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Le pari de l'audace

Jerry Beaudoin
 

Jerry Beaudoin

Enseignant au primaire

Dans quelques heures, Pauline Marois annoncera la composition de son gouvernement. Plusieurs commentateurs unissent leurs voix pour dire que Mme Marois n'aura d'autre choix que de baisser pavillon sur certains de ses engagements et qu'elle devra se contenter de gouverner par consensus. Un administration ronron petit patapon finalement! Or, en mon sens, il s'agit là d'un piège vicieux pour le Parti québécois, alors qu'il devra se démarquer des libéraux qui ont géré à la petite semaine sans grande vision. Et si la première ministre surprenait tout le monde et faisait plutôt le pari de l'audace?

D'abord, au niveau de la formation de son conseil des ministres, Mme Marois pourrait sortir des sentiers battus. Si Nicolas Marceau et Réjean Hébert s'imposent aux finances et à la santé, les autres postes à combler laissent davantage de latitude à la chef péquiste. L'arrivée d'un Jean-François Lisée ou d'une Véronique Hivon à l'éducation, par exemple, aurait de quoi surprendre, mais les bénéfices pourraient être majeurs pour ce ministère névralgique du gouvernement québécois. Après un conflit étudiant d'une ampleur qui étonne encore, un peu de fougue et de détermination seraient sans doute les bienvenus pour remettre de l'ordre dans le fouillis laissé par les libéraux.

Durant la campagne électorale, Pauline Marois, un peu coincée par la question d'un militant, a aussi affirmé que le jeune Léo Bureau-Blouin, nouvellement élu dans Laval-des-Rapides, ne serait pas ministre de sitôt dans son gouvernement. Et si madame changeait d'idée? Certes, certains (dont mon bon ami Pierre-Luc) fronceraient les sourcils et décriraient sans doute le geste, mais la population y verrait sans doute une bouffée d'air frais pour tout le système politique québécois. Il pourrait bien être nommé ministre délégué à la Jeunesse, un poste junior qui permet de faire ses classes et d'amener ses idées au conseil des ministres.

C'est d'ailleurs en tant que ministre de la Jeunesse que Jean Charest a débuté sa carrière au fédéral alors qu'il était lui aussi dans la jeune vingtaine. Sa jeune conversion à la politique n'a pas empêché ce dernier d'avoir un parcours enviable et de pouvoir se hisser rapidement au sommet. Il y a certes des risques à l'inexpérience, mais à mon avis, ils sont minimes considérant les responsabilités moins grandes qu'a à assumer un ministre délégué. Personnellement, je préférerai toujours un jeune rêveur à un vieux technocrate.

Au lieu d'appuyer sur le frein comme plusieurs lui conseillent, Pauline Marois pourrait aussi décider de peser sur l'accélérateur. En fonçant, le gouvernement péquiste montrerait à la population de quel bois il se chauffe et assumerait pleinement que l'époque du surplace soit révolue. Après tout, les partis de l'opposition seraient bien mal venus de faire tomber le gouvernement du Parti québécois dans ses premiers mois de fonction. Ce qui séduira la population, c'est la détermination dont fera preuve l'administration péquiste et la façon dont elle assurera ses choix.

Dame de béton aux pieds pris des le ciment? Tout dépendra des choix que Pauline Marois décidera de faire, de là où elle décidera d'amener le Québec. L'avenir est à l'audace, l'avenir est à la fougue. Une page noire de notre histoire collective se tourne. À nous d'écrire la suite du récit!

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Commentaires (6)

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  • Je trouve que votre texte est empreint de beaucoup de naiveté. On veut bien de la fraicheur et du renouvellement mais il y a également un minimum de compétences qui sont requises. C'est un peu comme si on croyait qu'une bonne mère de famille pouvait devenir une bonne enseignante! Nommer Léo Bureau Blouin ministre serait un peu comme nommer un président d'entreprise qui n'aurait jamais vu d'états financiers de sa vie. N'oubliez pas que ces ministres ont de gigantesques équipes expérimentées à encadrer. Pour être crédible, il faut un minimum de compétences. Si le PQ a du temps à perdre, c'est vraiment ce que vous proposez qu'il devrait adopter.

