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L'école comateuse de la CSDM

Carole Thibault
 

Carole Thibault

Auteure et chargée de projets, survivante du cancer

Quand l'école St-Gérard a fermé ses portes en janvier dernier pour cause de moisissure grave, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) s'est organisée rapidement pour trouver un endroit propice à la continuité de l'éducation pour plus de 400 élèves du primaire. Les parents, les profs, les éducateurs et tout le personnel administratif se sont donc retroussés les manches pour aménager des bambins dans des immenses classes aux pupitres trop hauts pour donner aux enfants un espace de dernière minute dans un collège qui avait temporairement la possibilité de l'offrir. Ils ont passé des semaines à se faire trimbaler par autobus d'un endroit à un autre par manque de place. Puis, un deuxième déménagement s'est fait, cette fois-ci, dans un secondaire qui avait lui aussi des problèmes d'insalubrité toutefois moins grave. La commission scolaire a donc effectué des travaux de construction et de restauration qui ne sont pas encore terminés.

L'annonce de la fermeture de St-Gérard en a découragé plus d'un. Une amertume est restée. Toute cette histoire de moisissure, pourquoi au juste? Budget? Rigueur? Cynisme peut-être? Malgré les indices qui s'accumulaient, les taux d'absentéisme, les plaintes, aucune intervention sérieuse n'a été faite pendant plus d'une année. Bien qu'un rapport avait confirmé la présence de moisissure (inconnu des parents), le test ultime de la qualité d'air s'est fait 4 mois plus tard... Et vlan! On ferme les portes pour une durée de 18 à 24 mois! Ironiquement, plusieurs parents sont restés convaincus qu'on allait prendre ce dossier en priorité! Il en allait de l'éducation et de la santé des enfants!

Ce fut une expérience bien déstabilisante pour plusieurs enfants. Tous ont embarqué dans ce mouvement d'urgence et un travail immense a été fait par le personnel pour aménager un lieu sécuritaire et adapté le plus possible aux besoins des 5 à 11 ans. Des règles bien claires avaient été établies pour éviter que le monde des ados n'entre pas en contact avec le monde des fées et de pâte à modeler.

Dans un peu plus d'un mois, l'école «fêtera» son premier anniversaire de vie comateuse. Des mouvements politiques ont ralenti l'étude de cette grande malade. Bien que les parents reçoivent de l'information qu'au compte-goutte, rien ne se passe aux urgences...

Entretemps, l'instauration de navettes de transport entre l'école primaire et le secondaire a été modifiée. Quand un parent n'arrive pas à temps dans un horaire confirmé sur le trottoir devant l'école St-Gérard, son enfant retourne au secondaire... et y reste. C'est au parent de se débrouiller (à pied, en autobus ou en taxi) pour aller chercher son enfant. Les parents ont demandé un abri pour laisser les enfants sous la surveillance des éducateurs pour la période hivernale et l'accessibilité à une toilette. La commission scolaire a refusé. La raison? Le coût. On s'entend, on parle d'une roulotte de chantier et d'une toilette chimique, pas des 10 millions pour une école!

La rogne des parents est de plus en plus palpable. Ils endurent cette situation avec de moins en moins de patience. La fermeture de l'école St-Gérard ne s'est pas arrêtée là. Les enfants, les parents, les enseignants et tout le personnel de cet établissement ont dû s'adapter à une réalité qui aurait pu être évitée.

St-Gérard est comateuse. La CSDM semble l'avoir oublié aux soins palliatifs!

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Commentaires (11)

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  • @montrealaise: des autobus ramènent les enfants à la cour de l'école St-Gérard à la fin de la journée selon différents horaires. Jusqu'à il y a 2 semaines, des éducatrices étaient en permanence à la cour d'école pour accueillir les enfants jusqu'au moment de l'arrivée des parents. Par exemple, si mes enfants doivent arrivés avec l'autobus de 17h et que je suis pris sur la ligne orange en panne (ça arrive) et que j'arrive à 17h10, les éducatrices veillent sur mes enfants... Or la situation n'est plus celle-ci. L'autobus arrive, les éducatrices laissent descendre les enfants dont les parents sont présents et ramènent les autres. Panne de métro? On ne connaît pas! (Quoique ce ne soit pas le seul cas possible) Enfin, si mes enfants retournent à Georges-Vanier, personne ne les "retourne", je dois me rendre les chercher. Oui, probablement que des parents conduisent mal, mais c'est un mal répandu partout dans le monde, non exclusif à la rue Berri.

  • @alcibiade2 et @rogiroux : la pensée magique envers l'efficacité du privé est une idée bien répandue. Le privé... Ce même secteur qui a essayé pendant tant d'années de nous vendre de l'amiante, qui nettoie mal ses lames pour trancher de la viande, qui développe des stratégies pour vendre des cigarettes et de la boisson à des mineurs, qui commande des études d'impact environnemental pour mieux les contourner (ou simplement pour se laver la conscience), qui entretient mal un bus ou une van par souci d'économie, qui surfacture ses clients, etc. etc. etc. Y'a pas à dire, on devrait élire un gouvernement privé et y'en aurait pas de problèmes.

