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Le mystère de la fécondation

Nestor Turcotte
 

Nestor Turcotte

Enseignant à la retraite

Dans un article publié sur le site, Le Cercle de La Presse, le mardi 9 octobre 2012, j'indiquais ce qu'était «un individu humain», car je fais une différence entre un individu humain et une personne humaine.

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Que dit la biologie au sujet de l'individu humain? L'individu humain commence lorsque se rencontrent deux messages génétiques: celui de la femelle et celui du mâle. Les anciens Grecs pensaient que le mâle seul communiquait le principe formel ou l'information et la femme simplement la matière.

Aujourd'hui, la biologie enseigne, selon Claude Tresmontant, que le mâle et la femelle communiquent chacun un message génétique. Le contenu de ces messages n'est pas identique en tous points. La femme communique un message qui vient de sa lignée et l'homme communique un autre message qui vient d'une autre lignée. Certains chapitres de ces messages sont identiques, ceux qui portent sur ce qui est spécifiquement l'homme, mais certains paragraphes diffèrent, ceux qui contiennent des renseignements portant sur des caractéristiques individuelles.

L'enfant ne sera pas totalement identique à la mère et ne sera pas identique au père. Il sera une combinaison des deux. La mère garde en elle les deux messages génétiques qui se fusionnent. Nous ne savons pas trop comment. Ce nouveau message est une masse infime de matière: quelques millionièmes de milligrammes. Ce message contient cependant toutes les instructions requises pour composer l'organisme de l'enfant qui va naître. Qui continuera à croître une fois sorti du ventre de la mère, selon les programmations contenues dans le message initial.

L'enfant conçu ne recevra pas d'autres informations jusqu'à sa naissance: les aptitudes, son génie, ses talents, ses instincts, tout cela est programmé dans l'instant de la fécondation. Ce télégramme unique, déroulé, mesurerait environ trois mètres de longueur.

On le sait maintenant (on ne le savait pas il y a moins de deux siècles): l'oeuf fécondé est quasi immatériel. Comment expliquer que cela se produise? La science ne le sait pas et ne peut l'expliquer. Ce qu'elle sait c'est que deux messages non identiques donnent naissance à une matière infime qui contient tout l'individu humain.

La science constate un fait: un individu humain commence d'exister par la rencontre de deux messages. Cela donne un être, une substance, une personne. Les deux messages (mâle et femelle) ne sont pas des substances, au sens philosophique du terme. Mais, mis ensemble, réunis ensemble, donnent, au terme de son développement, un enfant qui va parler et sourire à sa mère.

Devant le fait de la naissance d'un être, la science se tait. La philosophie prend le relais. Les deux messages génétiques ne suffisent pas à rendre compte de ce qui est devant nous, neuf mois après la rencontre des deux messages génétiques, à savoir la personne humaine.

C'est ainsi que se pose ici le problème de l'âme humaine. Je suis porté à penser, comme le philosophe Aristote, que c'est l'information qui est première, que c'est elle qui constitue l'organisme en informant une matière multiple. Le corps n'est rien d'autre que l'âme elle-même qui a informé et qui continue d'informer une matière multiple. Le corps humain c'est l'âme informant une matière.

L'organisation d'un être vivant ne peut-être le fruit du hasard. Il faut donc un principe d'organisation. Aristote la nommait: âme. Je n'ai pas d'objection à l'appeler principe d'information ou principe formel.

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Commentaires (11)

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  • Bonjour Jean-Léon,
    Je ne conteste évidemment pas la rationalité des philosophes grecs puisqu'ils avaient exactement, anatomiquement et fonctionnellement, le même cerveau que nous, mais beaucoup moins de connaissances scientifiques.
    La raison dont ils ont témoigné est d'autant plus méritoire qu'à leur époque le panthéisme était la règle et que la religion anesthésiait généralement toute velléité d'indépendance d'esprit. Cela n'a guère changé, depuis les monothéismes, pour la majorité de l'humanité, toujours inféodée à une religion ...
    C'est au niveau de l'évolution animale que "la rationalité est récente" (quelques dizaines de milliers d'années (?), au moins en tant que virtualité. Les autres primates (quadrumanes) en sont dépourvus, tout comme d'ailleurs de toute préoccupation métaphysique et donc de toute croyance religieuse. Ce ne fut pas un "progrès évolutif" à en juger par les innombrables guerres relieuses, la fréquente persistance, même de nos jours, de la croyance religieuse, des superstitions, de l'astrologie, etc. ...
    L'Histoire tente de décrire la succession des évènements, des civilisations, etc., mais elle n'a aucun droit à détenir ou à imposer une quelconque "vérité", le "fondement historique" étant interprétable selon la culture et la religion des historiens.

  • Aux modérateurs,
    je remarque depuis quelque temps que mes commentaires ne sont plus publiés..vous aije offensés ?6
    merci

  • Michel Thys, vous nous mitraillez littéralement d'affirmations saugrenues et sans aucun fondement historique. Non la rationalité n'est pas un fait récent et les précis de logique sont l'oeuvre des philosophes grecs. C'est votre passion de réécrire l'histoire?

