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La Commission Charbonneau

Jean-François Morency
 

Jean-François Morency

Président de Versus radio

Dans le dernier billet, je tentais de démontrer que nous évoluons présentement dans une société «Band Aid» ou pour vulgariser le plus possible, je tentais de démontrer que nous sommes très forts afin de mettre des «plasters» sur les bobos plutôt que de régler les problèmes à la source.

C'est le début cette semaine de la Commission Charbonneau, bien que nous ayons eu droit à quelques préliminaires déjà. Les travaux qui seront mis de l'avant entourant ce grand cirque viennent exactement confirmer les points que j'avançais. Suis-je le seul à avoir l'impression que plusieurs d'entre nous suivrons cette Commission avec intérêt? Pourquoi le ferons-nous? Nous avons soif, soif collectivement. Soif de trouver des coupables, de voir leurs visages au petit écran. Ce que l'on cherche ce n'est pas à découvrir le système. Tout le monde sait, tous les Québécois pensent que cette corruption, cette collusion est chose commune, implanté, enraciné dans les méthodes de négociations. Donc, le Québécois moyen, la majorité silencieuse comme on le rappelle si souvent, n'en a absolument rien à foutre du comment et du pourquoi. On veut des coupables. Rien de plus, rien de moins.

Et bien, c'est exactement ça que je voulais mettre en évidence lors de mon dernier billet. Pensez-y la police qui fait du radar sur l'autoroute et qui épingle à coup de centaines sinon de milliers les automobilistes fautifs: ils font quoi? Ils payent. Ils sont domptés quelques semaines et puis finalement en bout de ligne, gagnant de l'assurance chaque semaine, reprennent rapidement la même vitesse de croisière qu'ils avaient avant. Nous n'avons donc jamais réglé le problème et nous ne le ferons jamais. Non, les autorités vont se contenter de dire: nous attrapons les coupables.

On ne règle pas la situation, mais pour le Québécois qui a l'impression de verser un surplus chaque jeudi à l'état, il est heureux de voir dans sa télé que les méchants seront dénoncés. En réalité, en tant que société, c'est à ça qu'il faut s'attaquer, aux systèmes. Nous, on focus sur les coupables, mais s'il y a des gens pour emprunter le système et en tirer profit: c'est qu'il existe un système en place.

Comment arrive-t-on à créer des amis en politique, des gens envers qui nous devenons redevables? Des gens qui comptent sur nous? Le financement des partis politique. C'est la porte d'entrée d'un système de collusion. Toutes les organisations sont en mode recherche de financement et tous les moyens dans le cadre légal est excellent pour atteindre les objectifs. Les trois principaux partis auront fait campagne avec un budget entre 4 et 11 millions lors de la dernière campagne. Ils ont mis de l'avant des événements de financement. Si à la base, nous remettons dans les mains du gouvernement le rôle de financer l'élection, il n'y a plus besoin d'argent. Plus d'argent, plus de compte à rendre. Pourquoi le DGE, par l'entremise de votre bureau de scrutin, n'envoie pas à chaque électeur un carnet qui met le CV des candidats avec la plate-forme du partis qu'il représente? Un genre de bottin. Pour le reste, ça se passe sur le terrain. Va faire du porte-à-porte, prend le poul de l'électorat et discute avec les gens, les citoyens, les électeurs. Fini les pancartes, les annonces pleines pages dans les journaux et les 30 secondes à la télé. La campagne, c'est sur le terrain.

Bref, au lieu de chercher des coupables et se contenter de ça en se tapant dans les mains et en les expédiant au trou, pouvons-nous tenter de régler le problème à la base. C'est tellement moins spectaculaire par exemple....

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Commentaires (3)

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  • a la place de faire témoigner les vedettes sur le crime organiser dans d'autres pays il faudrait enquêter comment l’attribution des contrats est gérer au niveau municipal et provincial. La commission ne doit pas avoir peur d'aller au font des choses c'est trop facile de pointer le doit envers les méchants de la société mais ce ne sont pas eux qui gèrent attributions des contrats ces les fonctionnaires et les élus qui sont responsables. Il ne faut pas avoir peur de trouver les vrai méchants!

  • Nous connaissons la façon de faire du crime organisé,leur système.Est-ce que cela règle le problème pour autant?Non.
    La seule chose à faire,c'est d'opérer une frappe d'envergure,de temps à autre,question de venir déstabiliser ces organisations.
    Concernant la corruption politique,c'est la même chose.Connaître le système n'y changera rien.De toute façon,depuis le temps que les journalistes enquêtent,nous le connaissons,le système.À moins d'avoir habiter Mars ces dernières années,vous avez une fichue de bonne idée du comment tout ça s'opère.
    Donc comme dans le cas du crime organisé,la seule stratégie qui donnera un minimum de résultats consiste à coincer les coupables,et rien de plus.
    Cette commission est grotesque.Mais d'un autre côté les policiers et leur escouade ne donnent pas grand chose.
    Constat:il y a trop de monde d'impliqués,trop de coupables.Pas possible de faire son travail;vu les implications politiques et sociales trop importantes,le manque de budget,de personnelles,etc.
    Alternative:on fait une commission,question de faire parler le monde,et afin que les coupables se tiennent tranquilles un certain temps.
    Vos lunettes roses commencent à faire peur,monsieur.

  • Le pire, c'est que vous savez aussi bien que nous, monsieur Morency, que "les coupables" n'iront pas au trou car ce n'est vraiment pas la job de la Commission Charbonneau. S'il y a des accusations au criminel, ce sera sous autre égide.
    J. Lincourt

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