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Fessée et châtiment corporel

Georges LeSueur
 

Georges LeSueur

Un sujet quasi-tabou. Un sujet éveillant en moi des souvenirs, vécus au temps inconnu des jeunes d'aujourd'hui. La guerre 39/45. En Europe.

Une membre du Cercle La Presse, dans un article que personne ne contestera, a dénoncé le châtiment corporel subi par des enfants. Elle revient sur son passé où le père a usé (abusé?) de son pouvoir.

S'il faut clairement dénoncer les abus que subissent des enfants maltraités et victimes de parents violents que l'on retrouve en tout milieu social, où tracer la ligne ?

L' «abus» est un mot suspect qui recouvre plusieurs réalités - toutes rassemblées sous un même vocable, inceste inclus ! - Comme le terme «agression» utilisé pour désigner le viol autant que «la main baladeuse» sur un sein ou une fesse (L'emploi de mots réducteurs est en soi une hypocrite condamnation.) Fermons la parenthèse.

Mais on a poussé «le bouchon» si loin dans nos sociétés aseptisées, que tout geste vif devient suspect et est considéré comme un excès que certains sont prêts à inscrire dans les lois. Ce qui serait une erreur.

Entendons-nous: une tape n'est pas une «correction» donnée avec une ceinture ! Et le bras de l'enfant turbulent ou rageur que l'enseignant serre un peu fort, n'est pas un abus !

L'enfant ne garde pas rancune pour un geste vif s'il comprend que sa désobéissance en est la cause.

L'important est qu'il sache que son père, sa mère, l'aiment, le protègent et le veulent bien élevé pour devenir un ado et un adulte responsable. Un adulte conscient des valeurs essentielles : franchise, honnêteté, respect, tolérance et entraide, ces réalités raréfiées. Un adulte respectueux d'autrui ; et aussi des animaux.

C'est pourquoi les parents doivent garder une liberté d'action afin d'obtenir de leur enfant obéissance et respect.

Oui ! La ligne est mince entre ce que peut et doit se permettre un parent, et ce qui devient excessif et réprouvable.

On s'entend pour admettre que toute fessée, tape ou gifle ne doivent plus faire partie des pratiques normales et fréquentes à l'égard de l'enfant comme c'était le cas autrefois. Mais l'interdiction absolue de ces agissements inscrirait dans les lois un recul des parents dans l'éducation de leurs enfants. Pour les confier à l'État.

Les parents n'auraient qu'un rôle de famille d'accueil et pourvoyeurs obligés. Ceci dit, au strict plan légaliste de la question.

Or, il est essentiel de leur laisser la responsabilité morale de l'éducation. À ne pas confondre avec l'instruction - dispensée, elle, principalement à l'école.

La rapidité des changements opérés dans la société et la perte d'influence du catholicisme, la formulation des Chartes des Droits, banalisant les interdits et nivelant les différences en donnant la prépondérance à l'individu, ont bouleversé les mentalités.

Ces avènements ont participé à restreindre le rôle des parents et enseignants, en leur laissant un sentiment de confusion, voire de crainte.

Il devenait acceptable de laisser l'enfant et l'ado se défaire du carcan familial et professoral. Jusqu'à leur permettre ce qui était «péché» et licencieux hier.

On voit des jeunes de 15 ans vivre une complète sexualité sous le toit maternel. Et changer de partenaire tous les trois mois, comme le rêvent peut-être, certains de leurs guides, adultes convertis à ces pratiques.

Un long cheminement mène l'enfant à la condition d'adulte sain, physiquement et mentalement. Il apprend davantage à voir évoluer les adultes et à les copier par l'exemple qu'en se faisant enseigner didactiquement.

Vouloir trop légaliser les comportements parentaux, c'est en fait les juger incapables d'éduquer convenablement leur enfant. C'est les considérer incompétents.

Pourquoi amorcer un désengagement lourd de conséquences ? Et transmissible !

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Commentaires (8)

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  • Affirmer que sans avoir le droit d'utiliser la violence « Les parents n'auraient qu'un rôle de famille d'accueil et pourvoyeurs obligés », c'est la preuve qu'on ne sait pas ce que que veut dire le mot « éduquer » et qu'on est indigne d'être parent. Il est possible d'éduquer un enfant sans faire usage de la moindre violence et il me semble impératif d'interdire l'usage de toute violence envers les enfants, sauf en cas de légitime défense, bien entendu.

  • Je viens de lire que deux personnes (un enseignant et une directrice d'école) se sont fait tabasser par des élèves. Alors nous, les parents, on n'a pas le droit d'avoir la "main leste" comme disait ma grand-mère. Mais les adultes en état d'autorité doivent subir le comportement déplorable de ces enfants-rois que nous avons mis au monde. BRAVO !
    De toute façon, il y a un monde entre l'éducation dispensée en Europe et en Amérique du Nord... je ne commenterai pas.

