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Mine d'apatite scène 2 prise 2

Myriam Caron
 

Myriam Caron

cinéaste, auteure et journaliste

Qui a une recette à me donner avec des billets de cinq assaisonnés de croûtons d'apatite? Miam, j'ai faim. Mine Arnaud scène 2. J'ai tellement hâte de respirer ton air avec un masque et de porter des bouchons pour camoufler les «blast» qui chaque jour me rappelleront qu'on éventre la terre, qu'on souille la mer et qu'on empoisonne l'air pour des retombées catastrophiques. Parce qu'on continue de croire que l'économie passe par des trous dans le sol. Parce que ceux qui décident seront morts quand tout sera dévasté. Le 13 novembre dernier, j'étais assise dans l'auditorium de mon ancienne école secondaire parmi 450 paires d'yeux inquiets. C'était une rencontre citoyenne pour le projet Mine Arnaud. Prise 2.

On va se mettre une image en tête. La Côte-Nord doit être préservée au même titre que l'Arctique. C'est notre endroit paradisiaque à tous. On a des petits pingouins, pas d'ours blancs, mais on va se transformer en ours polaire si cela continue. On vendra du coke en masse avec des photos de nous pour qu'une piastre aille aux citoyens en voie d'extinction. Au Nord du 50e parallèle, il n'y a personne qui pèse contre la balance contre Mine Arnaud? Nous sommes dans un Bollywood, un mauvais scénario qui est loin de refléter ce que nous voulons.

Voici le titre: Il était une fois dans l'Est; une Minganie qui se rallie aux Innus pour manifester contre le projet La Romaine et un peu moins à l'est, un troupeau rare de bipèdes qui se rencontrent pour être décemment informés. Il y a des clowns qui jonglent avec des chiffres, des méthodes et des lois pour nous faire croire qu'ils contrôleront tout. On se plonge dans le Parc Jurassique où le vieux riche pensait aussi pouvoir tout contrôler. Sacrée mentalité de dinosaures! J'en ai ras le bol des manipulateurs rémunérés pour jouer avec des chiffres et nous montrer un beau projet tout parfait avec en prime un lac artificiel. Est-ce que ça se mange des résidus de mine? Parce que bientôt c'est tout ce qui va rester à cueillir. Et ça a l'air de quoi de la boue de fosses ? Parce que la baie de Sept-Îles virera au brun, c'est certain. Et un lac acide ? Comment on traite l'eau sans augmenter les éléments cancérigènes? Quand on essayait d'avoir une plage publique au lac Rapide, on se faisait répondre que c'était impossible parce que c'était notre unique source d'eau potable. Pourtant, il y a une base d'hydravion achalandée dans ce lac et Mine Arnaud veut implanter la plus grosse mine à ciel ouvert du Québec à 500 pieds du lac ? Je l'ai aujourd'hui ma réponse. C'est parce que ce n'est pas payant une plage publique. En attendant, allons dans la mer et soyons fiers de nos usines qui enlaidissent notre vue et embrassons la main qui nous nourrit tandis que nous mangeons de la pollution à plein poumon. La journée où les manipulateurs de données apprendront qu'ils ont un cancer, est-ce qu'ils vont regretter de ne pas avoir développé Mine Arnaud de façon respectueuse? On est responsable de chaque grain de sable sur lequel nous marchons. On est tous dans le même bain. Pouvons-nous désirer un environnement propre et sain? 200 questions, 30 réponses...

N'attendez pas les rapports du BAPE, il sera trop tard. Aucune entreprise n'est tenue de se plier aux recommandations. On s'est battu pour la Moisie et contre l'Uranium et on a gagné. Continuons de vouloir boire de l'eau propre et respirer de l'air sain. C'est tout ce que nous demandons.

