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Payer pour la réussite?

François Goudreau
 

François Goudreau

Violoniste, concertiste et enseignant

Les écoles privées au Québec sont subventionnées. Ce qui revient à dire que les moins fortunés payent pour la réussite et pour que les plus fortunés, l'élite de demain puisse s'éduquer dans un milieu plus favorable que celui offert par l'école publique.

Le débat est lancé. École publique ou privée? Payer pour les plus nantis et les privilégiés ou améliorer le système?

Au Québec, la tendance est de pénaliser la richesse, la réussite ou la pensée novatrice. Cependant, nous sommes tous d'accord pour payer afin de garantir des services sociaux à l'ensemble de la population, partager la richesse et promouvoir l'accessibilité, c'est un choix de société dont nous sommes fiers.

Ce désir d'équité semble parfois en contradiction avec celui de l'excellence. Un paradoxe québécois?

Si vous souhaitez engager de la main-d'oeuvre, choisirez-vous le candidat avec les meilleures références, les études dans des écoles prestigieuses ou le premier venu?

Engagerez-vous un mécanicien, un plombier ou un menuisier sans références?

L'excellence, tout le monde la recherche. Elle est le fruit d'un accomplissement, pas d'un diplôme ou de l'avantage de la naissance et de la fortune.

Payer pour l'école privée, c'est un luxe que seuls ceux qui en ont les moyens devraient pouvoir se permettre. Chaque dollar investi dans les écoles privées est un dollar manquant dans le système public, point.

Cependant, qui souhaite niveler par le bas?

Êtes-vous satisfaits du système public d'éducation, des hôpitaux, des listes d'attentes, des soins offerts aux aînés, de la taxe santé?

NON.

Êtes-vous contents des révélations quotidiennes de la commission Charbonneau qui nous démontre qu'une certaine élite a pompé sans vergogne l'argent des contribuables durant des décennies?

Je suis certain que non.

Trouvez-vous que payer de l'impôt rétroactivement est une bonnne idée?

On pourrait aussi hausser les impôts de tout le monde tant qu'à y être...

Le vrai problème, c'est notre difficulté à faire des choix.

Québec indépendant ou signer la constitution?

Réussir ou se contenter d'être né pour un petit pain?

Oui à l'école privée, non aux subventions.

Oui à l'élitisme et à la réussite, non à la facilité et à la complaisance.

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Commentaires (17)

Commenter cet article »

  • @FRank3805
    Vous ne savez pas compter, donc vous étiez un élève au privé et au public. Je soupçonne que vous étiez au privé et comme vous ne savez pas compter vous avez fini au public. La classe moyenne paye 100% pour CHAQUE PLACE POUR UN ÉLÈVE....MAIS si le parent chosi le privé le 100% payé au gouvernent n'est dépensé par ce même gouvernement qu'à hauteur de 60 %.
    @Lise Moga
    Vous devriez parler aussi de ces chers professeurs au privé avec leur clause salariale remorque pour avoir LE MÊME SALAIRE qu'au public mais avec une tâche moindre, sans oublier qu'ils recoivent des élèves doués.

  • Je suis enseignant et je suis d'accord à 100 % avec @LeGrandpilou. Nous avons de plus en plus de classes «irrégulières» suite à une classification douteuse des élèves par les directions d'école qui eux, sont soumis aux diktats des commissions scolaires.

  • Il n'y a personne qui s'est posé la question pourquoi ça coûte $12 000 par élève au gouvernement ? Si je calcule vite, $12 000 x 30 élèves, ça fait $360 000 par année pour une classe. On s'entends pour dire que le salaire du professeur ne prends qu'une minime portion de ce montant. Quelle portion de ce montant est dépensé en "gestion" ? Se pourrait-il que les 5000 fonctionnaires du ministère de l'éducation et les commissions scolaires ne soient pas des plus efficaces en gestion ? On jase là...

