et on se rend de mieux en mieux compte qu'il est difficile de séparer les deux, et que lorsque l'un s'effondre, l'autre suit d'une façon très concrète et qui n'a rien à voir avec une simple "humeur" ou une "vue de l'esprit". Sonia Lupien le démontre assez bien dans "Par amour du stress".
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