  • Tout comme vous M.Beaudoin je crois qussi que Mme Marois fera preuve d'audace. N'était-ce pas ce que la population, tous les partis confondus, souhaitait: Le changement. Le changement était devenu le slogan des partis sauf bien entendu pour le parti libéral.
    Il ne faut pas avoir peur d'aller de l'avant avec de nouvelles idées. Toules les sociétés évoluées ont osé faire autrement et c'est de cette façon qu'elles se sont démarquées.
    À tous les peureux qui ne cessent de répandre la peur des idées nouvelles, demandez-vous seulement ce que serait le monde aujourd'hui s'il n'y avait pas eu les Copernic, Einstein, Pasteur et les fondateurs d'entreprises aujourd'hui mondialement reconnues. Si ces personnes avaient écouté leur entourage leur dire qu'ils prenaient un trop grand risque ou que leur projet était irréaliste, notre mode de vie serait différent.
    Pas de changement ,pas d'avancement. Ne pas avancer c'est tourner en rond.

  • Est-ce que l'audace de la première ministre commence par la nomination d'un criminel comme whip du gouvernement?
    D'où vient le titre "Marois promet d'être intraitable sur l'intégrité".

  • Une page noire de notre histoire collective se tourne.
    *****
    Que non. La page commence à se noircir depuis l'élection du PQ. Zizanie en vue, chicanes avec Ottawa n vue, déficits en vue, séparation en vue...
    La grande noirceur est revenue.

  • Savez-vous que vous êtes dans le chemin inverse du président de la commission européenne qui appelle à oser le fédération ?! :
    "Le président de la Commission européenne appelle à oser plus d’Europe.(...) c’est en partageant la souveraineté que l’Europe pourra faire face à la mondialisation."
    Comme vous êtes en contact avec des jeunes qui sont toujours pleins d'enthousiasmes votre position ne me surprend pas outre mesure. Cette enthousiame déteint sur vous et vous l'appliquez à la politique.
    L'enthousiasme c'est très positif sauf que parfois on peut se casser la gueule. Vous admettez au moins ça je suppose en tant que personne qui est chargée aussi de la sécurité des enfants, vous devez de temps en temps modérer leur enthousiasme je suppose.

    Si les péquistes admettaient par exemple qu'ils voulaient un pays socialiste dans le nord de l'Amérique, garderiez-vous votre enthousiasme ? ou si ça alerterait votre coté "surveillant" ?
    Et si je suppose que votre enthousiasme est plus dirigé vers l'indépendance, je m'excuse mais moi je ne côtoie pas des enfants hyperactifs à tous les jours et les changements de structures administratives ne suscitent pas tellement d'attente excitée dans mon cas. Je ne compte pas les dodos avant la séparation du Québec.
    Je vois ça comme Madame Marois voyait ça à une époque, c'est au moins 5 ans de difficultés financières avant un avenir incertain et comme on est déjà dans un temps incertain coté économique, je vois ça comme Bouchard ou Legault, peut-être mais plus tard et si possible dans un plus tard ou moi, je ne serai plus là car des 5 ans, il ne m'en reste pas tant que ça et je veux bien pas les risquer à miser sur des rêves d'enfants. "Un tien vaut mieux que deux tu l'auras" dit une sagesse populaire.
    Mais quand je ne serai plus là, d'autres personnes auront gagné en âge et en sagesse et auront perdu cet enthousiasme, pour ne pas dire cette folie, propre aux très jeunes auquel vous êtes en contact et qui peut-être fausse votre raisonnement.
    Je vois aussi que vous avez gobé l'hameçon avec la ligne au complet que Madame Marois a lancé en accusant M. Charest de tous les maux... ayez un peu plus de jugement monsieur le professeur ! Si un de vos jeunes jettent de la boue sur un autre, vous mettez-vous à faire la même chose ? Avec Monsieur Charest, on a vécu un âge d'or, il n'est pas dit que Madame Marois sera capable de nous garder des malheurs économiques autant que M.Charest l'a fait.

  • Si le gouvernement de Pauline Marois met de l'avant des politiques qui vont à l'encontre de la volonté populaire exprimée au dernier scrutin, il doit tomber. Le PLQ et la CAQ pourront obtenir la confiance de l'assemblée et former un gouvernement de coalition.
    - Robert Lemieux

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