  • J'espère que Joe Bleau ne sait pas lire car mon texte précédent a quitté trop vite...
    J'ai peine à m'imagine que Jos. Bleau ne comprenne pas la subvention par l'État, de 100% pour un élève du public et de 60% pour un élève du privé. Si je paie 100% pour son enfant et lui paie 60% pour le mien, il devrait pourtant réaliser qu'il fait une bonne affaire car c'est mathématique: 100-60=40. 40% d'économie, ça bat bien des rabais de fin de saison dans plus d'un commerce du quartier.
    Un professeur vit probablement le même dilemme lorsqu'il explique les règles de trois, à une classe où 25% de sa clientèle, à graduation automatique, ne possède pas les prérequis, pour partager le même enseignement que 75% de son groupe. Il doit se demander qui il sacrifie sur l'autel du savoir: le 25% qui a besoin d'une ième démonstration tactile avec les réglettes ou le 75% qui n'en peut plus que la page ne se tourne j.a.m.a.i.s.

  • @Josette Lincourt " Je me demande si Jos. Bleau comprend l'affaire du 60%... que le gouvernement subventionne au privé."
    J'ai peine à m'imagine que Jos.Bleau ne comprends pas la subvention par l'État, de 100% pour un élève du public et de 60% pour un élève du privé. Si je paie 100% pour son enfant et lui paie 60% pour le mien, il devrait pourtant réaliser qu'il fait une bonne affaire car c'est mathématique: 100-60=40. 40% d'économie, ça bat bien des rabais de fin de saison dans plus d'un commerce du quartier.
    Un professeur vit probablement le même dilemme lorsqu'il explique les règles de trois, à une classe où 25% de sa clientèle, à graduation automatiquement, ne possèdent pas les pré-requis, pour partager le même enseignement que les 75% de son groupe. Il doit se demander qui il sacrifie sur l'autel du savoir: le 25% qui a besoin d'une ième démonstrations tactile avec les réglettes ou le 75% qui n'en peut plus que la page ne se tourne j.a.m.a.i.s.

  • Je me demande si Jos. Bleau comprend l'affaire du 60%. En fouinant, j'ai trouvé un document un peu ancien du Ministère de l'Éducation, mais dans lequel il est clair que le 60%, ce n'est pas la portion du coût de l'école privée que le gouvernement subventionne au privé. La subvention du gouvernement au privé s'élève à 60% de celle du coût au gouvernement d'un élève au public. Donc, le gouvernement épargne 40% par élève au privé.
    Il paraît que c'est quand même généreux en comparaison à ailleurs dans notre pays, mais quand on considère que les Québécois sont les plus taxés, pourquoi pas un petit élan de générosité dans quelque chose qui en vaut la chandelle? Au moins il y aura des rescapés à un système public qui craque, qui ne gère peut-être pas ses ressources de la meilleure manière, qui éclope les professeurs avec une trop grande charge de travail dans des conditions trop souvent piètres.
    Continuez de violonner, monsieur Goudreau! Vous n'avez sûrement pas les classes les plus bondées du système.
    Les étudiants au privé ont-ils de meilleures chances de succès? Je l'espère. Mais il ne faut pas oublier qu'on demande plus d'eux qu'au public.

  • De quelle réussite on parle ici ? Il y a des écoles privées devenus poches et aussi des écoles publiques devenues poches. Quand on paye 3 000 $ de plus, on peut espérer un bon encadrement de nos enfants, mais ça ne fonctionne pas toujours (la plus ancienne école privée de Québec où j'ai fait mon cours classique a lamentablement échoué à offrir un service de qualité). Et, en prime pour les 3 années suivantes, une école publique, qui a eu une bonne réputation durant plusieurs années a malheureusement repris (suite à un changement de direction) sa réputation d'école le plus poche à Québec. Finalement, ce n'est certainement pas grâce aux directions d'écoles que mon fils a réussi (j'ai été obligé de demander au ministère de l'Éducation de forcer l'école à accepter que je lui donne un cours de français à la maison). Conclusion : payer plus n'offre aucune garantie de qualité... il faut juste que, comme parents, on fasse un suivi rapproché de la progression de nos enfants. Pour terminer sur une note positive, la majorité de nos écoles offrent une éducation de qualité.
    Jean-François Trépanier