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Commentaires (7)

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  • L'industrie minière n'est pas reconnue pour être exemplaire concernant les normes environnementales. Les "accidents" et la négligence environnementale arrivent souvent avec des amendes plus ou moins importantes comparativement à leur profits. Et quand les choses se corcent ou le marché tombe, les entreprises disparaissent en laissant un trou béant ainsi qu'un parc à résidus gigantesque que les résidents devront gérer. Très bon pour le tourisme les parcs à résidus!
    La ville de Sept-Îles est présentement au prise avec un autre problème assez spécial. Les minières l'entourant engagent une grande quantité de travailleur à des salaires importants. Vous me direz que c'est un beau problème. Les petits commerces peinent à trouver du personnel pour faire rouler leur entreprise et ne peuvent opérer. Par exemple, Le Mcdo à même dû engager sous contrat, de sympathiques philippins pour permettre à leur restaurant de fonctionner. Une chance qu'ils sont sous contrat, car ils iraient travailler dans les usines. Une multinationale comme Mcdo est capable de palier à ce problème, mais beaucoup de commerces locaux ne peuvent rivaliser avec des géants industriels.
    Même les usines peinent à trouver des travailleurs et doivent importer des travailleurs de d'autres régions en mode "fly-in fly-out", où les travailleurs retournent dans les grands centres ou autres en avion, ne créant aucune retombée pour la région. Tout ça sans parler de la quantité de gaz à effet de serre (GES) produite pour la manoeuvre. Et oui, même si notre gouvernement fédéral s'en fout, le problème des GES est toujours présent.
    Cela veut dire que, ces 300 emplois, nous n'en avons pas présentement besoin. Il y a pénurie de main d'oeuvre. Et aussi pénurie de logements.

  • Il y a beaucoup d'alarmisme dans vos propos. L'apatite servira à produire du phosphate, l'un des trois engrais essentiels à la croissance des plantes. L'utilisation à grande échelle des engrais a permis la révolution verte et ainsi nourrir la majorité de la population de la planète, en croissance toujours trop élevée.
    En passant l'acidité d'un lac ou d'un cours d'eau peut être traité en utilisant du carbonate de calcium ou de magnésium, les mêmes produits "chimiques" que l'on consomme pour réduire l'acidité de nos estomacs (Tums, Rolaids, magnésie) ou pour combattre la décalcification des os.
    Vivre à Sept-Îles c'est accepter de vivre dans une ville à vocation minière. Après 50 ans de production, il serait pour le moins contre-productif d'en changer la vocation pour plaire à une minorité de citoyens.
    Le Québec possède toutes les lois nécessaires en matière environnementale pour assurer que tout nouveau projet minier ait un minimum d'impact pour les populations touchées.

  • guillaume.g
    plusieurs communauté dependent de l'industrie.. que serait les regions sans les ressources? rien. y'aurais meme pas de touristes, fautes d'infrastructure .

  • @anti-ch_primaire
    Le concept de propriété s'applique tant à du matériel qu'aux personnes elle-même : la propriété de soi-même est une forme de propriété. S'il est prouvé que les nuisances affectent les personnes, il est juste qu'elles soient adéquatement compensées. Cependant, il convient de relativiser les nuisances : une mine, ça occasionne des nuisances, mais ce n'est pas l'apocalypse non plus!
    @Guillaume.G
    Alors je ne vois que deux alternatives : on nationalise tout ou on ne développe rien. La première n'empêchera aucunement les catastrophes environnementales : le bilan vert de l'Union Soviétique devrait suffire à prouver que la gestion étatique des ressources naturelles n'est pas foncièrement plus verte que celle dans une économie de marché. La seconde est celle d'une clique de gens qui semblent croire qu'un retour au mode de vie des chasseurs-cueilleurs est la voie de l'avenir! Qui sont ces gens pour imposer ce mode de vie au détriment d'un autre.
    La question ici n'est pas de défendre le capitalisme, mais plutôt de défendre un régime basé sur le respect de la liberté et de la propriété de chacun. Or, je m'excuse, mais forcer une entreprise propriétaire d'un site à ne pas l'exploiter en faisant de l'alarmisme exagéré, c'est aussi immoral à mes yeux que si ladite mine fait exprès pour gâcher la santé des gens et ruiner la valeur de leurs biens fonciers.
    Croyez-moi : si la mine est responsable d'avoir pollué la source d'eau potable de Sept-Îles, je serai le premier à considérer ce geste comme un crime et j'estime que l'entreprise devra payer et réparer sa gaffe. Mais de grâce, il faudrait cesser à moment donné de lutter contre n'importe quel projet comme si toutes les mines étaient des périls environnementaux majeurs en devenir!