  • Des parents qui n'ont pas assez d'intelligence ou d'imagination pour éduquer leus enfants sans les agresser physiquement, ne devraient même pas avoir le droit d'avoir des enfants.

  • C est certain que si on compare les époques on risque de trouver des extremes tant hier qu aujourd hui. Autant on peut prétendre qu il y a eu d innacceptables abus des personnes en position d autorité autrefois, autant on peut se demander qui et comment instaurer la discipline nécéssaire pour fonctionner en société.
    Personne n oserait proner un retour aux mesures disciplinaires d autrefois mais peut-être serait il bénéfique de mettre de l avant l importance des valeurs de base que tout être humain doit posséder pour fonctionner en société. Avec le rejet de l emprise de l\'église s est aussi effrité l autorité parentale et la transmission de l exemple et des valeurs familiales. Pourtant ces valeurs ne changeront jamais que ce soit le respect,la compassion,la politesse et j en passe.
    Au nom des droits des humains de tous âges on a pris pour acquis que jeunes et vieux avaient la maturité de s assurer que tous possédaient les outils pour affronter ce que les années nous apportent.
    Pour que les moutons soient bien gardés...Il faudrait que tous jouent leur role mais surtout qu ils soient en mesure de le faire. Tous les parents ne sont pas équipés pour être parents,les professeurs ont étés dépouillés de leur pouvoir autoritaire, les enfants n ont plus le droit d être des enfants et l interdit disparait de plus en plus.
    Toutefois, je persiste à croire que la majorité des jeunes s en sortent fort bien et qu ils sont plus solides aujourd hui face à des situations qui auraient semblées impensables hier . Voila pourquoi nous devons offrir aux plus faibles toutes les avenues pour parvenir à s en sortir avec un équilibre décent face à l adversité. Étrangement parmis ces plus faibles il semblerait qu il y ait manqué à un moment donné de leur évolution un bon coup de pied au luc ou une tendre main tendue. Alors le chatiment corporel c est autant le manque d affection que le manque de discipline, un étant plus positif que l autre...
    Mais dans tous les exemples d invraisemblances ,d abus et de tragédies il n y a qu un point en commun vraiment c est le parent. La clé de toutes civilisations depuis des miliers d années a toujours été et sera toujours le role des parents comme moule de l être humain. C est ce qui fait toute la différence entre un équilibre précaire et un être humain solide et lucide.

  • Vous semblez oublier l'essentiel: un enfant, pour bien se développer (et ainsi développer des relations saines avec des personnes de l'autre sexe) a besoin de l'exemple, du modèle d'un homme fort. Or, un homme, un vrai ne s'accepterait jamais, jamais à taper sur plus faible que lui.

  • L'exemple de l'ado qui reçoit ses maîtresses au domicile familial illustre surtout la démission des parents devant leurs responsabilités. Et fesser un ado ne fonctionnera pas.
    Le châtiment corporel est un expédient facile, un peu comme tirer d'abord et parler ensuite. Les parents doivent parler d'abord et j'ajouterais, exclusivement, en expliquant les limites et les sanctions en cas de transgression. S'ils n'ont pas le temps de parler, qu'ils se contentent d'un toutou.
    Quant à la «crainte du gouvernement» que vivraient les parents, demandez aux enseignants ce qu'ils en pensent.

  • Le fameux printemps érable nous a démontré que, lorsque des personnes majeures choisissent de défier l’autorité, ils s’exposent à subir certaines formes de châtiments corporels. Je ne veux pas suggérer ici qu’il faille user des gaz lacrymogènes ou des bombes assourdissantes contre nos enfants ou nos adolescents. Toutefois, il me semble que, dans la mesure où l’éducation se veut une préparation à vie adulte, la liberté d’action souhaitée par monsieur Lesueur permettrait aux parents et aux enseignants de prodiguer une éducation un peu plus en phase avec ce qu'est réalistement la vie adulte.

  • Monsieur Lesueur,
    nos sociétés occidentales modernes ont délaissé les châtiments corporels parce qu'elles se sont rendues comptes qu'elles étaient à la fois inefficaces et injustes. Elles entrent également en contradiction directe avec les valeurs que vous qualifiez d'essentielles: la franchise et l'honnêteté, puisque pour éviter des punitions, les enfants apprendront à mentir, et la tolérance, puisque punir est faire preuve d'intolérance par rapport aux autres. Le seul respect qu'il leur est enseigné est celui de l'usage de la force, et qu'il est correct d'utiliser systématiquement la force pour obtenir ce qu'on veut des autres. Voulons nous vraiment vivre à nouveau dans une société formée par de tels individus? Je vous rapelle que depuis que ces méthodes sont tombées en désuétudes il y a une quarantaine d'années, le taux de criminalité à diminué systématiquement d'une année à l'autre, et qu'il faut 3 fois moins de policiers aujourd'hui pour contrôler la population qu'autrefois.

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