  • @frank3805 "Si vous faites partie de la classe moyenne, vous payez à la fois pour le système public et pour le privé,..."
    En RÉALITÉ, les contribuables ne paient qu'une fois pour chaque étudiant: soit il va au public et il faut investir 100% du coût de sa scolarité; soit il va au privé et le contribuable paie 60%. L'usager du privé paie le 40% manquant. Le contribuable sauve donc 40% pour chaque étudiant qui va au privé. En d'autres mots, je paie 100% pour votre enfant au public et vous payez 60% pour le mien qui va au privé...
    Je crois que ce qui dérange dans ces 2 choix, ce n'est absolument pas la subvention; c'est qu'un groupe (le privé) se soustrait à la sacré doctrine syndicalo-socialo-péquiste du nivellement par le bas... on met tout dans la même classe, le professeur gère à plein temps la différence souvent exigente, le plus performant doit écouter 10 fois la même explication sans souvent, pour ne pas dire jamais, en avoir pour son talent. La normalisation des résultats scolaires, qu'est-ce en réalité: diminuer les points de Yannick (performant) pour les refiler à Jacob qui ne peut pas réussir aussi bien ... dans quel but?

  • On mélange deux choses dans le présent débat: la taxation entre riches et pauvres, et l'excellence de l'enseignement dans le système privé et le système public.
    Pour remettre l'accent sur l'excellence en enseignement, je propose plutôt de subventionner toutes les écoles à 100%, sur la base du nombre d'élèves, mais de garder la sélection des élèves. Les parents auraient donc tendances à inscrire leurs enfants dans les meilleures écoles. La compétition entre les écoles forceraient celles-ci à rehausser leur niveau d'enseignement, ce qui est l'objectif ultime, n'est-ce pas ?
    Pour ce qui est des élèves en difficultés d'apprentissages, je suis en faveur du retour de la classifications des programmes (faible, normal et enrichi) , avec moins d'élèves pour le programme faible et encadrement par des spécialistes. Ralentir les autres élèves en les intégrant n'est pas la solution. Il faut favoriser la notion de dépassement pour atteindre le niveau supérieur (faible à normal, normal à enrichi).

  • Si l'on doit croire les chiffres récemment publiés lors de la «crise des carrés», l'université québécoise est «subventionnée» à hauteur de 83% des ses budgets.Conséquemment, la ministre de l'Éducation a-t-elle l'intention d'interdire aux universités de contingenter certains programmes, d'établir des critères d'admission et aussi de procéder à une sélection à l'entrée?
    Alors, pourquoi le faire à l'endroit de l'école secondaire privée puisque le niveau de subvention n'est que de 60% d'une part et que d'autre part, la disparition des écoles privées entrainerait nombre de problèmes pour le réseau public qui serait incapable d'accueillir cette clientèle désormais «orpheline»? ( Compenser pour le 40% de manque à gagner, pénurie de locaux, d'enseignants, de transport scolaire etc.)

  • "Ce qui revient à dire que les moins fortunés payent pour la réussite"
    N'est-ce pas ce que l'on fait au niveau universitaire? Sachant que ce sont les plus riches qui vont à l'université... et pas seulement parce que cela coûte trop cher mais surtout parce que c'est principalement l'origine socio-économique des jeunes qui favorise leur accès aux études universitaires. C'est un peu le même débat tourné à l'envers...

  • '' Les écoles privées au Québec sont subventionnées. Ce qui revient à dire que les moins fortunés payent pour la réussite et pour que les plus fortunés''
    Premièrement, au Québec, les plus pauvres ne payent absolument rien en impôt. ZÉRO DOLLAR!!! De dire que les plus pauvre payent pour les plus riches est une grossièreté monumental.
    ''Chaque dollar investi dans les écoles privées est un dollar manquant dans le système public, point.''
    Wawww .... vous croyez vraiment que les gens qui envoient leurs enfants à l'école privé ne payent plus pour le publique? Vous croyez qu'ils sont exemptés de taxe scolaire et d'impôt??? Au contraire, chaque enfant qui transfère du privé au publique ne donnera pas un dollar de plus pour l'école publique (Car ils payent déjà sans y'aller) mais il y aura un élève de plus qui accaparera des besoins. Votre texte témoigne de la pensée magique Péquiste à plein nez.