  • Bon, madame Thibault, puisqu'il n'y a personne ici, faudrait placer une petite pancarte "Fermé" afin de nous éviter une perte de temps inutile.
    .
    Une question posée 2 fois, pas de réponse.
    .
    -Vous ne venez pas nous lire?
    -Vous nous lisez mais ne voyez pas l'utilité de répondre?
    -Vous n'avez pas le temps de répondre?
    -Vous n'avez pas de compte à nous rendre?
    .
    Mettez la petite pancarte "Fermé" dans ce temps-là et on n'en parle plus.
    Ou n'écrivez que lorsque vous avez du temps "après vente" à y consacrer.
    .
    Conseil gratos ;)

  • La CSDM AU COMPLET suinte de moisissures...Je pourrais longuement vous en parler, j'y enseigne depuis 21 ans. Il serait grand temps qu'on y fasse un ménage en profondeur...Mais comme le disait 2piedssulabavettedupoele, le gouvernement n'en a rien à cirer...C'est à se demander où va l'argent des taxes scolaires payées par les contribuables...En fait, on se le demande de moins en moins...et savoir où va notre argent donne l'envie d'aller s'installer en Amazonie avec les Indiens Zoé...

  • @ Carole Thibault
    Pouvez-vous m'éclairer sur ce que vous appelez "l'horaire confirmé sur le trottoir". Cela aiderait à mieux comprendre la situation et par la suite porter un jugement.
    Quelle est la marge de manoeuvre des parents lorsqu'il s'agit d'aller chercher leurs enfants au service de garde? Merci.

  • Merci pour cet article... puisse nos fonctionnaires etre sensibilses ...
    Le combat ne fait que commence... meme si cela ressemble a donquichotte contre les moulins a vents...

  • J'aurais aimé avoir plus de précision sur "l'horaire confirmé sur le trottoir".
    Avez-vous, les parents, une marge de manoeuvre genre de 4h à 4h30?
    .
    Je passe devant cette école presque chaque jour et je comprends mieux maintenant pourquoi à 2 reprises j'ai été sauvagement coupée par une automobile en excès de vitesse qui s'est ensuite immobilisée devant l'école. C'est un parent -qui met la vie des enfants en danger- afin de récupérer le sien à l'heure...

  • Croyez-vous qu'une situation comme celle-là aurait été tolérée si longtemps
    si l'école avait été administrée par « le secteur privé » ?
    Absolument pas!
    Pour 30% supplémentaire au dessus de la facture normale
    on vous aurait régler ce problème dans le temps de dire *pot-de-vin*

  • Contrairement à 2piedssulabavettedupoele il me semble que la structure des commissions scolaires est en soi une bonne chose... en autant qu'on l'utilise!
    Juste au Sud il y a des milliers de postes électifs et jusqu'au shérif de comté, ce qui est selon moi exagéré : la justice et l'ordre ne devraient pas dépendre d'une élection parce qu'elles ont un caractère de pérennité nécessaire.
    Par contre l'éducation est en mouvement perpétuel et a un rapport très fort à la vie sociale, en tout cas pour le primaire et le secondaire.
    Le taux de participation aux élections de 2007 a été de 7,2%, ce qui est pour le moins catastrophique. Un énorme efort d'éducation doit être fait dans ;la population.
    Comme les prochaines élections se tiendront en même temps que des élections municipales "chaudes", gageons que le nombre d'électeurs dépassera 50%.
    Toutefois combien d'électeurs annuleront leur vote pour la commission scolaire ?
    Et combien de commissaires seront élus par acclamation ?
    Tout ceci pour dire que si les parents d'élève d'une seule école se groupent et font campagne il y a toutes les chances que le commissaire Kenneth George perde son poste dans Villeray, à condition bien sûr qu'une autre personne se présente.
    Si les fonctionnaires n'ont rien à cirer, ben... donnez-leur vos souliers et si possible par derrière.
    Si la campagne est le moindrement bien menée il y a des aussi des chances que les problèmes soient aplanis "comme par magie" d'ici là mais encore faut-il mettre le siège dans la balance. Si ce ne sont que paroles pour ameuter le public ben... Ce sera écouté et oublié tout de suite.

  • Croyez-vous qu'une situation comme celle-là aurait été tolérée si longtemps si l'école avait été administrée par « le secteur privé » ? Mais au Québec, « secteur privé » est un gros mot, qu'il ne faut pas prononcer.

  • .....................................Vous avez tout compris!
    Et oui, l' "école" s'est occupée de "ses" élèves...et pendant ce temps les fonctionnaires de la Commission Scolaire n'en ont\'rien à cirer...et pourtant le présent gouvernement tient mordicus à garder cette inutilité inefficace, incompétente et, surtout, déconnectée de la réalité qu'est la Commission Scolaire...une petite "saveur" électoraliste peut-être?

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