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Recensement de 2011: le déclin du français se poursuit

Guillaume Marois
 

Guillaume Marois

Doctorant en démographie à l'INRS

Statistique Canada a publié le 24 octobre les données du recensement 2011 concernant la situation démo-linguistique au Québec et au Canada. Pour la situation du français, les résultats révèlent une tendance sans équivoque: tous les indicateurs sont au rouge.

Sans surprise, le français comme langue parlée à la maison poursuit son déclin relatif. En 2011, pour l'ensemble du Québec, il atteint maintenant 81,2% de la population, contre 81,8% en 2006. En 2001, le chiffre était de 83,1%. La proportion d'anglophones est quant à elle relativement stable (10,7% en 2011 contre 10,6% en 2006). En contrepartie, la proportion d'allophones est en nette augmentation, passant de 7,6% à 8,1%. Si l'anglais ne chute pas, c'est que les transferts linguistiques des allophones de langue maternelle (c'est-à-dire ceux dont la langue parlée à la maison n'est pas leur langue maternelle) lui sont toujours favorables de manière disproportionnée. Le taux de transferts vers le français s'est certes amélioré, passant de 54,1% à 56,3% entre 2006 et 2011, mais le chiffre est encore loin d'être suffisant par rapport au poids relatif que représente la population francophone.

Si le français demeure encore dominant pour l'ensemble du Québec, la situation est différente à Montréal, où se concentre la majorité des immigrants. Sur l'île de Montréal spécifiquement, les francophones ne représentent plus que 53% de la population contre 54,2% en 2006 et 56,4% en 2001. L'exode des francophones vers la banlieue observé par plusieurs démographes contribue sans doute en partie à ce déclin, mais cette explication n'est pas suffisante. Dans la région métropolitaine, qui inclut également la banlieue, le déclin du français est également important. La proportion de francophones selon la langue parlée à la maison est désormais de 68,4%, contre 69,1% en 2006 et 70,9% en 2001.

Dans le reste du Canada, l'assimilation des francophones poursuit sa tendance à la hausse et marginalise de plus en plus le français. La proportion de francophones comme langue parlée à la maison n'est plus que de 2,4%, en chute de 0,1 point de pourcentage, alors que 4,3% l'ont comme langue maternelle.

Entre 2006 et 2011, le bilinguisme est en augmentation uniquement au Québec, mais ce n'est que chez les francophones de langue maternelle que cette hausse s'observe (de 35,8% à 38,3%). Le taux de bilinguismes des anglophones du Québec est quant à lui inférieur à ce qu'il était il y a 5 ans. En tout, 440 000 Québécois ne connaissent pas le français, soit 5,7% de la population. Le bilinguisme dans le reste du Canada est également en chute et est à un plancher jamais atteint depuis 1991 : seulement 9,7% des habitants du reste du Canada et une bonne partie de ceux-ci sont des francophones de l'Acadie et de l'Ontario.

Des données sur langue utilisée dans l'espace public ou au travail auraient été très utiles pour préciser l'ampleur du déclin du français. Toutefois, la série temporelle des données sur la langue utilisée au travail s'arrête 2006, car cette question ne fait désormais plus partie du recensement suite à la décision du Parti conservateur d'abolir la version longue.

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Commentaires (16)

Commenter cet article »

  • @bliyaal

    Mais c'est vous qui vivez dans une bulle,à ce qu'il semble!Nos pays encadrent le domaine des langues par un ensemble de lois,que vous le vouliez ou non!
    Votre théorie est très intéressante,mais en pratique elle n'est pas viable dans le genre de société dans laquelle nous vivons;allez lire mon dernier commentaire,à ce sujet.
    Également,il est faux de prétendre que l'on ne défendait pas les langues par le passé.À non, c'est vrai,vous avez raison:avant,si vous aviez le malheur d'être un tantinet différent,on vous déclarait la guerre ou on vous coupait la tête...
    Je vais vous poser une question toute simple:quel est l'avenir professionnel d'un immigrant allemand,s'il émigre au Québec et que la seule langue qu'il maîtrise,est l'allemand?

