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Pour un impôt universel

François Grand'Maison
 

François Grand'Maison

Chercheur médical et scientifique

Winston Churchill a déjà dit que la démocratie est la pire forme de gouvernement sauf pour toutes les autres formes. En effet, ce régime est loin d'être parfait. Une des plus grandes faiblesses de la démocratie est le potentiel de la «tyrannie de la majorité», ce que les Grecs antiques appelaient l'ochlocracie, ou l'oppression de la rue.

Les démocraties modernes se sont dotées de mécanismes pour éviter l'oppression de la majorité envers des groupes religieux, linguistiques, ethniques ou raciaux. Ainsi, au Canada, nous disposons de la Charte des droits et libertés, enchâssée dans la Constitution en 1985. On y protège les minorités de toutes sortes ainsi que la liberté d'expression. Mais pas un mot sur une minorité qui se sent visée au Québec depuis quelques temps: les «nantis». Vous riez. Vous avez raison, je blague.

Rien n'empêche que nombreux sont les «nantis» qui sentent une hargne de la population envers eux depuis l'annonce des hausses d'impôt du ministre Marceau. Compte tenu que 40% des électeurs ne paient pas du tout d'impôt et qu'un autre en paient 10% à peine, l'ensemble des payeurs d'impôt est presque minoritaire; les fortunés visés par Mme Marois ne constituent que 2,3% de la population.

Le père de l'économie politique, et celui qui a jeté les bases de la taxation moderne, Adam Smith, a écrit qu'un des rôles d'un gouvernement était de favoriser la redistribution de la richesse via la taxation. Il privilégiait un impôt progressif comme le pratiquent les social-démocracies d'aujourd'hui. Cependant, toujours selon Smith, ce même gouvernement avait l'obligation de protéger les «riches» des «pauvres» qui pourraient vouloir s'accaparer de leurs biens.

Au Québec, les «nantis» ne sentent pas cette protection du gouvernement. Au contraire, ils ont l'impression d'être jetés en pâture à la rue par le PQ pour le plus grand plaisir de la majorité des électeurs épargnés par le ministre. Électoralisme selon certains, populisme selon d'autres.

Alors que faire? Il est, bien sûr, ridicule d'inclure les «nantis» dans la Charte des droits et libertés pour les protéger de la rue et de Mme Marois. Voici donc une solution pratique à ce problème: un impôt universel. Si tout le monde, incluant les assistés sociaux, payait des impôts, ne fût-ce que 50$, et que la loi stipulait que toute augmentation de taxes doit obligatoirement s'appliquer à tous, nous pourrions éviter dans le futur le populisme dont fait preuve le PQ.

Évidemment, ce n'est pas très vendeur politiquement. Mais, éventuellement, quand nous serons acculés à la faillite comme les Grecs modernes, et qu'il n'y aura plus de riches au Québec, de telles options seront peut-être envisagées.

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Commentaires (23)

Commenter cet article »

  • Un impôt universel pour tous les Québécois, cela ressemble drôlement à la Poll tax de Margaret Thatcher. Totalement inégalité. J'aimerais rappeler que ce fut l'une des raisons de la chute de la Dame de fer. On voit que l'entraide sociale n'est pas une priorité pour tous...

  • @Stephanie Gignac-Lord 2012-10-02 16:07
    J'ai 62 ans et j'ai payé de l'impôt toute ma vie en tant qu'enseignante, et j'en paie encore à la retraite... Alors votre post que les retraités ne paient pas d'impôts est entièrement faux!!!
    De plus votre lien ne fonctionne pas, alors tant qu'à induire les gens en erreur, vous parlez au travers de votre chapeau, informez-vous intelligemment ou apprenez à lire et à bien comprendre ce que vous lisez...
    Les impôts devraient être supprimés et remplacés par une taxe élevée à la consommation: ainsi, aucne catégorie de citoyens ne serait épargnée, les riches, les pauvres, les motards, les prostituées, etc....

