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Saint Thomas

Jerry Beaudoin
 

Jerry Beaudoin

Enseignant au primaire

J'ai toujours apprécié le docteur Réjean Thomas, tant en raison de l'ensemble de son oeuvre que pour la grandiloquence de ses propos.

Récemment, sur les réseaux sociaux, il donnait son avis sur la hausse d'impôts aux mieux nantis envisagée par le gouvernement du Parti québécois.

Il s'exprimait alors ainsi : «Je fais partie de ces riches qui vont payer plus d'impôts. Je ne suis pas super heureux de cette nouvelle évidemment. Qui le serait? Mais je ne crois pas non plus que ce soit la catastrophe annoncée. Ce qui m'agace surtout dans le discours des libéraux c'est qu'ils prétendent qu'il n'y a que les riches qui travaillent fort. Je connais plein de gens (et je pense à mon père charpentier qui a travaillé beaucoup plus fort que moi et dans des conditions bien plus difficiles (par exemple, le nord, les grands froids, etc.) qui travaillent aussi fort sinon plus et méritent que leurs conditions de vie soient améliorées.»

Loin de moi l'idée d'élever les propos du docteur Thomas au rang de bréviaire politique révélant une quelconque vérité infuse, mais force est d'admettre que ses dires rejoignent drôlement ma pensée profonde sur le sujet.

Personnellement, tout autour de moi, je vois, depuis des années, des gens bûcher, travailler dur (parfois huit jours sur sept!), devoir se contenter de salaires de crève-faim et de retraites plus que modestes.

Mon grand-père et plusieurs de mes oncles, qui exercent le métier de camionneurs, font partie de ces passionnés qui ne comptent pas leurs heures. Ils méritent eux aussi de pouvoir avoir leur part du gâteau.

Comme plusieurs milliers de Québécois de la classe moyenne, ils ont eux aussi subi de durs coups au cours des dernières années avec la hausse du fardeau fiscal mis sur leurs épaules par le gouvernement libéral. Il est temps de commencer à penser à ces grands oubliés de la dernière décennie!

Il est vrai que les Québécois ont passé un message au PQ lors des dernières élections en élisant un gouvernement minoritaire. L'écoute doit certes devenir le plus puissant des leitmotivs qui guidera les actions gouvernementales.

Or, libéraux et caquistes devraient cesser de jouer aux paons avec cette perspective puisqu'il ne faudrait surtout pas se restreindre à une simple écoute de ce que les partis de l'opposition pensent. Le chantage partisan deviendrait alors beaucoup trop facile.

Au printemps dernier, le Québec était l'hôte d'un des plus grands mouvements sociaux de sa courte histoire. Plus qu'une lutte contre la hausse des frais de scolarité, c'est pour une vision commune et emballante du Québec de demain que se sont battus des milliers de Québécois.

Des hommes et femmes de tous âges, mais particulièrement de la jeune génération, ont véhiculé le message que, plus jamais, le fardeau financier des prochaines années ne devait être relégué à une seule génération.

Si chacun doit faire sa part, les riches ne devraient pas être mis sur un piédestal et considérés comme des intouchables par les libéraux et caquistes. Il y a là un non-sens.

Le printemps érable a porté un message fort. Ce fut un combat pour la solidarité sociale, pour la justice et l'équité. Les casseroles ont raisonné. Elles aussi, il faut les écouter.

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Commentaires (11)

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  • Ainsi donc, monsieur Beaudoin, vous chérissez «la grandiloquence» des propos du docteur Thomas. Je vous copie ici la signification du terme GRANDILOQUENT:
    GRANDILOQUENT adj. (du latin grandis, grand, et loqui, parler)
    Qui parle ou qui écrit avec grandeur, avec emphase et affectation. Un discours grandiloquent ; un style grandiloquent. La grandiloquence n'est pas le caractère du grand orateur ou du grand écrivain, au contraire. Le plus souvent, la grandiloquence ne couvre que de l'ignorance et de la présomption.
    L'éloquence est une qualité, la grandiloquence est un défaut. L'homme simple et sincère s'exprime modestement, sans faste et sans pompe, et de façon à être compris par tous, tandis que l'individu grandiloquent ne dit fréquemment que des choses banales et vides de sens qu'il entoure d'exagérations. Soyons toujours sobres dans nos paroles comme dans nos écrits et gardons-nous d'être grandiloquents ; nous serons mieux compris.
    Je conclus que vous ignoriez la signification exacte du mot GRANDILOQUENCE quand vous l'avez employé. Ce n'est pas plus grave que cela, on ne vous emprisonnera pas, sauf que vous avez insulté votre idole, le docteur Thomas.
    Ne devriez-vous pas vous excuser?
    Autre chose: nous avons tous un camionneur qui travaille fort et ne gagne pas assez cher dans nos familles. Qui voulez-vous donc faire pleurer en parlant de vos oncles et votre grand-père? Ça ne fait pas un argument. Dites donc franchement que vous ne voulez pas payer le $200.00 et que vous voulez le faire payer par ces prétendus riches que vous enviez et détestez. Avez-vous bien saisi que le problème, ce n'est pas payer des impôts, c'est en payer rétroactivement? C'est ça qui ne passe pas. Quand monsieur Lévesque a diminué les salaires de la fonction publique par décret il y a 30 ans, alors qu'il lui avait accordé des augmentations monstres quelques mois auparavant, cette rétroaction n'a pas passé non plus. Finalement, ce n'est pas gênant du tout de se promener au Québec quand on a été taxé à plus de 50% pendant 40 ans. C'est le cas de ces «riches» dont vous pensez qu'on les met sur un piédestal.
    Je vous cite en bout de ligne le frère Untel: IL NE SUFFIT PAS D'ÊTRE PAUVRE POUR AVOIR RAISON
    CLAUDE DUFOUR

