Il semble pertinent de se poser la question sur la nature du leadership nécessaire pour assumer le remplacement de ces élus où vivent plus de deux millions de personnes. Pour certains, un leadership transformationnel pourrait s'avérer opportun, c'est-à-dire un leadership qui renverrait à la capacité d'un dirigeant à amener ses subordonnés à transcender leurs intérêts personnels et à transformer leurs croyances, leurs besoins et leurs valeurs au nom d'une vision collective; le leadership transformationnel aurait la caractéristique de stimuler l'engagement de ses subordonnés envers les objectifs et le développement organisationnel. Ce type de leadership semble avoir quatre composantes:
- Une influence charismatique qui s'explique par l'intégrité et la moralité du leader;
- Le leader transformationnel sert d'inspiration et de motivation à ses subordonnés en procurant une vision qui donne du sens au travail;
- Le leader transformationnel s'efforce de stimuler intellectuellement ses subordonnés en les incitant à être créatifs et à innover;
- Le leader transformationnel est à l'écoute des besoins de chacun ce qui permet de se développer professionnellement.
Un tel leader aurait un impact positif sur l'efficacité organisationnelle en valorisant les initiatives, en soutenant l'innovation et en mettant en place une gestion apprenante.
Il y aurait un rapprochement à faire avec les artistes, décrits par Patricia Pitcher dans sa thèse de doctorat intitulée Artistes, artisans et technocrates dans nos organisations, publiée au milieu des années 1990. Pour cette auteure, les artistes sont des visionnaires (intuitifs, imaginatifs, émotifs, entrepreneuriaux et inspirateurs) qui, supportés par des artisans (calmes, sérieux, solides, raisonnables, sages) en mesure de construire les ponts nécessaires à la mise en oeuvre de leur vision. Les technocrates, pour leur part, ont tendance, semble-t-il, à faire prévaloir les conceptions techniques d'un problème au détriment des conséquences sociales et humaines; l'essentiel, pour un technocrate, c'est l'attachement aux règles écrites ou non. Un technocrate ne serait donc vraisemblablement pas en mesure de relever ces villes, d'inspirer les Fonctions publiques pour les amener dans un nouveau modèle, pour améliorer le fonctionnement de ces institutions qui sont garantes de la qualité de vie des communautés qui y vivent, de les amener vers la mise en oeuvre d'une vision fondée sur le bien commun de tous les groupes de la ville. Un technocrate pourrait cependant un rôle conseil important et suggérer des moyens adéquats pour s'assurer du maintien de la qualité des processus de fonctionnement caractérisant les opérations des villes dans tous les secteurs où des contrats peuvent être attribués, des processus visant à éviter que ne se reproduise tous ces phénomènes de collusion et de corruption dévoilés présentement.
Mais où trouver ce type de leader? Il y en a sûrement. Il faudrait écouter d'autres sources d'information. C'est à ce prix qu'il sera possible de procéder à une transformation de la culture organisationnelle de ces villes et d'assainir les pratiques qui y ont cours.
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