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Notre syndrome de Lucifer

Françoise Garabed
 

Françoise Garabed

Étudiante à l'Université de Montréal et membre de l'Union Citoyenne du Québec

1971, Université de Stanford. Le professeur Philip Zimbardo inventa un nouveau terme en psychologie d'après une terrible expérience qu'il avait menée : le syndrome de Lucifer.

En effet, voulant observer le comportement en système carcéral, il sépara ses propres étudiants en deux groupes, leur attribuant, d'une part, le rôle des gardiens et, d'autre part, celui des prisonniers, avec des règles très strictes à respecter comme celui de ne pas abuser des détenus. Les étudiants savaient que ce n'était qu'une expérience; pourtant, celle-ci vira rapidement au cauchemar lorsque les «gardiens» commencèrent à infliger de graves blessures physiques et psychologiques aux «prisonniers» : agressions exagérées, dénigrement, menaces de viol... Devant ces derniers qui supplièrent violemment de sortir de prison, Zimbardo arrêta l'expérience après seulement six jours. Lorsque les «gardiens» se rendirent compte de leurs actes, ils en sortirent traumatisés à vie.

Comment donc ces étudiants si ordinaires, si bons et si brillants ont-ils pu réussir, en peu de temps, à commettre de telles horreurs à leurs compatriotes, tel l'ange Lucifer qui, après s'être rebellé contre Dieu, tomba du ciel? Lorsqu'on suit des valeurs et normes sociales déterminées par une autorité supérieure, il est souvent difficile d'y désobéir et de s'y échapper, surtout si notre propre groupe appuie un acte controversé sans réfléchir aux conséquences que cela peut amener. Pour mener cette expérience, Zimbardo s'était inspiré de deux autres menées dans le passé :

1) celle de son ancien camarade Stanley Milgram de l'Université Yale, en 1963, dans lequel des volontaires, sans le savoir, affligeaient de «faux» chocs électriques à des étudiants lorsque ceux-ci ne donnaient pas la bonne réponse aux questions posées et qui, néanmoins, étaient forcés par le professeur de continuer malgré les «supplications» des élèves;

2) et celle d'un professeur d'histoire de Palo Alto, Ron Jones, en 1967 qui, tentant d'expliquer à ses étudiants le silence des Allemands face aux horreurs des camps de concentration, créa un groupuscule surnommé «La Vague» (du nom de l'insigne qu'ils portaient au bras) et qui déborda rapidement vers la violence et les menaces de mort envers ceux qui contestaient les belles valeurs d'égalité, de liberté et de discipline du groupe.

Je pense que beaucoup, en lisant ces lignes, commencent à se souvenir de ce qui s'est passé depuis les six derniers mois au Québec. La grève étudiante, les carrés rouges, la violence policière, une campagne électorale démagogique, tant excitée par les médias traditionnels que par les réseaux sociaux, qui s'est finalement terminée par une fusillade meurtrière... En ayant écouté cette intense actualité, je n'ai pu m'empêcher de me rappeler de ces expériences mentionnées ci-haut dans mes cours de psychologie au cégep. Je sais qu'on ne peut pas exactement les comparer entre elles, mais je n'ai pu m'empêcher de trouver la ressemblance particulièrement inquiétante.

Notre société québécoise pourtant si pacifique, si pragmatique et si allergique aux chicanes cacherait-elle dans son inconscient une capacité à commettre le mal? On peut se consoler de voir dans notre histoire ces situations être de très courte durée, mais nous tous, francophones ou anglophones, fédéralistes ou souverainistes, de gauche ou de droite, devraient rester vigilant. Notre pire ennemi reste soi-même et pour s'en souvenir, je vous conseille fortement de regarder ces deux excellents films allemands que sont Das Experiment (2001) et Die Welle (2008).

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Commentaires (8)

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  • @vieuxbouc
    Je trouve toujours désolant les francophones anti-anglos qui revendiquent tant le français, la loi 101 et son extension à d'autres sphères de la société mais qui ne sont pas capables d'écrire quelques phrases en français sans qu'elles ne soient pleines de multiples fautes. Si vous voulez vraiment être pris au sérieux dans votre vive défense du français, je vous recommande fortement d'apprendre à écrire ''comme du monde''!
    Car tous ceux que vous réprimer, ceux qui parlent 2 ou 3 langues, qui sont supposément assimilés par les anglophones, les personnes allant aux cégeps anglophones et qui veulent se donner une chance dans un contexte de mondialisation, eux, pas tous mais une partie importante, savent mieux écrire que vous.
    Arrêter de vous attaquer aux anglophones, un peu d'introspection ne serait pas de trop.
    Je suis pour le respect de notre identité, de la langue française, de l'arrêt des subventions des écoles privées, mais il y a une limite à accuser des gens ouverts sur le monde d'assimilation.


