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Ils nous ont eus

Khalid Daher
 

Khalid Daher

«Cogito ergo sum» est la célèbre affirmation «Je pense donc je suis», de René Descartes dans son «Discours de la méthode». Affirmation ferme et inébranlable. Par contre, peut-on dire avec la même fermeté «habeo licentiam ergo sum»; «J'ai un permis donc j'existe»? La réponse est un non plus que formel. Cela ne signifie rien d'avoir un permis, encore faut-il être subventionné. Et pour l'être, il ne faut pas avoir de permis ni exister avant une mystérieuse date que seul le ministère connaît. Exister, c'est d'abord jouir de tous ses droits et avoir les mêmes chances de réussite que les autres. Puisque j'ai un permis donc je ne peux jouir du droit de soumissionner et dépouillé de ce droit fondamental donc je n'existe pas. D'où la correction nécessaire «J'ai un permis donc, je n'existe pas.» Nous sommes au zénith de l'absurde. C'est aussi une affirmation inébranlable, mais pas indéfiniment, car elle n'a de base que de douteuses transactions constatées par le vérificateur général lui-même. 

Décréter de lancer des appels d'offres pour sélectionner des projets, suppose que tout a été fait pour informer les prétendants à ladite subvention, suffisamment à l'avance, afin qu'ils ne se lancent pas inutilement dans la réalisation de leurs projets pour se voir ainsi évincés d'emblée. Cela nous donne aussi le droit de supposer qu'il y'a eu des initiés. Si certains ont été subventionnés, c'est par pur hasard qui a fait qu'ils n'aient pas obtenu leur permis avant la date fatidique. Hasard pour les uns, mais calculs précis pour les initiés. Effectivement, qui aurait décidé délibérément, de déposer une demande de permis, s'il savait que ce geste l'exposerait à une dépossession du droit de soumissionner? 

Le vague et le flou entourant la procédure d'octroi de la subvention étaient si déroutants que beaucoup tenaient pour acquis qu'il fallait d'abord réaliser le projet avant d'avoir la subvention et que ce n'était qu'une question de temps. Autrement dit, l'obtention de la subvention était une sorte de certitude à moyen terme. Ceux qui avaient nourri cette illusion et qui sont aujourd'hui responsables de beaucoup de drames ont purement et simplement changé de discours et accusent les garderies écartées d'avoir pris à leur risque et péril la décision d'ouvrir sans subvention. Mais la subvention n'a jamais été octroyée auparavant avant ouverture constatée! Bref, ceux qui ont brillé hier par leur incompétence, involontaire ou feinte, s'érigent aujourd'hui en accusateurs virulents. S'il y'a quelqu'un à pointer du doigt dans ce drame ce sont bien les structures qui y ont mené et non pas les victimes qui y ont perdu des centaines de milliers de dollars.

Autre absurdité; le gouvernement sortant comptait bien sur les places en garderies non subventionnées pour combler ses lacunes et savait très bien qu'elles ne survivraient pas si elles ne devenaient pas subventionnées, mais, qu'à cela ne tienne, il voulait s'en débarrasser, car elles le gênaient dans ses promesses à ses argentiers. Sinon comment expliquer le fait que ceux qui l'ont aidé à bâtir son réseau soient sciemment éliminés d'office? Quelle infâme ingratitude!

Que conclure? Sinon que le gouvernement sortant avait agi insidieusement dans le seul but de favoriser les intérêts du parti régnant à la manière d'un système bananier se croyant au-dessus de toutes les lois. En cet automne, les garderies non subventionnées, après avoir longtemps vécu dans l'expectative qui les sauvera de leur lente agonie, sont moins attachées à l'espoir de vivre que les feuilles à leur arbre. À quand une enquête publique sur le scandale des garderies?

L'auteur est président de l'Alliance Québécoise des Garderies Privées Non Subventionnées et c'est à ce titre qu'il s'exprime dans cet article d'opinion.