  • @merchillio la seule différence est qu'une étude commandée par un syndicat n'inspire pas une objectivité réelle. Tout le monde semble heureux des déclarations choque de la Commission Charbonneau ces jours-ci, mais on oublie un joueur majeur qui a même financé les projets avec les entrepreneurs.... bien oui les syndicats. 2.5 3 1 n'arrivent pas a 20-30%, M Zambito a probablement plus peur des syndicats que de la Mafia, car avec celle-ci son père peut l'aider...
    Dédé Desjardins, le curé défroqué qui veut diriger l’UQAM, les Métallos dernièrement qui voulait brasser la ministres, les comptes de dépenses, les syndicats qui veulent changer la qualité du français, le finacement et achat de condo a St-Léonard avec des entrepreneurs et la mafia etc... voila une institution québécoise qui a tout un pouvoir au QC sans jamais être redevable...ni a ses membres. comment pensez vous qu'ils achete la paix, voila les % qui manquent a l'équation.

  • @merchillio, Comme tu le dis si bien si tu la lue 1000 X et ne le comprend toujours pas, arrêté, tu n'y arriveras pas...

  • @anti-ch_primaire: "...ça m'a fait du bien de lire que 40 % des Québécois ne paient pas leur juste part d'impôts..."
    J'ai corrigé ta phrase un petit peu ^^ :)

  • Votre proposition ferait du sens seulement si elle serait appliquée de facon très graduelle. À moin d'un affaiblissement de la gauche au Québec, je serais surpris que ce la arrive. Mais on ne sais jamais...un petit gèle de la carte de crédit du gouvernement du Québec pourrait peut-être changer les choses... :)

  • @merchillio : complètement "dans l'champ" ce point de vue alternatif! La bière que tous boivent dans cette parabole représente les services que tous reçoivent de l'état. Oser prétendre que les contribuables reçoivent de l'état des bénéfices proportionnels à l'impôt qu'ils payent est soit complètement idiot, soit purement malhonnête.
    Ce mythe du pauvre qui fait des heures supplémentaires alors que le riche boit sur son bras en se la coulant douce est d'un ridicule qui dépasse l'entendement. Comme si tous ces "riches" le sont par pure chance ou parce qu'ils ont hérités d'une fortune familiale.
    Réveillez-vous, à part quelques rares exceptions, les "riches" à qui le PQ envoie la facture sans aucune gêne le sont parce qu'ils travaillent fort, et ils payent déjà largement leur part. Malheureusement, il semble que c'est pas assez de leur refiler la facture, faut aussi cracher dans leur assiette pour être certain qu'ils ne profitent pas du fruit de leurs efforts.

  • @ Stéphanie Gignac-Lord
    J'aurais aimé lire! Mais l'adresse internet que vous nous avez fourni ne mène nulle part.

  • @gazman Bon texte (qu'on n'a certainement pas lu 1000x ce mois-ci), mais avez vous lu celui-ci, même situation, différent point de vue: http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/petit-cours-sur-les-inegalites

  • Toutes ces discussions des dernières semaines portent sur qui paie de l'impôt et qui n'en paie pas. Pourtant, ce qui est important, c'est ce qui reste à chacun pour vivre une fois l'impôt payé. Si on s'intéresse à cet aspect de la situation, la perspective est totalement différente. Resserrons l'écart des revenus, et chacun pourra payer sa juste part...
    Or, cet écart ne cesse de s'agrandir. Plus de pauvres qui n'ont pas les moyens de payer l'impôt, et des riches de plus en plus riches qui ne veulent pas en payer... L'inégalité crée l'inégalité...

  • Effectivement, si on laisse Pauline la Gauche faire à sa guise (heureusement qu’elle est minoritaire!), on va bientôt se retrouver avec très peu de « riches » au Québec, car ils auront soit quitté la province, soit arrêté de travailler après avoir atteint leur niveau maximal de taxation car, à 55% d’impôt, pourquoi en faire plus?
    Et le 40% de non-payeurs va passer à 45%, 50%...
    À la fin, les solidaires en seront réduits à se taxer entre eux pour avoir leur nanane. J’ai hâte d’assister à ça… de loin!