  • Ce Jerry beaudoin a du Adrien Arcand en lui. Brasvo!

  • Je crois que le PQ, s'il veut abolir la taxe santé, devra plutôt regarder du côté des dépenses. Je comprends aussi ceux qui gagnent plus de 130 000$ d'être contre cette hausse. La plupart travaillent de longues heures et ils mettent beaucoup d'efforts à leur réussite et ce parfois au dépens de certaines choses qui leur tiennent à coeur.
    Il est parfois difficile d'imposer ses idées. La solution facile ( hausse des impôts) n'est pas toujours la meilleure.

  • Pour avoir parcouru un grand nombre d'articles et de blogues, je crois que St-Thomas ne peut justifier aucunement son argumentation sur le dos des libéraux. Dans mon entourage, caquistes, péquiste et libéraux sont divisés sur la question.

  • @c.s.halle :
    J'espère que c'est de l'ironie, sinon ...
    Quoiqu'il y a sûrement des gens qui pensent comme ça!
    F. Gagnon

  • Vous avez raison: laisser entendre que les gens qui gagnent plus le font parce qu'ils travaillent plus fort est particulièrement insultant pour la majorité de la population. Des gens qui multiplient les heures de travail, d'autres pour lesquels un temps plein sans heures supplémentaires est déjà à la limite des capacités humaines (en santé, par exemple), certains qui ont fait des études universitaires pour avoir un salaire à peine plus élevé que ceux qui n'en ont pas (en santé et en éducation, tu as beau avoir un bac et plus, tu es souvent payé moins cher que bien des techniciens), certains qui ont dû quitter leurs études assez tôt pour des raisons familiales ou tout simplement parce qu'ils n'ont pas les aptitudes (donc ce n'est pas l'effort qui manque: méritent-ils d'être méprisés par ceux qui ont fait de longues études), ceux qui travaillent peu ou ont arrêté de travailler pour des raisons de santé (sont-ils moins méritants parce qu'ils ont un cancer, font de l'arthrite sévère ou autre? - les possibilités sont innombrables). Autant de cas de figure que de métiers, que de postes, que de personnes. Laisser entendre que plus on gagne, plus on est méritant et travaillant, c'est faire preuve de cruauté ou du moins d'ignorance. C'est aussi ridicule que de dire que ceux qui gagnent 130 000$ et plus sont des exploiteurs qui ne lèvent pas le petit doigt.
    La vraie question est de savoir comment on redistribue les richesses pour avoir une collectivité en santé, en sécurité, éduquée et qui bénéficie d'infrastructure qui font de notre province un endroit propice pour les employeurs et les travailleurs. Les uns ne peuvent pas exister sans les autres.

  • Votre opinion sur les résultats du "printemps érable" est votre vision des choses et ne représente évidemment pas une affirmation factuelle. Nous y avons vu des gens qui, comme vous, demandent plus de justice sociale et d'équité. Auriez-vous la gentillesse d'instruire ce qui me semble être une partie importante de la population, ce que représente cette "justice et cette équité"?
    Bien que mon avis ne vaille pas plus que le vôtre, je crois qu'il est important de s'occuper des démunis. Mais tous ne sont pas démunis. Certains aiment vivre aux crochets de la société et c'est ce qui rend le système que vous défendez si injuste. Comment stimuler la croissance et l'innovation dans une société qui récompense la paresse ou l'inaction?
    Ne vous méprenez pas sur mon orientation politique. Je ne suis pas un de ces méchants "drettistes" et je suis à des années lumière de gagner un salaire me classant parmi les "riches". Je suis simplement partisan de l'idée qu'il faut arrêter de donner du poisson à ceux qui peuvent pêcher. Plus tu pêches, plus tu as de poissons. Et je suis le premier à vouloir partager mes poissons avec ceux qui ne peuvent pas pêcher. Vous comprenez?
    Pour ceux qui n'auraient pas encore lu cette petite analogie, je vous invite à aller lire ce court texte.
    http://www.laissemoitedire.com/pages/quand-l-impot-est-injuste-3422293.html