  • "Ce qui revient à dire que les moins fortunés payent pour la réussite (des plus fortunés)"
    Vous avez une meilleure logique que ça d'habitude. On ne peut pas toujours jouer du violon sur le sort de ceux qui payent de l'impôt, que ceux-ci soient riches ou pauvres, ils payent un montant en conséquence de leurs revenus, et une fois que c'est fait, le gouvernement agit pour le mieux et, on espère pour le bien de la population en général, avec cet argent.
    Supposons donc que les impôts ont été payés par chacun d'une façon juste et examinons Le "deal" en lui-même. Des citoyens s'offrent de payer 40% de la facture pour l'instruction de leurs rejetons, ce qui est bien et en plus il y a de bonnes chances que les dits rejetons réussissent mieux que ceux instruits dans le réseau public, puisqu'ils bénéficieront d'un sentiment d'appartenance dont le gouvernement, avec ses polyvalentes, ne peut pas se prévaloir. Des gens qui réussissent bien, c'est encore mieux que le 40% de la facture payée c'est un atout aussi pour notre province.
    Il me semble que le deal est déjà bon, mais si le gouvernement voulait un meilleur "contrat", il pourrait simplement diminué sa subvention de 5 ou 10% et attendre pour voir si en bout de ligne c'est rentable pour lui de faire ça.
    Les entreprises verraient si elles peuvent abaisser leurs dépenses ou si elles doivent monter les factures de leurs clients et on verrait bien ce qui arriverait.
    Mais le gouvernement choisit d'y aller d'une position idéologique soit pour amasser des votes d'une façon démagogique contre les "riches" soit pour quelques raisons personnelles à Madame Marois, parce que je ne vois pas d'autres personnes capables de bouger ou de parler de façon autonome dans ce parti.

  • Bien que 40% des citoyens ne paient pas d'impôt au Québec, le 60% restant défraie les coûts de l'école publique et une bonne partie de ceux du système privé parallèle. Je suis au courant que les années soixante sont loin derrière nous et je vous assure que je n'en suis pas nostalgique. J'ai étudié au privé et au public, je connais bien les deux côtés de la médaille. Si vous faites partie de la classe moyenne, vous payez à la fois pour le système public et pour le privé, donc vous payez deux fois, en plus des coûts demandés par les écoles pour les activités etc... Vous payez également pour inscrire votre enfant au privé, alors que cette même institution est déjà financée par vos impôts. Trouvez-vous que c'est juste? Souhaitez-vous aussi subventionner un système de santé privé parallèle au public? Si vous êtes assez prospère pour payer deux fois plutôt qu'une, tant mieux pour vous!

  • Il me semble qu'il y a une solution simple : subventionner les écoles privées au même taux par élève que l'école publique en corrigeant un peu à la baisse vu les cas moins lourds.
    Comme ça ceux qui choississent l'école privée en ont autant pour l'argent de leur impôts que ceux dans le public.
    Faire payer le monde deux fois, une fois pour un système qu'ils n'utilisent pas et une fois pour celui qu'ils utilisent, c'est pas tout à fait juste, surtout compte tenu du fait que souvent, ces gens-là payent le plus haut taux d'impôts.

  • Oui à l'élitisme et à la réussite, non à la facilité et à la complaisance.
    Ne pas payer pour l'école privée est idéologique. Ça me va. Mais ne me faites pas une école privée aux couleurs du public. Notre système public est d'une hypocrisie.... On forme des gens à la désinformation, on forme des gens à convaincre que le nivellement par le bas est nécessaire....
    Quand on parle de réussite scolaire... On ne parle jamais du CONTENU : QUE FAUT-IL RÉUSSIR? Il faut réussir, mais quoi? De plus en plus, il ne faut rien réussir à l'école publique. Donc, oui à l'élitisme et à la réussite, non à la facilité et à la complaisance, pour l'école publique aussi.

  • "Les écoles privées au Québec sont subventionnées. Ce qui revient à dire que les moins fortunés payent pour la réussite et pour que les plus fortunés, l'élite de demain puisse s'éduquer dans un milieu plus favorable que celui offert par l'école publique."
    40% des citoyens ne paient pas d'impôt au Québec. Alors comment pouvez-vous faire une telle affirmation concernant la collaboration des moins fortunés ?
    Pour ce qui est de la classe moyenne, c'est surtout elle qui peuple les écoles privées.
    On est en 2012, pas en 1960..........

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