  • ou cela des pauvres?!?!!?
    Il ne faut jamais avoir quitter cette province minuscule pour croire qu'il y a des pauvres au Qc.
    Le système est brisé et de part et d'autre, tout le monde cherche à tirer la couverture de son côté.
    Ne vous en déplaise, ceux qui ont les moyens seront ceux qui ont le choix et les choix ne seront pas axé sur la philanthropie at large.
    S.Roberge

  • Les Québécois on la mémoire courte et nos gouvernement le savent...
    http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/200901/09/01-692500-petit-cours-de-fiscalite.php
    Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie.
    «J'ai seulement eu 50 cents sur les 10$ de remise», dit le sixième et il ajouta, montrant du doigt le dixième: «Lui, il a eu 5$!!!»
    «C'est vrai», s'exclama le septième. «Pourquoi il aurait eu 5$ de rabais alors que moi je n'ai eu que 1$? Le plus riche a eu la plus grosse réduction!»
    «Attendez une minute, cria le premier homme. Nous quatre n'avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres».
    Les neuf hommes cernèrent le dixième et l'insultèrent.
    Le jour suivant, le dixième homme ne vint pas. Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer, ils découvrirent quelque chose d'important: ils n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l'addition.
    Et cela est le reflet de notre système d'imposition. Les gens qui paient le plus d'impôts tirent le plus de bénéfice d'une réduction de taxe et, c'est vrai, ils resteront plus riches. Mais si vous les taxez encore plus fort et les condamnez à cause de leur richesse, ils risquent de ne plus se montrer.
    Pour ceux qui ont compris, aucune explication n'est nécessaire.
    Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible.

  • Allez lire! Vous comprendrez mieux à quoi ça sert les impôts et qui n'en payent pas (les moins de 25 ans, souvent étudiants, et les plus de 60 ans , retraités).
    http://csq.qc.net/fileadmin/CSQ/Internet/documents/portail_csq/documentation/notes_rapports_de_recherche/portrait_fiscalite_perspectives_quebec.pdf

  • Mon cher monsieur,vous avez raison.
    Il ne sera pas long que le système financier va s'écrouler.
    Et après,les riches seront plus riches,et les pauvres seront plus pauvres.
    Prenez votre mal en patience,la lutte des classes s'en vient,et vous aurez vengeance sur la hargne de la population!
    Quelle triste époque!
    On fait marche arrière,réveillez-vous!

  • J'ai été surpris d'apprendre que 40% des québécois ne paient pas d'impôt. Je trouve cela énorme mais, avant de me prononcer, j'aimerais savoir qui sont ces québécois qui ne paient pas d'impôt. Pour quelles raisons est-ce qu'ils ne paient pas d'impôt? Je crois que ces précisions nous permettraient d'avancer dans le débat. Est-ce un problème particulier au Québec ? Dans les pays scandinaves qui pratiquent le socialisme est-ce que seulement 60% des gens paient de l'impôt?

  • J'avais déjà lu quelque chose d'intéressant: que personnes ne soient imposés et qu'on augmente les taxes des produits de consommation (sauf la bouffe évidemment).
    Ainsi, les gens qui ont les moyens de consommer beaucoup paient beaucoup de taxes, et ceux qui consomment moins en paient moins. Est-ce utopiste? En fait, ça pénaliserait tous les gens qui ne paient pas d'impôt du tout...
    Hm.