  • Il faudrait avoir la citation exacte d'un ministre libéral qui a dit :"il n'y a que les riches qui travaillent fort". C'est comme faire dire à Pauline Marois "J'ai toujours détesté mon mari parce qu'il est riche." et pondre un texte d'indignation à ce sujet, c'est pas fort... ça relève des journeaux à potins.
    Il y a la masse normale des gens, "cruellement heureux", disait Félix, d'avoir à se lever le matin et à faire des tâches ardues pendant toute la journée, des gens qui ne sont pas payés autant qu'on les aime lorsqu'on est un fils ou un frère et qui le seront jamais de toute façon.
    Il y a aussi beaucoup de gens qui se servent d'eux pour parler à leur place et se faire du capital sympathie qui peut servir à beaucoup de choses.
    Il devrait y avoir chaque année un trophée à la personne qui travaille le plus notre "pathos", qui s'est fait connaitre pour le plus grand nombre de cause qui au fond l'indiffèrent profondément mais qui servent à le maintenir à l'avant-scène pour un but tout à fait personnel.
    Les mises en nomination sont :
    -Dominic Champagne : le jury n'a rien compris ni à ces mises en scènes ni à ses causes mais voit quand même le but de ce gars qui, s'il se fie uniquement sur son talent d'artiste, va être obligé de se mettre sur le b.s dans pas grand temps.
    -Xavier Dolan : Un pathétique de première qui a pris la cause homosexuelle pour faire des films, a pris la cause du carré rouge pour présenter ses films et a pris la cause indépendantiste lors de son passage à "Tout le monde en parle" et a versé sa petite larme de circonstance pour promouvoir son film.
    -Dan Bigras : l'histoire d'un gars aussi mauvais en chanson que dans le rôle de l'ancien délinquant qui a réussi et qui revient aidé ses anciens amis mais qui persiste à essayer de nous tirer des larmes sur télé-Québec parce qu'il ne pogne plus autrement que devant un public captif.
    -Pauline Marois : C'est toute sa vie de se trouver des causes pour se mousser elle-même et quand elle n'en trouve pas, elle en fabrique de toutes pièces. Rappelez-vous l'histoire des cancéreux en autobus vers les États-unis ! Il y a une sorte de génie là-dedans, c'est elle qui avait provoqué le problème et elle se présente en messie des gens atteintes de cancers. Faut le faire ! et elle réitère maintenant avec le problème de l'équilibre budgétaire, elle coupe un milliard et veut se faire applaudir pour aller chercher le milliard chez les "riches".
    Et la gagnant est Madame Marois évidemment mais avec mention honorable à Jerry Beaudoin qui écrit ce texte en se croyant sauveur des pauvres et en oubliant que ces questions d'impôts et de justice fiscale ont été débattues avant que Pauline Marois prennent le pouvoir. Seulement l'impôt c'est l'art de prendre des plumes sur la poule sans qu'elle ne s'en aperçoive, pas de faire fuir la poule.

  • Je ne crois pas que ce soit l idée de l impot supplémentaire le hic mais bien plus la rétroactivité de l initiative. Pour paraphraser les propos d un douteux ministre des finances il faut que chacun paye sa juste part et concretement les échappatoires fiscaux permettent de remettre en question les effets réels d une telle mesure fiscale dans les circonstances.
    Je ne crois pas qu une seule mesure puisse faire en sorte que le budget soit équilibré particulierement quand le gouvernement défait te laisse des surprises avouées.
    Je suis d accord avec vous toutefois qu il faut ré-orienter la facon de faire québécoise en fonction de la collectivité et non plus du bénéfice personnel.
    Il y a sans doute un équilibre possible entre les deux visions mais pour ce faire, il faudra prendre des décision, agir et faire en sorte que nous puissions assumer nos décisions maintenant sans domper la facture aux générations futures.

  • Pourquoi ne pas payer les gens en fonction des calories dépensées? Ou en fonction de leurs conditions de travail? L'idée de payer les gens en fonction des services ou des produits qu'ils peuvent offrir est complètement dépassée. N'importe qui peut faire le travail du docteur Thomas (nous avons tous les mêmes capacités, non?), alors que presque personne ne veut passer ses journées à nettoyer des toilettes. Le bon sens serait donc de payer les femmes de ménage 400 000$ par année et le docteur Thomas 20 000$, et puisqu'il aime son travail de toute façon, n'est-il pas déjà amplement récompensé?

  • Toute la contestation publique sur ces hausses d'impôt vient de ceux qui gagnent plus de 130 000$/an . Ils ont l'argent pour se faire entendre et lancer leurs menaces de quitter le Québec.
    On n'entend pas la masse silencieuse des gens ordinaires pour qui 200$/an de moins à débourser représente un gain. La majorité silencieuse porte bien son nom.
    J'étais moi-même un travailleur qui a gagné dans ses bonnes années 50 000$. Je travaillais de jour et de nuit sur des factions de 12 heures et j'ai dû abandonner avant ma retraite pour des raisons de santé sans avoir pu accumuler des revenus suffisants pour prendre une retraite à l'abri des soucis financiers. Je devrai bientôt retourner sur le marché du travail. Alors, pour moi et ma conjointe, ce congé de taxe est le bienvenu. Et je suis loin d'être le seul à m'en réjouir.

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