L'horreur pour Halloween est tout ce qui se passe à la Commission. Plus les témoins défilent, plus le portrait semble clair et complet. J'en viens à croire que même les grandes personnes aiment passer de porte en porte pour récolter friandises et extra. Des grandes personnes au coeur d'enfant, faut croire.
Ils sont passés à la porte des entrepreneurs, ils ont récolté. Ils sont passés chez les ingénieurs, ils ont récolté. Ils sont passés chez les fonctionnaires, ils ont récolté. Les mafieux sont passés chez eux, c'était le temps de payer. Faut croire que tout le monde finit par payer, un peu, un jour.
C'est rendu tellement gros que j'en ai peine à en croire ce que j'entends. Tous les clichés d'Italo un peu croche nous ont été servis. Des coffres qui ne ferment plus. Des vestes remplies à craquer d'argent, sans compter les bas du parrain. C'est d'une telle grossièreté que je suis certain que même le scénario du film Le Parrain s'est gardé une petite gêne!
Témoin après témoin, la trame d'un film série-B se dessine. Les témoignages se ressemblent, l'étau se ressert, tous les nouveaux convertis semblent pointer dans la même direction. La juge gardienne de nos institutions a demandé qu'on lui livre le diablotin.
Ce petit diable semble vouloir rester en vie. Le pauvre, il n'a rien vu, il n'a rien entendu et il ne veut rien dire. Il me fait étrangement penser à ce symbole asiatique. Vous savez les trois petits singes? On les appelle aussi les singes de la sagesse. Le premier se couvre les yeux, le deuxième la bouche et le troisième se couvre les oreilles. Dans leur culture, celui qui suit cette maxime, il ne peut lui arriver que du bien. Autres pays, autres moeurs.
L'horreur pour Halloween est aussi le dernier budget de la Ville. Un budget qui prévoit une autre hausse des impôts (fonciers) et des taxes de toutes sortes plus grande que l'inflation. L'horreur est aussi la STM qui va augmenter, pour une 14e année de suite, ses tarifs. L'horreur est dans nos rues et nos trottoirs payés le doublent si ce n'est pas le triple du prix. L'horreur réside aussi dans la complicité par indifférence de tous ces hommes et femmes (politiques ou pas) qui ont détourné le regard et qui se sont tus. L'horreur est que nous ne pourrons rien faire contre ces gens-là.
Cette période de festivité est supposée être la fête des petits monstres, pas celle des gros bandits. Si je doutais quand j'étais jeune de la véracité des histoires de loup-garou de mon père, aujourd'hui, je dois dire que j'ai plutôt tendance à croire les histoires d'élus corrompus racontées par ceux qui défilent à la commission. Le maire Tremblay n'est pas encore coupable, mais les contes qu'on entend soir après soir ont des crocs et des griffes qui sont bien ancrés dans notre subconscient. C'est fait, il est trop tard, pour longtemps je croirai aux corrompus comme j'ai cru longtemps aux fantômes.
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