  • Sauf mauvaise compréhension, n'est-ce pas précisemment ce que le gouvernement vient d'enlever avec la "taxe sur la santé" de 200$ par année ? Tous devrait contribuer, au minimum de façon symbolique à l'état, mais ceci semble totalement contraire à la politique du PQ. Le montant d'impôt fixe pourrait même être ajouté au prestation d'assurance sociale pour un changement nul en fin d'année pour les moins nantis; seul la perception de l'impôt changerait.
    Sans commenter le "40% de la population ne paie pas d'impôt au Québec", j'aimerais rajouter que nous payons tous les taxes à la consommation, indépendemment de notre revenu.

  • Pour la personne qui n'a que 200$ par semaine pour nourrir une famille de 4, l'augmentation de 50$ ne représente pas du tout la même chose que pour quelqu'un qui soupe au restaurant quelques fois par semaine, elle est là la faille dans votre raisonnement. Il est difficile de bien saisir la situation quadn on n'y a jamais été confronté. Aujourd'hui, j'ai un salaire très confortable, et si j'accepte de payer mes impôts, je ne demande seulement qu'isl soient bien utilisés, mais il y a eu une époque où la question à la fin du mois n'était pas "vais-je devoir emprunter de l'argent pour payer mon loyer et mes études" mais plutot "à qui vais-je emprunter cette fois-ci"
    Il ne faut pas oublier que la hausse d'impôt proposée par le PQ ne s'applique qu'aux montants dépassant le 130 000$ en revenu imposable (donc pas sur les revenus au complet, et surtout après avoir acheté des REER, après toutes les déductions), on est loin du lynchage des riches par la foule armée de fourches et de torches.

  • 50$, ça semble peu pour vous, mais pour une personne qui a un très faible revenu, c'est beaucoup d'argent.
    Si donner cela en impôt devait risquer d'empêcher un enfant de manger ou faire en sorte qu'une famille pauvre n'arrive pas à payer son loyer et se retrouve à la rue, je préfère de loin que ces "pauvres" bien-nantis essuient une hausse de moins de 2 point quelque pourcent.
    Un impôt universel pourrait être pensable dans une société où il n'y aurait personne à très faible revenu - si c'était possible. Dans le cas contraire, l'impôt progressif est le seul système juste.
    En outre, il serait injuste d'ajouter au poids financiers des familles pauvres alors qu'énormément d'argent se perd dans la corruption et l'évasion fiscale de toute sorte.

  • Il faudrait effectivement que ça marche comme ça. Un impôt progressif peut-être, mais payé par tous. Ou sinon, on laisse tomber l'impôt sur le revenu et on ramasse tout en taxes sur la consommation, mais ça engendrerait d'autres problèmes. Il faut que tout le monde paye, même un petit 50 $ symbolique. Je ne peux pas croire que quelqu'un, quelque part, va se retrouver dans la rue si on lui prend 50 $/année.
    Quoique bon, de mon côté, l'histoire du 40% qui ne payent pas d'impôts, je la trouve tirée par les cheveux. Ce chiffre comprend certainement toutes sortes de personnes qui, dans les faits, ne peuvent pas payer. Par contre, si on pouvait aller chercher ne serait-ce que 40% de ce 40%, ce ne serait pas du vol. C'est impossible que 40% d'une population ne soit pas en mesure de payer d'impôts, sinon on a un méchant problème. Si ce chiffre se situait plutôt à 10 ou 15%, j'y croirais.
    B. Boyer

  • Comme monsieur Lefebvre, monsieur Grand-maison propose de faire payer les pauvres pour éviter de payer lui-même. Tout un projet de société. Faire payer l'impôt à une personne assistée sociale qui a moins de 600$ par mois pour vivre... Essayer le donc quelques mois.
    Jean Petitclerc

  • Solution simpliste, ridicule et inapplicable. Vous avez vraiment pris la plume pour nous pondre cette foirade?
    En passant, merci pour ce 6 809ième billet super original sur le sujet, ça m'a fait du bien de lire que 40 % des Québécois ne paient pas d'impôts, je l'avais presque oublié, étant donne que je n'ai lu en moyenne ce constat que 476 fois ces derniers jours, une baisse de 21,6 % par rapport aux autres semaines.

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