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La commission Charbonneau: l'envers de la médaille ou la justice du peuple

Sylvain Boisjoly
 

Sylvain Boisjoly

On en apprend des choses pendant le déroulement de la commission Charbonneau. De bonnes choses et de mauvaises choses, dépendant de quel côté on se place.

Jour après jour, des personnes défilent devant la Commission pour expliquer comment ils ont corrompu ou comment ils ont été corrompus. Parfois, ils impliquent aussi d'autres personnes connues ou inconnues du public comme des personnages de la classe politique, des fonctionnaires, des entrepreneurs en construction, des représentants de firmes de génie et des supposés criminels.

Ces gens sont impliqués à tort ou à raison. On ne le sait pas encore. On ne connait pas encore ce qui découlera de cette commission. Une chose est sûre, c'est que plusieurs seront éclaboussés. Des gens qui le méritent, tout autant que des gens qui ne le méritent pas.

Voilà justement où se situe le problème. Un témoin se présente devant la Commission, donne quelques chiffres, fait quelques confessions et nomme deux ou trois autres personnes qui sont, selon lui, impliquées dans ses magouilles. Il devient alors automatiquement un détenteur de la vérité absolue. Les médias nous rapportent alors quasi instantanément ces propos.

Et le public, gonflé à bloc par le nombre de scandales qui s'ajoutent jour après jour, décide de lyncher immédiatement et sans vérification les personnes impliquées. Le public devient alors juge et bourreau. On accuse, on juge et on condamne. On réclame la démission de la personne. C'est la justice du peuple.

C'est ce qui arrive présentement avec le maire de Montréal, monsieur Gérald Tremblay. Je parle ici de monsieur Tremblay, mais il n'est pas le premier et ne sera sûrement pas le dernier. Dans son cas, un fonctionnaire est venu nous raconter son histoire, et cette histoire impliquait d'une certaine façon monsieur Tremblay. Sans aucune forme de vérification, on a accusé, jugé et condamné monsieur Tremblay. On réclame à grands cris sa démission. La pression devient insoutenable pour lui.

Loin de moi l'idée de le défendre, et s'il est coupable, il est clair qu'il doit payer. Mais il a le droit aussi à une justice équitable. Celle qui prévaut pour tous les citoyens, quels qu'ils soient. Pourtant, toute la question est là. Est-il coupable ?? Personne ne peut le savoir avec certitude. Le témoin a-t-il dit la vérité ?? Personne ne peut le savoir. Et voilà que l'on condamne quelqu'un sans avoir de preuves de sa culpabilité.

C'est l'envers de la médaille de la commission Charbonneau. La justice du peuple condamne déjà avant que de vraies accusations ne soient portées. Prenons le temps d'y penser. Réfléchissons avant de juger.

Posez-vous la question suivante : que se passerait-il si demain, se présentait un témoin à la Commission et nommait VOTRE nom ??

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Commentaires (10)

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  • Votre article serait pertinent dans une perspective où ces témoins dévoilent ces noms pour la première fois devant la commission sans que la commissaire (et ses procureurs) ne les ai jamais entendu....ce qui signifierait qu'ils les entendent, comme nous, pour la première fois... Mais tous ces témoins et bien d'autres ont en fait signé des dépositions (résumés de ce qu'ils diront) bien avant leur témoignage, dépositions dans lesquelles les noms dévoilés apparaissent déjà et pour lesquelles des vérifications diligentes sont faites. Vous remarquerez que la plupart des personnes incriminées dans les premiers témoignages ont été incriminées ou nommées par d'autres témoins par la suite...et ça continura! Les procureur savaient donc d'avance que ses noms seraient dévoilés et se sont assuré (en principe..) de vérifier et de corroborer avec d'autres témoins et/ou avec les enquêteurs. Vous pouvez donc vous attendre à ce qu'on entende parler du Maire Tremblay et de quelques "nouveaux acteurs" dans des témoignages à venir....

  • Son manque de vigilance en tant que premier fonctionnaire de la Ville a coûté des centaines de millions de dollars aux citoyens.
    À quelques exceptions près, toutes les rues de Montréal doivent être refaites et une bonne partie des budgets nécessaires pour le faire est dans les poches mafieuses.
    Donc, indépendamment de la présomption d'innocence, ce Premier Magistrat a faillit à ses responsabilités et les citoyens n'ont plus confiance au capitaine du bateau. C'est la raison principale pour laquelle il doit prendre la porte.

  • Excellent texte M. Boisjoly. Vous avez été juste de soulever la question. Visiblement les commissions d’enquêtes sont devenues le tribunal du peuple à l’ère télévisuelle. Au lieu de punir des coupables, on les pointe du doigt et les humilie publiquement.
    Les médias font de bonnes cotes d’écoute, on change quelques lois, on applaudit la délation. Que les allégations soit fausses ou non n’a pas d’importance. Les vérifier encore moins. C’est ce que les anglophones appellent « a mockery of justice ».