  • @disto-bob et petit-jean
    Et en quoi est-ce mal dites-moi?
    Les langues et les cultures n'ont pas eu besoin de lois pendant des milliers d'années, qu'est-ce qui a changé? Vous vous enfermez dans une bulle en imaginant que les langues ne changeront jamais mais la nature étant plus forte, vous vivez d'illusions.

  • @bliyaal
    Je veux en venir au fait que comme les espèces animales faisant face à des modifications majeures de leur environnement, les langues et les cultures ont parfois besoin de mesures particulières afin de pouvoir continuer d'exister et se développer convenablement. Autrement dit, si vous avez à cœur la pluralité des langues, vous devriez accepter qu’on les protège. Ce n’est pas une question de « eux » contre « nous », c’est une question de vie ou de mort d’une culture américaine originale et dont on peut être fier (parfois, en tk)

  • @bliyaal

    Votre logique finira par aboutir à ce principe implacable:la loi de la majorité.
    Majorité anglophone au Canada,et majorité francophone au Québec.Et la seule chose qui pourrait venir chatouiller cette donnée,sera la question de l'immigration.
    Il ne s'agit donc pas ici d'une question "d'évolution des langues",mais simplement d'immigration,et d'intégration à la majorité-pour travailler,lire des documents officiels,etc.
    Donc en définitive,ici au Canada,vous allez devoir maîtriser ne serait-ce qu'un tout petit peu soi l'anglais,soi le français.Vous êtes d'accord là-dessus?
    Et bien entendu toute la question est là,au Québec:l'immigrant parlera-t-il la langue de la majorité québécoise,ou celle de la majorité canadienne?Le débat se situe ici.

  • Quelle analyse superficielle! Vraiment, et vous vous dites doctorant en démographie? J'espère que votre thèse démontrera beaucoup plus de profondeur et ne sera pas aussi superficielle que ce billet. Une bonne analyse demande que l'on regarde aussi aux fréquences en absolu et non pas que des pourcentages. Les pourcentages cachent des subtilités qui ne peuvent être comprises que lorsque l'on s'attarde aux données en absolu. Le recensement ne couvre pas le taux d'utilisation de la langue française dans la vie de tous les jours des équipes professionnelles de sport comme le Canadien de Montréal, les Alouettes, l'Impact. Croyez que la langue française est la langue d'usage chez ces équipes?
    @Lapointe: vous êtes vraiment un radical qui croit que tout vous est dû. Des citoyens du Québec qui ne sont pas de langue maternelle française vivent aussi chez-nous et ils ont aussi des droits acquis. On ne peut tout simplement pas renier leurs droits. Cherchez-vous une guerre civile? À entendre vos propos on dirait bien que oui.

  • @Jean-Luc Lapointe,
    Vous avez oublié une chose : les Alphabits en français seulement. À bas la tyranie des céréales du matin!

  • @anti-ch_primaire :
    La logique de monsieur Lapointe s'appuie sur la langue de la majorité, j'applique le même principe au niveau fédéral. Un pays "normal" avec un seul réseau d'éducation dans une seule langue, un seul réseau d'hôpitaux, etc..
    @petit-jean :
    Et qu'est-ce qui les en empêcherait? Je ne vois pas où vous voulez en venir. Vous semblez prôner la pluralité des langues exactement comme moi.
    @disto-bob :
    Exactement! Le seul détail que vous oubliez c'est le choix. Le choix de voter pour un premier ministre qui parle mandarin ou pas. Le choix d'être client d'un commerce portugais ou pas. Ce n'est pas de l'anarchisme, ça ressemble plutôt à du capitalisme linguistique. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on veut contrôler artificiellement l'évolution du langage. Cette évolution se fera que vous le vouliez ou non alors cessons de perdre temps et argent avec ça.

