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Matricule 728

Jean Bottari
 

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le tollé médiatique soulevé par l'arrestation musclée d'un citoyen par une policière du SPVM porte à réflexion.

En tant que citoyen, vous et moi avons le devoir, selon le Code civil du Québec, de porter assistance à autrui. Naturellement si une telle intervention a pour effet de nuire à notre propre intégrité physique, le gros bon sens commande de faire appel le plus rapidement possible aux forces de l'ordre. Une telle démarche ne peut-elle pas être considérée comme une forme de délation? Probablement. Or il appert que suite à l'intervention du matricule 728, certains citoyens se sentant impuissants ont justement fait appel via le 911 au SPVM.

Les forces de l'ordre ayant rappliqué rapidement sont certes intervenues sur les lieux de l'opération en cours. Mais les confrères et consoeurs du matricule 728 arrivés en trombe ne semblent pas pour autant appliqué l'article du Code civil mentionné précédemment. D'autres témoins prétendent que certains policiers se seraient entendus entre eux afin de ne pas alarmer leurs supérieurs immédiats suite à ce triste événement.

Si je transpose cette situation dans mon milieu de travail ou un patient était victime de violence commise par l'un de mes consoeurs ou l'un de mes confrères, ne serait-il pas de mon devoir d'intervenir, dans un premier temps afin que cesse cette violence et par la suite dénoncer la personne fautive à mon patron? La réponse se trouve a même la question. Jamais je ne pourrais tolérer qu'une personne censée aider son prochain puisse plutôt le violenter physiquement ou verbalement. En mon humble avis, les policiers impliqués dans cet événement n'ont d'autres choix que de témoigner des faits dont ils ont été témoins afin que cet incident qualifié d'isolé par certains serve d'exemple. Et ce non seulement aux personnes oeuvrant pour les forces de l'ordre, mais aussi pour tout intervenant qui use d'un certain pouvoir sur autrui. Cette dénonciation ne peut être que salutaire autant pour les individus impliqués que pour l'organisation pour laquelle ils travaillent.

Comment un être humain avec une certaine compassion peut-il laisser passer une telle situation? Il serait impensable pour moi de continuer comme si de rien n'était à travailler avec une personne qui aurait agi de cette façon. Est-il préférable de perdre une amitié ou de vivre avec des regrets toute sa vie?

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Commentaire (1)

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  • Je comprends très bien votre propos et je suis entièrement d'accord sur le principe mais... Pourquoi faut-il qu'il y ait toujours un "mais"? Parce qu'il faut revenir à la triste réalité.
    J'ai vécu exactement la situation que vous décrivez. Et, bien sûr, j'ai dénoncé. Vous n'avez pas idée des horreurs qu'on a fait circuler sur mon compte. C'est à frémir. C'est allé assez loin pour que je consulte un avocat et que j'envoie des mises en demeure pour sauver ma réputation. Le salissage a cessé mais tout le monde craignait de venir travailler avec moi sans compter un climat de travail pourri où j'étais plus souvent seule de mon camp. Des années de stress à ne pas dormir et à rentrer travailleer à reculons. Je ne souhaite pas ça à personne. J'ai tenu le coup mais j'ai vécu l'enfer pendant plusieurs années avant que tous s'aperçoivent que je n'étais pas un monstre.
    Si vous êtes prêt à vivre cet enfer, dénoncez. Quant à moi, je ne sais pas si je le referais encore sachant tout ce que ça représente comme souffrance et comme injustice. Ces gens-là sont souvent, comme le disait un de mes confrères stupides, méchants mais également rusés.
    Je crois voir qu'on travaille dans le même milieu qui est aussi une jungle à sa façon. Est-ce que je le referais? Probablement que je serais assez idéaliste pour le refaire mais il faut avoir les reins solides car personne ne vous fera de cadeau. C'est surtout insidieux et soyez assuré que votre réputation vous précédera avant même que l'on vous connaisse.
    C'est d'autant plus difficile que cette personne, si j'ai bien lu, avait déjà été dénoncée à quelques reprises par des confrères avec le résultat que nous avons tous vu. Souvent le dénonciateur devient le souffre-douleur parce que les autres n'osent pas dénoncer. Il est là le problème. Si tout le monde dénonçait, les problèmes se règleraient. Trop peu le font et en paient le prix comme moi.
    Ce n'est donc pas mieux dans un hôpital.

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