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Le réseau de la santé

Jean Bottari
 

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires

Oui, encore moi qui parle d'un réseau de la santé ou plutôt de son dysfonctionnement. Que voulez-vous, je m'y retrouve depuis bientôt trente ans à titre de préposé aux bénéficiaires, mais aussi durant plusieurs années comme président du syndicat local, conseiller syndical et encore aujourd'hui en tant qu'être humain soucieux du bien-être de mes semblables.

Nous avons depuis peu un nouveau ministre de la santé en Réjean Hébert. Voilà un médecin, un autre me direz-vous, qui viendra encore nous imposer une nouvelle restructuration du réseau de la santé. Naïvement, peut-être, je soupçonne le docteur Hébert d'être autant empreint d'humanisme et de compassion que je ne le suis moi-même.

Il s'est fait élire pour les «bonnes» raisons. Son désir de changer les choses pour le mieux est sans aucun doute sincère et mérite que l'on s'y attarde.

Mais, parce qu'il y a malheureusement toujours un mais, Réjean Hébert devra suivre la sempiternelle ligne de parti qui existe dans toutes les formations politiques. Outre cela, il devra aussi se fier sur la bonne foi des présidents des Agences régionales de la santé et leur 2500 cadres et employés de toutes sortes, des fonctionnaires de son ministère qui emploie plus de 800 personnes et aussi sur l'opinion émise par les dizaines de directeurs généraux de chacun de nos hôpitaux, CHSLD, CLSC et GMF.

Si je n'avais qu'une seule suggestion à faire au ministre Hébert, je lui parlerais d'une méthode qui n'a jamais été appliquée au Québec par aucun gouvernement. Le PQ qui, en campagne électorale nous affirmait vouloir faire autrement, pourrait par l'entremise du docteur Hébert nous démontrer qu'il a véritablement la volonté de sortir des sentiers battus. Comment? Simplement en restructurant le réseau de la santé et en ayant comme but ultime, non pas de plaire aux divers gestionnaires et lobbys, mais plutôt de dispenser des services directs aux patients dignes d'une société qui se targue d'être égalitaire et digne envers sa population.

Pour ne pas faire comme les autres, ce tout nouveau ministre de la santé pourrait commencer par le bas de l'organigramme plutôt que par le haut comme l'ont fait tous ses prédécesseurs. Il pourrait lancer une vaste consultation publique à laquelle seraient convoqués les utilisateurs du réseau, mais aussi les intervenants qui connaissent bien mieux la réalité du terrain que la très grande majorité des gestionnaires.

Cette façon de faire jamais appliquée au Québec existe au Japon. Les grands patrons consultent et restructurent en inversant la pyramide. L'opinion des travailleurs y est primordiale afin que l'organisation soit plus performante. Les dirigeants ne se fient pas à leurs subalternes, leurs vice-présidents ou leurs chefs d'équipe. Ils basent plutôt leurs décisions sur l'opinion émise par leurs employés. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous démarquer en modelant un réseau de la santé qui sera plus performant et moins coûteux tout en dispensant des services humains et de grande qualité à la population du Québec?

Certes il serait plus simple pour le ministre Hébert de suivre le modus operandi de gestion nord-américaine qui ne tient jamais ou si peu compte de notre opinion, de nos idées et de notre compassion. Mais s'il a la ferme volonté de réussir là ou d'autres, tant d'autres ont échoué, je peux lui assurer que les divers intervenants du réseau et ses bénéficiaires lui apporteront un nouveau son de cloche tout en collaborant avec lui pour en arriver à l'humanisation, la vraie, des soins de santé.

Après tout s'il y en a un qui puisse comprendre que les établissements de santé ne sont pas des usines avec des chaînes de montage c'est bien Réjean Hébert, le médecin soucieux du bien-être et de la santé de son prochain. Innovons, docteur Hébert. Prouvons que faire autrement c'est payant sur le plan humain et aussi puisqu'il le faut, sur le plan monétaire.

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Commentaires (3)

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  • J'ai passé 40 ans de ma vie comme gestionnaire ou conseiller en gestion. J'ai des milliers de fois entendu il faut recentrer l'organisation sur le client/usager et ceux qui dispensent le service/produit directement. La question suivante est: comment on fait ça. La réponse est: on implique le client/usager et le personnel dans l'analyse des besoins et des solutions. Maintenant arrive la réalité suivante: on trouve mille besoins et pistes de solutions, que fait-on? Le réseau de la santé s'est organisé dans les dernières années autour des clientèles et des programmes, a-t-on vu une amélioration perceptible dans un système où un groupe fortement corporatiste et extrêmement puissant détient les principales clefs? Se peut-il qu'en santé on méprise les vrais rèfles de la gestion et qu'on laisse à des amateurs/politiciens la gestion globale d'un système extrêmement complexe?

  • @ soleil, ce qui vous arrive n’est pas seulement normal, mais prévu.
    Un: le collège des médecins s’assure que ses membres ont le monopole des actes médicaux, ce qui crée une rareté chez le personnel “soignant”, surtout dans un contexte de société des loisirs, et de conciliation travail/famille.
    Deux: les syndicats du réseau s’assurent que le personnel ne fait pas de surmenage! Ceci veut dire, diminution de la charge de travail, hyperdéfinition des tâches, pauses fréquentes, et beaucoup de congés de maladie.
    Et trois, notre bon gouvernement est fort aise avec un et deux, car ça lui permet d’effectivement BLOQUER l’accès au système, afin de contrôler les coûts. À cause du caractère religieux du système public universel gratuit, il n’y a pas d’autre moyen, semble-t-il, que de faire souffrir les malades en leur bloquant l’accès, sauf pour les bien connectés, évidemment.
    Vous voyez, c’est prévu comme ça.

  • Je demeure dans le Bas-du-Fleuve. J'ai mon médecin de famille dans ma municipalité. Je fréquente donc peu le CLSC ( 1 ou 2 fois par année). Lorsque j'ai à m'y rendre, j'ai remarqué un temps d'attente qui a doublé et même triplé. Pour quelles raisons, on ne le sait pas. Il ne semble pas y avoir plus de gens qui s'y présentent. C'est "derrière" que ça prend du temps. Il semble y avoir une lenteur que nous ne connaissions pas il y a quelques années.
    Parfois, on est 1 ou 2 patients à attendre et ça prend des heures avant de voir un médecin. Rien ne bouge dans la salle d'attente...

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