  • @bliyaal
    Suivant votre logique,le Canada ne posséderait pas deux langues officielles,et rien alors n'empêcherait le Premier Ministre de s'exprimer dorénavant en Tamoul ou en Mandarin,à la Chambre des Communes.Les commerçants de l'île de Montréal vous offriraient des cafés en Portugais,Yorouba,Gujarati ou Farsi,et tout cela serait absolument normal.Bien rapidement plus personne ne se comprendrait,et la langue des signes deviendrait la langue d'usage-en fait cette langue est largement utilisé,je m'en sert souvent quand je vais m'acheter des cochonneries,dans les dépanneurs asiatiques de mon quartier...
    Votre théorie linguistique anarchiste est vraiment intéressante,mais je crains que le partage des idées ne se fassent laborieusement dans ce genre de monde idéal.D'autres suggestions,à la place?

  • "certaines personnes"

  • @bliyaal
    D’accord, mais certaine personnes veulent pouvoir continuer d’exprimer leurs idées à travers les mots exacts qui ont servis à faire naitre ces idées dans leur cerveau.
    Un livre ou un film traduit perd toujours de sa valeur par rapport à l’original, parfois c’est subtil, parfois c’est totalement autre chose. C’est pareil pour les idées.

  • @ bliyaal, "Suivant votre logique, le Canada ne devrait être qu'en anglais coast to coast, "
    Non, parce que le Québec a une seule langue officielle, le français, alors que le Canada est officiellement bilingue.

  • M. Lapointe, de un, si vous aviez pris la peine de lire comme il faut, l'anglais n'a pas bougé, ce sont plutot les autres langues qui gagnent du terrain. De deux, la majorité des Quebecois ne veulent pas de vos mesures, meme si ça ne vous plait pas. Le PQ, QS n'ont eu que 38% des voix, j'en conclu que 62% des Quebecois n'en ont que faire de vos idées.

  • @petit-jean :
    Qui crie aux fachos ici? Certainement pas moi. Je ne fais que relever l'erreur de logique dans le discours de monsieur Lapointe.
    S'il n'en tenait qu'à moi il n'existerait aucune mesure de protection de la langue. Pour moi une langue n'est qu'un ensemble de sons servant à exprimer une idée. Je met de l'importance sur l'idée. Les langues évoluent et vont continuer d'évoluer avec ou sans loi. Un jour le français et l'anglais auront disparût mais malheureusement je serai mort depuis longtemps et je ne pourrai pas profiter de la fin de cette chicane. Il y en aura d'autres bien entendu et c'est bien dommage.

  • @bliyaal
    Un médicament, utilisé lorsque tout va bien, peut devenir un poison, c'est évident.
    Remarquez, si l’Anglais reculait au Canada, je ne crierais certainement pas aux fachos pour quelques mesures de protection de la langue.

  • @Jean-Luc Lapointe :
    Suivant votre logique, le Canada ne devrait être qu'en anglais coast to coast, Québec inclus. C'est ce que vous voulez? Non? Parce que le Québec est un cas d'exception? Tiens donc...
    Vous devrez vous y faire, le Québec aussi à ses cas particuliers qui ne se comparent pas nécessairement aux autres pays.
    Je vous propose donc d'attendre que le Québec soit un pays avant de demander que l'on applique vos mesures sans quoi je devrai en conclure que soit vous avez la langue à deux vitesse ou soit vous acceptez un tel traitement venant de la majorité linguistique du pays.

  • Nous avons besoin d'agir rapidement et avec force. Il faut mettre fin à cette anglomanie qui nous gangrène. Agissons comme une nation normale :
    - Un seul réseau d'éducation en français avec des cours de langues étrangères ;
    - Un seul réseau d'hôpitaux en français ;
    - Aucune garderie subventionnée si le français n'est pas la langue utilisée ;
    - La fin de l'enseignement obligatoire de l'anglais au primaire (offre à ceux qui le veulent seulement) ;
    - Citoyenneté québécoise et droit de vote assortis à la connaissance du français.
    La plupart de ces mesures sont en place dans QUANTITÉ de pays. Cessons de vivre comme des colonisés.

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