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Commentaires (6)

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  • Je suis moi meme proprietaire d'une installation non subventionné et je suis en pleins processus pour en ouvrir une autre installation de 80 places...imaginée dans qu'elle etats nous sommes!!!
    des millliers et des milliers de dollars deja investit...peut t on reculer...!!
    J'ai un liens pour une petitions a l assemblee nationale .
    la voici..
    nous nous appellons les stations de radios, nous en parlons haut et fort mais la population doit etre mieu renseignée...les gens ne savent pas qu'elle sont les différences!
    Voici le lien
    http://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/signer-petition/validation-signature.html?ID=1162981

  • Bonjour
    Moi aussi je suis d'accord avec vous, on trouve ceux qui ont déjà des garderies subventionnés, entrain d'ouvrir des nouvelles, et nous on n'est pas accepté, et le pire c'est qu'on a été mal informé dès le début, pour mon cas, quand j'ai présenté mon dossier , j'ai eu un appel de quelqu'un du ministère, me disant que pendant cette période il n'ya pas de budgets pour les subventions, et si je veux ouvrir une garderie privée et la changer en subventionné plus tard, ça c'était la discussion , et maintenant on trouve que toutes ces informations étaient juste des mensonges, merci pour cet article et je suis d'accord cent pour cent

  • OUI VOUS AVEZ BIEN ECRIT..POUR QUOI LE MINISTERE DE LA FAMILLIE NOUS OBLIGE D'AVOIR UN PERMIS POUR TRAVAILLER SI APRES CELA DONNE A RIEN ..ON EXISTE PAS POUR EUX. ON FAIT DE A...Z CE QUE ILS NOUS DEMANDENT, ON SUIT LES LOIS, ON ACCEPTE LES RECOMENDATIONS DES INSPECTEURS ILS VOIENT BEACOUP DE VOLONTE DE NOTRE PART, LES PARENTS SONT CONTENTS LES ENFANTS NOUS AIMENT ET APRES ON DEMANDE LA RECONNAISSANCE DE NOTRE TRAVAIL AVEC LA SUBVENTION ET NON...QU'EST CE QUI CE PASSE DOIT-ON DEMANDÉE AUSSI UNE ENQUETE PUBLIQUE C'EST SCANDALEUX. S.V.P. ON VEUT CONTINUER A TRAVAILLER ET ON VEUT PAS LA FAILLITE.

  • Dommage que cet article manque un peu de clarté pour ceux qui ne sont pas concernés par les garderies.
    Si je comprends bien, les garderies existantes n'ont pas droit à la subvention accordée à celles qui sont en attente d'ouvrir ?
    Si c'est le cas, il faut dénoncer clairement l'absurdité et l'injustice de cette décision.
    (À moins que des éléments inconnus entrent en jeu)

  • C'est aussi mon avis. Je trouve cela très logique et si bien exprimé. Nous sommes tous dans le même cas et cet article explique bien ce qui nous est arrivé. Nous avons tous été trompés par les fonctionnaires et je pense que eux même ne savaient pas plus que nous. Il faut absolument réclamer une enquête publique sur le scandale des garderies. Je pense que même dans les résultats qui viennent d’être publiés qu'il y'a eu collusion. Pourquoi a t on donné juste aux garderies subventionnées ? La plupart des garderies qui ont bénéficié de la subvention mais dont les propriétaires ont d'autres garderies. Il y a eu collusion, copinage et tout ce que vous voulez pour privilégier les garderies subventionnées. C'est normal car ils sont membres des comités consultatifs. C'est comme ce que font les entrepreneurs de construction.
    C'est scandaleux! Mais à qui le dire ? Un autre scandale se passe devant nos yeux et personne ne fait rien.
    En tout cas, merci pour cet article.

  • Bravo. Vous avez parfaitement résumé la réalité des garderies privées non subventionnées.
    Le ministère de la famille et des aînées, par sa politique, a enlevé le droit d'exister à ces garderies. Puisque au lieu de leurs donner des places subventionnées à 7$, il a décidé de les offrir à des nouvelles installations.


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