  • Suite de mon commentaire :
    L'humanisme laïque, évidemment occulté par toutes les religions, dénonce seulement les religions, parce qu'elles exploitent la vulnérabilité, la « quête de sens » et la crédulité.
    Il considère enfin que, vu la composante irrationnelle et millénaire de l'être humain, en regard de l'apparition tardive de la rationalité, la foi restera encore longtemps légitime et respectable, a fortiori lorsqu'elle a été choisie en connaissance de cause plutôt qu'imposée par les religions et entérinée sans avoir été remise en question à la lumière de la réflexion et du libre examen.
    L'humanisme laïque prône donc un système éducatif, tant familial que scolaire, qui permette un choix effectif entre croyance et incroyance. Mais je pense qu'au-delà d'un certain âge, pour ne pas se déstabiliser, il devient assez rare, plus difficile, voire impossible, d'encore remettre en question ses options fondamentales.
    Que Nestor Turcotte n'y voie aucune allusion « ad hominem » !
    Ne pas partager ses conceptions ne m'empêche pas de les respecter.

  • Finalement, pourquoi ne pas appliquer « tout simplement » le « principe de parcimonie » du « rasoir d'Occam », ce moine génial (la solution la plus simple est a priori la meilleure) ? Puisque « Dieu », quel que soit son nom, n'a jamais donné le moindre indice concret et indiscutable de son existence réelle, c'est forcément que son existence n'est que subjective, imaginaire et donc illusoire. Encore faut-il que la foi ait été imposée affectivement dès le plus jeune âge, affectivement et donc en l'absence de tout esprit critique, surtout hélas en terre d'islam où l'apostasie est condamnée et où sont totalement occultées les alternatives des autres religions, et surtout celles, non confessionnelles, de l'humanisme laïque. Certes, celui-ci se passe de toute référence transcendantale, il est anti-dogmatique et anticlérical, mais il n'est pas pour autant antireligieux ni « athéiste » (à suivre).
    .

  • Citer Aristote ne fait pas de vous un philosophe.

  • Je soupçonne monsieur Turcotte de n'être pas un prof de philo mais plutôt un prof de catéchèse à la retraite...Ce texte ressemble plus à du charabia pro-vie et digne d'un sermon de "preacher", qu'à un texte scientifique. Ce que je n'aime pas de vos délires pro-vie c'est que vous ne faites de la femme qu'un réceptacle, un utérus sur patte, qui abrite le dessein de Dieu. Allons-nous un jour en finir avec ces âneries?

  • Le plus gros problème avec monsieur Turcotte c'est qu'il énonce ses élucubrations comme si c'étaient des vérités. Il s'aime quand il écrit. Ce n'est pas mon cas. « L'organisation d'un être vivant ne peut-être le fruit du hasard. » Désolé mais l'argumentation et les faits doivent précéder la conclusion, sinon ce n'est que de masturbation intellectuelle bonne pour des disciples soumis. Des relents cathos avec ça?

  • Décidément, je ne partage pas du tout les conceptions de Nestor Turcotte !
    « La mère garde en elle les deux messages génétiques qui se fusionnent . Nous ne savons pas trop comment ». C'est inexact : il y a longtemps que la génétique l'a déjà suffisamment compris.
    « L'oeuf fécondé est quasi immatériel ». Sans doute pour un poète ou un croyant dépourvus de microscope. L'ovule et le spermatozoïde sont évidemment matériels et observables.
    « Devant le fait de la naissance, la science se tait (...)» ! Désolé, mais aucun domaine observable ne peut lui être étranger et encore moins interdit. A moins évidemment de vouer un culte au « mystère » (= ce qui n'est pas encore connu ). Il est vrai que si l'on supprimait tout mystère, que resterait-il de « Dieu » et de la foi ? C'est ce qui a fait la fortune des religions ...
    «...) la philosophie prend le relais ». C'est surtout la religion ! Pourquoi Nestor Turcotte ne la mentionne-t-il pas, elle qui influence précocement et inconsciemment la philosophie de l'adulte ?  
    « L'âme humaine » ? L'esprit, la conscience se constatent par leurs effets. Ce n'est pas le cas de «l'âme ». Ce n'est pas « l'âme qui informe une matière multiple » mais les gènes, les chromosomes.
    « L'organisation du vivant est le fuit du hasard ». C'est ce que pensent les déistes et surtout les créationnistes, parce qu'ils n'ont pas pris conscience de l'influence que des milliards d'années a eue sur les processus évolutifs et la variété des espèces.

  • "Cette histoire d'âme, entité invisible, invérifiable et tellement flatteuse pour celui à qui l'on en concède une, est une invention formidable. Elle n'est pas la seule, toute religion est bâtie sur un système d'affirmations du même genre, impossible à démontrer et donc irréfutables, tout à la fois consolatrice et terrifiantes, mais, là, on est obligé d'admirer. Affirmer à une espèce animale, en l'occurrence la nôtre, qu'elle n'est qu'en apparence semblable aux autres par son aspect et la matière dont elle est faite, mais qu'elle possède, elle, une chose essentielle et sublime, immortelle de surcroît (vas y voir !), que les autres créatures de chair et de sang n'ont pas, que cette entité invisible est son véritable "moi" qui survivra à tout, le reste n'étant que vase provisoire, vile dépouille vouée à la putréfaction, et que cette "étincelle divine" la rend non seulement supérieure à toute espèce vivante, mais surtout différente en essence car procédant de la nature même de Dieu, ce qui lui donne droit de vie et de mort sur tout ce qui vit, quelle trouvaille ! C'est là le bon vieux coup de la race élue…"
    (François Cavanna / Lettre ouverte aux culs-bénits)

    Bonne discussion à tous
    J'ai vendu mon âme il y a fort longtemps
    et il existe une clause de confidentialité dans le contrat
    qui m'empêche d'en divulguer les détails à qui que ce soit...

  • Les hormones produites par la mère vont influencer très fortement le développement de l'embryon et du foetus. Les aptitudes, le génie, les talents et les instincts dépendent de l'apport de la mère après la fécondation. L'enfant qui va naître n'est pas déterminé à la fécondation.

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