  • s.bergeron... comme vous le savez sans doute, les anglophones du Québec sont une des minorités les plus choyées dans le monde. Bien qu'on puisse la comprendre émotivement, leur peur est sans logique, tout comme la vôtre. Je ne crois pas du tout que le PQ vise à éliminer l'anglais et à traiter cette minorité aussi mal que la minorité francophone a été traitée au Canada.

    Connaissez-vous beaucoup de minorités qui ont plus de financement pour leurs écoles que la majorité? Leur université est surfinancée. Ils ont des hôpitaux, des services santé et sociaux dans leur langue, des postes radio, des postes télé (et si on ajoute les postes américains auxquels ils ont accès, ça se multiplie), des journaux, une vie culturelle bien vivante. Ils ont le droit de recevoir des services dans leur langue dans tous les tribunaux. Ils se font servir dans leur langue à peu près partout dans la région de Montréal. À part pour la loi sur l'affichage, qui privilégiait le français, les anglophones n'ont perdu aucun droit au Québec, peu importe le parti au pouvoir.

    Je trouve donc ce que vous dites injustifié et exagéré. Il n'y a rien dans le passé sur quoi vous baser pour entretenir une telle inquiétude. Il faut aussi que vous vous rendiez compte que les accusations de racisme envers le PQ ou les indépendantistes ne sont faites que pour discréditer le mouvement en l'accusant faussement. Il faut aller au-delà de la propagande et regarder l'histoire des quarante dernières années. Ce que je vous suggère de faire!

  • Vous faites allusion à cette expérience de faux jeu télévisé que j'ai vu effectivement à la télé ou les "concurrents" finissaient par "torturer" par courant électrique d'autres "concurrents" quand ils répondaient mal à une question.
    Dans cette expérience, il était très important de contrôler les indvidus pour qu'ils torturent. Ils étaient contrôler de diverses manières par le public, les caméras, par les faux animateurs.
    Je crois qu'on commence à avoir ces "conditions gagnantes" au Québec, on voit que les caméras (Quebecor) sont complices avec l'animatrice (Madame Marois) et que même une partie du public a été briefé avant dans toutes sortes de comités et de forums privés... pour soutenir les "tortures" publiques infligées par comédien interposés aux anglais ou à ceux qui ne sont pas pour la souveraineté.
    Reste la victime le citoyen (anglophone ou francophone) qui dans ce cas-ci n'est pas complice et peut réagir de toutes sortes de façon violente ou pas. Moi j'espère non violente évidemment mais on joue avec le feu en remettant le pouvoir à des gens qui veulent nous amener sur la chaise du dentiste pour nous soumettre à la fraise électrique (le référendum).

  • Continuez d'étudier, Mme Garabed, vous finirez par comprendre qu'il n'y a aucun lien entre la grève étudiante et le geste posé par le tireur qui, visiblement, souffre d'une maladie mentale. Il est clair que cet homme a peur de ce que l'élection du PQ apportera ou plutôt enlèvera aux anglophones d'ici, car ne nous le cachons pas, le PQ fera tout en son pouvoir pour éliminer l'anglais au Québec. Les péquistes sont trop obnubilés par leur idée de créer un pays pour réaliser qu'ils cherchent à faire aux anglophones ce que les anglophones hors Québec ont fait subir aux francophones hors Québec.
    Je fais partie de la majorité de francophones québécois pure laine qui ne veulent pas de la séparation du Québec et nous n'avons pas à en avoir honte. Nos valeurs sont aussi valables que celles des indépendantistes.
    En ce qui concerne les étudiants, vous parlez de violence policière en omettant de parler de la violence de beaucoup d'étudiants envers ceux qui n'étaient pas d'accord avec la grève, et envers les biens de la société, comme on a pu le voir dans les médias. Beaucoup d'étudiants ne sont pas blanc comme neige et ils ont souvent provoqué les gestes plus violents commis par certains policiers.
    La hausse des frais de scolarité va malheureusement être abolie par ce nouveau gouvernement pour tenir la promesse faite par pur électoralisme. Cette formation nous a déjà mis dans le trou avec les garderies à 5 $, alors continuons sur cette belle lancée... Un peu plus dans le rouge, ou un peu moins, qu'est-ce que ça peut bien faire au PQ au fond, puisque ce sera une autre formation qui devra tenter de remettre nos finances sur les rails, dans 8 ans...
    S. Bergeron