  • Maintenant que mes jeunes ont atteint l'âge de la responsabilité de leurs actes, face à eux-mêmes, ils me racontent certaines bévues qui les auraient privés de certains privilèges. Bien non, je ne savais pas tout. Pourtant, j'étais pro-active en éducation et ils sont devenus des personnes conscientes de leur grandeur.
    Je ne crois pas que les gens en autorité savent tout. Et je ne crois pas que tous les gens qui se disent prêts à lapider, dès que des écarts de conduite sont dévoilés, sont au-dessus de la mêlée: ils sont malhonnêtes avec eux-mêmes tout simplement.
    M. Leclerc disait que les gestes qu'il a posés étaient difficiles à détecter. Alors! Qui s'imagine que M. Tremblay devait aller mesurer les cm d'asphalte posés, etc... Il n'est pas utile d'avoir des employés, si la confiance n'est pas là au point d'avoir tout à vérifier; aussi bien le faire soi-même. Est-ce réaliste?
    Le tribunal populaire, ce n'est pas un plus pour notre évolution humaine. C'est un terrible retour au temps de l'inquisition, des chasses aux sorcières, des fosses aux lions. Il vaudrait mieux investir dans la confiance et dans le sens des responsabilités pour créer un milieu de travail sain apte à rendre plus humain et susceptible d'améliorer la productivité. Le travail, c'est un prétexte pour évoluer. Sinon, c'est une absurdité!

  • De toute façon que le Maire Trmelbay soit au courant ou pas qu'il soit corrompu ou pas, une chose est certaine s'il n'était pas au courant de rien, il semlbe bien être le seul et dans tous les ca la Ville de Montréal n'a pas besoin de lui et n'en a jamais eu besoin.
    Il est tout de même l'un des archithèque du camp du non, à l'époque plusieurs disaient que ce n'étaient pas une bonne idée une ile une ville. J'admais que ce n'était pas brillant la fâçon dont ce fut imposé, mais après 10 ans de fusions et défusions, bien les seules villes où ça fonctionne bien c,est celles qui ont résisté à la défusion, comprer Québec avec Montréal c'est y répondre.

  • Je suis tout à fait d'accord avec vous. Si M. Tremblay est coupable, il devra payer. Mais, s'il est coupable d'aveuglement volontaire, il l'est certainement comme une immense partie de la classe politique à tous les niveaux, de très nombreux fonctionnaires, des responsables syndicaux et des ministères au complet, comme nous le verrons sans doute plus tard. Essayons d'être juste, attendons que les faits soient clairement démontrés et n'oublions surtout pas que cette commission doit servir avant tout à mettre ce système mafieux et corrompu, en lumière pour mieux le combattre. L'archarnement anti Tremblay de certains enragés du web commence à ressembler à un lynchage. Personnellement, ceux qui me choquent le plus, ce sont ces crapules qui viennent avouer leurs méfaits, disent le regretter et vont retourner tranquillement à une retraite à laquelle la plupart des payeurs de taxes n'auront pas droit.

  • Intéressante mise en garde, monsieur Boisjoly. Montréalais, que vous le vouliez ou non, il est possible, quoique difficile à admettre, que VOTRE maire ne soit pas si coupable que les médias le laissent entendre sans autre forme de jugement que les dires de quelques bandits à cravates. Avez-vous pensé un instant que VOTRE maire n'est peut être qu'un pantin placé sur son piédestal par des organisations peu scrupuleuses ? En n'étant pas au courant, il les servirait assez bien. Innocent, mais pas nécessairement dans le sens où on l'entend habituellement, pas nécessairement le contraire de coupable.

  • M. Boisjoly, M. Tremblay n'est peut-être pas coupable lui-même de corruption mais comment peut-on prétendre être Maire d'une grande ville comme Montréal et ne pas être au courant de toute la magouille grave qui s'y passe! Honnêtement, son style de gestion est de porter des oeillères alors ce n'est pas acceptable! Il est quand même le responsable ultime de tout ce qui se passe dans les services de la ville et ne pas faire aucune vérification est un manque flagrant à ses responsabilités. Nous n'avons pas besoin de Maires qui se la coule douce, voilà!

  • Voyons donc! Êtes-vous sérieux? Avez-vous suivi l'actualité ces derniers mois? Ces dernières années?
    Comme si c'était la première fois que le nom de "Je sais rien" Tremblay était prononcé dans le cadre d'allégations relatives à la corruption!
    Comme de nombreuses personnes l'ont mentionné, il est évident que Tremblay est coupable. Reste à savoir si c'est de corruption ou d'aveuglement volontaire.

  • Je vous rappelle que ces témoins sont guidés par les question très pointues d'un procureur et de commissaires, qui ont devant eux un dossier plus qu'étoffé. Ceci dit on ne peut balayer la présomption d'innocence d'un seul geste et c'est pourquoi M. Tremblay est encore Maire de la Ville de Montréal, c'est pas rien!
    On ne le croit plus ? Admettons qu'il en faut souvent bien moins pour perdre sa crédibilité dans le monde de la politique. Tremblay est un personnage public, a une image publique fabriquée par ses organisateurs et joue un rôle comme tous les personnages publics. Que ce rôle devienne celui du méchant au lieu du benêt comme il aime paraître n'est pas de son ressort mais reste parfaitement mérité puisque nous sommes ici sur son propre terrain, celui de l'image.
    Admettons qu'à part "J'étais pas au courant" nous manquons sérieusement de déclarations de sa part pour faire de Montréal un lieu de débat politique ouvert.
    S'il ne veut plus de son rôle, qu'il ouvre tous ses livres, ou bien qu'il parte. C'est on ne peut plus sain.

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