  • @ Louis-Benoit
    Le système douteux pour lequel nous dédions nos vies actuellement fonctionne allègrement au plus grand plaisir des salariés célébrant leur pouvoir d'achat, achetant le bonheur à grand coup de joujoux plus ou moins inutiles. C'est accepté, ce cancer qu'est le capitalisme, qui place l'économie au centre de tout, possède un momentum presque impossible à arrêter. Au niveau écologique, on fonce tout droit dans un mur. C'est dommage, car l'humain n'est pas seulement le pourvoyeur des ressources de cette terre, mais bien un membre dépendant de l'écosystème, comme tous les autres organismes. Disons que nous l'acceptons et qu'il n'y a plus rien à faire de ce côté.
    C'est fait? De toute façon, vous ne semblez pas trop difficile à convaincre. Vous semblez être prêt à monter aux barricades pour défendre ce système plaçant votre bien-être et votre santé dans ses priorités (Ici, l'aiguille de votre détecteur de sarcasme devrait osciller jusqu'à vous accoter dans le front). Sous prétexte qu'une compagnie nous offre des jobs et du développement économique, nous devrions sacrifier potentiellement notre santé et notre qualité de vie.
    Considérons qu'il est trop complexe de changer les assises de notre société, étant donné le trop grand nombre de "Louis-Benoit" de ce monde convaincu que nous vivons dans un système optimal. L'exploitation de nos ressources est nécessaire pour alimenter le système en place.
    Les minières ont fait de Sept-Îles ce qu'elle est aujourd'hui, une ville industrielle comme beaucoup d'autres, soumise aux fluctuations du marché international. L'ouverture de nouvelles mines dans la région est un plus pour ses résidents. Cependant, la proximité de la mine Arnaud avec la ville et de sa source d'eau potable pose un danger pour ses habitants tout en ayant un impact visuel monumental.
    C'est clairement Malartic 2!
    Sachez qu'une population ne doit pas vivre pour une entreprise, mais c'est bien l'entreprise qui devrait être au service de la population.

  • @ louis-benoit, "s'il s'avère que ladite mine porte attente à vos propriétés, "

    La mine porte atteinte à davantage qu'aux propriétés, elle porte atteinte à la qualité de vie, à l'air que les citoyens respirent, à la nourriture et à l'eau qu'ils consomment, mais ça c'est secondaire, hein, comparé au dieu Argent...

    Le reste de votre commentaire ne vaut même pas qu'on y réponde, vous y ressassez tous les clichés utilisables.

  • Vous êtes enrageante! Sérieusement, quand les gens d'une région se braquent contre un projet de développement économique, le gouvernement devrait lui couper les vivres! Si vous n'en voulez pas, d'emplois, bien pourquoi on vous payerait du B.S et on continuerait à vous subventionner dans le vide? Vous verrez bien jusqu'à quel point on peut vivre que d'eau fraîche et d'air pur!
    Comprenez-moi bien : s'il s'avère que ladite mine porte attente à vos propriétés, celle-ci devrait vous offrir une compensation en fonction des nuisances causées. Mais ce n'est pas une raison pour exiger comme vous le faites stupidement l'abandon du projet!
    Vous dites : « Est-ce que ça se mange des résidus de mine? Parce que bientôt c'est tout ce qui va rester à cueillir ». Je vous réponds que des résidus de mine, ça ne se mange pas. Par contre, ces résidus signifient qu'on fouille votre sol car il contient quelque chose qui intéresse des gens, qui vont payer pour, et avec l'argent que vous receverez, vous pourrez vous payer de quoi manger, point barre. Un mécanisme d'échange on ne peut plus simple, efficace et qui fonctionne pas mal bien.

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