  • Je respecte la voix choisie par MILAMARC, mais c,est ce que j'ai qualifié dans un autre billet comme une personne entrain de s,assimiler tranquillement afin d,avoir une certaine considération des anglos, il ne faut pas se leurrer chez les médias anglos et surtout ceux de l,extérieur du Québec les souverainistes comme les fédéralistes n'ont aucun droit au chapitre canadien et seuls les assimilés peuvent avoir une certaine forme de respect, et pour les fédéralistes nationalistes bien sont tout aussi supect que les souverainistes.
    Dans le fond ce que les anglos nous disent, vous avez été conquis au 18è siècle, donc quittés ou assimilés vous et depuis ils n'ont jamaismchangé d'idées juste de la forme de nous le dire, ils ont même accepté la religion catholique de Rome afin que les francos ne s,associe pas avec les américains.
    Il faut au moins aavoir hostoriquement ce que veut dire JE ME SOUVIENS sur nos armoiries.

  • On cherche une explication savante ou simpliste,un coupable qui peut nous délivrer de notre propre responsabilité puisque c est ce que le Québec enseigne quotidiennement la non-imputabilité.
    On est tous coupables d être les tortionnaires de votre théorie mais on se justifie en se disant prisonniers. On pointe du doigt et on agit exactement comme quand on arrivait en braillant à notre mere en disant c est lui qui a commencé !
    Mais bon, au moins on réflechit et on progresse. Quand on va se regarder dans le miroir et comprendre comment on a tous individuellement contribué à notre facon à l escalade du discours extremiste,ca va peut être débloquer...Mais disons que pour demander de l aide ou avouer ses torts ca prend un degré de maturité ou de souffrance suffisant pour redevenir lucide et assez humble pour le faire de facon honnête.
    Je ne peux que croire que c est un jallon,une balloune qui pete afin de nous permettre de mieux réfléchir sur les vraies choses et pour grandir en tant que peuple. La polytechnique, la crise d octobre et les référendums ne sont que quelques exemples qui nous on amenés volontairement ou non à l essentiel et à une profonde réflexion sur nos relations fondamentales et notre réalité quotidienne.
    Cette fois c est particulier, ce sont les mots qui se sont transformés en maux .Les miens et les vôtres .Les accusations gratuites, les soi-disants, les sous-entendus, les associations faciles et la défense incontournable de nos allégeances.
    Alors oui je me porte volontaire pour me lever en premier et dire que je suis responsable. Promis môman je le referai pu...

  • Pas d'accord avec vieux bouc. Notre propre situation familiale, avec 5 jeunes adultes très bilingues et 3 avec formation universitaire démontre très bien que le discours du PQ durant la campagne fut très divisif et faisait implicitement la promotion d'un concept de purification linguistique assortie d'une attaque sur les libertés individuelles . Mes enfants et plusieurs de leurs amis ne se sentent vraiment pas inclus dans le 'nous' du PQ. Plutôt que de chercher à faire porter le blâme sur des médias anglophones de l'extérieur du Québec d'ailleurs peu lus par la
    majorité de la population, regardons plutôt le comportement de nos propres médias, nos artistes et notre soi-disant élite intellectuelle. Mais surtout, il faut arrêter de se raconter des histoires. Mme Marois elle-même reconnaissait qu'il y aurait 5 ans de perturbations suivant une sécession. Ce ne sera pas un pic-nic.

  • Tu as parfaitement raison, cet anglos a défénitivement agit seul, je n'en doute pas, mais c'est une réaction impulsive de cet individu que se croyait marginaliser avec la venu du PQ au pouvoir, mais toute impulsion prend ses origines quelques part, bine tout le discourscontre un référendum, ses possibilités et le danger que cela apporterait surtout pour les anglos tant véhiculer même en sourdine par les libéraux et même la CAQ, mais surtout par les médias anglos hors Québec, bien voilà où cet illimuné a pris ses impulsion d,ailleur se fut ses déclarations immédiat lors de son arrestation, anglos réveillez-vous.
    Mais peu importe les sujets dans tous les médias la violence peu importe laquelle et contre qui c'est ce qui est mis en épeigne et qui fait les manchettes, même le plus journal de quartier va nous entrenir sur un fait qui se passe ailleurs qu'au Canada alors que ce n'est pas sa vocation.

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